Eureka (Nunavut)

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Eureka
Image illustrative de l'article Eureka (Nunavut)
La station d'Eureka en août 1997

Coordonnées 80° 13′ 00″ N 86° 11′ 00″ O / 80.21667, -86.183380° 13′ 00″ Nord 86° 11′ 00″ Ouest / 80.21667, -86.1833  
Pays Drapeau du Canada Canada
Altitude 63 m
Création 11 avril 1947
Effectif max. 8
Activités Station météorologique

Géolocalisation sur la carte : Canada

(Voir situation sur carte : Canada)
Eureka

Géolocalisation sur la carte : Nunavut

(Voir situation sur carte : Nunavut)
Eureka

Eureka est une petite base de recherche arctique et une station météorologique canadienne sur l'Île d'Ellesmere dans le territoire du Nunavut. Elle est la seconde communauté la plus nordique au monde après Alert, base située sur la même île. En 2005, huit personnes y vivent en rotation pour opérer les différentes installations.

Histoire[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, au Canada et aux États-Unis on commence à s'intéresser de près à l'Arctique. Les masses d'air venant de cet endroit ont un effet important sur le temps et le climat des deux pays mais on avait peu d'informations sur la météorologie de l'Arctique, sauf quelques rares mesures recueillies par des explorateurs voyageant dans la région. Les deux pays décident d'ouvrir des réseaux complémentaires de stations météorologiques pour l'étude du climat et la prise de données quotidiennes.

Le premier atterrissage à Eureka se fit le matin du 7 avril 1947, sur la glace de mer du fjord Slidre. Le lendemain, un Fairchild C-82 venant de la base américaine de Thulé (Groenland) transporte cent tonnes de matériel pour construire la base. Dès ce soir-là, la première hutte de type Jamesway abrite le personnel et les premières données météorologiques sont prises et retransmises par radio. Le matériel est graduellement transporté de la rive au site. La base est officiellement fondée le 11 avril et cinq huttes sont terminées au 21 avril en plus de toute l'infrastructure de support : alimentation en eau potable, élimination des déchets, premières voies carrosables, systèmes de production et de distribution d'électricité et liens de communication. La base s'agrandit au cours des années. Au cours des années 1970, elle atteint son maximum de population avec quinze personnes y vivant. Le dernier bâtiment, le centre des opérations, date de 2005[1].

Description[modifier | modifier le code]

Bâtiment du Laboratoire de recherche atmosphérique de l'environnement polaire (PERL) à Eureka

La base est divisée en trois secteurs : l'aéroport où l'on retrouve le petit détachement militaire de « Fort Eureka » chargé des systèmes de communication, la station du Service météorologique du Canada et le Laboratoire de recherche atmosphérique de l'environnement polaire (en anglais Polar Environment Atmospheric Research Laboratory[2],[3] ou PEARL) qui a repris en 2005 le bâtiment de l'Observatoire arctique d'ozone stratosphérique[4] (1993 à 2001). Ce laboratoire est opéré par un regroupement de chercheurs universitaires et gouvernementaux canadiens du nom de Réseau canadien de détection des changements atmosphériques.

Le code postal d'Eureka est X0A 0G0 dont le X indique qu'elle est au Nunavut, mais le code régional téléphonique (204) est celui du Manitoba. Les communications sont assurées par ondes hertziennes mais également par un satellite géostationnaire franc sud, toute autre position se trouvant sous l'horizon. Il s'agit probablement de la station de réception de satellite géostationnaire la plus nordique au monde à servir pour l'internet.

Géographie et climat[modifier | modifier le code]

Comme elle se trouve bien au-delà du cercle arctique, le soleil y brille constamment entre le 10 avril et le 29 août et la nuit est totale de la mi-octobre à la fin de février. Eureka a la plus basse moyenne de température annuelle et la plus faible quantité de précipitations rapportées au Canada. Les hivers sont rigoureux ; en février 1979, les techniciens en météorologie de la station ont calculé une température mensuelle moyenne de –47,9 °C, un record pour le Canada. En été, la température ne dépasse jamais 20 °C.

Presque tout doit être envoyé à Eureka. La base est séparée de toute autre communauté par plusieurs centaines de kilomètres, les plus proches communautés étant Alert (Nunavut) et Grise Fiord (Nunavut), sans routes ni voies navigables. Seuls des brise-glaces de la Garde Côtière Canadienne ravitaillent la station à la fin de l'été depuis Québec. Le reste du temps, la mer est gelée et les denrées et autres fournitures arrivent par avion.

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Bien qu'Eureka se trouve dans un désert arctique, l'évaporation y est très lente, ce qui permet à l'humidité disponible de fournir malgré tout une végétation assez abondante, composée de plantes et mousses exclusivement. On la surnomme "le jardin de l'Arctique" car la pousse est plus importante qu'en d'autres sites arctiques. On y retrouve comme mammifères des bœufs musqués, des loups, des renards et des lièvres arctiques, ainsi que des lemmings. En été, plusieurs oiseaux migrateurs y font leurs nids dont des oies blanches, des outardes, des canards, des huards, des corbeaux, des goélands, des chouettes et plusieurs autres.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Couture, Nicole J. Sensitivity of Permafrost Terrain in a High Arctic Polar Desert An Evaluation of Response to Disturbance Near Eureka, Ellesmere Island, Nunavut. Ottawa: Bibliothèque nationale du Canada, (2003) ISBN 061270405X
  • Whyte, L. G., B. Goalen, J. Hawari, D. Labbe, C. W. Greer et M. Nahir. (2001) : "Bioremediation Treatability Assessment of Hydrocarbon-Contaminated Soils from Eureka, Nunavut". Cold Regions Science and Technology. 32, no. 2-3: 121-132.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Service météorologique du Canada, régions des Prairies et du Nord, « Fiche d'information sur les stations météorologiques de l'extrême-Arctique : 50 années d'ctivités », Environnement Canada,‎ 2005-01-04 (consulté le 2007-12-12)
  2. (en) Caroline Dubois, « Mission au Nunavut pour l'Année polaire internationale », Université de Sherbrooke,‎ 28 février 2006 (consulté le 2007-12-12)
  3. (en) Peter Calamai, Toronto Star, « Toronto researcher breathes new life into remote Arctic lab », University of Western Ontario,‎ 18 mars 2006 (consulté le 2007-12-12)
  4. (fr) « Laboratoire de recherche sur l'ozone stratosphériques arctique, Eureka », Environnement Canada (consulté le 2007-12-12)