René Magritte

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René Magritte
Rene Magritte by Wolleh.jpg

René Magritte, par Lothar Wolleh.

Naissance
Décès
(à 68 ans)
À Schaerbeek
Nom de naissance
René François Ghislain Magritte
Nationalité
Drapeau de la Belgique Belge
Activité
Formation
Mouvement
Conjoint
Georgette Berger (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres réputées
Les Amants, 1928
La Trahison des images (« Ceci n'est pas une pipe »), 1929
La Condition humaine, 1933
La Reproduction interdite, 1937
Golconde, 1953
L'Empire des lumières, 1953-1954
Le Fils de l'homme, 1964
signature de René Magritte

signature

René Magritte est un peintre surréaliste belge, né le à Lessines[1] dans le Hainaut (Belgique) et mort à Schaerbeek le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

René François Ghislain Magritte est le fils de Léopold Magritte, tailleur[2] et de Régina Bertinchamps, modiste[3]. La famille emménage d'abord à Soignies puis à Saint-Gilles, Lessines, là où naît René Magritte, et en 1900 retourne chez la mère de Régina à Gilly[4], où naissent ses deux frères Raymond (1900-1970) et Paul (1902-1975). En 1904, ses parents s'installent à Châtelet où, après avoir exercé divers métiers, le père du peintre s'enrichit en devenant l'année suivante inspecteur général de la société De Bruyn qui produit huile et margarine[5]. René Magritte y fréquente pendant six ans l'école primaire et la première année de ses études secondaires, y suit aussi en 1910 un cours de peinture[6] dans l'atelier de Félicien Defoin (1869-1940), artiste né à Doische et établi à Châtelet[7]. Il s'intéresse particulièrement aux aventures de Zigomar, Buffalo Bill, Texas Jack, Nat Pinkerton, des Pieds Nickelés, et se passionne à partir de 1911 pour le personnage de Fantômas. À l'Exposition universelle de Charleroi, il découvre la même année le cinéma, impressionné par les affiches des films mais également des publicités, ainsi que la photographie[8].

Le père de René Magritte est coureur, violemment anticlérical, dépensier, alors que sa mère est une catholique fervente. Dépressive, elle se suicide par noyade dans la Sambre en février 1912[9]. Mais Magritte, contrairement à ses fréquentations surréalistes ultérieures, notamment Salvador Dalí et André Breton, sera toujours opposé, pour ne pas dire résistant, à la psychanalyse. L'art n'ayant pas besoin selon lui d'interprétations mais de commentaires, l'enfance de l'artiste ne saurait donc être convoquée pour comprendre ses productions.

Tous quatre tenus par leur entourage pour responsables de ce drame du fait de leurs frasques, Magritte et ses deux frères quittent avec leur père Châtelet pour s'installer en mars 1913 à Charleroi. L'éducation des enfants est alors confiée à une gouvernante, Jeanne Verdeyen, que Léopold Magritte épousera en 1928[10]. René Magritte poursuit médiocrement ses études à l'athénée de la ville et lit Stevenson, Edgar Allan Poe, Maurice Leblanc et Gaston Leroux. Son père lui ayant offert un appareil Pathé, il crée de petits films dessinés[11]. Lors de ses vacances dans la famille de son père qui tient une boutique de chaussures à Soignies, il aime y jouer avec une petite fille dans un cimetière désaffecté dont ils visitent les caveaux souterrains[12]. A la foire de Charleroi, il fait la connaissance en août 1913 d'une fille de douze ans, Georgette Berger, dont le père est boucher à Marcinelle. Ils se rencontrent régulièrement sur le chemin de l'école mais se perdent de vue au début de la Guerre 1914-1918[13].

Charleroi étant occupée par l'armée allemande, la famille retourne à Châtelet où le père de Magritte poursuit des activités de représentant pour le bouillon Kub de Maggi. C'est sur la fin de 1914 ou au début de 1915 que Magritte réalise une première peinture de plus d'un mètre cinquante sur près de deux mètres d'après un chromo représentant des chevaux fuyant une écurie en flammes, offrant ses tableaux ultérieurs à ses amis[14]. En octobre 1915 il abandonne ses études et s'installe à Bruxelles, rue du Midi, non loin de l'Académie des beaux-arts dont il a le projet de suivre les cours en auditeur libre. Avant d'y entrer il peint alors des tableaux de style impressionniste.

Les débuts[modifier | modifier le code]

D'octobre 1916 à 1919, Magritte fréquente plus ou moins régulièrement l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles où il suit les cours d'Émile Vandamme-Sylva, du symboliste Constant Montald et de Gisbert Combaz, affichiste du style Art nouveau. Parmi les élèves figure Paul Delvaux. Magritte participe également aux cours de littérature donnés par Georges Eekhoud, qu'il soutiendra après son renvoi. Sa famille installée à Bruxelles en décembre 1916, il travaille, après un retour en 1917 de quelques mois à Châtelet, en 1919 et 1920 dans un atelier loué avec Pierre-Louis Flouquet qu'il a connu, tout comme Charles Alexandre, à l'Académie.

Disposant de beaucoup d'argent grâce aux activités plus ou moins douteuses de son père et aux peintures décoratives ou affiches dont il décroche les commandes, il le dépense, multipliant aventures, blagues et frasques, avec ostentation, dans un climat bohème et anarchiste[15]. Avec Flouquet et les frères Pierre Bourgeois et Victor Bourgeois, il collabore aux quatre numéros, d'avril à septembre 1919, de la revue Au volant que dirige Pierre Bourgeois. Auprès de ses amis il découvre le cubisme et le futurisme. Des œuvres de Flouquet et des affiches puis des peintures non figuratives de Magritte sont exposées en 1919 et 1920 au Centre d'art de Bruxelles dirigé par Aimé Declercq. À cette seconde exposition Magritte rencontre en janvier E. L. T. Mesens, qui sera engagé comme professeur de piano pour son frère Paul.

