Forces armées luxembourgeoises

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Forces armées luxembourgeoises
Fondation 16 février 1881
Branches Armée de terre
Commandement
Grand-duc de Luxembourg Henri de Luxembourg
Ministre de la défense Etienne Schneider
Chef d'état-major Mario Daubenfeld
Main-d'œuvre
Âges militaires 18-24 ans
Disponibles au service militaire 118 665 (2010) (16-49 ans)[1] hommes
117 456 (2010) (16-49 ans)[1] femmes
Aptes au service militaire 97 290 (2010) (2010) (16-49 ans)[1] hommes
Atteignant l'âge militaire chaque année 3 263 (2010)[1]  hommes
3 084 (2010)[1] femmes
Actifs ~ 900 (2009)[2]
Déployés hors du pays 42 (en septembre 2011)
Réservistes 0 (réserve abolie en 1997)[3]
Budgets
Budget 249 millions de dollars (2009)[2]
Pourcentage du PNB 0,5 % (2009)
Articles annexes
Histoire Corps des Volontaires luxembourgeois
Invasion du Luxembourg en 1940

L'Armée luxembourgeoise (lux.: Lëtzebuerger Arméi) est le nom des forces militaires du Grand-Duché de Luxembourg. Elle comprend des branches terrestres, regroupant moins de 3 000 hommes. Le Luxembourg possède un petit navire de marine à Bruges (Belgique) et quelques avions immatriculés au Grand duché. En 2009, l'armée a commandé un airbus A400M pour le transport des troupes. Le chef de l'armée est le grand-duc de Luxembourg mais le contrôle effectif revient au ministre de la Défense sous le contrôle du ministre des Affaires étrangères[4].

Historique[modifier | modifier le code]

Carte de la Schusterline
Article détaillé : Histoire du Luxembourg.

De la milice au Corps des volontaires (1815-1940)[modifier | modifier le code]

Monument commémoratif à la grève de Wiltz de 1942, un des hauts faits de la résistance luxembourgeoise.

Après 1815, le Luxembourg est un territoire sous souveraineté néerlandaise mais comprenant un petit corps de défense, la milice luxembourgeoise. Elle est créée en 1817 et les miliciens font leur service au sein de l'armée néerlandaise sauf entre 1830 et 1839 du fait des évènements survenus en Belgique. La milice est supprimée en 1841[5]. En 1839, le Luxembourg est divisé en deux. Une partie devient une région de la Belgique nouvellement créée tandis que l'autre partie (le Luxembourg actuel) devient partie prenante de la nouvelle Confédération germanique. En tant que membre de cette entité, elle fournit un Contingent fédéral de 1 319 hommes divisés en trois unités (un bataillon de chasseurs, un escadron de cavalerie et un escadron d'artillerie). En 1846, les deux escadrons d'artillerie et de cavalerie sont supprimés et seules des unités de chasseurs subsistent[6]. La dissolution de la Confédération germanique après la guerre austro-prussienne de 1866 est un tournant fondamental de l'histoire du Luxembourg qui devient un État indépendant à la suite du traité de Londres de 1867. En application de ce traité, il démantèle ses puissantes fortifications et en 1881, son corps de chasseurs (500 hommes) et crée le Corps des Volontaires luxembourgeois. Ce corps des volontaires ainsi que le corps de gendarmerie constituent les premiers fondements de l'armée luxembourgeoise comme en témoigne le fait que l'année 1981 constitua l'année du centenaire de la création de l'armée luxembourgeoise[7]. En effet, ces deux unités sont les premières à servir uniquement à la défense du Luxembourg et non à celle d'une entité plus grande (Royaume du Pays-Bas ou Confédération germanique). Cette petite troupe ne put rien faire contre l'invasion de l'Empire allemand en 1914 puis durant l'invasion du Luxembourg en 1940 par l'Allemagne nazie. Les barricades dressées sur les principaux points de passage à la frontière allemande (la Schusterline) sont facilement démantelées par l'armée allemande tandis que le Corps des Volontaires luxembourgeois oppose une résistance infime car ses membres sont cantonnés dans leurs garnisons au moment de l'invasion. Toutefois, une résistance se met rapidement en place dès l'année 1940. En mars 1944, 70 luxembourgeois sont incorporés à un groupe d'artillerie de la 1re brigade belge aussi appelée brigade Piron. Cette brigade débarque en Normandie le 6 août 1944 et en septembre 1944, 46 nouveaux volontaires luxembourgeois rejoignent la brigade[8].

