Forces armées lituaniennes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Forces armées lituaniennes
Lietuvos ginkluotosios pajėgos
Insigne de l'armée lituanienne
Insigne de l'armée lituanienne
Fondation 23 novembre 1918
Branches Armée de terre
Armée de l'air
Marine
Forces spéciales
Quartier-général Vilnius
Commandement
président de la république Dalia Grybauskaitė
Ministre de la défense nationale Rasa Juknevičienė
Chef d'état-major Major-général Arvydas Pocius
Main-d'œuvre
Disponibles au service militaire 890 074 (estimations 2010) [1] hommes
Aptes au service militaire 669 111 (estimations 2010) [1] hommes
Atteignant l'âge militaire chaque année 20 425 (estimations 2010) [1]  hommes
19 527 (estimations 2010) femmes
Actifs 7 979 militaires et 2 180 civils en septembre 2011[2]
Déployés hors du pays 242
Réservistes 4 300 (septembre 2011)[2]
Budgets
Budget 980,5 million de litas (283 millions d'euros) en 2014[3]
Pourcentage du PNB 0,78 % (2014)
Soldats lituaniens de l'ISAF en Afghanistan.
Bateau de la marine lituanienne

L'armée lituanienne est forte de près de 10 000 hommes actifs (environ 2 400 d'entre eux sont des civils)[4] et de 4 300 réservistes. La conscription prit fin en septembre 2008[5]. Le ministère de la défense est responsable des forces armées lituaniennes[6].

Les 5 400 gardes-frontière sont sous la tutelle du ministère de l'Intérieur et sont responsables de la protection des frontières.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 5 juillet 1812, au début de la campagne de Russie, Napoléon Ier après avoir conquis la Lituanie décide la création d'une armée lituanienne composé en théorie de 5 régiments d’infanterie (10 000 hommes) et de 4 régiments de cavalerie (4 000 hommes), d'autres unités furent créés par la suite pour être intégré à la Grande Armée. Le recrutement fut difficile en raison du manque d’hommes, de ravitaillement et de chevaux, déjà réduits par les levées de l'armée impériale russe. Elle disparaitra suite à la retraite française et la reconquête de l'ensemble des pays baltes par la Russie (Estonie, Lettonie et Lituanie).

L'armée lituanienne contemporaine fut fondée le 23 novembre 1918 lorsque ce pays se déclara indépendant de l'ancien empire russe plongé dans la guerre civile le 16 février 1918. Son ministre de la défense puis chef d'état-major est Silvestras Žukauskas. Elle parvient à faire reconnaitre l'indépendance suite aux trois guerres d'indépendance lituaniennes de décembre 1918 à novembre 1920 dont la guerre polono-lituanienne tout en perdant Vilnius et sa région occupées par la Pologne à partir de 1920.

En décembre 1926, un coup d'État militaire renverse le premier gouvernement de gauche mis en place en juin et donne le pouvoir à l'ancien président Antanas Smetona. L'armée lituanienne fut dissoute lors de son annexion par l'URSS le 21 juillet 1940 après que l'Armée rouge avec 15 divisions soit un total de 150 000 soldats franchissent la frontière lituanienne le 15 juin 1940 suite à un ultimatum.

Un mouvement de résistance, le Lietuvos aktyvistų frontas (front activiste lituanien) fut fondé le 17 novembre 1940 qui lance une insurrection antisoviétique avec en autre l'aide de 1 500 à 2 000 militaires lituaniens intégré à la 184e division de fusiliers soviétique aux premiers jours de l'opération Barbarossa mais l'Allemagne nazie dissout celui-ci le 26 septembre et envoya ses dirigeants dans les camps de concentration. L'Armée rouge repoussa l'armée allemande de Lituanie à partir d'octobre 1944.

La résistance armée anti-soviétique s'amplifia à la fin de la Seconde Guerre mondiale (" les Frères de la Forêt ") mais fut balayée en 1954 avec de très lourdes pertes de part et d'autre (on indique la perte de 80 000 à 180 000 soviétiques et de 12 000 à 25 000 insurgés entre 1944 et 1948. Le dernier combattant à être demeuré armé dans les forêts jusqu’en 1971 fut Benediktas Mikulis[7].