Au printemps 1920 René Magritte retrouve par hasard au Jardin botanique de Bruxelles Georgette Berger qu'il n'a pas revue depuis 1914. De décembre 1920 à octobre 1921 il effectue son service militaire au camp de Beverloo, près d'Anvers, où se trouve également Pierre Bourgeois, puis de Leopoldsburg, plus tard au ministère de la Guerre. Son père désargenté et poursuivi pour escroquerie[16], Magritte travaille à partir de novembre 1921, et jusqu'en 1924, comme dessinateur, avec le peintre Victor Servranckx qu'il a connu à l'Académie, dans l'usine de papier peint Peters-Lacroix à Haren[17]. Le 28 juin 1922 Magritte épouse Georgette Berger et en août le couple s'installe à Laeken.

Rencontre avec le mouvement dada et constitution du groupe surréaliste de Bruxelles[modifier | modifier le code]

En 1922, Magritte rencontre Marcel Lecomte et en décembre 1923 Camille Goemans qui, avec Mesens, l’introduisent dans le milieu dada. Il doit alors à Lecomte, ou selon Louis Scutenaire à Mesens, sa plus grande émotion artistique : la découverte d’une reproduction du Chant d'amour de Giorgio De Chirico (1914)[18]. « Mes yeux ont vu la pensée pour la première fois », écrira-t-il en se souvenant de cette révélation.

En février 1924 Magritte, abandonnant son emploi à l'usine de papiers peints Lacroix, séjourne brièvement à Paris à la recherche d'un nouveau travail. De retour à Bruxelles il s'installe à son compte, créant de 1924 à 1928 des projets pour des films, des théâtres, des sociétés automobiles, Alfa Romeo et Citroën, ou des entreprises, la Maison Norine, les Établissements Minet, le chocolatier Neuhaus, la Maison Vanderborght, Primevère, la lingerie Thila Naghel[19]. En octobre 1924, Magritte, par des aphorismes, et Mesens participent à la revue 391, dirigée par Francis Picabia et projettent de lancer, avec Goemans et Lecomte, une nouvelle revue dadaïste, Période, calquée sur celle de Picabia mais coulée dès avant sa naissance par un tract lancé par Paul Nougé, puis fonderont en mars 1925 la revue Œsophage (un seul numéro)[20].

Le rapprochement du groupe de Correspondance qui réunit en 1924 et 1925 Nougé, Goemans et Lecomte, avec Mesens et Magritte, leur confection d'un tract commun en septembre et octobre 1926 contre Géo Norge et Jean Cocteau, auquel s'associe le musicien André Souris, leur participation commune en 1927 au dernier numéro de la revue Marie. Journal bimensuel pour la belle jeunesse, créée par Mesens en juin 1926, marquent les débuts de la constitution du groupe surréaliste de Bruxelles, que rejoignent en juillet Louis Scutenaire et Irène Hamoir. Dès 1926 Magritte conclut un contrat avec Paul-Gustave Van Heck, mari de la créatrice de mode Norine et ami de Mesens, qui lui achète sa production et écrira en mars 1927 dans la revue Sélection un premier article consacré au peintre[21]. Il expose en avril 1927, préfacé par Van Heck et Nougé, à la galerie Le Centaure, dans laquelle travaille Goemans, une cinquantaine de ses peintures dont Le Jockey perdu, l'une de ses premières toiles surréalistes, peinte en 1926. Il rencontre à cette occasion Scutenaire dont Goemans et Nougé ont peu auparavant fait la connaissance. Magritte illustre pour la maison Muller et Samuel ses catalogues de fourrures 1926-1927 et 1927-1928, ce dernier édité avec des textes de Nougé.

Rencontre avec le surréalisme parisien[modifier | modifier le code]

En septembre 1927, Magritte quitte la Belgique et séjourne au Perreux-sur-Marne, (Val-de-Marne) jusqu'en juillet 1930[22]. Il rencontre les surréalistes (André Breton, Paul Éluard, Max Ernst, Salvador Dalí), participe à leurs activités. À Paris il expose à la galerie qu'y a ouverte Goemans, à Bruxelles en janvier 1928 à la galerie L'Époque, dirigée par Mesens, la préface du catalogue étant écrite par Nougé et contresignée par Goemans, Lecomte, Mesens, Scutenaire et Souris. Il publie en 1929, Le Sens propre, suite de cinq tracts reproduisant chacun l'un de ses tableaux avec un poème de Goemans, et Les Mots et les images dans La Révolution surréaliste. Durant l'été, il rend visite à Dalí à Cadaqués où il retrouve Éluard et Gala. André Breton préconisant l'adhésion au Parti communiste et Nougé s'y opposant les rapports entre les surréalistes bruxellois et parisiens restent cependant difficiles, et René Magritte se brouille avec André Breton, au sujet d'un christ en pendentif que porte Georgette Magritte[23],[24].

La crise de 1929 arrivant en Europe, René Magritte doit retourner en Belgique en 1930, les différents contrats qui lui permettaient de vivre ayant été rompus. Il présente à Bruxelles en 1931 une exposition organisée par Mesens, avec une préface de Nougé. Il adhère l'année suivante au Parti communiste belge et rencontre Paul Colinet. Entre 1931 et 1936, il participe à une petite entreprise de publicité[25], une activité alimentaire qu’il n'exerce certainement pas par vocation et qui s’est étendue sporadiquement entre 1918 et 1965.

