Clotilde (femme de Clovis)

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Clotilde de Burgondie

Description de cette image, également commentée ci-après

La reine Clotilde (Vitrail néogothique dans l'église Saint-Martin de Florac)

Titre

Reine des Francs

vers 49327 novembre 511
(environ 18 ans)

Prédécesseur Basine de Thuringe
Successeur Ultrogothe
Biographie
Titulature Reine des Francs
Dynastie Maison burgonde
Nom de naissance Crotechildis de Burgundia
Surnom Sainte Clotilde
Naissance vers 474 ou 475
Décès autour de 545
Monastère Saint-Martin de Tours
Père Chilpéric II de Burgondie
Mère Carétène
Conjoint Clovis Ier de France
Enfants Théodoric Ier, Ingomer
Clodomir, Childebert Ier
Clotaire Ier, Clotilde
Sainte Clotilde
Image illustrative de l'article Clotilde (femme de Clovis)
Sainte Clotilde prie saint Martin, Grandes Chroniques de France de Charles V, f.23r
reine des Francs
Décès 3 juin 544, 545 ou 548[1] 
Monastère Saint-Martin de Tours
Nationalité burgonde
Fête 3 juin (Église orthodoxe) ou 4 juin (Église catholique romaine)

Clotilde[2] (du germanique hlod, « gloire » et hild, « combat »[3]), née vers 474 ou 475[4] probablement à Lyon, morte autour de 545[5] à Tours, est une princesse burgonde, devenue reine des Francs en épousant Clovis, qu'elle contribue à convertir au christianisme.

Elle a été canonisée vers 550 ou 560 ; l'Église orthodoxe et le martyrologe romain la fêtent le 3 juin (dies natalis), certaines églises catholiques romaines comme la France le 4 juin[6],[7].

Sommaire

Biographie[modifier]

Origine familiale et jeunesse[modifier]

Clotilde est la fille du roi burgonde Chilpéric II, fils du roi Gondioc et frère de Gondebaud, Godegisile et Gondemar. Le nom de la mère de Clotilde n'est pas connu. Sa date de naissance est aussi approximative, malgré les apparences.

L'enfance et la jeunesse de Clotilde se déroulent à la cour burgonde sous les règnes de Gondioc, mort dans les années 470, puis de Chilpéric 1er, mort vers 480, puis sous le règne conjoint des quatre fils de Gondioc.

Deux d'entre eux, Gondemar et Chilpéric II, père de Clotilde, disparaissent durant les années 480, laissant la place à Gondebaud et Godegisile, seuls rois des Burgondes dans les années 490. Cette disparition de deux des frères est l'objet d'un certain nombre d'interrogations.

La mort du père de Clotilde[modifier]

Dans son Histoire des Francs, Grégoire de Tours donne une version plutôt tragique de la disparition de Chilpéric II :

« Gondioc avait été roi des Burgondes …. Il avait eu quatre fils : Gondebaud, Godégisèle, Chilpéric et Gondemar. Gondebaud égorgea Chilpéric son frère et noya la femme de celui-ci en lui attachant une pierre au cou. Il condamna à l'exil ses deux filles ; l'aînée, qui prit l'habit, s'appelait Croma, la plus jeune Clotilde. Or, comme Clovis envoie souvent des ambassades en Bourgogne, la jeune Clotilde est aperçue par ses ambassadeurs. Comme ils l'avaient trouvée élégante et sage et qu'ils avaient su qu'elle était de famille royale, ils l'annoncèrent au roi Clovis. Sans tarder, celui-ci envoie à Gondebaud une ambassade pour la demander en mariage. Ce dernier n'osant pas opposer un refus la remit aux ambassadeurs, et ceux-ci, amenant la jeune fille, la présentant au plus vite au roi. Quand il l'eut vue, le roi fut rempli d'une grande joie et il se l'associa par le mariage, alors qu'il avait déjà d'une concubine un fils nommé Thierry.  »

— Grégoire de Tours, Historia Francorum, Livre II, paragraphe XXVIII, traduction Robert Latouche, Les classiques de l'histoire de France au Moyen Âge, volume 27, p. 116-117, in La Bourgogne au Moyen Âge, Académie de Dijon, Centre régional de recherche et de documentation pédagogique, Dijon, 1972.