L'après-guerre et l'évolution vers une armée moderne (1944-années 1990)[modifier | modifier le code]

Des soldats luxembourgeois lors du défilé de la fête nationale

Avant même la fin de la guerre, en 1944, le Grand-Duché décide de restructurer ses forces armées et introduit la conscription le 30 novembre 1944. Ainsi, après l'armistice, l'armée luxembourgeoise compte deux brigades d'infanteries en plus du Corps de garde du Grand-Duché. L'armée est alors composée de 2 150 hommes et participe à l'occupation de l'Allemagne au sein de la zone française. En 1949, le Luxembourg devient membre fondateur de l'OTAN. En 1950, le Luxembourg décide de s'engager militairement dans la guerre de Corée et un corps de volontaires de 43 hommes est envoyé sur place au sein du bataillon belgo-luxembourgeois. Il y reste jusqu'en septembre 1951 avant qu'un deuxième contingent de 46 volontaires ne débarque de nouveau en Corée en mars 1952 et y reste jusqu'au début de l'année 1953. Deux Luxembourgeois périssent lors de cette guerre[9] (7 tués et 21 blessés selon un site[10]). Le bataillon belgo-luxembourgeois est dissous en 1955 et la guerre de Corée reste le seul conflit où l'armée luxembourgeoise est engagée (si l'on exclut les deux guerres mondiales où la résistance des forces de défense luxembourgeoises est presque inexistante).

En 1954, l'armée luxembourgeoise évolue de nouveau avec la création du Groupement tactique régimentaire (GTR) qui représente la contribution du Luxembourg à l'OTAN. Le GTR et son groupe de support logistique de 367 hommes sont composés de 5 119 hommes au sein de trois bataillons d'infanterie, un bataillon d'artillerie, une compagnie de services, une compagnie médicale, une compagnie de transport, une compagnie de transmissions, une compagnie du génie, une compagnie de mortiers lourds, une compagnie de reconnaissance et une compagnie d'état-major. En plus du GTR, l'armée luxembourgeoise est composée d'un Commandement du territoire composé d'une compagnie d'état-major, d'une compagnie de police militaire, d'une compagnie de mouvement et transport, d'un bataillon de garde statique et d'un bataillon mobile pour un effectif total de 2 607 hommes. Quant à l'état-major général, il est composé de 416 hommes. Enfin, le centre d'instruction de Diekirch et de Walferdange a un effectif théorique de 2 300 hommes. Au total, l'armée luxembourgeoise est donc composée de 10 400 hommes en temps de guerre mais cet effectif n'est jamais atteint car seul le GRT, l'état-major général et quelques services techniques sont opérationnels. Le GTR est dissous en 1959[11]. En 1961, un bataillon d'artillerie armée d'obusiers de 155 mm remplace le GTR comme contribution luxembourgeoise à l'OTAN et est notamment incorporé à la 8e division d'infanterie américaine stationnée en RFA. Dans le même temps, les Forces territoriales sont créées et sont composées de 3 511 hommes en temps de guerre. La Garde grand-ducale est quant à elle rattachée au commandement du territoire avant d'être dissoute en 1966[12].

La loi de 1967 supprime la conscription et entraîne l'évolution de l'armée du Grand-Duché vers un corps professionnel. Si la loi prévoit aussi l'existence d'une réserve, celle-ci n'est jamais mise en place et supprimée par la loi du 2 août 1997[9].

Aujourd'hui, le Luxembourg compte sur son alliance dans l'OTAN pour sa défense. En outre, son appartenance au Benelux lui permet de développer des programmes communs en matière militaire avec ses voisins belges et néerlandais. Du fait de cette politique de sécurité nationale particulière reposant avant tout sur un réseau d'appartenances à plusieurs organisations internationales (OTAN, OSCE, Union européenne, etc.), la défense du territoire est avant tout liée à l'aide d'États étrangers. L'armée luxembourgeoise a donc pour principale vocation d'évoluer vers une « armée humanitaire »[13].

Engagements internationaux[modifier | modifier le code]

L'armée luxembourgeoise participe à l'Eurocorps depuis 1994 par le biais de sa compagnie A. Elle a fourni des soldats lors des missions de l'ONU en ex-Yougoslavie, UNPROFOR et IFOR. Pour cette dernière mission, l'armée luxembourgeoise a détaché un contingent de 22 militaires en janvier 1996 agissant sous commandement belge (la force multinationale Beluga) près de Visoko. Ce petit contingent participe ensuite à la SFOR, la force de l'OTAN en Bosnie-Herzégovine qui succède à l'IFOR dont le mandat se termine en décembre 1996. Le contingent luxembourgeois est incorporé au BELUBG, le groupe de combat belgo-luxembourgeois. Le rôle de cette unité est de prévenir toute résurgence du conflit dans la région et de mettre en œuvre le plan de paix issu des accords de Dayton. Le contingent luxembourgeois se retire en janvier 2000[9]. En 2003, le Luxembourg envoie un officier participer à l'état-major de la mission Concordia de l'UE en Macédoine[14].

