Kouang-Tchéou-Wan

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21° 01′ 23″ N 110° 23′ 16″ E / 21.0229825, 110.3878784

Kouang-Tchéou-Wan

18981946

Drapeau
alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Carte de localisation de Kouang-Tchéou-Wan

Informations générales
Statut Territoire sous administration de l'Indochine française
Capitale Fort-Bayard (actuelle Zhanjiang)
Langue français, mandarin
Démographie
Population 189 000 hab. (en 1911)
208 044 hab. (en 1924)
Superficie
Superficie 1945 ~ 1300 km²
Histoire et événements
16 novembre 1898 Création
28 février 1946 Accord franco-chinois, rétrocession du territoire

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le Kouang-Tchéou-Wan (chinois simplifié : 广州湾 ; pinyin : guǎngzhōu wān) est un territoire de 1 300 km2 situé dans l'actuelle Chine, et colonisé par la France à partir de mai à juillet 1898, suite au traité de Kouang-Tchéou-Wan, un des traités inégaux signés entre les empires coloniaux occidentaux et les empires colonisés d'extrême-orient. Il englobait des territoires situés sur la côte nord-est de la péninsule de Leizhou, à l'ouest du Guangdong, comptant notamment la ville actuelle de Zhanjiang, ainsi que les îles de Donghai et Naozhou. Cette conquête s'inscrivait dans le cadre de la tentative de colonisation de la Chine par les puissances occidentales à la fin de la dynastie Qing.

Localisation du territoire

Histoire[modifier | modifier le code]

Le territoire de Guangzhou Wan en 1909.

Après la conquête française, l'occupation est transformée en bail de 99 ans par l'accord du 16 novembre 1898[1]. Le territoire de Kouang-Tchéou-Wan (aussi dénommé GuangzhouWan[2]) passe sous l'autorité du gouverneur général d'Indochine française, et son centre administratif est baptisé Fort-Bayard(actuelle Zhanjiang)[3].

En s'emparant de ce territoire, la France cherche à étendre sa zone d'influence à partir de l'Indochine au sud-ouest de la Chine (Yunnan, Sichuan et Guangdong). Elle souhaite faire du port de Kouang-Tchéou-Wan un grand port de commerce, pour rivaliser et contrebalancer les influences britannique (Hong Kong) et portugaise (Macao) dans le sud de la Chine.

La France utilise ce comptoir pour l'expédition des produits miniers tirés des concessions accordées par la Chine. Des projets français d'extension des chemins de fer indochinois Hanoi-Kunming vers le Yunnan et le reste de la Chine sont envisagés.

Cependant, le territoire ne connait pas la même croissance rapide de population que d'autres parties de la Chine côtière, cette population passant de 189 000 habitants en 1911 à 209 000 habitants en 1935. À partir de 1920, les Français comprennent que le projet initial est un échec, le territoire ayant de nombreux retards. La Chine voisine est instable depuis 1911 et la présence française est toute relative, l'attention coloniale du plus grand nombre d'investisseurs se portant à cette époque sur l'Indochine française.

En 1925, devant les vues et l'impérialisme japonais sur la Chine, la France envisage de faire du territoire un port de guerre. À partir de 1931, le projet se concrétise mais les budgets manquent et la France, en retard elle-même sur son armement face à l'Allemagne, ne le finalise pas (le projet sera mené à terme par la Chine qui fera du port de Zhanjiang un grand port militaire).

Envahi par l'Empire du Japon en 1943, le territoire est rétrocédé à la République de Chine après la Seconde guerre mondiale, conformément à l'accord franco-chinois sur les relations sino-indochinoises conclu à Chongqing (Tchoungking) le 28 février 1946 entre la France et la Chine (accord approuvé par l'Assemblée Nationale française le 25 avril 1946)[4].

Lors de la « pinyinisation » de l’écriture chinoise Fort-Bayard prend le nom de Zhanjiang.

La France avait formé une petite élite Francophone, mais ces Francophones furent isolés du reste du monde des années 1940 aux années 1980, surtout pendant la période de la révolution culturelle dans les années 1960, où savoir parler Français était mal vu, et jugé "impérialiste". Le lycée Français fut fermé en 1943 lors de l'invasion Japonaise. Au début des années 1990, le nombre de Francophones était estimé à un millier d'individus, des personnes âgées, qui étaient issues de l'élite, et qui avaient connu la colonisation française, mais le plus souvent,ils parlaient mal ou avaient oublié le français. En 2014, cette petite élite semble avoir complètement disparu en même temps que les anciennes générations. La France n'envisage pas d'ouvrir un nouveau lycée français ou Alliance Française.

Subdivisions[modifier | modifier le code]

En 1926[5], le Territoire de Kouang-Tchéou-Wan comprenait[6] :

  • Deux « centres urbains » : Fort-Bayard (aujourd'hui : Zhanjiang) et Tchekam ;
  • Sept « délégations » : Poteou, Tamsoui, Potsi, Tchimoun, Taiping, Tongsan, Sanka-Wo.

Garnisons[modifier | modifier le code]

Garde Indigène : elle comprenait 16 sous-officiers et 348 gardes indigènes.

Illustrations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [Charpentier Jean. Pratique française du droit international public. In: Annuaire français de droit international, volume 5, 1959. pp. 877-902. doi : 10.3406/afdi.1959.1471 url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/afdi_0066-3085_1959_num_5_1_1471 Consulté le 11 janvier 2014 "Le territoire de Kouang-Tchéou-Wan était rattaché administrativement à l'Indochine, mais il restait soumis, en vertu de la convention franco-chinoise du 16 novembre 1898, à la souveraineté chinoise (J.O. A.N. 1er juillet 1959, p. 1189)." ]
  2. Chine / France : des historiens vont retracer l'histoire de la concession française de Guangzhouwan - Chine Nouvelle (Xinhua) - Jiang Zhenni, le 16/08/2011
  3. [1]
  4. J.O. A.N. N° 56 de 1946, page 2289 - Séance du 25 avril 1946 pp2289/2290
  5. Mossy (Léon), Principes d'administration générale de l'Indo-Chine, Saïgon, Impr. de l'Union, 1926, In-8°, 926-XV p.
  6. Mossy (L.), op. cit., p. 14 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58463606/f16.image

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]