Selon Grégoire de Tours, le père et la mère de Clotilde ont donc été exécutés par Gondebaud, mais il ne précise pas pour quelles raisons, ni dans quelles circonstances. Clotilde et sa sœur Croma échappent au massacre. Elles sont condamnées à l'exil, mais apparemment, quelques années après, alors que Croma est devenue nonne, Clotilde est présente à la cour de Gondebaud où des ambassadeurs francs la remarquent et la signalent à Clovis, qui la demande en mariage.

Le récit (très court) du massacre a ensuite repris par le Liber Historiae Francorum, chronique du VIIIe siècle, qui en augmente la portée tragique en introduisantt deux fils de Chilpéric, décapités par l'oncle régicide[8].

Quoi qu'il en soit de la réalité de cet épisode, Clotilde a reçu à la cour de Gondebaud une éducation non seulement soignée mais aussi chrétienne, sans doute transmise par la reine chrétienne Carétène que l'on pense épouse de Gondebaud.

Statue de sainte Clotilde. Notre-Dame de Corbeil. XIIe siècle.

Reine des Francs[modifier]

Elle épouse Clovis vers 493 à Soissons[9].

Selon Grégoire de Tours, elle a exercé une influence pour l'amener au baptême. Avant cet évènement, dont la date n'est pas connue avec une absolue certitude[10], elle prend même l'initiative de faire baptiser ses deux premiers fils contre l'avis[réf. nécessaire] de son époux, et ceci, bien que le premier, Ingomer, meure peu après son baptême[9]. Le couple a d'autres enfants, d'abord trois fils, Clodomir, Childebert et Clotaire, puis une fille, Clotilde, qui sont tous baptisés et parviennent à l'âge adulte[9].

Clovis et Clotilde résident le plus souvent à Clichy, Épineuil, Chelles, Rueil ou Bonneuil. Après sa victoire de Vouillé sur les wisigoths en 507, le roi fait de Paris sa capitale[9].

Le veuvage à Tours[modifier]

À la mort de Clovis, Clotilde se retira à Saint-Martin de Tours mais continua vraisemblablement à influencer ses trois fils : Clodomir, Childebert et Clotaire.

Femme politique, elle les amena à monter une expédition contre le royaume burgonde des fils de Gondebaud, vraisemblablement pour venger ses parents assassinés (selon Grégoire de Tours). Suite à cette guerre, son fils Clodomir fut tué à la bataille de Vézeronce.

Elle tenta de protéger les trois fils de Clodomir, mais ne put sauver que Clodoald, le futur saint Cloud, tandis que les deux autres étaient massacrés par leurs oncles.

Pour secourir sa fille envoyée en Espagne dès 511 (et également prénommée Clotilde), elle poussa Childebert à attaquer le mari de celle-ci, le roi wisigoth Amalaric qui la maltraitait. À Tours, elle imposa des évêques burgondes réfugiés auprès d'elle.

Statue de Clotilde dans la série Reines de France et Femmes illustres du Jardin du Luxembourg à Paris.

Par ailleurs très pieuse, elle fit ériger un monastère (aux Andelys), agrandir Saint-Pierre de Reims, reconstruire les Saints-Apôtres de Rouen et fut associée à la construction à Paris du monastère des Saints-Apôtres, devenu l'abbaye Sainte-Geneviève (actuel lycée Henri-IV).

Elle termina ses jours dans la piété, auprès du tombeau de saint Martin, à Tours où elle mourut, le 3 juin 544, 545 ou 548. Elle fut inhumée par son frère Childebert à Paris aux côtés de son époux Clovis et auprès de ses parents, dans le sacrarium de l'église abbatiale du monastère des Saints-Apôtres qu'elle avait contribué à fonder[11].

Postérité[modifier]

Vénération[modifier]

Les chanoines de l'abbatiale, fuyant les invasions normandes au IXe siècle, procèdent à la translation de sa châsse au château de Vivières. Lors du retour de ses reliques à la abbaye Sainte-Geneviève de Paris[12], la paroisse de Vivières garde sa tête et un bras dans un reliquaire désormais abrité dans l'église. Un pèlerinage national, dédiée à sainte Clotilde, est annuellement organisé par la paroisse de Vivières. L'organisation est, plus précisément, déléguée à la confrérie sainte Clotilde[13] qui bénéficie, depuis le milieu des années 1980, du soutien du centre Charlier. Existant depuis 1947, il se déroule généralement le troisième dimanche de juin.

