Saint-Hippolyte (Doubs)

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Saint-Hippolyte
Image illustrative de l'article Saint-Hippolyte (Doubs)
Blason de Saint-Hippolyte
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Montbéliard
Canton Saint-Hippolyte
Intercommunalité Communauté de communes de Saint-Hippolyte
Maire
Mandat
Serge Cagnon
2014-2020
Code postal 25190
Code commune 25519
Démographie
Gentilé Saint-Hippolytains
Population
municipale
905 hab. (2011)
Densité 82 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 19′ 09″ N 6° 48′ 47″ E / 47.3191666667, 6.81305555556 ()47° 19′ 09″ Nord 6° 48′ 47″ Est / 47.3191666667, 6.81305555556 ()  
Altitude Min. 360 m – Max. 760 m
Superficie 11,01 km2
Localisation

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Saint-Hippolyte
Liens
Site web ville-saint-hippolyte.fr

Saint-Hippolyte est une commune française située dans le département du Doubs en région Franche-Comté.

Ses habitants sont appelés les Saint-Hippolytains.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Altare S. Ypoliti en 1045 ; Altare Sancti Hypoliti en 1143 ; Sancti Ypoliti en 1239 ; Saint Hypolite en 1265 ; Seint Ypolite en 1353 ; Saint Ypolitte en 1451 ; Sainct Hipolite en 1671 ; Doubs-Marat en 1793 ; Hippolyte en 1795[1]. Commune fusionnée depuis 1973 avec Mouillevillers (Moillevillers, Mollevillers en 1312 ; Mouillevillers en 1614, 1638 ; Moillevillers en 1748[2]. Saint-Hippolyte est traversé par le Doubs et le Dessoubre (le confluent de ces deux rivières s'appelle "le Revirot").

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Liebvillers Montécheroux Chamesol Rose des vents
Bief
Fleurey
N Soulce-Cernay
Montandon
O    Saint-Hippolyte    E
S
Les Bréseux

Histoire[modifier | modifier le code]

Cité très ancienne, les premiers habitants se sont établis au pied de la Grotte de la Roche.

La Franche-Montagne[modifier | modifier le code]

À l'origine cette région, particulière par son exemption de servitude et de mainmorte, désigne les premières chaînes du Jura. Dans le comté de Bourgogne la région comprise entre les vallées du Doubs et du Dessoubre prirent plus spécialement ce nom, ces terres s'étendaient depuis Morteau jusqu'au confins de l'ancien évêché de Bâle renfermant les seigneuries de Maîche, Trévillers, Franquemont, Saint-Julien, Réaumont, Châtelneuf-en-Vennes, Vennes et Châtillon-sous-Maîche. À partir du début du XIVe siècle cette région est réduite aux communes du canton de Maîche incluant quelques-unes de celui de Saint-Hippolyte et du Russey. Saint-Hippolyte en est la ville principale et la capitale de trois seigneuries : celle du comté de la Roche, celle de la ville de Saint-Hippolyte et celle de Maîche. La maison de la Roche tiendra seule ces territoires, l'aîné recevant le comté alors que les cadets se partageaient Maîche et Châtillon-sous-Maîche[3].

La grotte du château de la Roche[modifier | modifier le code]

Située sur le territoire de la commune c'est une vaste caverne où les comtes de la Roche élevèrent un château détruit au XVIe siècle[4]. À l'origine c'est une petite communauté composée de quelques fermes réparties sur le flanc de la montagne ainsi qu'une partie des villages de Soulce-Cernay et de Chamesol mais bientôt il sortira de ce lieu une puissante famille [3].

Villa Sancti Hyppolyti[modifier | modifier le code]

Nommé tout d'abord "Villa Sancti Hyppolyti" dans des titres du XIe siècle et XIIe siècle c'était la capitale du comté de La Roche et des Franches-Montagnes qui comprenait les seigneuries de Saint-Hyppolite, Maîche et Saint-Julien toutes dépendantes du fief du comté de Montbéliard[4]. Le territoire de la seigneurie comprend la ville et ses terres ainsi que le « vieux Moulin », la saline de Soulce-Cernay (la ville possède des salines situées à Soulce-Cernay dès le XIIe siècle, celles-ci sont rappelées dans des chartes de 1180, 1264 et 1270[4]), Chamesol, Montandon et Mouillevillers[3].

Relevant de la suzeraineté d'Amédée III de Montfaucon au début du XIIIe siècle, par héritage de son père Richard III, la seigneurie appartient au comtes de la Roche qui sont issus d'une branche cadette de celle de Montbéliard. Les comtes de la Roche élisent domicile non pas au château mais dans une vaste demeure à Saint-Hippolyte qui, après sa destruction deviendra plus tard le couvent des Ursulines, il en est de même pour leurs vassaux qui sont les familles de Laviron, de Perceval et de Frotey qui tous demeurent dans la ville. C'est aussi à Saint-Hippolyte qu'est gardé la « grande bannière du comté de la Roche » qui marchait en tête devant celle de la « Franche-Montagne »[3].

