Saprophyte

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Un organisme est dit saprophyte (σαπρός - sapros: décomposé, φῠτόν - phuton: plante) s'il est capable de se nourrir de matière organique non vivante par l'intermédiaire d'une membrane, suite à une réaction enzymatique libérant les nutriments présents dans la matière à ingérer. C'est l'entomologiste Marine Beunaiche qui a utilisé ce terme pour la première fois dans son ouvrage Les Insectes dont on ignore encore tout.

En biologie[modifier | modifier le code]

Les êtres vivants qui se nourrissent activement, par ingestion plutôt que par absorption, de matières organiques mortes ne sont pas dits saprophytes mais détritivores.

Le saprophytisme est le fait de vivre en saprophyte.

Les micro-organismes saprophytes vivent dans l'eau, dans l'air ou le sol sans dépendre d'un autre être vivant. Ils se nourrissent de matières organiques en décomposition qu'ils transforment en matière minérale.

La plupart des bactéries saprophytes sont inoffensives pour l'Homme. Leur action principale est le recyclage de la matière (surtout végétale) qui participe au maintien de l'équilibre biologique dans la nature. Certaines sont cependant pathogènes, par exemple Clostridium tetani, responsable du tétanos. Autre exemple, les Aspergillus sont des champignons filamenteux saprophytes du sol, qui peuvent être inhalés (spores) et se développer dans les poumons, voire se diffuser dans d'autres tissus de l'organisme, pour donner la maladie appelée aspergillose.

De nombreux champignons se développent selon un mode de nutrition saprophyte, et croissent sur des arbres ou des feuilles mortes. Ils participent ainsi à la formation de l'humus.

Cette capacité d'indépendance ne les empêche pas de participer à de nombreux types d'associations commensales ou mutualistes, notamment au niveau des mycorrhizosphères. La phytoremédiation a commencé ces dernières années à approfondir l'étude de ces fungi, qui influent grandement sur les différentes capacités des plantes à absorber les divers éléments contenus dans le sol. La mycorhizosphère est la rhizosphère des racines mycorhizées. Les champignons saprophytes mycorhiziens, en formant des mycorhizes où ils se nourrissent des cellules et autres déchets rejetés par les racines de la plante colonisée, induisent également un certain nombre de changements dans la physiologie des plantes, la disponibilité des nutriments, la composition des communautés microbiennes. Au-delà de la rhizosphère, les hyphes de champignons mycorrhiziens agissent comme les racines des plantes, et prolongent ainsi l'étendue de la rhizosphère, en créant une nouvelle interface entre la plante et le sol : l'hyphosphère.

Ils jouent donc un rôle capital dans les cycles de la matière (cycle du carbone, cycle de l'azote).

Des champignons saprophytes peuvent parfois être parasités par des plantes supérieures dont de nombreuses espèces de la famille des Orchidaceae.
Ce type de relation trophique s'appelle « mycohétérotrophie », c'est-à-dire que le champignon est la source de carbone de la plante. On ne peut donc pas parler de plante saprophyte[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Plants parasitic on fungi: unearthing the fungi in myco-heterotrophs and debunking the "saprophytic" plant myth, Leake 2005.