Iqaluit

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Iqaluit
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Image illustrative de l'article Iqaluit
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Territoire Flag of Nunavut.svg Nunavut
Région Baffin
Statut municipal Ville
Maire John Graham (en)
Constitution 19 avril 2001
Démographie
Gentilé Iqalummiuq (singulier), Iqalummiut (pluriel)
Population 6 254 hab. (2011)
Densité 119 hab./km2
Géographie
Coordonnées 63° 45′ 16″ N 68° 31′ 08″ O / 63.754375, -68.51901463° 45′ 16″ Nord 68° 31′ 08″ Ouest / 63.754375, -68.519014  
Superficie 5 234 ha = 52,34 km2
Divers
Langue(s) Anglais, Inuktitut, Français
Fuseau horaire UTC−05:00
Code géographique 24 36033
Localisation

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Liens
Site web http://www.city.iqaluit.nu.ca/

Iqaluit (« les poissons » en inuktitut) est une ville canadienne et la capitale du territoire du Nunavut, le plus grand des territoires et provinces du Canada. Elle se situe au sud-est de l'île de la Terre de Baffin, au bord de l'océan Arctique, dans la baie de Frobisher.

Les habitants d'Iqaluit s'appellent Iqalummiut (singulier, Iqalummiuq), -miuq (pl.-miut) est un suffixe très usuel pour désigner les habitants d'un lieu.

Situation de la ville[modifier | modifier le code]

Iqaluit, la capitale du Nunavut, se trouve dans le sud-est de la Terre de Baffin. La province canadienne la plus proche est le Québec. Iqaluit est située au bord de l’océan Arctique dans la baie de Frobisher, au nord du détroit d’Hudson, à l’ouest de la mer du Labrador, au sud du détroit de Davis et de la mer ou baie de Baffin et enfin à l’est des passages Nord-Ouest et de la baie d’Hudson.

Iqaluit se trouve approximativement à 300 kilomètres dans le sud-est du Lac Amadjuak. Plusieurs petits lacs et rivières sans noms officiels se trouvent aux alentours de la ville. La rivière la plus proche de la ville, parmi celles qui ont un nom, se trouve dans le sud de l’île et s’appelle la Soper (Soper River), elle est située dans le parc naturel de la rivière Soper Héritage (Soper Heritage River Park) depuis 1992.

Le parc naturel Sylvia Grinnell (Sylvia Grinnell Territorial Park Reserve) s'étend jusqu'à seulement un kilomètre à l’ouest de la ville. La communauté la plus proche se trouve à Apex qui est en fait une subdivision de la ville située à cinq kilomètres à l’est de la du chef lieu de la municipalité. Le parc historique de Qaummaarviit (Qaummaarviit Territorial Historic Park) se trouve sur une île dans la baie de Frobisher au sud d’Iqaluit. Le parc naturel de Katannilik (Katannilik Territorial Park Reserve) est situé un peu plus loin dans le sud-est de la Terre de Baffin. Ces deux derniers parcs nationaux ne sont pas accessibles par voiture, mais par bateau en été ainsi qu’à pied et à l’aide de motoneiges ou plus traditionnellement de traineaux à chiens en hiver.

Histoire[modifier | modifier le code]

La ville a été baptisée « Frobisher Bay » par le marin et explorateur britannique Sir Martin Frobisher. Celui-ci avait effectué sans succès plusieurs voyages pour la couronne d’Angleterre afin de trouver le passage du Nord-Ouest et de trouver des ressources naturelles précieuses ; il a découvert ladite baie en 1576.

Il n’y a que quelques voyages scientifiques ainsi que des activités régionales limitées dans la baie de Frobisher jusqu’en 1942. Cette année, la ville de Frobisher Bay est fondée en tant que base militaire américaine pour permettre des réapprovisionnements et des arrêts aux avions militaires allant et venant de l’Europe pendant la Deuxième Guerre mondiale. Durant les années 1950, la population augmente rapidement à la suite de la construction de la Distant Early Warning Line, un groupe de radars s'étendant sur 5000 kilomètres et faisant partie du système d'alerte du NORAD. La « Frobisher Bay Air Force Base » ferme ses portes en 1963, mais l’aéroport régional continue à exister et la population locale restae sur place et dans la communauté voisine d'Apex (Niaqunnguut).

