République démocratique populaire du Yémen

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12° 48′ N 45° 02′ E / 12.8, 45.033 ()

République démocratique du Yémen
جمهورية اليمن الديمقراطية الشعبية ar

1967 – 1990

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après

Localisation du Yémen du Sud

Informations générales
Statut République, régime à parti unique communiste
Capitale Aden
Langue Arabe
Monnaie Dinar du Yémen du Sud
Fuseau horaire + 3
Indicatif téléphonique +967
Démographie
Population 2 585 484 hab. (est. 1990)
Superficie
Superficie 332 970 km² (1990)

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La République Démocratique Populaire du Yémen (arabe : جمهورية اليمن الديمقراطية الشعبية Jumhūriyyat al-Yaman ad-Dīmuqrāţīyah ash-Sha'bīyah), également désignée sous les noms de Yémen du Sud ou de Sud-Yémen, est un État fondé en 1970 et fondu en 1990 dans la République Arabe du Yémen (Yémen-Nord), constitué de la partie sud (en fait plutôt sud-est, voire est) de l'actuel Yémen. Le Yémen du Sud était la seule république marxiste du monde arabe. Sa capitale était Aden. Il était dirigé par Ali Salim al-Beidh, le secrétaire général du Parti socialiste yéménite.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Yémen.

En 1839, la Compagnie anglaise des Indes orientales s'empare du port d’Aden, pour qu'il fournisse du charbon aux navires en route vers l'Inde. La ville yéménite sera gouvernée par l'Inde britannique jusqu'en 1937. Cette année-là, Aden devient la colonie d'Aden. Celle-ci s'étend jusqu'au Hadramaout, qui n'est pas administré directement par Aden mais rattaché par un traité de protection, et qui continue de suivre une politique traditionnelle, c'est le protectorat d'Aden dont l'économie est largement centrée sur la ville d'Aden, la capitale du pays.

En 1959, il est en partie intégré dans la Fédération des émirats arabes du Sud, qui deviendra en 1962 la Fédération d'Arabie du Sud (FAS). Quatre autres protectorats refusent d'adhérer à la fédération et constituent le Protectorat d'Arabie du Sud (PAS) (État Quaiti de Shihr et Mukalla, État Kathiri de Sai'un, Sultanat Mahri de Qishn et Socotra, Wahidi Bir Ali). Les Britanniques promettent une indépendance totale aux deux groupes pour 1968.

Deux groupes nationalistes, le Front de libération de l'occupation du Yémen du Sud (FLOYS) et le Front de libération nationale (FLN du Yémen) soutenue par les forces armées égyptiennes et le régime alors en place du Yémen du Nord engagent une lutte de libération nationale contre les Britanniques[1]. Le 30 novembre 1967, est proclamée l'indépendance de la République populaire du Yémen du Sud issue de la fusion du PAS et la FAS, avec à sa tête le FLN.

En juin 1969, la branche marxiste du FLN prend le pouvoir et, le 1er décembre 1970, modifie le nom officiel du pays en République démocratique populaire du Yémen[2]. Tous les partis politiques présents fusionnent pour former le Parti socialiste yéménite, désormais seul parti légal du Yémen du Sud[réf. nécessaire]. Le pays tisse des liens avec l'URSS, Cuba et la République populaire de Chine, qui lui fournissent d'importantes aides financières (principalement soviétiques).

Des centaines de milliers de Yéménites musulmans du Sud fuient vers le Nord (tandis que commence une émigration massive des chrétiens d’Aden vers l’Europe, et des juifs yéménites vers Israël) suite à l'appauvrissement grandissant du pays[réf. nécessaire].

Réunification[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réunification du Yémen.

La République démocratique populaire du Yémen, affaiblie par des divisions internes et une baisse de l'aide soviétique, ne tarde pas à envisager une réunification avec sa voisine du Nord, la République arabe du Yémen. Le processus est toutefois retardé par l'instabilité politique qui se traduit par de multiples coups d'État, tant à Aden qu'à Sanaa. La tension est à son comble en 1979 lorsque la guerre éclate entre les deux États, dans le contexte de la Guerre froide (le Yémen du Nord étant considéré comme pro-occidental, tandis que le Yémen du Sud semble s'aligner sur le bloc soviétique). Lors d'une rencontre au Koweït en mars 1979, les deux chefs d'État réaffirment leur volonté d'unification, mais la méfiance reste trop forte pour que celle-ci aboutisse rapidement.

En mai 1988, les négociations reprennent pour la réunification du pays. Le 22 mai 1990, la République démocratique populaire du Yémen (Yémen-Sud) est fondue dans la République arabe du Yémen (Yémen-Nord) : la République du Yémen est déclarée. Ali Abdullah Saleh, président de l'ex République arabe du Yémen, devient président de la République du Yémen.

Article détaillé : Guerre civile au Yémen de 1994.

Du 21 mai au , le Yémen du Sud a vainement tenté de faire sécession sous le nom de « République démocratique du Yémen », avant de retomber sous le contrôle du gouvernement de Sanaa (Yémen du Nord).

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique du Yémen du Sud.

Le parti unique est le parti socialiste yéménite. Le modèle soviétique est adopté. Seul Aden possède un système judiciaire moderne, avec sa Cour suprême[3]. En-dehors de la ville, ce sont les lois de la sharia et les règles traditionnelles qui dominent.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie du Yémen.

Le Yémen du Sud comprenait tout le sud et tout l'est du Yémen. Il était frontalier de l'Arabie saoudite et d'Oman.

Religions[modifier | modifier le code]

Bien que le Yémen du Sud ait été un pays peuplé de juifs et de chrétiens, le Yémen du Nord ne comptait officiellement que des musulmans. Le caractère multiconfessionnel du Sud, surtout à Aden, a nettement diminué lorsque le régime marxiste du Yémen a fait fuir la majorité des juifs vers Israël et des chrétiens vers l’Europe, alors que l’ancien royaume islamique du Nord devenu République arabe a renforcé son islamisation et accueilli largement les plus fervents musulmans du Sud.

La réunification des deux Yémen doit pour beaucoup à leur islamisation renforcée et aux migrations de musulmans du sud vers le nord. Paradoxalement, c’est le régime marxiste du sud (qui a précipité la guerre entre les deux pays indépendants [réf. nécessaire]) qui a permis leur réunification sur des bases ethniques et religieuses communes, puisque la multiconfessionalité du Sud a été fortement détériorée.

Lorsque l'influence du marxisme périclite, après la fin de l’URSS, une réislamisation de la République démocratique populaire du Yémen est conduite jusqu’à ce que les deux pays fusionnent finalement, les méfiances politiques étant terminées.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Tom Cooper, « South Arabia and Yemen, 1945-1995 », ACID.Org,‎ 26 août 2007 (consulté en 28 mars 2010).
  2. (fr) La réunification du Yémen, par Raymond Goy. Consulté le 24 octobre 2010.
  3. (en) The People's Democratic Republic of Yemen: Politics, Economics, and Society; The Politics of Socialist Transformation, Tareq Ismael, Lynne Rienner Pub, 1986, 183 p. (ISBN 0931477964)