Opio

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Opio
Opio
Opio
Blason de Opio
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Grasse
Canton Bar-sur-Loup
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Sophia Antipolis
Maire
Mandat
Thierry Occelli
2008-2014
Code postal 06650
Code commune 06089
Démographie
Gentilé Opians ou Opidiens
Population
municipale
2 142 hab. (2011)
Densité 226 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 40′ 00″ N 6° 59′ 00″ E / 43.6667, 6.9833 ()43° 40′ 00″ Nord 6° 59′ 00″ Est / 43.6667, 6.9833 ()  
Altitude Min. 154 m – Max. 361 m
Superficie 9,47 km2
Localisation

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Opio est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont appelés les Opians ou les Opidiens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Cette commune est située dans la région de Cannes. Elle est à 17 km du bord de mer de Cannes, à 40 km de la station de ski Greolières-les-Neiges. Elle est entourée de bois (bois d'Opio).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

L’histoire d’Opio remonte à l’Antiquité.

Opio est à l’origine un important camp fortifié, oppidum (d’où il a probablement tiré son nom), construit par une tribu celto-ligure, les Décéates. Il est détruit en 165 avant J.-C. par les légions romaines du Consul Lucius Opimius puis il est de nouveau ravagé par les Wisigoths, les Ostrogoths, et les Sarrazins.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 973, Guillaume Ier, comte de Provence, expulse les Sarrazins, aidé par des seigneurs, dont Rodoard[1]. En remerciement, Guillaume Ier lui attribue le titre de comte d’Antibes avec tous les pouvoirs civils et religieux. Il est dit dans les cartulaires de l'abbaye de Lérins : princeps Antipolitanus ad domino Guillelmo secundo comites Arlatensis creutus. Ces cartulaires donnent le nom de sa femme, Alajarde, fille du comte de Provence, Guillaume. Le comte lui a donné la souveraineté d'Antibes et la moitié des terres du diocèse. Il était encore vivant en 993. Dans ces mêmes textes sont donnés les noms des enfants de Rodoard : Gauceran, qui lui succède et obtient du comte de Provence l'autre moitié des terres du diocèse d'Antibes, Guillaume dit Gruette, à cause de son long cou, et Oda, mariée à Pierre Signerius[2].

Guillaume, dit Gruette, devint seigneur d’Opio en se mariant avec Adhoïs. Opio est alors rattaché à l'évêché d'Antibes.

En 1034, Gruette se retire comme moine à l’abbaye de Lérins, à qui il lègue une partie du fief d’Opio, dont les terres s’étendent, à l’époque, jusqu’au port de Cannes.

En 1084, le village est cité sous le nom d'Opio.

En 1110, les évêques d’Antibes et l’abbaye de Lérins entament une lutte d’influence pour la possession des biens des seigneurs locaux et des églises en particulier.

Les seigneurs d’Opio, dont Pierre (fils de Gruette) sont peu à peu dépossédés de leurs terres, au profit de l’épiscopat d’Antibes.

En 1150, les seigneurs d'Opio se sentant vulnérables à Opio décidèrent de construire un nouveau château au sommet d'une colline, Châteauneuf d'Opio. Rapidement, les habitants d'Opio vont se déplacer au château neuf.

Les comtes de Provence vont s'intéresser à l'est de la Provence et vont lutter contre l'influence et la prise de contrôle de ce territoire par la république de Gênes. Gênes avait déjà pris le contrôle de Vintimille et obligé Gui Guerra, comte de Vintimille à s'en reconnaître le vassal, en 1157. Raimond-Bérenger II est tué en 1166 pendant le siège de Nice. Alphonse Ier de Provence signa un accord en 1176 avec la commune de Nice mais après 1213 les Niçois vont se rapprocher des Génois qui en 1215 construisirent un château sur le rocher de Monaco.

Opio est prise en 1178. Foulque, Fulco, moine de l'abbaye Saint-Victor de Marseille succède à Bertrand Ier comme évêque d'Antibes en 1178. En avril 1178, Raimond Béranger, ayant reçu le comté de Provence de son frère Alphonse II d'Aragon, jugea en sa faveur dans une transaction avec Raimond de Grasse. Il l'a confirmé dans ses droits sur Mouans, Opio, Antibes, Avignonet et Mandelieu, Auribeau, Saint-Vallier, Saint-Cézaire, Caussols, Gourdon et son prieuré Saint-Vincent, le Bar, Biot et Sartoux[3].

La ville de Vintimille est prise par les Génois en 1222. Le comte de Provence Raimond Bérenger IV décida de prendre le contrôle de Nice. Romée de Villeneuve est chargé de s'emparer des châteaux de l'est de la Provence dont les seigneurs sont en rébellion contre le comte de Provence. Nice comme Châteauneuf-d'Opio sont pris en 1229. L'évêque de Grasse en est devenu le seigneur d'Opio vers 1244 et va le rester jusqu’à la Révolution, en 1789.