Magritte expose en 1933 au Palais des beaux-arts de Bruxelles et dessine en 1934 Le Viol pour la couverture de Qu'est-ce que le surréalisme ?, d'André Breton. Il réalise en 1936 sa première exposition à New York, à la galerie Julien Levy, fait la connaissance l'année suivante de Marcel Mariën et séjourne à Londres où il expose en 1938 à la London Gallery de Mesens. Après avoir dirigé, de février à avril 1940, avec Ubac la revue L'Invention collective (deux numéros), Magritte, après l'invasion allemande de la Belgique le 19 mai 1940, quitte Bruxelles, séjourne trois mois à Carcassonne, où il rencontre le poète Joë Bousquet et où le rejoignent Scutenaire, Irène Hamoir, Raoul et Agui Ubac, puis rentre à Bruxelles.

Période Renoir et période vache[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Période vache.

De 1943 à 1945, Magritte utilise la technique des impressionnistes durant sa période du surréalisme « en plein soleil » ou « période Renoir ». Entre 1943 et 1947, paraissent les premiers livres qui lui sont consacrés : Les Images défendues de Nougé, Magritte de Mariën et René Magritte de Scutenaire[26].

En mars 1948, il peint en six semaines une quarantaine de tableaux et de gouaches aux tons criards (« période vache ») destinées, en un acte typiquement surréaliste, à dérouter les marchands parisiens et scandaliser le bon goût français, qui sont exposées à la galerie du Faubourg et préfacées par Scutenaire (Les Pieds dans le plat)[27]. Irène Hamoir léguera bon nombre de ces œuvres au Musée de Bruxelles.

Heure des rétrospectives[modifier | modifier le code]

Cimetière de Schaerbeek, tombe de René Magritte

De 1952 à 1956, Magritte dirige la revue La Carte d'après nature, présentée sous forme de carte postale. Il réalise en 1952 et 1953 Le Domaine enchanté, huit panneaux pour la décoration murale du casino de Knokke-le-Zoute, en 1957 La Fée ignorante pour le Palais des Beaux-Arts de Charleroi, et, en 1961, Les Barricades mystérieuses pour le Palais des congrès de Bruxelles. Une première exposition rétrospective de son œuvre est organisée en 1954 par Mesens, au Palais des beaux-arts de Bruxelles. Le succès de Magritte vient lentement grâce au marchand Iolas, à partir de 1957, et à l’Amérique. En avril 1965, il part pour Ischia en Italie pour améliorer sa santé et passe par Rome, avant de se rendre en décembre pour la première fois aux États-Unis à l'occasion d'une exposition rétrospective au MOMA, présentée par la suite à Chicago, Berkeley et Pasadena[28].

En juin 1966 et juin 1967, les Magritte passent, avec Scutenaire et Irène Hamoir, des vacances en Italie. Le 4 août, une nouvelle rétrospective ouvre au Musée Boijmans Van Beuningen de Rotterdam. Magritte meurt chez lui, au 97 rue des Mimosas à Schaerbeek[29], le 15 août en début d'après-midi[30], d’un cancer[31] à soixante-huit ans. Il est enterré aux côtés de son épouse, morte en 1986, dans le cimetière communal de Schaerbeek. Sa sépulture fait l’objet d’une procédure de classement comme monument et site.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste d'œuvres de René Magritte.

« Une caisse auprès de son berceau, la récupération d’un ballon de navigation échoué sur le toit de la maison familiale, la vision d’un artiste peintre peignant dans le cimetière[32] où il jouait avec une petite fille[33]… trois souvenirs d'enfance que l'artiste gardera toute sa vie », résume une biographie de Magritte[34].

Ses peintures jouent souvent sur le décalage entre un objet et sa représentation. Par exemple, un de ses tableaux les plus célèbres est une image de pipe sous laquelle figure le texte : « Ceci n’est pas une pipe » (La Trahison des images, 1928-29). Il s’agit en fait de considérer l’objet comme une réalité concrète et non pas en fonction d’un terme à la fois abstrait et arbitraire. Pour expliquer ce qu’il a voulu représenter à travers cette œuvre, Magritte a déclaré : « La fameuse pipe, me l’a-t-on assez reprochée ! Et pourtant, pouvez-vous la bourrer ma pipe ? Non, n’est-ce pas, elle n’est qu’une représentation. Donc si j’avais écrit sous mon tableau “Ceci est une pipe”, j’aurais menti ! »

La peinture de Magritte s’interroge sur sa propre nature, et sur l’action du peintre sur l’image. La peinture n’est jamais une représentation d’un objet réel, mais l’action de la pensée du peintre sur cet objet. Magritte réduisait la réalité à une pensée abstraite rendue en des formules que lui dictait son penchant pour le mystère : « Je veille, dans la mesure du possible, à ne faire que des peintures qui suscitent le mystère avec la précision et l’enchantement nécessaire à la vie des idées », déclara-t-il. Son mode de représentation, qui apparaît volontairement neutre, académique, voire scolaire, met en évidence un puissant travail de déconstruction des rapports que les choses entretiennent dans la réalité.