Le premier janvier 1987, le nom de la ville change pour la première fois pour « Iqaluit », qui signifie « endroit poissonneux » en inuktitut. En décembre 1995, la ville est choisie pour devenir la future capitale du nouveau territoire du Nunavut à partir de 1999 après un référendum sur tout le territoire, mais ce n'est que le 19 avril 2001 que la ville a obtenu officiellement le statut de ville par Ottawa. Depuis 1999, la ville accueille donc des administrations fédérales, territoriales et municipales.

Démographie[modifier | modifier le code]

En janvier 2004, la ville comptait 6 000 habitants (5 000 en 2000) et on en dénombre environ 7 200 depuis mai 2008.

Selon le recensement de 2001, la population d'Iqaluit comptait 57,9 % d'Inuits, 0,7 % de premières nations, 0,4 % de métis et 41 % de non aborigènes. Les langues parlées par les habitants étaient l'anglais à hauteur de 41,2 %, le français de 5,4 %, l'anglais et le français de 0,2 % et les langues autochtones dont l'Inuktitut et l'Inuinnaqtun à hauteur de 53,2 %.

Selon le recensement de 2006, il y a un total de 6 184 habitants qui vivent à Iqaluit. Ceci signifie un taux de variation de 18,1 % en comparaison avec les chiffres de 2001. Le territoire du Nunavut a connu un taux de variation de 10,2 % durant la même période. En 2006, 29 474 personnes vivent sur le territoire et cela signifie donc que plus qu’un cinquième de la population territoriale se concentre sur la ville d’Iqaluit. Selon le «Nunavummit Kiglisiniartiit», le Bureau des Statistiques du Nunavut, la population du territoire pourrait atteindre près de 43 000 habitants en 2020. L’âge médian de la population d’Iqaluit est très jeune avec une moyenne de 28,8 ans et le taux de naissances est à la hausse. Sur 6 085 habitants recensés, 6 025 sont des citoyens canadiens et 3 650 ont une identité autochtone. Il y a également des minorités ethniques présentes à Iqaluit telles que 55 Chinois, 45 Noirs et Maghrébins et 35 Philippins pour mentionner les minorités les plus nombreuses. Sur 6 085 habitants, 4 015 parlent la langue anglaise à la maison, 1 805 parlent une langue non officielle et surtout l’Inuktitut et 180 habitants parlent la langue française à la maison. En 1996, 60 % de la population parlaient encore l’Inuktitut à la maison comparativement à seulement 35 % qui parlaient en anglais. Le revenu médian est beaucoup plus élevé à Iqaluit que sur le reste du territoire et atteint une valeur de 92 123 dollars canadiens sans impôt en 2005. Ceci se voit également par rapport au taux de chômage qui est de seulement 7,8 % à Iqaluit, mais de 15,6 % au Nunavut.

Climat[modifier | modifier le code]

Iqaluit est à la frontière de deux zones de climat polaire : arctique et subarctique. Si on se réfère à la classification de Köppen, Iqaluit a un climat de type toundra. La végétation y est peu présente. On y retrouve des lichens et mousses recouvrant le sol durant tout l'été. La végétation se résume à la toundra, en raison des hivers très longs et froids. En janvier, à Iqaluit, le mercure tombe occasionnellement en dessous des -35 degrés Celsius (-60 avec le facteur éolien, issu des blizzards). La température la plus basse à y avoir été enregistrée est −45,6 °C, le 10 février 1967.

Normalement la neige y est présente de début octobre jusqu'à début juin, mais jamais en grande quantité (très souvent moins de 5 cm). L'été y est court, frais et humide, les températures dépassant quelquefois les 15 degrés, normalement en juillet et août. On y a ainsi enregistré +25,8 °C le 28 juillet 2001, température qui constitue à ce jour le record de chaleur. Iqaluit est une ville très froide, surtout en raison de blizzards, principalement causés par l'absence d'arbres ou d'arbustes.