Le Luxembourg a financièrement soutenu des missions de maintien de la paix durant la guerre du Golfe en 1991, au Rwanda et plus récemment en Albanie. L'armée du Luxembourg a participé à des missions humanitaires, comme l'installation de camps de réfugiés pour les populations kurdes ou la fourniture d'une aide d'urgence en Albanie.

En dépit de ses faibles effectifs, l'armée luxembourgeoise participe donc régulièrement à plusieurs missions de maintien de la paix. En effet, elle désire partager les risques humains inhérents à toute mission de maintien de la paix et ne pas seulement y participer de façon financière[15]. Ainsi, l'armée luxembourgeoise envoie régulièrement de petits détachements à la valeur relativement symbolique à travers le monde. Depuis février 1992, 789 militaires ont participé à 11 opérations civiles et militaires sans qu'aucune perte ne soit enregistrée[13]. Voici les opérations dans lesquelles l'armée luxembourgeoise est engagée à la date du 9 septembre 2011[16] :

  • Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan : 10 militaires au sein de la FIAS participant à la défense de l'aéroport international de Kaboul depuis juillet 2003 ;
  • Kosovo Kosovo : 23 militaires au sein de la KFOR. Le Luxembourg participe depuis 1999 à la KFOR sous la forme d'une section de reconnaissance de 23 hommes d'abord en collaboration avec l'armée belge au sein du BELUKOS (Bataillon belgo-luxembourgeois au Kosovo)[17] puis sous commandement français après 2006[9] ;
  • Drapeau du Liban Liban : 3 militaires au sein de la FINUL depuis octobre 2006 ;
  • Somalie Somalie : 1 caporal au sein de l'équipe d'entraînement belgo-luxembourgeoise chargée de l'entraînement de sous-officiers somaliens depuis mai 2010. Un officier luxembourgeois participe aussi à la mission Atalanta ;
  • Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo : 1 sous-officier chargé de la logistique au sein de la mission européenne en RDC depuis 2006 ;
  • Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine : 1 militaire au sein de la mission Althea de l'EUFOR depuis 2004. Ce sous-officier participe en tant qu'assistant administratif à la branche logistique du quartier-général de Sarajevo ;
  • Drapeau de la Géorgie Géorgie : 2 observateurs militaires au sein de la mission européenne en Géorgie.

Organisation au début des années 2000[modifier | modifier le code]

L'armée luxembourgeoise comprend 4 unités de combats sous le contrôle d'un commandement nommé Centre militaire.

Compagnie A[modifier | modifier le code]

La compagnie A est la première des 2 compagnies de fusiliers - elle constitue le contingent luxembourgeois de l'Eurocorps sous commandement d'une unité belge. La compagnie est organisée en 4 pelotons: un peloton de commandement, un peloton anti-chars équipé de missiles TOW et 2 pelotons de fusiliers.

Compagnie B[modifier | modifier le code]

La compagnie B est l'unité de formation de l'armée luxembourgeoise, fournissant des programmes variés pour le personnel militaire, dont la préparation pour l'avancement. S'il souhaite postuler à l'École de l'armée, un soldat doit avoir au moins 18 mois de service. L'école est divisée en deux sections:

  • Niveau B. Il est ouvert à tous les soldats ayant au moins 18 mois de service. Ils suivent deux périodes de 6 mois de formation générale et militaire. S'ils obtiennent 75 % de résultats positifs, ils peuvent postuler au niveau suivant.
  • Niveau A. Il est ouvert aux soldats ayant réussi le niveau B et à ceux qui ont acquis l'équivalent dans la vie civile avant leur engagement. La formation s'étend sur une période de 6 mois, mais est plus intensive.

Compagnie Commandement et instruction[modifier | modifier le code]

La compagnie Commandement et instruction est l'unité principale d'entraînement militaire avec :

  • formation militaire de base
  • conduite
  • entrainement physique

La compagnie est responsable de la section des sports d'élite de l'armée, donc pour les sportifs de haut niveau décidant de rejoindre l'armée. Après leurs classes, ils rejoignent la section de sports d'élite de l'armée (SSEA).

Compagnie D[modifier | modifier le code]

La compagnie D est la seconde compagnie de fusiliers. Elle fournit le contingent luxembourgeois de l'OTAN comme la compagnie de reconnaissance du Luxembourg. Elle a la même organisation interne que la compagnie A avec des pelotons de commandement, anti-chars et des fusiliers.

