Lentique

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Mare forestière semi-fermée

Un lentique désigne un biotope et les êtres vivants propres aux écosystèmes d'eaux calmes à renouvellement lent (lacs, marécages, étangs, mares, etc.) par opposition aux milieux d'eaux courantes qui correspondent aux écosystèmes lotique. Synonyme : Lénitique.

Les systèmes lentiques prennent des formes très diverses, allant d'une petite flaque temporaire de quelques centimètres de profondeur jusqu'au lac Baïkal dont la profondeur maximale est de 1 740 m. La distinction entre une flaque, une mare ou un lac est vague, cependant Brown[réf. souhaitée] statue que dans une mare l'intégralité du fond est exposé à la lumière ce qui n'est pas le cas d'un lac. De plus la stratification saisonnière de la température de l'eau est le propre des lacs. Les mares et flaques ont deux régions : les eaux pélagiques et la zone benthique. Les lacs ont une troisième zone, les profondeurs, qui correspond aux fonds profonds non exposés à la lumière. Ces trois zones ont des conditions abiotiques très différentes et donc supportent des espèces différentes adaptées spécifiquement à ces zones.

Facteurs écologiques[modifier | modifier le code]

L'eau absorbe le rouge beaucoup plus rapidement que le bleu donnant cette couleur à l'eau[1].

Certaines espèces-ingénieur telles que les castors eurasiens ou nord-américains se montrent capables de considérablement modifier leur milieu, en créant (quand ils font des barrages ; ils n'en font pas toujours) capables de produire et entretenir des successions de milieux plus lentiques et très productifs en termes de réseau trophique, grâce à leur ensoleillement et à la présence de l'eau. Ces espèces font l'objet de programmes de réintroduction dans de nombreux pays, notamment pour cette capacité à restaurer, protéger et gérer des zones humides ouvertes et ensoleillées[2].

Lumière[modifier | modifier le code]

À cause de l'absorption de l'eau la quantité de lumière reçue diminue exponentiellement avec la profondeur. L'intensité d'absorption dépend principalement de la longueur d'onde et de la turbidité. Elle conditionne l'activité photosynthétique du phytoplancton.

Température[modifier | modifier le code]

L'établissement de la température d'une couche d'eau est un phénomène complexe impliquant.

  • Un bilan radiatif.
  • Des échanges de chaleur avec l'atmosphère soit par conduction directe, soit par évaporation ou condensation. Le refroidissement à la surface d'une eau libre est dans les conditions usuelles 5 à 10 fois plus important par évaporation que par conduction[réf. souhaitée]. Le vent joue alors un rôle majeur en renouvelant la surface de contact entre l'eau liquide et l'atmosphère.
  • Une conduction moléculaire au sein de la masse d'eau toujours très lente mais accélérée par les mélanges turbulents.

Un échauffement en surface se traduit par une stratification de la masse d'eau. On distingue alors deux zones de température :

  • La couche supérieure de la colonne d'eau ou épilimnion. La température est homogène grâce aux turbulences provoquées par le vent. À sa base la température diminue rapidement c'est la thermocline provoquant une augmentation rapide de densité dites pynocline.
  • La couche inférieure ou hypolimnion qui n'existe que dans les lacs. La température est stratifiée avec un gradient de température montant. Le fond des lacs d'eau douce est à +°C car cette température correspond au maximum de densité[réf. souhaitée].

Lorsque le vent est fort il peut briser la thermoclyne ce qui revient généralement à la repousser plus profondément.
Au contraire un refroidissement fait plonger l'eau de surface plus dense car plus froide et homogénéise la température de la colonne d'eau. Ces variations peuvent avoir un caractère saisonnier. Un lac est dit polymictique, monomictique ou amictique selon qu'il a respectivement plusieurs, une seule ou aucune alternance stratification/destratification annuelle[3].

Sels minéraux[modifier | modifier le code]

Lorsque la masse d'eau est stratifiée la diffusion verticale de sel minéraux est très lente. À chaque destratification de la colonne d'eau des sels nutritifs sont réinjectés dans la couche supérieure seule zone d'activité photosynthétique. Ainsi dans les lacs tempérés les sels minéraux réinjectés par le brassage des fortes tempêtes d'automne et d'hiver provoque un bloom printanier à l'arrivée des beaux jours. En été l'activité photosynthétique est ralentie par l'épuisement des sels minéraux non renouvelé à cause de la stratification de l'eau.

Le brassage peut aussi être effectué par l'activité animale, certaine espèces comme le mycidacé Misis relicta effectuent des migrations verticales quotidiennes remontant en surface des éléments biogènes.

Gaz dissous[modifier | modifier le code]

  • Oxygène. On n'en trouve jamais de forte concentration dans les eaux continentales ou marines car sa solubilité est assez faible. Contrairement au écosystème lotique ou l'importance du brassage de l'eau assure une grande quantité d'oxygène, le calme des eaux lentiques fait qu'il peut représenter un facteur limitant pour nombre d'espèces.
  • CO2. Il se dissout facilement dans l'eau et ne représente jamais un facteur limitant. Il conditionne en revanche le pH de l'eau. Dans un lac amictique il peut s'accumuler et provoquer des éruptions limnique.
  • N2

Formes de vie des écosystèmes lentiques[modifier | modifier le code]

Bactéries[modifier | modifier le code]

Les bactéries sont présentes dans toutes les zones des eaux lentiques. Les formes libres sont associées avec les déchets organiques, sous formes de biofilm à la surfaces des rochers ou des plantes, en suspension dans la colonne d'eau ou encore dans les sédiments de la zone benthique ou des profondeurs.

Producteurs primaires[modifier | modifier le code]

Invertébrés[modifier | modifier le code]

Poissons et autres vertébrés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Pourquoi l'eau est-elle bleue?
  2. MacDonald, D.W., Tattersall, F.H., Brown, E.D. and Balharry, D. (1995) Reintroducing the European beaver to Britain ; nostalgic meddling or restoring biodiversity ? Mammal Review 25, 161-200 (résumé)
  3. Écosystèmes, Structure, fonctionnement, évolution Dunod