Rébellion naxalite

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Rébellion naxalite
Description de cette image, également commentée ci-après

Le « corridor rouge », zone d'action de la rébellion naxalite, en 2007.

Informations générales
Date - en cours
(50 ans, 2 mois et 29 jours)
Lieu Drapeau de l'Inde Inde
Issue En cours
Belligérants
Drapeau de l'Inde Inde
Salwa Judum
South Asian Communist Banner.svg Naxalites
Commandants
Flag of India.svg Pranab Mukherjee, Président
Flag of India.svg Narendra Modi, Premier ministre
Flag of India.svg Gen. V K Singh, Chef des forces armées
Flag of India.svg ACM P V Naik, Chef des forces aériennes
Flag of India.svg Vikram Srivastava, Dir. Gen. CPRF
South Asian Communist Banner.svg Muppala Lakshmana Rao
South Asian Communist Banner.svg Kishenji
Forces en présence
1 414 000 1 800 000 en réserve[1] ~10 000 - 20 000 (2009)[2]
Pertes
Depuis 2005 : 1 155 tués Depuis 2005 : 1 420 tués

Notes

De 2000 à février 2009 : plus de 6 000 morts[3]
Depuis 2005 : 1 499 civils tués

Batailles

RanipotiliBalimelaRajnandgaonGreen HuntSildaDantewada

La rébellion naxalite est une insurrection des maoïstes en Inde contre le gouvernement [4]. Elle est un conflit dit de basse intensité[5] et est décrite par le gouvernement indien comme constituant la plus grande menace pour la sécurité du pays[6].

Histoire de l'insurrection[modifier | modifier le code]

En avril 1964, la rupture sino-soviétique entraîne une scission maoïste au sein du Communist Party of India : le Communist Party of India - Marxist (CPI-M). Kanu Sanyal, Charu Majumdar et Jangal Santhal du CPI-M organisent dans la deuxième moitié des années 1960 une campagne de propagande prônant la « guerre populaire » autour de Naxalbari dans le district de district de Darjeeling. Une révolte paysanne y éclate au printemps 1967 et se répand dans plusieurs États indiens[7]. En 1969 apparaît le Communist Party of India - Marxist-Leninist (CPI-ML), plus investi dans la rébellion que le CPI-M. Des petits foyers de guérilla se forment à la fin des années 1960 mais manquent d'effectif, d'armes et de soutien populaire. En avril 1970, le CPI-ML étend ses activités aux villes (incendies, assassinats…) tandis que ses rivalités avec le CPI-M tournent en affrontements sanglants. La répression et les conflits entre les groupes naxalites font décroître la violence durant les années 1970. En 1977, le CPI-ML abandonne la violence[8].

En 2004, l'organisation des rebelles maoïste People’s War Group et la People’s Liberation Guerrilla Army du Maoist Communist Centre fusionnent pour former le Parti communiste d'Inde (maoïste)[4].

Des rebelles maoïstes sont actifs dans plusieurs États membres, en particulier au Chhattisgarh, au Jharkhand et au Bihar[9] (recensement officiel 2010 : 195 districts concernés). Les Naxalites affirment représenter les Adivasis[10]. Les combats font leurs premiers morts en 1980[4].

Début 2009, le conflit a fait environ 6 000 morts. En 2006, Manmohan Singh a déclaré que la rébellion naxalite est « le plus grand défi sécuritaire interne que notre pays ait jamais rencontré »[4]. Dans les années 2000, des négociations de paix avec le gouvernement de l'état d'Andhra Pradesh eurent lieu[4]. Chhattisgarh est le centre du conflit (2007) [11].

En 2006, plus de 40 000 personnes ont été déplacées[12]. Des enfants soldats sont utilisés par toutes les parties engagées dans le conflit[13]. Les territoires touchés par le conflit s'étendent de la frontière du Népal au Karnataka dans le Sud (2006)[5]. Au Bengale-Occidental, des régions à l'Ouest d'Howrah sont touchées par l'insurrection[14]. Un mouvement paramilitaire anti-naxalite, le Salwa Judum, s'est formé pour ramener la région sous le contrôle de l'État[5]. Il existe une corrélation entre les ressources de charbon d’une zone et l'impact de l'insurrection[15], les Naxalites menant des enquêtes socio-économiques avant de commencer des opérations dans une zone[5].

