Morez

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46° 31′ 22″ N 6° 01′ 23″ E / 46.5227777778, 6.02305555556

Morez
La cluse de Morez vue depuis le viaduc des Crottes
La cluse de Morez vue depuis le viaduc des Crottes
Armoiries
Détail
Administration
Pays France
Région Franche-Comté
Département Jura
Arrondissement Saint-Claude
Canton Morez
(chef-lieu)
Code commune 39368
Code postal 39400
Maire
Mandat en cours
Jean-Paul Salino
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Haut Jura
Démographie
Population 5 508 hab. (2008)
Densité 570 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 31′ 22″ Nord
       6° 01′ 23″ Est
/ 46.5227777778, 6.02305555556
Altitudes mini. 650 m — maxi. 1 302 m
Superficie 9,67 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Morez est une commune française, située dans le département du Jura et la région Franche-Comté.

Morez est aujourd'hui la capitale française de la lunette. Au XIXe siècle, Morez était la capitale de l'horloge comtoise.

Le site de Morez est facilement reconnaissable grâce aux montagnes qui l'enserrent et à la silhouette des viaducs du chemin de fer. Le haut de Morez est dominé par le Lycée Victor Bérard (École nationale d'optique).

Morez est situé à proximité de la frontière suisse, au pied de la station des Rousses, c'est la deuxième ville du Parc naturel régional du Haut-Jura.

Le z final étant naturellement muet, il faut bien sûr prononcer Moré et non Morèzz. Ses habitants sont appelés les Moréziens et les Moréziennes.

Sommaire

[modifier] Géographie

Située dans une cluse, Morez est enserrée dans la vallée de la Bienne, ce qui explique son extension sur 3 kilomètres de longueur.

L'altitude, qui varie de 650 m à 1 302 m sur l'ensemble de la commune[1], présente des différences importantes selon les quartiers de la ville :

  • Bas de Morez (691 m) au niveau de la confluence entre l'Evalude et la Bienne ;
  • Morez centre (720 m environ) ;
  • Morez-dessus (760 m) sur le flanc ouest de la vallée ;
  • Villedieu (745 m) sur le flanc est de la vallée, au-dessus de la gare SNCF ;
  • Sur Le Puits (815 m) sur le flanc est de la vallée, au-dessus du centre-ville.

Les communes voisines sont :

[modifier] Histoire

Au XVIe siècle, les premiers habitants de la Combe Noire sont descendus des villages voisins pour y installer des moulins sur les bords de la Bienne.

Ces moulins sont ensuite remplacés par un chapelet de martinets de forge, de clouteries et de scieries, utilisant l'énergie hydraulique. La famille Morel serait la première à s'y installer, elle laissera son nom à la ville de Morez.

L'arrivée de la route au XVIIIe siècle favorise l'économie[2].

Morez devient une commune à part entière en 1776, et se développe au XVIIIe siècle et surtout au XIXe siècle du fait de son essor industriel important centré sur la métallurgie : tréfilerie, clouterie, horlogerie, émaillerie et lunetterie.

Au XXe siècle l'industrie se spécialise dans la lunetterie.

Jean-Marc Olivier, historien ayant étudié le phénomène d'industrialisation spécifique au bassin morézien, a mis au jour le concept d'industrialisation douce[3]. Il s'arrête notamment sur la succession de trois cycles techniques entre 1750 et nos jours : ceux de la clouterie, de l'horlogerie de parquet (horloges comtoises), et de la lunetterie (1880 à nos jours).

[modifier] Clouterie

La fabrication des clous est une des premières industries locales. À l'origine, plusieurs martinets, actionnés par des roues à eau, sont situés au bord de la Bienne.

[modifier] Horlogerie

À partir de la fin du XVIIe siècle, l'horlogerie se développe dans la région de Morez (les frères Mayet à Morbier).

En 1789, Morez a 76 horlogers pour un millier d'habitants et exporte ses composants horlogers jusqu'au Gévaudan[4]. La vallée de Joux est à 20 kilomètres de Morez, où les frères Mayet construisent de nombreuses horloges dans la seconde moitié du XVIIe siècle[5].

La production d'horloges comtoises reste artisanale jusqu'au XIXe siècle, la production devient alors industrielle et dépasse 100 000 pièces par an dans les années 1850[6].