Parmi les objets qui contribuent à faire de ses toiles d'impénétrables énigmes, un objet apparaît de façon particulièrement récurrente : une sphère noire, lustrée, fendue en son milieu, qui apparaît dans de nombreuses œuvres, dans des dispositions et des tailles extrêmement différentes. Souvent qualifié de « grelot », dont il n'a pourtant pas la forme, il a été successivement interprété comme un œil noir, la représentation d'un sexe féminin, ou une simple forme géométrique. L'artiste, avec un humour dont ses toiles portent souvent la trace, laisse intact le mystère sur un objet qui concentre l'attention tout en résistant à l'interprétation.

Magritte excelle dans la représentation des images mentales. Pour Magritte, la réalité visible doit être approchée de façon objectale. Il possède un talent décoratif qui se manifeste dans l’agencement géométrique de la représentation. L’élément essentiel chez Magritte, c’est son dégoût inné de la peinture plastique, lyrique, picturale. Magritte souhaitait liquider tout ce qui était conventionnel. « L’art de la peinture ne peut vraiment se borner qu’à décrire une idée qui montre une certaine ressemblance avec le visible que nous offre le monde » déclara-t-il. Pour lui, la réalité ne doit certainement pas être approchée sous l’angle du symbole. Parmi les tableaux les plus représentatifs de cette idée, La Clairvoyance (1936), nous montre un peintre dont le modèle est un œuf posé sur une table. Sur la toile, le peintre dessine un oiseau aux ailes déployées.

Un autre tableau, La Reproduction interdite (1937), montre un homme de dos regardant un miroir, qui ne reflète pas le visage de l’homme mais son dos. De la même manière, la peinture n’est pas un miroir de la réalité.

Peintre de la métaphysique et du surréel, Magritte a traité les évidences avec un humour corrosif, façon de saper le fondement des choses et l’esprit de sérieux. Il s’est glissé entre les choses et leur représentation, les images et les mots. Au lieu d’inventer des techniques, il a préféré aller au fond des choses, user de la peinture qui devient l’instrument d’une connaissance inséparable du mystère. « Magritte est un grand peintre, Magritte n'est pas un peintre », écrivait dès 1947 Scutenaire[35].

Film[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

Le musée Magritte (en cours d'aménagement, quelques semaines avant son ouverture), place Royale, à Bruxelles
Musée René Magritte, 135, rue Esseghem. René et Georgette Magritte y sont locataires du rez-de-chaussée, de 1930 à 1954. L'appartement sert de quartier général au groupe surréaliste bruxellois (Paul Nougé, E. L. T. Mesens, Louis Scutenaire, Irène Hamoir, Paul Colinet, Marcel Mariën).

Musée Magritte Museum[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Le Musée Magritte Museum est implanté dans un ancien bâtiment de style néoclassique datant de la fin du XVIIIe siècle, et faisant partie d’un ensemble architectural construit après l’incendie du palais du Coudenberg en 1731. Au cours des siècles, les propriétaires se sont succédé pour le transformer en hôtel, en bijouterie et enfin en musée.

La place Royale et les bâtiments qui l’entourent sont un témoignage historique de la Belgique sous l’Ancien Régime et de son indépendance. C’est sur cette place que se déroula la cérémonie d’intronisation du prince Léopold de Saxe-Cobourg, roi des Belges le 21 juillet 1831, cinquante ans après sa construction. Le bâtiment se transformera alors en hôtel pour voyageurs pendant plus d’un siècle, où il sera revendu à un bijoutier au début du XXe siècle.

En 1951, les façades et portiques bordant la place Royale seront reconnus pour leur intérêt architectural et historique et seront définitivement protégés de toute modification par arrêté de classement sur la liste du patrimoine de Belgique.

Les Musées royaux des beaux-arts de Belgique investiront les lieux en 1962 et l’hôtel Altenloh sera transformé en musée. D’importants travaux de rénovation seront réalisés dans les années 1980 et l’intérieur du bâtiment sera entièrement reconstruit[36].

Collection du musée Magritte[modifier | modifier le code]

L’importance de la collection d’œuvres de René Magritte et la renommée internationale de celui-ci méritent un espace consacré à la communication de l’artiste et de son œuvre. En 2007, le projet d’un futur musée Magritte dans l’ancien hôtel Altenloh voit le jour, les travaux commencent l’année qui suit pour s’achever en 2009[36].

La collection d’œuvres de René Magritte qui lui a valu un musée était détenue par les Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique. Cette collection est la plus grande au monde et couvre toutes les différentes périodes de l’artiste ; de plus, elle est très diversifiée, par ses peintures, dessins, gouaches, affiches, travaux publicitaires, lettres, photographies, sculptures, films et autres documents.

L’essentiel de la collection provient de dons de la part des personnes suivantes : Georgette Magritte, Irène Scutenaire-Hamoir, Mme Germaine Hergé-Kieckens, Maurice Rapin et Mirabelle Dors, la fondation Magritte, l’ULB, ainsi que de prêts privés.

Dans le legs d’Irène Scutenaire-Hamoir au musée, figurent de nombreuses œuvres du peintre : plus d’une vingtaine de peintures, une vingtaine de gouaches, une quarantaine de dessins, etc. Ces œuvres étaient accrochées aux murs de leur maison située rue de la Luzerne, notamment :

  • Portrait de Nougé, 1927
  • La Voleuse, 1927
  • Découverte, 1927
  • Personnage méditant sur la folie, 1928
  • Portrait d’Irène Hamoir, 1936
  • La Lecture défendue, 1936
  • Bel Canto, 1938
  • Les Grandes Espérances, 1940
  • La Cinquième Saison, 1943
  • Le Sourire, 1943
  • La Moisson, 1943
  • La Bonne fortune, 1945
  • Les Rencontres naturelles, 1945
  • Les Mille et une nuits, 1946
  • L’Intelligence, 1946
  • Le Lyrisme, 1947
  • Lola de Valence, 1948[37].

