Rochejean

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Rochejean
Rochejean, vue générale en été.
Rochejean, vue générale en été.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Pontarlier
Canton Mouthe
Intercommunalité Communauté de communes du Mont d'Or et des deux Lacs
Maire
Mandat
Lionel Chevassu
2008-2014
Code postal 25370
Code commune 25494
Démographie
Gentilé Brigands
Population
municipale
634 hab. (2011)
Densité 26 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 44′ 47″ N 6° 17′ 39″ E / 46.7463888889, 6.29416666667 ()46° 44′ 47″ Nord 6° 17′ 39″ Est / 46.7463888889, 6.29416666667 ()  
Altitude Min. 870 m – Max. 1 381 m
Superficie 24,32 km2
Localisation

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Rochejean

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Rochejean

Rochejean est une commune française, située dans le département du Doubs en région Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Alpes en 792 et 1184 ; Roche de Alpe en 1250 ; Jures inhabitatas en 1266 ; Rocha Joannis en 1336 ; Rochejean depuis 1630[1].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Labergement-Sainte-Marie Rose des vents
N Longevilles-Mont-D'Or
O    Rochejean    E
S
Brey-et-Maison-du-Bois Suisse

Histoire[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XIIIe siècle[modifier | modifier le code]

De 900 à 500 avant Jésus-Christ, les premiers hommes arrivent dans les grandes forêts du Haut-Doubs. Ce sont des cavaliers celtes qui apportent leur connaissance du fer. Grâce à l'importante quantité de minerai de fer présent dans le sous-sol et aux forêts qui fournissent le bois nécessaire, apparaissent dès l'Antiquité les premiers bas-fourneaux dans les forêts au pied du Mont d'Or.

Vers l'an 1000, période où la région connaît une « renaissance monacale », plusieurs ermites et religieux veulent revenir aux règles originales, c'est-à-dire pauvreté, prière, travail, ascèse, etc. Ils partent donc à la recherche de déserts humains. Les montagnes du Mont d'Or leur apparaissent idéales pour leurs méditations. Ainsi, la tradition populaire raconte-t-elle que l'Ermite Jean choisit le creux de la Roche, sous l'église actuelle du futur Rochejean pour habitat.

Du Xe au XIIIe siècles, le secteur voit la naissance de plusieurs abbayes, autour du lac de Joux, à Mouthe, à Labergement-Sainte-Marie, à Saint-Point-Lac, près de Bonnevaux. C’est la période de la déforestation. Des moines et de la main d'œuvre suisse et française arrivent dans les forêts du Haut-Doubs et du Haut-Jura pour y travailler. De nouveaux terrains cultivables apparaissent et sont distribués à des seigneurs de Suisse et de France.

En 1267, Rochejean est fondé par Jean Ier de Chalon (1190-1267), comte de Chalon et sire de Salins qui s'inspire de la légende de l’Ermite pour nommer son nouveau village. Il élabore aussi les futurs plans du château sur la Roche d'Alpe.

XIVe siècle[modifier | modifier le code]

Vers 1300, les seigneurs de Rochejean, les Chalon-Arlay mettent en valeur la route entre Rochejean et Jougne. Ils se raccordent ainsi aux Hôpitaux et touchent des avantages, terres, impôts, etc. Les « colons » défricheurs de cette route créeront par la suite le village des Longevilles-Mont-d'Or.

Les moines, les seigneurs de Rochejean et de Salins-les-Bains ont des intérêts communs durant le XIIIe siècle. Grâce à l'accroissement de la population en Europe, les besoins en fer croissent. Le bois devient donc très important pour alimenter les hauts-fourneaux. De plus, la construction de nombreuses cathédrales exige énormément d'échafaudages en bois.

Vers 1314, le nombre insuffisant de cultivateurs oblige les seigneurs de Rochejean à louer les terres contre redevances et corvées, en « lotisant » c'est-à-dire en « abergeant des colons » pour relancer l'économie des villages. Les avantages fiscaux sont ainsi augmentés pour attirer encore plus de colons à Rochejean notamment.

À cette époque, la route du sel entre Salins-les-Bains et Vallorbe passe par Pontarlier et la cluse de Joux. Les marchands passent donc sur les terres des seigneurs de Pontarlier et doivent payer des taxes pour passer en Suisse. Ceci ne plaisant pas aux seigneurs de Salins, ils envisagent un nouveau tracé de la route qui passerait non plus à Pontarlier mais à Rochejean, sur leurs propres terres. Dans les années qui suivent 1315, la création de deux autres ermitages dans la région du Mont d’Or (Vaux et Mont-du-Fourg, la future abbaye de Mont-Sainte-Marie) permet la réalisation de la nouvelle route. Les seigneurs de Salins favorisent ainsi les implantations de ces abbayes en veillant à gagner du terrain sur celui du comté de Pontarlier. La route qui passait jusqu’à lors de Pontarlier à Jougne est remplacée par celle reliant Bonnevaux, les alentours de Rochejean, les Hôpitaux-Neufs, puis Jougne. Le château de Joux est ainsi contourné.

De 1349 à 1361, Rochejean est durement touché par la peste noire.