Si l'horlogerie morézienne bénéficie bien du voisinage suisse pour obtenir la technique de l'émail en 1777, elle reste techniquement indépendante[7].

Aux XIXe et XXe siècles, Morez et Morbier sont aussi un centre important de production d'horloges monumentales[8].

[modifier] Lunetterie

Article détaillé : lunettes de vue.

En 1796, un cloutier, Pierre-Hyacinthe Caseaux a une idée : il utilise du fil de métal pour fabriquer des bésicles. C'est le début de la lunetterie morézienne, qui connaît son essor au milieu du XIXe siècle.

[modifier] Métier d'Art

La tradition industrielle de Morez et le savoir-faire local justifie le label Ville et Métiers d’Art. Ce label regroupe une sélection de soixante-trois communes en France.

[modifier] Économie

L'économie morézienne s'appuie sur plusieurs secteurs complémentaires :

La ville accueille une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie du Jura.

[modifier] Administration

[modifier] Liste des maires de Morez

L 'hôtel de ville
Liste des maires depuis la Seconde Guerre mondiale
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1931 mai 1953 Louis Paget SFIO  
mai 1953 novembre 1955 Paul Dalmais    
novembre 1955 mars 1959 Roger Passet   Commerçant -Chausseur
mars 1959 mars 1971 Gaston Prost-Dame    
mars 1971 mars 1983 Jean-Louis Crestin-Billet   Fabricant de lunette (Entreprise Cébé)
mars 1983 mars 1989 Roland Carminati    
mars 1989 mars 1995 A. Cachot et Roger Gobet    
mars 1995 réélu en 2008[11] Jean-Paul Salino UMP Chef d'entreprise dans la lunetterie

[modifier] Enseignement

La ville compte deux collèges et un lycée.

Collège public

Collège privé

Lycée public

[modifier] Jumelage

D'abord jumelé avec Offenbourg (RFA)

[modifier] Démographie

Évolution démographique

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1049 1218 1291 1694 2067 2508 2726 3183 3153
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3851 4762 5458 5178 5419 5542 5443 5124 5333
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
5449 5680 5928 5100 5136 4981 4892 4691 5588
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2008  
5777 6408 6811 6739 6957 6144 5354 5728  

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes


Source: EHESS[13]

Evolution de la population

Avec 6144 habitants en 1999[14], Morez est la cinquième ville du département du Jura. En 2009, la ville ne compte plus que 5 685 habitants.

[modifier] Naissance d'une ville

Le boom démographique observé pendant la première partie du XIXe siècle correspond à la période d'industrialisation (clouterie, puis horlogerie et lunetterie). La population passe en quelques dizaines d'années de 1 000 habitants à plus de 5 000. Les ateliers et les maisons se concentrent dans le fond de la vallée.

Entre la Grande Guerre et la Seconde Guerre mondiale, la population recule. Très peu de bâtiments sont construits à cette époque.

La deuxième phase de croissance démographique de 1950 à 1980 correspond à l'optimum de la mono-industrie lunetière. Pour loger sa population croissante, la commune décide la construction de deux quartiers nouveaux situés sur les flancs de la vallée « Morez-dessus » et « Villedieu ».

Au milieu des années 70, le manque de logements conduit à la construction d'un autre quartier « Sur le Puits ». La population de ce quartier atteint plus de 1 400 habitants en 1991[15].

Avant d'entrer dans une phase de stagnation, la population de l'ensemble de la ville atteint pratiquement 7 000 habitants dans les années 1980.

La baisse de population observée dans les années 90 et 2000 s'explique par la baisse de l'activité industrielle et par un phénomène de périurbanisation (de nombreuses personnes travaillent à Morez mais habitent dans une commune voisine).

[modifier] Immigration

La première phase de croissance correspond à la fixation à Morez de populations issues principalement des villages du Haut-Jura [16]. Une importante immigration italienne (Piémontaise et Bergamas) s’installe à Morez et au Haut-Jura suite à la construction de la voie de chemin de fer et du fort des Rousses.

La deuxième phase de croissance s'accompagne d'une arrivée de populations nouvelles dont une part importante immigre du Portugal, de Turquie mais aussi du Maghreb.

[modifier] Aire urbaine

L'aire urbaine de Morez (au sens de l'INSEE) regroupe Morez et Morbier. La population de l'aire urbaine de Morez est de 8 213 habitants en 1999.