Relevé météorologique d'Iqaluit-altitude:34 m -latitude:63°45'N
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −30 −31,2 −28,4 −19,6 −7,7 0,1 3,7 3,4 −0,4 −7,8 −16,7 −26,3 −13,4
Température moyenne (°C) −25,8 −26,8 −23,5 −14,7 −4,2 3,4 7,7 6,8 2,3 −4,9 −12,7 −22,1 −9,6
Température maximale moyenne (°C) −21,7 −22,5 −18,7 −9,9 −0,7 6,5 11,6 10,2 4,9 −2,1 −8,8 −18,1 −5,8
Précipitations (mm) 21,8 19 22 28,4 29,6 36,5 58,2 63,5 51,9 42,4 30,9 19,8 424
Source : Le climat à Iqaluit (en °C et mm, moyennes mensuelles) climate-charts.com


Relief et principales ressources[modifier | modifier le code]

Le paysage est englacé pendant huit mois de l’année et on peut voir des bancs de neige sur le pergélisol ainsi que des icebergs plus loin dans la baie de Frobisher si celle-ci n’est pas complètement gelée. Le Bouclier Canadien est érodé par la fonte et le retrait des glaciers. En été, le sol est rocailleux et on peut découvrir des plaines, plateaux et collines très peu couverts de végétation. Les principales ressources naturelles de la région sont les minéraux ainsi que le pétrole que le gouvernement canadien compte davantage exploiter. Par rapport au défi d’assurer l’accès à des ressources en eau suffisantes et salubres, des scientifiques de Ressources naturelles Canada travaillent depuis 2007 sur le projet «Renforcement de la résilience des établissements humains face aux changements climatiques», une activité de transfert de technologie en géomatique et en télédétection durant laquelle un groupe restreint a réussi à produire une carte ainsi que des statistiques détaillées sur les ressources en eau de surface dans le but de former du personnel local afin de préparer la ville et le territoire complet aux défis qu’apporteront le développement durable et le réchauffement climatique afin d’optimiser l’utilisation des ressources d’eau qui y existent en grand nombre.

Économie, éducation et société[modifier | modifier le code]

Signalisation routière bilingue en inuktitut et anglais à Iqaluit (juillet 2004)

Sur 4535 habitants qui ont 15 ans et plus, 1615 n’ont aucun certificat, diplôme ou grade, 775 ont un diplôme d’études secondaires ou équivalent et 265 un certificat ou diplôme d’apprenti ou d’une école de métiers. À Iqaluit se trouve une école préscolaire-primaire avec le «Nakasuk School» ainsi qu’une école secondaire qui s’appelle «Inuksuk High School». Les principaux domaines d’études postsecondaires à Iqaluit sont le commerce, la gestion et l’administration publique avec 465 étudiants, l’architecture, génie et services connexes comptent 400 étudiants et les sciences sociales et de comportement ainsi que les études de droit comptent un ensemble de 310 étudiants. En ce qui concerne les professions, cette tendance est semblable. D’une population active âgée de 15 et plus de 3470 personnes, 720 travaillent dans le domaine des affaires, des finances et de l’administration, 700 dans le domaine des ventes et services et 540 dans le domaine de la gestion. L’industrie locale se concentre avec 565 travailleurs sur les services de commerce, mais 1630 personnes travaillent tout simplement dans d’«autres services» en 2006. Depuis la fondation du territoire, l’économie régionale a fait d’énormes progrès.

Le tourisme et les secteurs de l'hôtellerie se développent grâce au rôle de lieu de transit d'Iqaluit pour atteindre les autres villes du Nunavut. Mais la grande source de l'économie locale reste les subventions du gouvernement fédéral.

À vrai dire, le grand fléau du Nord du Canada est le haut taux de suicide. C'est pourquoi des organismes au Nunavut ont été mis sur pied pour aider les gens dans le besoin.