XVe siècle- XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1494, les premières forges sont créées à l'emplacement des actuelles rues des Forges et du Haut-Fourneau. Le minerai extrait du Mont d'Or est acheminé dans les hauts-fourneaux pour en extraire la fonte. Celle-ci est travaillée par les maîtres de forges. Les outils nécessaires à la vie quotidienne et au travail agricole et forestier y sont ainsi fabriqués. Le haut-fourneau de Rochejean est particulièrement important et appartient à l'abbaye de Mont-Sainte-Marie.

Le XVIIe siècle est particulièrement dur. Rochejean et les villages voisins connaissent épidémies, famines et guerres. La période de la guerre de Dix Ans y est spécialement difficile, la région étant alors ravagée par les troupes par les Suédois, nom donné à l'époque aux mercenaires mi-allemands mi-suédois de Bernard de Saxe-Weimar qui rasent le château. Le , le traité de Nimègue est signé. La Franche-Comté devient française, les Franc-Comtois deviennent Français contre leur volonté, mais la paix est rétablie.

En 1843, le haut-fourneau de Rochejean ferme à cause d'un important incendie. Il traitait alors chaque année près de 2 500 tonnes[2] de minerai de fer. Beaucoup de personnes se retrouvent sans emploi. Le haut-fourneau de Pontarlier ferme aussi et entraîne la fin de la mine dans tout le Haut-Doubs en 1848. Du fait de l'importation de plus en plus importante de fonte de Belgique et d'Écosse, l'industrie du fer en Franche-Comté décline ensuite tout au long de la seconde moitié du XIXe siècle.

En 1898, le syndicat intercommunal, créateur de la turbine dans les gorges du Fourperet, sur le Doubs entre Rochejean et Labergement-Sainte-Marie, sur le territoire de cette dernière commune, installe le premier réseau électrique. De nos jours, l'installation du Fourperet n’est plus capable de produire seule l'électricité suffisante pour toutes les nouvelles habitations principales et touristiques que voient naître Rochejean et les villages voisins.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Rochejean est aujourd’hui un village typique de moyenne montagne franc-comtoise. Il est équipé d’une station de ski, « les Meix Loisirs », qui propose l’hiver quatre pistes de ski de descente (baby, verte, bleue, rouge) et l’été du Dévalkart. Les Granges-Raguin et le restaurant de la Boissaude, à quelques kilomètres au-dessus du village, proposent durant l’hiver plus de 50 km de pistes de ski de fond sur les pentes du Mont d’Or, et notamment la Grande Traversée du Jura. L’été, ces pistes deviennent des circuits de randonnée pédestre et de VTT.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Rochejean.svg

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

Écartelé au 1) et 4) de gueules au 2) et 3) d’argent ; sur le tout d’or au cor virolé et enguiché d’azur.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1977 mars 1983 Hubert Trouttet    
mars 1983 mars 1989 Joël Saillard    
mars 1989 décembre 1991 Fernand Doussot    
décembre 1991 juin 1995 Renée Saillard    
juin 1995 mars 2008 Claude Thomet    
mars 2008 2014 Lionel Chevassu[3]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 634 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
408 445 417 453 512 584 577 560 537
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
535 473 461 449 433 401 403 407 378
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
367 377 356 337 306 317 307 275 266
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
262 261 246 286 389 430 497 511 622
2011 - - - - - - - -
634 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5])
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église, bâtie au XIVe siècle peu après la fondation du village, reconstruite ensuite au XVe. Elle est dédiée à Saint-Jean-Baptiste.
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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • L’abbé Georges Ignace Boillon (1720-1800), originaire de Bonnétage, curé de Rochejean à partir de 1774. Il devient le premier maire de la commune en 1790 pendant la Révolution, mais doit s'exiler en Suisse de 1794 à 1800. Féru d'éducation pour la jeunesse, il avait transformé son presbytère en véritable musée d’histoire naturelle. Une rue du village porte son nom, et sa tombe se trouve dans le chœur de l'église.
  • Claude Alexandre Loye, né et mort à Rochejean (1786-1865). Il y fut instituteur, et est l'auteur d’une histoire du village[6].
  • Laurent Raguin (1871- 1950), élève de l'École nationale d'industrie laitière de Mamirolle près de Besançon. Mobilisé durant la Première Guerre mondiale, il reçoit sa cancoillotte moisie à cause de la durée du transport. De retour, il révolutionne sa fabrication dans les années 1920 en la conditionnant en boites métalliques stérilisées, ce qui lui permet l'industrialisation de cette spécialité franc-comtoise dans la fromagerie qu'il crée à Baume-les-Dames.
  • Charles Belle, peintre, né à Rochejean en 1953[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean COURTIEU, Dictionnaire des communes du département du Doubs, t. 5, BESANÇON, CÊTRE,‎ 1986
  2. Commission des Annales des mines, Annales des mines, Volume 1985, Paris,‎ 1836 (lire en ligne), p. 129
  3. Site officiel de la préfecture du Doubs - liste des maires (doc pdf)
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  6. Souvenirs historiques, suivis d'annales sur le village et la seigneurie de Rochejean, ancien Bourg-à-Château, au pied du Mont-d'Or (Doubs), Laithier éditeur, 1835, 289 pages
  7. 1953 selon son article sur Wikipédia, 1956 selon d'autres sources.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Ignace Joseph Bourgon, Recherches historiques sur la ville et l'arrondissement de Pontarlier,‎ 1841 (lire en ligne), p. 255
  • Les Deux Bourgognes: études provinciales, Volume 1, Dijon,‎ 1836 (lire en ligne), p. 130