Article détaillé : Événements de janvier.

Le dimanche 11 mars 1990, le Soviet suprême de Lituanie proclama l'indépendance de la Lituanie, considérée comme nulle dès le 15 mars par le Congrès soviétique des députés du peuple. Moscou, dès le mois d'avril, mit en place un blocus de la Lituanie. La guerre d'usure se poursuivit jusqu'au 13 janvier 1991 avec l'assaut des forces spéciales soviétiques contre la télévision et le Parlement lituanien qui provoquèrent la mort de quinze Lituaniens.

Le 29 juillet 1991, la Russie et la Lituanie reconnurent mutuellement leurs indépendances. Le retrait des troupes de la nouvelle armée russe du territoire lituanien s'achève le 31 août 1993, soit un an avant leur retrait de Lettonie et d'Estonie. Passées sous le contrôle de la Russie en décembre 1991, elles étaient constituées en 1992 de 49 000 hommes (terre : 35 000; mer : 9 000 et air : 5 000); la marine soviétique, basée à Klaipèda, ne comptait guère qu'une corvette et quelques bâtiments de surface. La Lituanie ayant obtenu le principe de leur retrait en février 1992.

En 1998, l'effectif de la nouvelle armée lituanienne dépassant atteint 10 000 militaires, auxquels il faut ajouter 9 000 volontaires et une garde nationale de réservistes de 12 500 hommes pour une population de 3 720 000 habitants et le budget de la défense a approché en 1997 1 % du PIB[8]. Un escadron naval avec les autres pays baltes, le Baltic Naval Squadron (BALTRON) est créé en 1998[9].

Le 29 mars 2004, la Lituanie a été acceptée de jure comme membre à part entière de l'OTAN[10]; La base aérienne située sur l'aéroport international de Šiauliai accueille les détachements de 4 appareils de l'OTAN chargé de la défense aérienne des pays baltes dans le cadre de la Baltic Air Policing depuis le 30 mars 2004[11].

Les effectifs du ministère de la défense sont en 2005 de 20 000 personnes, et sont en baisse depuis avec 15 000 personnes en 2010.

Composantes[modifier | modifier le code]

Marine[modifier | modifier le code]

La Marine lituanienne comprend un effectif de 600 hommes. Elle est composée d'une flottille de guerre, du système de surveillance côtier, de l'unité de plongeurs démineurs, du service de logistique naval, du centre d'entraînement et du centre de coordination pour le sauvetage maritime[12]. La flottille est le cœur de la Marine et comprend une escadre de navires patrouilleurs, une escadre de dragueurs de mines et un groupe de navires portuaires. Le commandant actuel de la marine est le contre-amiral Kęstutis Macijauskas. La base navale et le quartier-général se situent à Klaipėda[13]. La Marine utilise des patrouilleurs pour la surveillance des côtes.

La Marine lituanienne a récemment acquis trois navires patrouilleurs de classe Flyvefisken pour remplacer les anciens patrouilleurs de classe Storm et les corvettes de classe Grisha.

Forces spéciales[modifier | modifier le code]

Forces spéciales lituaniennes.

Les forces spéciales lituaniennes existent de facto depuis 2002 mais leur existence n'a été officialisé que le 3 avril 2008 quand des amendements de la loi sur l'organisation du système de défense national et du service militaire sont entrés en vigueur. Cette composante a été formée à partir des unités des opérations spéciales.

Ce corps des forces armées lituaniennes est responsable des missions suivantes :

  • Reconnaissance spéciale ;
  • Actions directes ;
  • Soutien militaire.

En outre, les forces spéciales peuvent être amenées à remplir d'autres missions comme la protection de personnalités en temps de paix. Le noyau des forces spéciales est l'unité des services spéciaux, le bataillon de chasseurs Vytautas le Grand et les services divers de combat. Les membres du service des opérations spéciales de l'armée de l'air sont rattachés aux forces spéciales au niveau opérationnel. La structure des Forces spéciales est flexible, cela permettant de créer des groupes ad hoc pour des missions particulières. Les Forces spéciales peuvent agir à l'intérieur du territoire lituanien quand les forces de sécurité internes manquent d'effectifs ou n'ont pas les moyens nécessaires pour s'opposer à des attaques terroristes. Du fait de leurs capacités, les Forces spéciales sont le principal moyen d'action du pays dans le cas d'opérations contre-terroristes ou d'opérations devant prévenir des violations à la souveraineté lituanienne[14].

