Cheminée de fée

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Cheminées de fée en Cappadoce.

Une cheminée de fée (aussi appelée selon les régions demoiselle coiffée, pyramide ou hoodoo) est une sorte de grande colonne naturelle faite de roches friables, le plus souvent sédimentaires, et dont le sommet est constitué d'une roche plus résistante aux effets de l'érosion. Ces formes étranges (parfois phalliques), présentes un peu partout sur la planète, sont à l'origine de nombreuses croyances ou légendes.

Description[modifier | modifier le code]

Cheminées de fée en Cappadoce Turquie, les ignimbrites claires sous la protection du basalte.

Les cheminées de fée sont des colonnes naturelles de roches. Ces colonnes, aux formes parfois étranges, sont créées par différents phénomènes d'érosion et peuvent atteindre plusieurs dizaines de mètres de haut[1].

L'érosion des cheminées peut avoir une ou plusieurs origines selon les lieux. Il peut ainsi s'agir de la force de l'écoulement des eaux de pluie et des réactions chimiques entre ces roches et les eaux. La force du vent a également un impact non négligeable tout comme la succession de périodes de gel et de dégel qui détruit la roche par dilatation[2],[1].

Les colonnes sont constituées de strates (plusieurs couches de sol superposées) composées de roches friables (calcaire par exemple) alors que leur sommet est composé d'une couche de protection (par exemple une couche de grès ou une grosse pierre plus dure) bien plus résistante à l'érosion. Ce casque de protection protège de l'érosion les couches friables positionnées en dessous tandis que les couches voisines disparaissent au fil du temps[2],[1].

Le poids de la roche dure qui surplombe la colonne renforce également la résistance de la colonne. En effet, le poids applique une pression interne sur les couches de la colonne. Cela conduit à un tassement des roches qui renforce la résistance. Des phénomènes de calcification des colonnes permettent également d'améliorer la résistance.

Dans la région de Cappadoce en Turquie, les cheminées ont une origine volcanique. Elles sont constituées d'une couche basaltique (le basalte provient des éruptions volcaniques) résistante qui recouvre une couche d'ignimbrites plus friable. Des colonnes apparaissent également dans des zones où se trouvent des moraines d'anciens glaciers. Dans ce cas, des rochers déposés par les glaciers protègent les couches inférieures du sol. Dans le parc de Bryce Canyon, la couche supérieure est constituée de magnésium résistant alors que les couches inférieures sont faites de calcaire.

Hoodoos[modifier | modifier le code]

Hoodoos dans le parc national de Bryce Canyon, États-Unis.

Dans certaines régions de l'ouest de l'Amérique du Nord, ces structures rocheuses portent le nom de Hoodoos. Ce nom dériverait du culte vaudou qui donne à certaines formes naturelles des pouvoirs magiques[2].

Bien avant, les formes particulières de ces roches étaient déjà à l'origine de légendes amérindiennes. Par exemple, dans la région du parc national de Bryce Canyon, les hoodoos étaient considérés comme les restes pétrifiés d'anciens êtres qui avaient été punis pour avoir mal agi[3]. Ils sont le symbole du parc vu leur grand nombre.

Sites dans le monde[modifier | modifier le code]

On trouve des cheminées de fée un peu partout dans le monde même si celles-ci restent plutôt rares. En France, des cheminées de fée sont présentes à côté de la Cascade de la Pisse, près d'Embrun (les Demoiselles Coiffées de Pontis[4]) dans les Hautes-Alpes, mais également dans le parc naturel régional du Queyras. Une cheminée de fée est également présente à Cotteuge dans le Puy-de-Dôme. Un site est aussi visible de la route qui monte à la station de sport d'hiver de St-François Longchamp situé à 1 450 m d'altitude. Dans la région, on leur donne le nom de demoiselles coiffées. En Lorraine, les grès triasiques (Bunsandstein) de l'ancienne Carrière du Barrois présentent diverses formations rocheuses dont des cheminées de fée. Enfin, il existe des cheminées de fée dans le Roussillon, ce sont les Orgues d'Ille-sur-Têt.

Des cheminées sont visibles dans la commune de Renon dans la province de Bolzano en Italie. En Suisse, où elles portent le nom de « pyramides », elles sont présentes à Euseigne dans le Valais. En Espagne, on trouve le Castil de tierra dans le désert de Bardenas Reales.

En Allemagne, on peut voir des cheminées dans les monts de Zittau, en Franconie (le Teufelstisch) et dans le Pfälzerwald.

En Turquie, de nombreuses cheminées sont présentes dans la région de Cappadoce. Dans les Balkans, il existe plusieurs sites, dont Đavolja varoš (« la ville du Diable ») en Serbie, et Kouklitsa, Koukoulyé et Tsoutski en République de Macédoine.

On trouve des cheminées dans l'ouest du Canada, en particulier près de Banff dans la province de l'Alberta, et dans l'ouest des États-Unis (où on les appelle « hoodoos ») dans des lieux désertiques, dont le parc national de Bryce Canyon ou sur le plateau du Colorado et dans les badlands.

Certaines des cheminées sont reconnues comme patrimoine mondial de l'UNESCO, par exemple, dans le sud de la Chine, avec le karst de Chine du Sud[5].

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Des hoodoos artificiels (en béton armé peint) sont parfois visibles en tant que décorations dans des attractions à sensations fortes de parcs d'attractions du style de Disneyland.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) « Géologie : Les hoodoos », National Park Service,‎ 2008 (consulté le 1-03-2009)
  2. a, b et c (fr) « Cheminée de fée », Encyclopédie canadienne,‎ 2009 (consulté le 10-05-2009)
  3. (en) « Historique des Amérindiens », National Park Service,‎ 2009 (consulté le 1-03-2009)
  4. http://www.beyond.fr/sites/coiffees.html
  5. (en) « Chine, patrimoine mondial », chinastoneforest,‎ 2008 (consulté le 10-03-2009)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) DeCourten, Frank. 1994. Shadows of Time, the Geology of Bryce Canyon National Park. Bryce Canyon Natural History Association.
  • (en) Kiver, Eugene P., Harris, David V. 1999. Geology of U.S. Parklands 5th ed. John Wiley & Sons, Inc. 522-528.
  • (en) Sprinkel, Douglas A., Chidsey, Thomas C. Jr., Anderson, Paul B. 2000. Geology of Utah's Parks and Monuments. Publishers Press: 37-59

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]