En 1303 le comte Jean de la Roche fonde un chapitre de huit chanoines (créateurs d'une « école de langue et poésies latines » réputée) et fait édifier la collégiale Notre-Dame de Saint-Hippolyte en 1308. Celle-ci abrite entre 1418 et 1452 (durant 34 ans) le Suaire de Turin, avant qu'il ne soit transféré à Chambéry puis dans la capitale du Piémont, où il est conservé actuellement.

Dans le courant du XIVe siècle la ville possédait un gouvernement municipal et avait les mêmes franchises que Montbéliard[5]. Au fil du temps la prospérité de Saint-Hippolyte en faisait un lieu incontournable, des foires et des marchés s'y déroulaient régulièrement, le sel tiré de Soulce-Cernay apportait la richesse, la plupart des produits et de l'artisanat pour toute la région y étaient disponible et la présence du Suaire de Turin étaient le point d'orgue de fêtes religieuses d'importances[3].

Durant les guerres de Charles-le-Hardi la ville est prise par les Bernois. Elle sera restituée en 1478 à la maison de La Palu, qui possédait le comté de La Roche[4].

Après les évènements de la Guerre de Dix Ans dans le courant du XVIIe siècle les terres de la Franche-Montagne ne sont plus que ruines et désolation, les comtes de la Roche se trouvent ruinés. Plus de la moitié des terres autrefois cultivées sont tombées en friche. Les Suisses saisirent l'occasion pour venir s'y installer.

En 1637 la ville est le siège du marquis Jacques Rouxel de Grancey alors gouverneur de la principauté de Montbéliard. À cette époque la ville est sous la protection de Marc de Saint-Mauris, fils aîné de Jean V de Saint-Mauris (branche de Sancey) et d'Anne d'Aroz. Depuis deux siècles cette famille avait la charge de capitaine-gouverneur de la Franche-Montagne. Par son père il reçoit ce titre et celui des comté, villes et châteaux de la Roche, Saint-Hippolyte et Maîche, Seigneur de Saint-Mauris, Cour-Saint-Maurice, Fleurey, Ébey, Belleherbe, Vaucluse, Charmoille, Le Friolais, La Grange et Chassey en co-seigneurie avec ses frères[6]. Mais en 1639 la ville est incendiée par un corps allemand du duc Bernard de Saxe-Weimar pendant la Guerre de Dix Ans[4]. Saint-Hippolyte est rattaché à la France lors de la paix de Nimègue en 1678.

Au cours de la Révolution française, Saint-Hippolyte prendra provisoirement le nom de Doubs-Marat[7]. De 1790 à 1795, elle fut chef-lieu de district et de 1800 à 1816, elle fut sous-préfecture du département du Doubs, avant le rattachement à ce département de Montbéliard qui s'y substitue dans ce rôle.

Lors du XIXe siècle, de nombreuses industries s'établissent : tanneries, moulins, forges, filatures.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995 2008 Michel Loichot    
2008 en cours Serge Cagnon[8]    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 905 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
453 431 544 581 862 810 867 928 993
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 045 1 126 956 1 200 1 190 1 177 1 116 1 061 1 069
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 191 1 236 1 173 1 096 1 373 1 117 1 031 1 026 1 136
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
1 281 1 256 1 216 1 179 1 128 1 045 936 905 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annuaire Statistique et Historique du Département du Doubs pour 1832 et 1833, Volume 1, Anatole Laurens, 1832, p. 159, 384, 385. Google livres
  • Histoire de la Franche-Comté ancienne et moderne, Eugène Rougebief, édition C. Stèvenard, 1851, p. 274. Google livres
  • Monographie du bourg et de la terre de Maiche ; suivie de notices historiques sur les anciennes seigneuries de la Franche-Montagne, Jean François Nicolas Richard, Jean-François-Nicolas Richard (Abbé), édition J. Jacquin, 1862, p. 8 à 15, 46 à 47 Google livres
  • Nobiliaire universel de France ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume, Volume 6, Nicolas Viton de Saint-Allais, édition au bureau du Nobiliaire universel de France, 1815 p. 192 à 194. Google livres

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean COURTIEU, Dictionnaire des communes du département du Doubs, t. 5, BESANÇON, CÊTRE,‎ 1986
  2. Jean Courtieu, Dictionnaire des communes du département du Doubs, t. 4, Besançon, Cêtre,‎ 1985
  3. a, b, c, d et e Monographie du bourg et de la terre de Maiche
  4. a, b, c, d et e Annuaire Statistique et Historique du Département du Doubs
  5. Histoire de la Franche-Comté ancienne et moderne
  6. Nobiliaire universel de France, Volume 6
  7. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Saint-Hippolyte », École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) (consulté le 7 janvier 2013)
  8. [PDF] Site officiel de la préfecture du Doubs - liste des maires
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  10. « Église de Saint-Hippolyte », base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. « Couvent des ursulines de Saint-Hippolyte », base Mérimée, ministère français de la Culture