Viola (genre végétal)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Violette (homonymie).

Viola est un genre de plantes herbacées vivaces de la famille des Violaceae. Selon le positionnement des pétales, les espèces sont appelées « violettes » ou « pensées ». Les violettes sont parfois appelées « herbes de la Trinité ». Ces plantes ont un usage principalement ornemental. Des variétés odorantes servent en parfumerie et en confiserie.

Violette est un prénom féminin existant en Europe depuis le Moyen Âge.

Description du genre[modifier | modifier le code]

Le genre Viola est représenté par des plantes herbacées à fleurs zygomorphes à 5 pétales. Certaines espèces produisent des fleurs cléistogames (V. odorata, V. hirta, ...). Dans ce cas, les fleurs chasmogames sont souvent stériles. Les graines sont caractérisées par un élaiosome qui leur permet d'être disséminées par les fourmis.

Voir la liste des espèces européennes et la liste complète des espèces et sous-espèces plus bas, dans cet article.

Différentes sections[modifier | modifier le code]

Viola cazorlensis, section Delphiniopsis
Viola biflora, section Dischidium
Viola hederacea, section Erpetion
Viola cornuta, section Melanium
Viola palustris, section Viola
Viola arborescens, section Xylinosium

Le genre Viola est découpé en sections [1]:

  • Section Andinium Becker
  • Section Chamaemelanium Ging.
  • Section Delphiniopsis Becker
  • Section Dischidium Ging.
  • Section Erpetion Becker
  • Section Melanium Ging.
  • Section Viola, (Nomimium Ging.)
  • Section Xylinosium Becker

On nomme l'espèce, violette ou pensée, en fonction de la disposition des pétales [1],[2] :

  • les violettes : deux pétales vers le haut et trois vers le bas. Elles sont représentées en Europe, principalement par la section Viola (anciennement Nomimium)
  • les pensées : quatre pétales vers le haut (les deux pétales latéraux étant rapprochés des deux supérieurs) et un vers le bas. Elles sont représentées en Europe, principalement par la section Melanium

Variétés cultivées[modifier | modifier le code]

Les pensées ont donné des variétés horticoles à grandes fleurs. Les espèces sont nombreuses, 500 espèces réparties dans le monde, et forment de nombreux hybrides qui rendent la détermination parfois délicate. De nombreuses variétés sont faciles à cultiver.

De nombreuses variétés ont été sélectionnées par l'homme, dont la Violette de Toulouse (emblème de la ville de Toulouse) qui fait partie de la famille des violettes de Parme, variété de violettes à fleurs doubles.

Culture[modifier | modifier le code]

Violettes et pensées ont besoin d'un sol neutre ou calcaire, assez humifère et bien drainé. Elles sont présentes sur l'intégralité des continents. Elles peuvent se reproduire de trois manières différentes :

  • soit par pollinisation classique de leurs fleurs (fleurs dites chasmogames)
  • soit en émettant un stolon qui créera un nouveau plant
  • soit en produisant des capsules de graines par auto-pollinisation (fleurs dites cléistogames)

La violette fleurit au printemps pour la plupart des espèces et en automne si les conditions climatiques s'y prêtent (alternance de nuits froides et de jours chauds ensoleillés).

Les variétés horticoles de pensées sont des hybrides Viola ×wittrockiana. Il existe également de nombreuses variétés horticoles (cultivars) de viola odorata.

Utilité écologique[modifier | modifier le code]

Les Viola sont les plantes hôtes des chenilles de nombreux papillons et parmi eux de beaucoup des Heliconiinae dont la Petite violette Clossiana dia, le Cardinal Argynnis pandora, le Chiffre Fabriciana niobe, le Petit nacré Issoria lathonia, Speyeria alexandra, Grand collier argenté, Grand nacré, Moyen nacré, Nacré de la ronce, Petit collier argenté, tabac d'Espagne (Nymphalidae)[3].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Les violettes parfumées (Viola odorata, Violette de Toulouse, ... ) sont utilisées :

  • En confiserie, pour les bonbons à la violette élaborés à partir de fleurs fraîches cristallisées dans le sucre. Ils sont une spécialité de Toulouse.
  • En pâtisserie, pour la confection de sirops.
  • En cuisine, dans les salades de fruits, farces de volailles et pâtés de viandes.
  • En parfumerie, pour le célèbre parfum de violettes ; c'est une fleur au parfum envoûtant et suave auquel certains ont prêté un pouvoir aphrodisiaque.
  • Jadis, dans le domaine de la santé, pour soigner les maux de tête, l'insomnie et la mélancolie. Et utilisé pour guérir l'acnée et les infections de la peau. Ses graines ou fleurs entraient dans la composition de remèdes de la pharmacopée maritime occidentale au XVIIIe siècle : catholicum simple ; diaprun solutif[4].

Le genre Viola dans la culture[modifier | modifier le code]

Ces fleurs, et principalement les violettes, font partie intégrante de la culture occidentale et ont inspiré mythes, légendes, prénom et servent également de symbole.

