Henri Dutilleux

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Henri Dutilleux

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Henri Dutilleux en 2008

Naissance 22 janvier 1916
Angers, Maine-et-Loire, France
Décès 22 mai 2013 (à 97 ans)
Paris, France
Activité principale Compositeur, pédagogue
Style Musique classique des périodes moderne et contemporaine
Formation Conservatoire de Paris
Enseignement École normale de musique de Paris, Conservatoire de Paris, Festival de Tanglewood
Conjoint Geneviève Joy
Récompenses 1er Grand prix de Rome (1938)
Grand prix national de la musique (1967)
Médaille de vermeil de la Ville de Paris (1985)
Prix Ernst von Siemens (2005)
Distinctions honorifiques Grand-croix de la Légion d'honneur (2004)

Œuvres principales

Symphonie n° 2 « Le Double » (1959)
Métaboles (1965)
Tout un monde lointain… (1970)
Timbres, espace, mouvement ou La Nuit Étoilée (1978)
The Shadows of Time (1997)

Henri Paul Julien Dutilleux est un compositeur français de musique classique des périodes moderne et contemporaine, né le 22 janvier 1916 à Angers et mort le 22 mai 2013 à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri Dutilleux est né le 22 janvier 1916 à Angers, en Maine-et-Loire. Son enfance se déroule dans le département du Nord. Il entre en 1926 au conservatoire de Douai[1] dirigé par Vincent Gallois, avec lequel il prend des cours d'harmonie et qui décèle ses dons[2]. Il y suit également une formation classique en piano, théorie et contrepoint. Il entame en 1933 des études au conservatoire de Paris auprès d'Henri Büsser (composition), Jean Gallon (harmonie), Noël Gallon (contrepoint et fugue), Philippe Gaubert (direction d'orchestre) et Maurice Emmanuel (histoire de la musique)[3]. Il remporte en 1938 le Premier Prix de Rome, avec la cantate l'Anneau du Roi. Avant de partir pour la guerre en 1939, il approfondit intensément son étude de la musique de d'Indy, de Stravinski et de Roussel.

En 1942, Dutilleux assume pour quelques mois les fonctions de chef de chœur de l'Opéra de Paris et, en 1944, il est au service de la Radiodiffusion française, où il est responsable du service des Illustrations Musicales[3]. Il quitte ce travail en 1963 pour pouvoir se consacrer entièrement à la composition. En 1961, il est appelé par Alfred Cortot comme professeur de composition à l'École normale de musique de Paris, dont il assure la présidence après la mort du fondateur[4], et où il eut comme élève le compositeur et organiste André Jorrand, puis, à partir de 1970, il est professeur associé au Conservatoire. Il donne également des cours dans le cadre du Festival de Tanglewood, invité par Seiji Osawa[5].

Il épouse en 1946 la pianiste Geneviève Joy, qui fut longtemps sa principale interprète. Arrière-petit-fils de Constant Dutilleux, peintre proche de Delacroix, Henri Dutilleux est aussi un proche du peintre Maurice Boitel. Son grand-père maternel, le compositeur Julien Koszul, est, quant à lui, un ami de Gabriel Fauré. Fréquemment au répertoire de l'Orchestre national Bordeaux Aquitaine sous la direction de Hans Graf, son nom est donné, en son hommage, à la grande salle de l'auditorium de Bordeaux, inauguré en janvier 2013[6],[7].

Il meurt le 22 mai 2013, laissant derrière lui une œuvre majeure, abondamment jouée de son vivant partout dans le monde[8], faisant l'unanimité et considérée comme déjà classique[9],[10],[11],[12],[2].

Distinctions et récompenses[modifier | modifier le code]

Bien qu'il ait obtenu en janvier 2004 la dignité de Grand-croix de la Légion d'honneur (la plus haute distinction que décerne l’État), ses obsèques se sont déroulées en l’absence de tout représentant de l’État[13].

Henri Dutilleux a reçu le Prix Ernst von Siemens le 29 janvier 2005 (à l'âge de 89 ans). Ce prix, considéré comme le « Nobel de la musique », a récompensé, selon le jury, « un des grands artistes de la musique française contemporaine » dont la production « organique » se distingue par sa « clarté poétique ». Henri Dutilleux est le troisième compositeur français (après Olivier Messiaen et Pierre Boulez) honoré par ce prix, qui a été attribué la première fois, en 1974, à Benjamin Britten.

