François Houtart

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François Houtart

François Houtart (Bruxelles, 1925) est un prêtre et sociologue belge, professeur à l'université de Louvain (Belgique) jusqu'à sa retraite en 1990. Militant de la cause du Tiers-Monde il est le fondateur du Centre tricontinental (CETRI) et de la revue Alternatives Sud. En 1962, il a participé comme expert au Concile Vatican II. Compromis dans une affaire de mœurs vieille de 40 ans, il démissionne de ses fonctions au Centre tricontinental à la fin de l'année 2010.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Petit-fils du comte Henry Carton de Wiart (1869-1951), qui fut l'un des dirigeants du Parti catholique, premier ministre belge (1920-1921) et pionnier de la démocratie chrétienne, il est très jeune sensibilisé aux questions de justice sociale. Il fait ses études au collège Saint-Jean-Berchmans de Bruxelles.

François Houtart suit ensuite une formation en philosophie et en théologie au Grand séminaire de Malines. Il travaille également avec l'abbé Joseph Cardijn à la JOC. Il est ordonné prêtre en 1949.

Il poursuit une formation en sciences sociales à Louvain et Chicago. Il est docteur en sociologie de l'Université catholique de Louvain et diplômé de l'Institut supérieur international d'urbanisme appliqué de Bruxelles.

Professeur à Louvain[modifier | modifier le code]

François Houtart commence sa carrière de professeur de sociologie à l'université de Louvain en 1958. Il y sera jusqu'à sa retraite en 1990. Mais Louvain est une plate-forme qui lui permet de parler haut et fort en faveur des groupes sociaux exploités et marginalisés, particulièrement les peuples indigènes, les ouvriers agricoles d'Amérique latine avec lesquels il a beaucoup de contacts. Suivant la méthode JOC (voir, juger, agir) et inspiré par le marxisme il aide ces groupes à analyser leur situation et à décider les orientations à donner à leurs propres luttes sociales. Comme prêtre il est convaincu que si l'amour du prochain de l'Évangile est pris au sérieux, l'appel à plus de justice sociale n'en est que plus criant.

Amérique latine[modifier | modifier le code]

Entre 1958 et 1962, François Houtart coordonne le travail de la fédération internationale des instituts de recherche socio-religieuse, qui réalise une grande enquête sur la situation du catholicisme en Amérique latine, dans son contexte démographique, social et culturel particulier: 43 volumes sont publiés.

Cette étude est prête exactement au moment où Jean XXIII convoque le concile Vatican II. Dom Hélder Câmara, alors vice-président du conseil épiscopal latino-américain (CELAM), conjointement avec Mgr Larrain, évêque chilien, fit faire un résumé de cette étude pour le distribuer en plusieurs langues à tous les évêques, lors de l’ouverture du Concile Vatican II. L’idée était « de faire connaître la problématique du catholicisme latino-américain à l’épiscopat mondial » écrit-il dans Nueva Sociedad[1].

Altermondialisme[modifier | modifier le code]

Le chanoine Houtart, surnommé le « chanoine rouge » ou le « pape de l'altermondialisme », a donné des conférences dans plus de cent universités de par le monde, a présidé la Ligue internationale pour le droit des peuples, participé à la création du Conseil international du Forum social mondial, et n'a manqué aucun rendez-vous altermondialiste. Il est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.

Figure reconnue du mouvement altermondialiste, il est un des pères de l'Autre Davos et du forum social mondial de Porto Alegre. Face à l'évolution de la situation mondiale et aux tentatives de récupération dont il fait l'objet, le mouvement altermondialiste aurait intérêt selon lui à radicaliser son discours.

Depuis sa retraite et jusque décembre 2010, il dirige le Centre tricontinental.

À l'occasion des élections fédérales de 2010 en Belgique, il soutient l'alternative unitaire de la gauche francophone à travers le Front des Gauches. Ce front est constitué du Parti Communiste, de la Ligue Communiste Révolutionnaire, de Vélorution, du Comité pour une Autre Politique (CAP), du Parti Humaniste et du Parti socialiste de lutte.

Rattrapé par un passé lointain[modifier | modifier le code]

Le 29 décembre 2010, François Houtart avoue, dans le quotidien Le Soir, s'être livré, 40 ans plus tôt, à des attouchements sexuels sur la personne d'un de ses cousins alors mineur[2].

Après la dénonciation anonyme de ces abus par une sœur de la victime[3], il se voit obligé de démissionner de ses fonctions au Centre Tricontinental et de demander à ses partisans de retirer sa candidature au prix Nobel de la paix de 2012. Début janvier 2011, une information est ouverte contre François Houtart par le Parquet de Liège[4].

Prix[modifier | modifier le code]

François Houtart reçoit en 2009 le prix de l'Unesco Madanjeet Singh de la promotion de la tolérance et de la non-violence « pour ses efforts exceptionnels afin de promouvoir la justice sociale dans le monde ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lire en ligne : François Houtart, Des temps difficiles pour l’église des pauvres, Les pontificats de Jean Paul II et de Benoît XVI face à l’Amérique latine, 2005, sur le Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latine (risal.collectifs.net)
  2. [1]:Le chanoine Houtart avoue des abus sexuels, 2010, Le Soir en ligne
  3. Rapport des activités de la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale
  4. Lalibre.be 06/01/2011