Les violettes dans la mythologie grecque[modifier | modifier le code]

Dans la mythologie, la nymphe Io fut aimée de Jupiter. Mais les amours de celui-ci furent une fois de plus contrariées par son épouse Junon, qui se vengea en changeant sa rivale en blanche génisse. Ainsi métamorphosée, Io errait tristement lorsqu’elle vit sortir de terre des petites fleurs qui tournèrent leurs corolles vers elle. Elle reconnut en elles les pensées de ses amis venus la consoler. Un autre mythe jouant sur l'étymologie populaire du nom de la fleur raconte que des nymphes ioniennes avaient offert des violettes (appelées ion en grec) à Io qui avait guidé une colonie vers l'Attique[5]. Un autre récit mythique fait de la violette une fleur funéraire de l'Antiquité car Proserpine en cueillait quand elle fut envoyée aux enfers[6].

Violette, prénom féminin[modifier | modifier le code]

Violette, diminutif du prénom latin Viola, est donné comme prénom féminin depuis le Moyen Âge. On trouve aussi l'augmentatif Violante en italien.

L'apport de la Révolution française, une forte utilisation symbolique[modifier | modifier le code]

La Révolution française inclut le prénom Violette dans le calendrier républicain à la date du 8 ventose (26 février)[7]. Il est dès lors fêté à cette date ou lors du 5 octobre, à la sainte Fleur, à l'instar des autres prénoms floraux. Le calendrier inclura également un jour de la Pensée en date du 28 germinal (17 avril)

Le 17 avril, généralement le 28e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, est officiellement dénommé jour de la Pensée[8].

Le prénom survit jusqu'à nos jours ; au XXe siècle, il à la mode dans les années 1920 et 1930, avant de tomber en désuétude suite à l’affaire Violette Nozière. Il réapparaît dans les années 1950 (avec 400 attributions en 1954), recule fortement des années 1970 à 1990, puis est à nouveau donné environ 200 fois par an dans les années 2000.

Dans l'église catholique, la tradition veut que les prénoms floraux soient fêtés en date du 5 octobre, jour dédié à Fleur d'Issendolus, catholique gascogne du XIVe siècle, canonisée sous la forme Sainte Fleur[9].

Napoléon Bonaparte a été surnommé Père La Violette par ses soldats lors de son séjour à l'île d'Elbe, parce qu'il devait revenir avec les violettes, c'est-à-dire avec le printemps. Cette fleur fut ensuite le signe de ralliement des bonapartistes durant les Cent-Jours.

L'image de la violette impériale réapparaît en France sous le Second Empire lorsque les Palmes académiques adoptent cette couleur en 1866. Violettes impériales est également le titre d'une opérette interprétée par Luis Mariano, d'abord sur la scène du théâtre Mogador puis à l'écran dans un film de Richard Pottier en 1952, et dont l'action se situe sous le Second Empire.

Parallèlement, diverses villes utilisent la violette comme symbole.

Il existe une Confrérie de la violette à Toulouse. Cette ville est aussi appelée la Cité des violettes, car la production de cette fleur y était très importante. La Violette est l'une des récompenses décernées par l'Académie des Jeux floraux de Toulouse.

En Italie, la violette est l'emblème de la ville de Parme. Au Canada, la violette cucullée est l'emblème de la province du Nouveau-Brunswick.

Langage des fleurs[modifier | modifier le code]

Dans le langage des fleurs, la violette représente l'innocence, la modestie et la pudeur, par allusion à la petite corolle qui semble hésiter à sortir de son écrin de feuilles [1]. Bleue, elle témoigne de la fidélité ; blanche, elle évoque le bonheur champêtre[réf. souhaitée]. Toujours dans le langage des fleurs, la violette en bouquet, entouré de feuilles, symbolise l'amour secret[1].

La Pensée représente quant à elle le souvenir[réf. souhaitée].

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Espèces européennes[modifier | modifier le code]

Violette (espèce incertaine)

Il y a 91 espèces européennes dont 19 en France, 22 en Suisse et 15 en Belgique[réf. nécessaire]. La plupart présente des fleurs de teinte rose à violet, mais pour certaines à dominante blanche ou jaune, auquel cas cette indication est portée ci-dessous; attention toutefois, la couleur est rarement un caractère intangible de l'espèce.


Espèces américaines[modifier | modifier le code]

Liste complète[modifier | modifier le code]

Selon ITIS :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Bernard Bertrand et Nathalie Casbas, Une pensée pour la violette, éditions de Terran, coll. « Le Compagnon Vegetal »,‎ avril 2001, 168 p. (ISBN 2-913288-14-6)
  2. Jean-Claude Rameau, G. Dumé, Flore forestière française, Forêt privée française,‎ 2008, p. 795
  3. viola sur funet
  4. D'après Maistral, in Yannick Romieux, De la hune au mortier, Éditions ACL, Nantes, 1986.
  5. La Maison Fleurie, Edition Solar, écrit en collaboration, Paris, 1991.
  6. Angelo De Gubernatis, La mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, Editorial Maxtor,‎ 2011, p. 369
  7. Marie-Odile Mergnac, Les prénoms du calendrier révolutionnaire, Paris : Archives et culture, 2006, (ISBN 2-35077-003-6), p. 59-60.
  8. Rapport fait à la Convention nationale, dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, au nom de la Commission chargée de la confection du Calendrier, Imprimerie nationale,‎ 1793 (lire en ligne)
  9. Violette, Nominis, Église catholique de France, consulté le 8 juillet 2014.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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