Depuis 1973, il est membre associé de l’Académie royale de Belgique, et, depuis 1981, membre honoraire de l’American Academy and Institute of Arts and Letters de New York. Il est aussi membre honoraire de l’Academia Nazionale Santa Cecilia (1993) ainsi que de la Royal Academy of Music de Londres (1996) et de la Bayerische Akademie der Schönen Künste de Munich (1998). En 2010, il devient parrain d'honneur de l'organisation non gouvernementale d'aide à l'enfance en Équateur Ecuasol.

Grand prix national de la musique en 1967 pour l'ensemble de son œuvre.

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

Essentiellement orchestrale, son œuvre ne comporte qu'un nombre relativement restreint de pièces, qu'il a choisies sans toutefois renoncer à les remanier.

Œuvres orchestrales[modifier | modifier le code]

Œuvres concertantes[modifier | modifier le code]

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

  • Sarabande et Cortège (1942), 2 pièces pour basson et piano
  • Sonatine pour flûte (1943)
  • Sonate pour hautbois (1947)
  • Choral, Cadence et Fugato (1950), pour trombone ténor et piano. Commande du conservatoire national de Paris.
  • Quatre figures de résonances (1970-1976) pour deux pianos
  • Ainsi la Nuit (1977), pour quatuor à cordes. Commande de la Fondation Koussevitzky pour le Juilliard String Quartet
  • Les Citations (1991), pour hautbois, clavecin, contrebasse et percussions.

Œuvres pour soliste[modifier | modifier le code]

  • Au gré des ondes (1946), six petites pièces pour piano
  • Sonate pour piano (1948), créée par son épouse Geneviève Joy
  • Blackbird (1950), pour piano
  • Trois Strophes sur le nom de Sacher (1976-1982), pour violoncelle solo. La première partie a été écrite en 1976 dans le cadre d'un hommage à Paul Sacher. Les deux autres ont été ajoutées ultérieurement. Création de l'œuvre complète le 28 avril 1982 à Bâle par Mstislav Rostropovitch
  • Trois préludes (1988), pour piano : D'ombre et de silence, Sur un même accord, Le jeu des contraires.

Œuvres vocales[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le compositeur douaisien Henri Dutilleux est mort », sur lavoixdunord.fr du 22 mai 2012.
  2. a et b Julien Carpentier, « Mort d’Henri Dutilleux : retour sur l’enfance douaisienne d’un élève surdoué du conservatoire », dans La Voix du Nord du 22 mai 2013.
  3. a et b « Notice Dutilleux (Henri) » dans Dictionnaire de la musique Larousse 1990 p. 250-251
  4. Bernard Gavoty, Alfred Cortot, biographie, Paris, Buchet-Chastel, 2012, p. 165
  5. Confédération musicale de France, interview d'Henri Dutilleux en 2007 (Lire en ligne).
  6. « Décès du compositeur français Henri Dutilleux à 97 ans », AFP et Sud-Ouest du 22 mai 2013.
  7. « Henri Dutilleux s’est tu », Sud Ouest du 23 mai 2013.
  8. « Le compositeur Henri Dutilleux est mort », dans Libération du 22 mai 2013.
  9. Christian Merlin, « Henri Dutilleux : la mort du géant de la musique française », dans Le Figaro du 22 mai 2013.
  10. Philippe Venturini, « La mort d’Henri Dutilleux, un contemporain déjà classique », dans Les Échos du 22 mai 2013.
  11. Serge Martin, « Le compositeur Henri Dutilleux a rejoint le silence », dans le quotidien belge Le Soir du 22 mai 2013.
  12. « Dernière symphonie pour Henri Dutilleux », sur Rue 89 du 22 mai 2013.
  13. Dutilleux, qui est-ce ? éditorial de La Lettre du Musicien, 11 juin 2013.
  14. « Trois belles minutes de musique de Dutilleux, perdues et retrouvées » dans Le Monde du 26 mai 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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