La collection du musée Magritte comporte également plus de 300 tirages photos qui retracent la vie de Magritte : sa famille, ses années de formation, ses amis et sa femme Georgette. La photographie était essentielle à son art et ces clichés lui ont servi pour la réalisation de ses peintures.

Depuis 2010, une politique d’échange est mise en place avec la Fondation de Menil à Houston (Texas, États-Unis) et certaines œuvres détenues par le Museum of Modern Art de New York (MoMA) ont été prêtées pour une durée de quatre mois. En mars 2012, une série d’œuvres prêtées par un collectionneur privé d’origine anglaise est exposée[36].

Musée René Magritte[modifier | modifier le code]

Un musée René Magritte est également installé, depuis 1999, dans la maison qu'il a habitée avec sa femme Georgette de 1930 à 1954, au 135 rue Esseghem, à Jette. L'artiste y a peint la moitié de son oeuvre, dont notamment la première version de L'Empire des lumières, en 1949. Ce musée présente en particulier le salon meublé dans son état d'origine, l'atelier — il peignait dans sa salle à manger — et le studio Dongo dans le fond de son jardin, où l'artiste réalisait ses travaux publicitaires. Il s'est beaucoup inspiré de l'intérieur de cet appartement dans ses peintures (fenêtre à guillotine, cheminée, poignées de porte, escalier, volière, etc.). À l'étage, le musée présente une exposition biographique : il y a quelques œuvres originales (des dessins, des gouaches, des aquarelles), une collection d'objets personnels et des documents originaux (revues, lettres, tracts surréalistes). Une exposition intitulée « Les Magrittes disparus » présente également une trentaine d’œuvres détruites qui ont été reconstituées (même style et même format) sur base des archives fournies par David Sylvester. Le vol de la peinture L'Olympia y a eu lieu en 2009 ; le tableau a aujourd'hui été restitué.

Maison Magritte[modifier | modifier le code]

La maison Magritte où l’artiste a grandi est située à Châtelet et est accessible au public. La maison, souvent représentée dans ses œuvres, a été une source importante par les éléments décoratifs dont il s’inspirait et par l’histoire tragique du suicide de sa mère, auquel certaines de ses peintures font allusion.


Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Écrits de Magritte[modifier | modifier le code]

Signature de Magritte
  • René Magritte, Manifestes et autres écrits, avertissement de Marcel Mariën, Les Lèvres Nues, Bruxelles, 1972, 192 p.
  • Quatre-Vingt-Deux Lettres de René Magritte à Mirabelle Dors et Maurice Rapin, avec des lettres de Noël Arnaud et Georgette Magritte, Paris, 1976.
  • René Magritte, Écrits complets, édition établie et annotée par André Blavier, Flammarion, Paris, 1979, 766 p. (ISBN 208064128X).
  • René Magritte, Les Mots et les images, choix d’écrits, Labor, Bruxelles, 2000.

Illustrations de livres (sél.)[modifier | modifier le code]

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Écrits sur Magritte[modifier | modifier le code]

Monographies[modifier | modifier le code]

Signature de Magritte pour ses amis
  • Xavier Canonne, Le Surréalisme en Belgique, 1924-2000, Fonds Mercator, Bruxelles, 2006 (ISBN 90-6153-659-6); Actes Sud, Paris, 2007, 352 p. (ISBN 9782742772094). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014. (ISBN 978-2-07-045017-6) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Suzi Gablik, Magritte, Cosmos monographies, Bruxelles, 1978 (traduction de l’anglais, Thames and Hudson, Londres, 1970).
  • Ruud Kaulingfreks, Meneer Iedereen. Het denken van René Magritte, SUN, Nijmegen, 1984.
  • Marcel Mariën, L’activité surréaliste en Belgique (1924-1950), Bruxelles, Lebeer-Hossmann, 1979 (510 p.). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jacques Meuris, René Magritte, Taschen, Köln, 1990, 222 p.
  • Bernard Noël, Magritte, Flammarion, Paris, 1977, 96 p.
  • Jean-Tristan Richard, Les Structures inconscientes du signe pictural. Psychanalyse et peinture, surréalisme et sémio-analyse (à propos de R. Magritte, S. Dalí, M. Ernst, M. Duchamp, etc.), Éd. L'Harmattan, Paris, 1999, 192 p. (ISBN 2-7384-7643-0).
  • Patrick Roegiers, Magritte et la photographie, Éditions Ludion, 2005.
  • Jacques Roisin, Ceci n'est pas une biographie de Magritte.[39] 1998, Bruxelles, Alice Éditions (ISBN 2-930182-05-9).
  • Georges Roque, Ceci n'est pas un Magritte. Essai sur Magritte et la publicité, Flammarion, Paris, 1983.
  • Uwe M. Schneede, René Magritte: Leben und Werk, DuMont Taschenbücher, Köln, 1979.
  • Louis Scutenaire, René Magritte, Bruxelles, Librairie Sélection, 1947 (Le texte est daté de 1942). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Louis Scutenaire, Avec Magritte, Bruxelles, Lebeer-Hossmann, 1977, 180 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • David Sylvester, Magritte, Flammarion, 1992, catalogue raisonné en deux volumes.
  • Harry Torczyner, Magritte. Le véritable art de peindre, Draeger/Le Soleil Noir, Paris, 1978, 144 p.
  • Harry Torczyner, René Magritte, signes et images, Draeger-Vilo, Paris, 1988, 272 p. (ISBN 2851190121). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Patrick Waldberg, René Magritte, suivi d’une bibliographie générale par André Blavier, André de Rache éditeur, Bruxelles, 1965, 358 p.