Un millier d'attaques des maoïstes ont été recensées dans la seule année 2009, faisant 600 morts. Dans une de celle-ci le , au moins 23 policiers indiens sont tués par la rébellion maoïste dans le Chhattisgarh[16]. Le 17 mai 2010, au moins 11 policiers et 24 civils tués dans un attentat de la rébellion naxalite contre un bus dans le district de Dantewada (État du Chhattisgarh). Un déraillement suivi d'une collision d'un train, attribué à un groupe de la rébellion naxalite par le gouvernement indien, au Bengale Occidental fait 148 morts le . Le groupe maoïste supposé responsable de l'attentat annonce condamner la « terrible tragédie » et mener une enquête dans ses rangs afin de déterminer « si des camarades sont impliqués »[17].

Les affrontements se poursuivent toujours à l'heure actuelle. Le , les forces de sécurités indiennes ont abattu au moins 21 rebelles maoïstes[18]. Le , une embuscade tendue par des maoïstes, dont 70 % seraient des femmes, a coûté la vie à 26 paramilitaires[19].

Organisation[modifier | modifier le code]

Les rebelles sont organisés dans de petites unités itinérantes composées d'une douzaine de combattants. Dans la plupart des villages ou hameaux des régions où ils sont implantés, une milice d'une dizaine de civils est constituée afin de les renseigner. Selon le journal La Croix, les naxalites bénéficient d'un très fort soutien auprès de la population locale. Les unités peuvent momentanément se rassembler pour bénéficier de « cinémas mobiles », « d'imprimeries mobiles », ou encore « d’hôpitaux mobiles » répartis entre elle mais doivent se séparer de nuit et s'enfoncer dans la jungle pour des raisons de sécurité[20].

Les journées commencent à cinq heures du matin pour permettre les déplacements de l'unité, d'une durée habituelle de trois heures, avant que la chaleur de devienne trop accablante. Les marches reprennent ensuite autour de dix-huit heures mais sont néanmoins ralenties par le poids de l’équipement. Entre-temps, la journée est ponctuée par les entrainements militaires, l'éducation des guérilleros et des rencontres fréquentes avec les paysans. Ces derniers exposent leurs problèmes et discutent des projets de développement, puits et « kolkhozes », construits par les « administrations » maoïstes[20].

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.csis.org/files/media/csis/pubs/060626_asia_balance_powers.pdf
  2. http://english.aljazeera.net/news/asia/2009/09/20099191105479635.html
  3. (en) « South Asia | India police die in Maoist clash », BBC News, (consulté le 13 juillet 2009)
  4. a, b, c, d et e http://www.ploughshares.ca/libraries/ACRText/ACR-IndiaAP.html
  5. a, b, c et d http://www.economist.com/world/asia/displaystory.cfm?story_id=7799247
  6. « 58% in AP say Naxalism is good, finds TOI poll - Times of India », The Times of India,‎ (lire en ligne)
  7. Kerala, Uttar Pradesh, Andhra Pradesh, Bihar, Orissa, Maharashtra, Tamil Nadu, Penjab, AssamJammu-et-Cachemire
  8. Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, Mondes rebelles : L'encyclopédie des acteurs, conflits & violences politiques, Paris, Éditions Michalon, , 1677 p. (ISBN 2841861422), p. 307-308
  9. http://news.bbc.co.uk/2/hi/south_asia/7151552.stm
  10. http://us.rediff.com/news/2003/oct/02spec.htm
  11. http://www.achrweb.org/ncm/ncm.htm
  12. http://www.alertnet.org/db/crisisprofiles/IN_MAO.htm
  13. http://naxaliterage.com/
  14. http://www.satp.org/satporgtp/countries/india/images/westbengal_naxal.htm
  15. http://www.atimes.com/atimes/South_Asia/HH09Df01.html
  16. http://news.bbc.co.uk/2/hi/south_asia/8146561.stm
  17. Naïké Desquesnes, « Les naxalites en mauvaise posture », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  18. « Inde: au moins 21 rebelles maoïstes tués par les forces de sécurité », sur L'Express,
  19. (en) « Chhattisgarh Maoists attack: 70% attackers were women - OneIndia | DailyHunt », DailyHunt,‎ (lire en ligne)
  20. a et b « Au centre de l'Inde, la guérilla maoïste s'installe », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]