La mort de la reine Jeanne Ire ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d'Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis Ier d'Anjou. Puis, Aix se soumet en octobre 1387, ce qui précipite le ralliement des carlistes, dont la co-dame d’Opio, Renaude de Saint-Paul. Elle obtient un « chapitre de paix » de Marie de Châtillon le 2 janvier 1388 et prête hommage à Louis II d'Anjou, âgé de dix ans[4].

À la fin du XIVe siècle, l'habitat à Opio déclina et en 1400, le site du village est déclaré inhabité. L'église Saint-Trophime est conservée mais elle sert de chapelle.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

En 1631, Antoine Godeau, membre de l’académie française et auteur de nombreux ouvrages sur l’histoire de l’église, est nommé par Louis XIII seigneur temporel d’Opio. Il est définitivement consacré évêque de Vence par une bulle du Pape en 1636.

Entre 1640 et 1650, il visite Opio à plusieurs reprises et demande que saint Trophime figure sur le retable de l’église.

Entre 1687 et 1705, l'église Saint-Trophime redevient paroissiale. La population est dispersée sur le territoire de la commune et l'agglomération n'est pas reconstituée[5].

En 1734, le premier Conseil de consuls élus par les opidiens se réunit sur le parvis de l’église Saint-Trophime.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1931   Jean Carlavan    
1983 1987[Note 1] Fernand Raybaud    
1987 2001 Roger Michel    
mars 2001 mars 2008 Marcel Perrissol    
mars 2008 en cours Thierry Occelli[6] DVD[7]  

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 142 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
368 320 377 389 404 410 413 412 448
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
459 385 386 388 371 349 312 323 346
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
341 376 346 362 355 327 337 364 397
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
542 790 1 021 1 336 1 792 1 922 2 070 2 143 2 112
2011 - - - - - - - -
2 142 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9])
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement, sports[modifier | modifier le code]

La commune dispose de divers commerces, d'un parc de sports, d'une école maternelle, d'une école primaire, et d'un cimetière.

Économie[modifier | modifier le code]

Opio compte, en 2006, 882 actifs (taux de chômage de 4 %).

La commune accueille un village de vacances du Club Méditerranée.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Trophime.

Une pierre commémorative est située à côté du lieu de l'accident où Coluche a perdu la vie, le 19 juin 1986, et est visible de la route. Accessible à partir de la route de Cannes (D3).

Église Saint-Trophime. Son origine est très ancienne. Elle a peut-être été construite sur un temple dans le Haut Moyen Âge. Elle est citée dans des textes de 1138. La nef est romane et date du XIIe siècle. Des éléments romains en réemploi sont visibles dans les murs. L'église a été remaniée a XVe siècle.

Maison des évêques de Grasse, datant du XVIIe siècle, avec une belle cage d'escalier de cette époque. Elle est devenue la mairie d'Opio. Une inscription funéraire romaine a été scellée sur le côté nord est. Sa traduction est : À Caïus Albucius Opius qui vécut vingt ans, Caïus Albucius Opius et Nevia Paterna ont élevé ce monument à leur fils bien-aimé.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Alcide Rousseau (1881-1974), coureur cycliste, mort à Opio.
  • Jacques-Henri Lartigue (1894-1986), photographe, a séjourné dans la commune où il est enterré.
  • Dušan Popov (1912-1981), agent double durant la Seconde Guerre mondiale, qui a énormément inspiré Ian Fleming dans son personnage de James Bond, mort à Opio.
  • Michael Nelson (1913-2009), journaliste et dirigeant de l'agence de presse Reuters. Il s'est installé dans la commune et s'est intéressé à l'histoire de la Côte d'Azur[10].
  • Coluche (1944-1986), humoriste et comédien, mort dans un accident de la route à Opio.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Opio Blason D’azur à la fasce crénelée d’argent et maçonnée de sable sommé d’une crosse d’or issante.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Fernand Raybaud, maire, meurt durant sa mandature.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Medieval Lands : seigneurs d'Antibes
  2. Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France: ou Recueil général des généalogies des maisons nobles de ce royaume avec les armoiries de chaque famille, volume 15, p. 272, Paris, 1818 Texte
  3. Eugène François Tisserand, Histoire civile et religieuse de la Cité de Nice et du Département des Alpes-Maritimes, Volume 1,p. 173, Librairies Visconti et Delbecchi, Nice, 1862 Texte.
  4. Geneviève Xhayet, « Partisans et adversaires de Louis d'Anjou pendant la guerre de l'Union d'Aix », Provence historique, Fédération historique de Provence, volume 40, no 162, « Autour de la guerre de l'Union d'Aix », 1990, p. 408 (note 33).
  5. CG 06 : Découvrir Opio.
  6. Site de la préfecture des Alpes-Maritimes, consulté le 20 juin 2008.
  7. « Opio », sur http://www.acteurspublics.com/, Acteurs Publics (consulté le 28 septembre 2013).
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  10. (en) Michael Nelson, CASTRO AND STOCKASTER - A Life in Reuters, éditions Matador,‎ décembre 2011.