Il y aussi le problème de l'alcoolisme à Iqaluit. Pour cette raison, il n'est pas possible de se procurer de l'alcool à l'exception des restaurants et des bars. Pangnirtung, la seconde ville du Nunavut, a réglé ce problème par une décision du conseil municipal de prohiber le commerce de l'alcool.

Transports[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne la configuration spatiale et l’accès, la ville d’Iqaluit a de nombreux inconvénients. Il n’y a pas de grande autoroute qui lie la ville aux capitales des autres provinces, les raisons en étant notamment les conditions climatiques ou la localisation sur une île qui sont largement défavorables à la construction d’une telle route. Iqaluit est la seule capitale au sein du Canada n'ayant pas de feux de circulation routière et seulement quelques panneaux routiers. Quelques rues à l’intérieur de la ville ont obtenu des noms depuis 2003, mais il y a encore des rues sans noms dans la région. Le système de routes locales lie la communauté d’Apex au «Sylvia Grinnell Territorial Park Reserve». Il n’existe pas de transports en commun, car le projet d’un système d’autobus traversant la ville a été abandonné à cause d’un manque de clientèle. Pourtant, il y a un système de taxis disponible à Iqaluit. Il y a des voitures à Iqaluit, mais elles sont peu nombreuses à cause des conditions climatiques difficiles et des coûts d’importation élevés. Les motoneiges et des véhicules tout-terrain sont plus nombreux et populaires. Traditionnellement, il y a une route menant à Kimmirut qui est accessible avec des véhicules tout-terrain. Durant l’hiver, la ville devient accessible par motoneiges et traineaux à chiens lorsque le détroit d’Hudson est gelé. Il crée ainsi une liaison naturelle d’une longueur allant jusqu’à 700 kilomètres et d’une largeur entre 64 et 240 kilomètres entre le Nunavut et le Québec. Durant l’été, Iqaluit devient accessible par bateau, mais le port n’est pas assez profond pour que les grands bateaux de cargaison puissent directement y accéder. Des petits bateaux locaux transportent les cargaisons de la baie de Frobisher jusqu’au petit port d’Iqaluit. Le seul accès stable est l’Aéroport d'Iqaluit, l’ancienne base militaire américaine qui existe depuis 1942. Les avions de «Canadian North» et «First Air» lient Iqaluit à Ottawa et Yellowknife et plusieurs petites villes au Nunavut. Depuis 2010, «Air Canada Jazz» offre également des vols entre Ottawa et Iqaluit à une plus grande clientèle. Sinon, il y a des lignes régionales telles que «Kivalliq Air», «Air Nunavut», «Unaalik Aviation», «Canadian Helicopters» et «Nunasi Helicopters» qui ont accès à l’aéroport d’Iqaluit. En février 2006, l'Airbus A380 est venu effectuer des tests de performances par grand froid à Iqaluit. Une liaison par avion entre Iqaluit et Nuuk, la capitale du Groenland, est actuellement en état de planification.

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

La ville devient de plus en plus un endroit intéressant pour beaucoup de chômeurs venant des autres provinces canadiennes et même certaines minorités ethniques s’y installent. Malgré une configuration spatiale défavorable, des lacunes par rapport à l’accès de la ville et un climat extrême qui se réchauffera d’environ 1,5 à 4 degrés Celsius en moyenne d’ici 2050, la ville est une zone émergente qui deviendra d’autant plus importante dans le contexte des revendications territoriales en Arctique en lien avec les ressources pétrolières et un possible accès au légendaire passage Nord-Ouest grâce au réchauffement climatique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • APRIL, JACQUELINE, « Chez les Inuit du Nunavut », article paru dans L'Actualité, Montréal, Québec, Canada ; reproduit dans Courrier international no 693 du 12 février 2004, France.
  • DAHL, JENS, JACK HICKS et GRAHAM WHITE (2000), «Inuit regain control of their lands and their lives», Copenhague, Danemark: «International Work Group for Indigenous Affairs», pages 34 et 35 (chapitre 2, en anglais)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]