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Irène, Scut, Magritte & C°, Bruxelles, Musées royaux des beaux-arts de Belgique, 1996. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Magritte dans les collections privées, rétrospective, textes de Harry Torczyner, Louis Scutenaire, Evelyne Kornélis, Anne Deknop, E. L. T. Mesens et nombreux témoignages, galerie Isy Brachot, Bruxelles, 1988, 238 p.
  • Le Mouvement surréaliste à Bruxelles et en Wallonie (1924-1947), Paris, Centre Culturel Wallonie Bruxelles, 1988.
  • Numéro René Magritte, (nombreux textes, notamment de E. L. T. Mesens, Louis Scutenaire, Paul Colinet, Camille Goemans, Paul Nougé, Marcel Mariën, André Breton, Paul Éluard, Jacques Prévert, Max Ernst, Jean Arp, Philippe Soupault, Irène Hamoir, Raoul Ubac, Marcel Lecomte, Man Ray), L’Art belge, Bruxelles, janvier 1968, 90 p.
  • René Magritte, textes de Camille Goemans, Marcel Mariën, Philippe Junod, fondation de l’Hermitage, Lausanne, 1987, 236 p.
  • René Magritte et le surréalisme en Belgique, textes de « Elle et lui » [Irène Hamoir et Louis Scutenaire], Marcel Mariën, Marc Dachy et Philippe Roberts-Jones, Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, 1982, 324 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • René Magritte, la période « vache », « Les pieds dans le plat » avec Louis Scutenaire, Marseille, Musée Cantini, 1992, 168 p. (ISBN 2711825914).
  • Rétrospective Magritte, textes de Louis Scutenaire, Jean Clair et David Sylvester, Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 1978 et Paris, Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou, 1979, 300 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (fr) Didier Ottinger (dir.), Magritte : La trahison des images, éditions du centre Pompidou, , 224 p. (ISBN 978-2844267313)[40].