[modifier] Transports

Malgré sa situation géographique défavorable (en montagne), Morez bénéficie de liaisons relativement rapides vers Paris, Lyon, Genève ou Lausanne.

[modifier] Route

Morez se trouve sur la route (RN5) reliant Paris à Genève. Par la route, Morez est à 27 km du Brassus, 35 km de Nyon, 53 km de Genève et 158 km de Lyon.

[modifier] SNCF

La gare de Morez permet de rejoindre Paris Gare de Lyon en quatre heures généralement par TER . Une ligne SNCF permet également de rejoindre Saint-Claude et Lyon par Oyonnax et Bourg-en-Bresse (la section Oyonnax - Bourg-en-Bresse est provisoirement assurée par autocar suite à la modernisation et l'électrification de la ligne Bourg-en-Bresse - Bellegarde-sur-Valserine). Arrêt du chemin de fer touristique de la « Ligne des hirondelles »

[modifier] NStCM

Avec l'achèvement de la ligne métrique de Chemin de fer Nyon-Saint-Cergue-Morez (NStCM) en 1921, Morez bénéficiait d'une liaison avec Nyon en Suisse. La partie française de cette ligne a été fermée en 1958, la route reprenant son tracé et l'espace libéré à flanc de montagne. La ligne actuelle assure la liaison Nyon Saint-Cergue La Cure (frontière suisse)

[modifier] Lieux et monuments

[modifier] Personnalités liées à la commune

[modifier] Galerie photo

[modifier] Sources

[modifier] Bibliographie

  • (fr) Maurice Genoudet, Morez, 1776-1976, 1976
  • (fr) Jean-Marc Olivier, Des clous, des horloges et des lunettes, 2004 (ISBN 2-7355-0480-8)
  • (fr) Laurent Poupard, Morez, ville industrielle du Jura, Lieux Dits Editions - L'Inventaire, 2011 (ISBN 978-2-914528-99-3)

[modifier] Notes

  1. Cf. Morez sur le site de l'Institut géographique national
  2. Vincent Albouy, Noël Barbe, Patrick Blandin et Alain Bradfer, Jura, coll. Encyclopédie du voyage, Gallimard, (ISBN 2-7424-1473-8)
  3. Voir sa thèse Des clous, des horloges, des lunettes. Les campagnards moréziens en industrie (1780 - 1914), CTHS, 2004, (ISBN 978-2-7355-0480-0).
  4. La France industrielle aux XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles Par Paul Delsalle, page 105
  5. Etudes historiques, morales et statistiques sur l'horlogerie en Franche-Comté, paru en 1860, par Eugène Lebon
  6. Voir page 141 de la thèse Des clous, des horloges, des lunettes. Les campagnards moréziens en industrie (1780 - 1914), CTHS, 2004, (ISBN 978-2-7355-0480-0)
  7. Voir page 155 de la thèse Des clous, des horloges, des lunettes. Les campagnards moréziens en industrie (1780 - 1914), CTHS, 2004, (ISBN 978-2-7355-0480-0).
  8. Horlogerie d'édifice à Morez
  9. a et b Via ferrata "la Roche au Dade" - Récits de passionnés (Impressions, conseils, topo et photos)
  10. Maurice Genoudet, Historique de Morez, 1983
  11. Préfecture du Jura, Liste des maires élus en 2008, consultée le 2 mai 2010
  12. Voir le site officiel du Lycée polyvalent Victor Bérard
  13. Graphique de l'évolution de la population, extrait du site Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui
  14. Pour plus de détails sur la démographie de Morez, on se rapportera aux statistiques démographiques pour Morez sur le site de l'Insee
  15. Voir la présentation du film 'Morez, pays de lunettes' http://www.filmsdocumentaires.com/portail/Pays_de_lunettes.html.
  16. Voir pages 56 à 58 de la thèse Des clous, des horloges, des lunettes. Les campagnards moréziens en industrie (1780 - 1914), CTHS, 2004, (ISBN 978-2-7355-0480-0).
  17. Voir l'inventaire général du patrimoine culturel pour Morez
  18. Photos, caractéristiques et extrait musical sur l'orgue
  19. Page perso sur Aimé Lamy et ses activités

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

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