Armée de l'air[modifier | modifier le code]

Un Aero L-39 d'entraînement lituanien.
Un des 3 Alenia C-27J Spartan lituaniens

L'armée de l'air lituanienne (AAL) est une part intégrante des forces armées lituaniennes. Elle est composée de 1 000 militaires professionnels et personnels civils[15]. Ses unités sont dispersées un peu partout autour du territoire :

  • Kaunas (quartier-général et commandement du système de contrôle et de surveillance aérien);
  • Karmėlava (centre de contrôle de l'espace aérien) ;
  • Nemirseta (centre pour la recherche en mer et le détachement de secours) ;
  • Šiauliai (base aérienne de la LAF, armement de la LAF et centre de réparation de l'équipement) ;
  • Radviliškis (bataillon de défense aérienne)[16].

L'unité originelle de la LAF était le 2e escadron de transport créé avec le transfert de 20 Antonov An-2 venant de l'aviation civile. Ils sont d'abord basés sur la base aérienne de Barushai le 27 avril 1992. Ils sont rejoints par quatre Aero L-39 Albatros acheté au Kazakhstan. À terme, 16 de ces appareils devaient être achetés pour être utilisés par le 1er escadron de chasseurs.

Elle dispose, en 2012, de 3 avions de transport tactiques Alenia C-27J Spartan livré entre 2006 et 2009.

L'espace aérien est contrôlé par des chasseurs à réaction venant de pays membres de l'OTAN qui sont basés à l'extérieur de la ville de Šiauliai (sur l'aéroport Zokniai). Quant à la frontière extérieure de l'Union européenne (avec le Bélarus et l'enclave russe de Kaliningrad), elle fait l'objet de patrouilles par l'unité aérienne des garde-frontières lituaniens qui ont reçu de nouveaux hélicoptères EC-120, EC-135 et EC-145.

Dépenses[modifier | modifier le code]

  • Budget : 405 millions d'euros (2008)
  • Part du PIB : 1,14 % (2008)

Déploiements[modifier | modifier le code]

Le 7 septembre 2011 :

  • Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan : 235 hommes. L'armée lituanienne envoie d'abord des unités des forces spéciales entre 2002 et 2004. Entre 2003 et 2005, plusieurs médecins militaires sont déployés dans le pays puis la même année, l'armée lituanienne dirige une unité de reconstruction dans laquelle sont compris des contingents de plusieurs pays (Ukraine, États-Unis, Géorgie...). Le système de rotation de l'armée lituanienne permet de maintenir en Afghanistan un contingent de 200 hommes tandis qu'en 2007, des unités de force spéciale sont à nouveau envoyées dans le pays pour mener des opérations de reconnaissance. Enfin, vers la mi-2011, la Lituanie dirige une unité d'entraînement aérienne chargée de former des membres de l'armée de l'air afghane. En 2007-2008, un officier lituanien participe à la MANUA [17] ;
  • Drapeau du Kosovo Kosovo : 6 hommes ;
  • Drapeau de la Géorgie Géorgie : 5 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine : 1 homme ;
  • Drapeau de l'Irak Irak : 2 militaires chargés de l'instruction des forces armées irakiennes[18] ;
  • Drapeau de la Somalie Somalie : 1 officier d'état-major de la marine est déployée au sein de la Mission Atalanta depuis le 5 janvier 2011[19].

Le Parlement lituanien a décidé de limiter le nombre de personnels pouvant être déployés en-dehors du territoire lituanien a 420 personnels civils et militaires[18]. De 1993 (date de la première participation de la Lituanie a une mission de maintien de la paix) à janvier 2012, deux militaires lituaniens sont morts en opération (un lieutenant en Bosnie en 1996 et un sous-officier en Afghanistan en 2008)[20].

Organigramme[modifier | modifier le code]

Structure en 2013 (cliquer pour agrandir)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]