Sainte Clotilde est particulièrement vénérée dans la Collégiale Notre-Dame des Andelys depuis qu'en 1656, l'église reçut en relique une côte de la sainte[14].

En 1793, les restes de Clotilde auraient été brûlés[15] pour éviter aux moines génovéfains, détenteurs de ces reliques, la fureur des sans-culottes et lui épargner la profanation révolutionnaire. Ses cendres sont alors déposées dans l'église Saint-Leu-Saint-Gilles et une partie concédées à la basilique Sainte-Clotilde de Reims. L'église Saint-André de l'abbaye de Chelles conserve également une châsse qui lui est attribuée, de même l'église Sainte-Clotilde de Chambourcy.

Vitrail de l'atelier Charles Champigneulle (1895) représentant Sainte Clotilde - Eglise Notre-Dame de Sablé-sur-Sarthe.

Voies publiques[modifier]

Patronne de l'aviation légère de l'armée de terre[modifier]

Depuis 1995 l'Aviation légère de l'armée de terre a choisi sainte Clotilde pour patronne. C'est en effet à ses prières que Clovis put être victorieux à Tolbiac en « submergeant l'ennemi sous le feu du ciel », ce qui est précisément aujourd'hui la fonction des hélicoptères de combat de l'armée française.

Tour Clovis dans l'actuel lycée Henri-IV, à Paris.

Voir aussi[modifier]

Bibliographie[modifier]

Sources
  • Grégoire de Tours, Historia Francorum, traduction de Robert Latouche, Les classiques de l'histoire de France au Moyen Âge
Ouvrages généraux
  • Stéphane Lebecq, Les origines franques, Ve - IXe siècle, Seuil (Nouvelle histoire de la France médiévale, 1), 1990, (ISBN 2-02-011552-2), pages 45-60 (première partie, chapitre 1 : « Clovis (481-511) »)
  • Régine Le Jan, Les Mérovingiens, PUF, coll. « Que sais-je », Paris, 2006, 128 p. [ISBN 2-13-055481-4]
Sur Clovis
Sur Clotilde

Articles connexes[modifier]

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Notes et références[modifier]

  1. Settipani 1993
  2. Écrite aussi Chrodichild, Chrodechilde, Chrodechildis, en latin Chrodigildis ; les formes médiévales du nom (Chlothilde, Clothilde, Clotilde), sont dérivées de ces noms originels.
  3. Chantal Tanet et Tristan Hordé, Dictionnaire des prénoms, Paris, Larousse, 16 septembre 2009 (ISBN 978-2-03-583728-8), p. 132 
  4. selon le Larousse 2011 et également selon Christian Bouyer (Dictionnaire des Reines de France, 1992)
  5. La date traditionnelle de 545 n'est pas certaine ; Stéphane Lebecq, Les Origines franques, page 45, indique 544 (son long veuvage de 511 à 544 ; M. Heinzelmann, "Gallische Prosopographie 260-527", dans Francia, 1982, page 584, indique 548, de façon apparemment mieux étayée.
  6. (en) St Clotilda, Catholic Encyclopedia
  7. Sainte Clotilde sur nominis.cef.fr
  8. Sur cette affaire, voir notamment Michel Rouche, Clovis, Éditions Fayard, 1996 (ISBN 2-213-59632-8), p. 229-232 .
  9. a, b, c et d Christian Bouyer, Dictionnaire des Reines de France, Librairie Académique Perrin, 1992 ISBN 2-262-00789-6
  10. Stéphane Lebecq, page 51, le situe en 498 (sous réserves) ; Régine Le Jan, page 14, en 508.
  11. Grégoire de Tours, L'Histoire des Francs, J.-L.-J. Brière, 1823, p. 152 
  12. Une châsse opulente conservait ses restes. Source : Acta Sanctorum, t. I, p. 293
  13. Page internet de la Confrérie sainte Clotilde
  14. La sépulture de Clovis et la nécropole royale mérovingienne
  15. Clotilde reine et sainte

Liens externes[modifier]