Autour de Magritte[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

L'A320 rendant hommage à René Magritte.
  • L'astéroïde (7933) Magritte a été nommé en son hommage.
  • Le 21 mars 2016, Brussels Airlines a présenté son deuxième Airbus A320 (OO-SNC) avec une livrée spéciale dédiée aux «icônes belges». Cette fois, l'entreprise honore le peintre surréaliste belge Magritte et son œuvre. Le fait que René Magritte avait des liens étroits avec le monde de l'aviation et qu’il était intrigué par les nuages et le ciel, ont mené à une collaboration entre Brussels Airlines et la Fondation Magritte en vue d’une création d’un avion à son image. Le résultat est un Airbus A320 représentant trois peintures de René Magritte : La Belle Société (1965-1966), La Clairvoyance (1936) et Le Retour (1940). Sur le fuselage, nous lisons « we fly you to the home of Magritte ». La livrée Magritte restera jusqu'en 2022[41] .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Au 10, rue de la Station. Alain Cueff dans Beaux Arts magazine, no 104, septembre 1992, p. 54. « Il est né à Lessines le 21 novembre 1898, je ne sais pas à quelle heure. Il fut baptisé sous les prénoms de René-François-Ghislain. C'est pourquoi il a signé Renghis, Détective, ses premières productions, des romans d'aventures restés inédits et d'ailleurs perdus. » (Louis Scutenaire, René Magritte, Bruxelles, Librairie Sélection, 1947, p. 18; repris dans Louis Scutenaire, Avec Magritte, Bruxelles, Lebeer-Hossmann, 1977, p. 17) « On sait que Magritte écrivit, très jeune, des romans policiers qu'il signait « Renghis détective », de la contraction de ses prénoms » (René Magritte, écrits complets, édition établie et annotée par André Blavier, Paris, Flammarion, 1979, p. 41-42).
  2. Selon Michel Draguet les ancêtres de Magritte, venus de France, s'installent vers 1710 dans le Hainaut alors domination autrichienne. René Magritte descend de Jean-Louis Margueritte, dit « de Roquette », du nom de la ferme que trois frères occupent au XVIIIème siècle à Pont-de-Celles. Le nom de Margueritte se trouve contracté par la suite en Magritte. Né en 1835, le grand-père paternel du peintre, Nicolas Joseph Ghislain, d'abord agriculteur puis tailleur, a deux filles en 1969 et 1872, Maria et Flora, et en 1870 un fils, Léopold. Voyageur de commerce, celui-ci sillonne avec ses sœurs le Hainaut, s'installe à La Louvière en 1894, plus tard à Gembloux comme tailleur, puis Gilly. La famille réunie, c'est là que meurt Nicolas Magritte en 1898. Une dizaine de jours plus tard son fils Léopold se marie avec Régina Bertinchamps.(Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 18 et 19
  3. « Adeline-Isabelle-Régina », dans Rétrospective Magritte, Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 1978 et Paris, Centre Georges-Pompidou, 1979 (p. 287) ; « Régine », selon Suzi Gablik, Magritte, traduit de l'anglais par Evelyne De Knop-Kornelis, Bruxelles, Cosmos Monographies, 1978, p. 22 ; « Régina », selon Martine Jacquet dans René Magritte, Lausanne, Fondation de l'Hermitage, 1987, p. 38 et Harry Torczyner, René Magritte, signes et images, Paris, Draeger Vilo, 1988, biographie, p. 256 ; « Adeline Isabelle Régina » selon Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 19. Né en 1827, le grand-père d'Adeline Isabelle Régina Bertinchamps, Placide Nisolle, est colporteur, marchand d'horloges, puis s'établit comme boucher à Gilly. Le commerce des chevaux lui assure, et à ses frères, la prospérité. Émilie Héloïse, fille adoptive de Placide Nisolle, épouse Victor Bertinchamps, ouvrier devenu boucher, donne naissance à Adeline Isabelle Régina, mère du peintre, en 1971 puis à un fils. Son mari mort en 1894, Émilie Héloïse retourne chez ses parents. (Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 19 et 20)
  4. Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 20 et 21.
  5. Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 25 et 26.
  6. Dans ce cours, ouvert chaque dimanche matin, où l'on apprend la pyrogravure et la décoration de porte-parapluies, le jeune Magritte passe pour un « prodige ». Des témoins de cette époque ont parlé d'un dessin de 1911 représentant « des chevaux sortant affolés d'une écurie en feu ». Le père de Magritte l'aurait détruit quelques années plus tard. (Jacques Meuris, René Magritte, Taschen, Köln, 1990, p. 20). Mais pour Michel Draguet la première peinture de Magritte, « mettant en scène des chevaux s'échappant d'une écurie en flammes », date de la fin de l'année 1914 ou du début de l'année 1915. Le peintre, selon André Blavier l'aurait détruite durant la guerre après les remarques d'un officier allemand critique d'art (Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 53.
  7. Marcel Nihoul, Defoin, les arts en famille, Société d'Histoire du Vieux Châtelet, 2010, p. 8.)
  8. Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 30, 31, 36 et 37.
  9. On a rapporté que les enfants partis à la recherche de leur mère découvrirent son cadavre, pratiquement nu, à l'exception d'une chemise, trempée et collée, retroussée au point de masquer le visage. Cet événement ne fut jamais confirmé et Magritte éluda toujours les questions à ce sujet (Jacques Meuris, René Magritte, Taschen, Köln, 1990, p. 12). Cependant, selon Suzi Gablik (p. 22), « Scutenaire a décrit l'événement tel que Magritte le lui a raconté » : « Elle partageait la chambre de son dernier-né qui, au milieu de la nuit, s'apercevant de ce qu'il était seul, éveilla la famille. On chercha partout et vainement dans la maison puis, remarquant des traces de pas sur le seuil et sur le trottoir, on les suivit pour aboutir au pont de la Sambre, la rivière du pays. La mère du peintre s'était jetée à l'eau, et quand on repêcha son cadavre, elle avait le visage couvert de sa chemise de nuit. » (Louis Scutenaire, En parlant un peu de Magritte, dans Cahiers d'Art, Paris, 1955 ; repris dans Louis Scutenaire, Avec Magritte, Bruxelles, 1977). La mère du peintre a disparu le 24 février, son corps a été retrouvé le 12 mars (Jacques Meuris, René Magritte, Taschen, Köln, 1990, p. 38 et 39). Dans plusieurs peintures de Magritte, les visages des personnages se trouvent voilés (Les Amants, 1928 ; L'Histoire centrale, 1928).
  10. Jacques Meuris, René Magritte, Taschen, Köln, 1990, p. 12 et Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 37. Michel Draguet ajoute : « À Patrick Waldberg [Magritte] déclarera avoir été l'amant de la maîtresse de son père (...) pour laquelle il n'affichera jamais le moindre respect » (p. 48).
  11. Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 47.
  12. Louis Scutenaire, René Magritte, Bruxelles, Librairie Sélection, 1947, p. 70
  13. Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 52.
  14. Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 53 et 54.
  15. Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 63, 64 et 66.
  16. Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 96, 102 et 103.