Équipement[modifier | modifier le code]

Armes individuelles[modifier | modifier le code]

Steyr AUG A1.
Un Humvee de l'armée luxembourgeoise lors du défilé de la fête nationale.
Un AWACS E-3 de l'OTAN avec la cocarde du Luxembourg peinte sur sa gouverne.
Quatre obusiers de 105 mm luxembourgeois.

Liste tirée du site de l'armée luxembourgeoise[3]:

Armes anti-chars et artillerie[modifier | modifier le code]

Véhicules[18][modifier | modifier le code]

Aviation[modifier | modifier le code]

Le gouvernement luxembourgeois a commandé un Airbus A400M, transporteur de troupes (livraison prévue en 2017).

AWACS de l'OTAN[modifier | modifier le code]

Les 17 avions AWACS E-3 de l'OTAN sont officiellement enregistrés comme avions de guerre du Luxembourg tant pour des raisons politiques que pratiques. Ils sont basés à Geilenkirchen, en Allemagne.

Budgets et effectifs[modifier | modifier le code]

L'armée luxembourgeoise comprend actuellement près de 800 militaires. Selon la loi du 21/12/2007, l'effectif maximum d'officiers dans l'armée est de 80 personnes, celui de sous-officiers est de 281 militaires maximum (dont 75 sous-officiers musiciens) et celui de caporaux est de 90 militaires maximum. À ce total s'ajoute six infirmiers. Enfin, le personnel civil de l'armée est limité à 170 personnes[19]. Les femmes sont autorisées à être militaires depuis le 23 avril 1979. Actuellement, 35 femmes font partie de l'armée luxembourgeoise et aucun poste ne leur est interdit[20]. Pour s'engager au sein de l'armée luxembourgeoise en tant que soldat volontaire, il faut être âgé de 18 à 24 ans, être en condition physique requise pour le service militaire, avoir la nationalité luxembourgeoise ou d'un des États membres de l'Union européenne et résider au Luxembourg depuis 36 mois et enfin, avoir la preuve d'une bonne maîtrise des trois langues administratives du Luxembourg[21].

Toutefois, l'armée luxembourgeoise fait face au problème chronique du manque d'effectifs car le recrutement peine à être efficace. Dès lors, les effectifs théoriquement mobilisables étant déjà limitées par la population peu nombreuse du Luxembourg, le manque récurrent de volontaires constitue un problème d'autant plus important pour l'armée luxembourgeoise[13].

Evolution des effectifs de l'armée luxembourgeoise depuis 2005[2] :

  • Effectifs en 2005 : 1 400 militaires (0,7 % de la population active) ;
  • Effectifs en 2006 : 1 400 militaires (0,7 % de la population active) ;
  • Effectifs en 2007 : 1 400 militaires (0,7 % de la population active) ;
  • Effectifs en 2008 : 800 militaires (0,4 % de la population active) ;
  • Effectifs en 2009 : 900 militaires (0,4 % de la population active).

Évolution du budget de la défense luxembourgeois depuis 2005 en euros[2] :

  • Budget de la défense en 2005 : 196 millions d'euros ;
  • Budget de la défense en 2006 : 197 millions d'euros ;
  • Budget de la défense en 2007 : 209 millions d'euros ;
  • Budget de la défense en 2008 : 148 millions d'euros ;
  • Budget de la défense en 2009 : 179 millions d'euros.

Évolution de la part du budget de la défense dans le PIB luxembourgeois depuis 2005[2] :

  • Part du budget de la défense dans le PIB en 2005 : 0,6 % ;
  • Part du budget de la défense dans le PIB en 2006 : 0,6 % ;
  • Part du budget de la défense dans le PIB en 2007 : 0,6 % ;
  • Part du budget de la défense dans le PIB en 2008 : 0,4 % ;
  • Part du budget de la défense dans le PIB en 2009 : 0,5 % ;

Grades[modifier | modifier le code]

Liste basée sur le site de l'armée luxembourgeoise[22].

Officiers[modifier | modifier le code]

  • Général ;
  • Colonel ;
  • Lieutenant-colonel ;
  • Major ;
  • Capitaine ;
  • Lieutenant en premier ;
  • Lieutenant ;
  • Aspirant-officier.

Sous-officiers[modifier | modifier le code]

  • Adjudant-major ;
  • Adjudant-chef ;
  • Adjudant ;
  • Sergent-chef ;
  • Premier sergent ;
  • Sergent.

Caporaux[modifier | modifier le code]

  • Premier caporal-chef ;
  • Caporal-chef ;
  • Caporal de première classe ;
  • Caporal.

Grades de soldat volontaire[modifier | modifier le code]

  • Premier soldat-chef ;
  • Soldat-chef ;
  • Soldat première classe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]