  17. Dans les années 1920 et 1930, Magritte utilise fréquemment, pour les motifs de ces papiers peints comme pour des couvertures de partitions de musique, le pseudonyme de « Emair », transcription phonétique de son monogramme M. R. (A. F., Monogramme phonétique, dans La Gazette de l'Hôtel Drouot, 3 décembre 2010, p. 72).
  18. « C'est Édouard — et nul autre que lui — qui montre à René Magritte la reproduction d'une toile de Chirico, Le Chant d'amour, une œuvre qui enthousiasma le jeune peintre au point qu'il faut y voir le détonateur de l'explosion magritienne » (Louis Scutenaire, Mon ami Mesens, Bruxelles, 1972 p. 31). Cf. Le Chant d'amour, MOMA, New York, [1]
  19. Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 117 et 119. Michel Draguet renvoie (p. 394) au catalogue exhaustif de ces réalisations, dans T. Schwilden, Magritte livre l'image, Affiches, publicités et illustrations de 1918 à 1956. Essai de catalogue, Bruxelles, Galerie Bortier, 1998.
  20. Outre Mesens et Magritte, le sommaire réunit Tzara, Ribemont-Dessaignes, Picabia, Arp, , Ernst, Schwitters, Paul Joostens, Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 135)
  21. Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 157.
  22. Dans une situation devenue de plus en plus précaire, le père de Magritte meurt en août 1928 d'une crise cardiaque. (Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 112).
  23. Biographie de René Magritte.
  24. Jean-Charles Gateau, Paul Éluard et la peinture surréaliste (1910-1939), Éditions Droz, coll. « Histoire des ID », p. 232 (ISBN 978-2600035903).
  25. Affiche pour les chocolats Tonny’s.
  26. « De 1942 à 1946, je vendis un nombre important de dessins et de tableaux, attribués principalement à Picasso, Braque, Chirico, tous confectionnés par Magritte », écrit Marcel Mariën, dans ces années très proche du peintre (Marcel Mariën, Le Radeau de la mémoire (souvenirs déterminés), Paris, Le-Pré-aux-Clercs, 1983, p. 101). Dans sa biographie de Magritte Michel Draguet indique qu' « ayant réussi à placer un faux dessin de Picasso à un collectionneur, Mariën se serait vu proposer par Magritte d'amplifier leur négoce (...) À en croire Mariën, de 1942 à 1946, le duo aurait écoulé un nombre substantiel de faux nés de la main de Magritte » (Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Paris, Gallimard, 2014, p. 288). Christian Bussy précise que Marïen pour ces voyages en train de Bruxelles à Paris se déguisait en peintre, avec une palette, comme si c'était lui qui les avait peints : « les douaniers se vissaient le doigt sur la tempe » (Christian Bussy, Les surréalistes au quotidien : petits faits vrais ; préface d'Olivier Smolders, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, 2007, p. 156). Dans ses mémoires Mariën assure également avoir écoulé vers 1953 sur la proposition de Magritte, avec son frère Paul Magritte, un stock de 500 faux billets de 100 francs belges dessinés et gravés par le peintre (Marcel Mariën, Le Radeau de la mémoire (souvenirs déterminés), Paris, Le-Pré-aux-Clercs, 1983, p. 175-180). Christian Bussy rapporte que le libraire Van Loock lui avait dit un jour « que c'était une mystification de Magritte vis-à-vis de Mariën » qui avait « sué sang et eau  » pendant un mois pour les écouler, et estime qu'il n'était pas possible, avec la machine construite par Paul Magritte, « de faire des faux aussi parfaits » (Christian Bussy, Les surréalistes au quotidien : petits faits vrais ; préface d'Olivier Smolders, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, 2007, p. 242).
  27. Xavier Canonne, Le Surréalisme en Belgique, 1924-2000, Actes Sud, Paris, 2007, p. 66-68. Xavier Canonne ajoute que devant l'incompréhension, « Paul Éluard excepté », Magritte « pour faire plaisir à son épouse » revient à sa manière d'antan, même s'il se promet, dans une lettre à Scutenaire du 7 juin 1948, de trouver « le moyen d'y glisser de temps à autre une bonne grosse incongrue. Et cela n'empêchera pas les publications pour nous amuser. Cela ce sera du travail hors des heures d'atelier pour moi comme c'est hors des heures de bureau pour Scut ».
  28. À l'occasion de ce voyage à New York Magritte se rend en pèlerinage à la maison d'Edgar Poe (Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 12.
  29. « Nomade par destinée bien plutôt que par disposition, il a vécu à Lessines, à Gilly, à Châtelet, à Charleroi, à Châtelet de nouveau, puis à Bruxelles où il a demeuré rue du Pavillon, rue de Potter, chaussée d'Alsemberg, rue Ledeganck, rue Steyls, no 113. Ensuite, il quitte la Belgique et s'en va près de Paris, au Perreux-sur-Marne, avenue de Rosny, no 101, d'où il regagne Bruxelles où il s'installe au 135 de la rue Esseghem : il s'y tient depuis près de dix ans. (Cette étude a été écrite en 1942. Magritte a habité plus tard boulevard Lambermont. Puis rue des Mimosas, à Schaerbeek-Bruxelles. C'est là qu'il mourut.) » Louis Scutenaire, « René Magritte », dans L'Art belge, numéro René Magritte, janvier 1968, p. 20.
  30. Michel Draguet, Magritte, folio biographies, Gallimard, 2014, p. 11.
  31. Des suites d'une jaunisse, selon Alain Cueff dans Beaux Arts magazine, no 104, septembre 1992, p. 54.
  32. Il s'agit du vieux cimetière de Soignies. Source : La ligne de vie, conférence de René Magritte, 1938.
  33. « Dans mon enfance, j’aimais jouer avec une petite fille, dans le vieux cimetière désaffecté d’une petite ville de province. Nous visitions les caveaux souterrains dont nous pouvions soulever les lourdes portes de fer et nous remontions à la lumière, où un artiste peintre, venu de la capitale, peignait dans une allée du cimetière, très pittoresque avec ses colonnes de pierres brisées jonchant les feuilles mortes. L’art de peindre me paraissait alors vaguement magique et le peintre doué de pouvoirs supérieurs. » (Magritte, Conférence, 1938).
  34. Patrick Waldberg, Magritte, peintures, L'Autre Musée, Paris, 1983, p. 19.
  35. Louis Scutenaire, Avec Magritte, Bruxelles, Lebeer-Hossmann, 1977, p.5 (recueil de la plupart des nombreux textes, de 1947 à 1976, de Scutenaire sur Magritte).
  36. a, b et c Jonathan Manes, L’Implication des nouvelles technologies dans la restauration de bâtiment classé : le musée Magritte de Bruxelles, Éditions universitaires européennes, 2012 (ISBN 978-3-8381-8182-0).
  37. Voir les illustrations de ces tableaux sur le site du musée Magritte
  38. Commandés par le libraire-éditeur Albert Van Loock pour une édition pirate du récit de Bataille, ils appartiennent aujourd'hui à des collectionneurs privés. Ils ont été reproduits et présentés dans un article de Jan Ceuleers, « René Magritte illustrateur de Madame Edwarda », dans les Cahiers Bataille no 2, Éditions les Cahiers, 2014, p. 147-175.
  39. Détaille l'enfance très turbulente du jeune Magritte avant sa carrière de peintre.
  40. Catalogue de l’exposition éponyme présentée au Centre Pompidou du 21 septembre 2016 au 23 janvier 2017.
  41. (en) « Magritte », sur lalibre.be

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]