Vesontio

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Vesontio
Besançon
Vesontio
Vesontio (Vesontine) sur la carte de Peutinger
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Type Cité antique
Protection Logo monument historique Classé MH (1840, Porte Noire)
Logo monument historique Classé MH (1886, Square Castan)
Logo monument historique Classé MH (1927, Amphithéâtre)
Coordonnées 47° 14′ 05″ nord, 6° 01′ 48″ est

Géolocalisation sur la carte : Doubs

(Voir situation sur carte : Doubs)
Vesontio
Vesontio

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Vesontio
Vesontio

Vesontio est une ancienne cité gallo-romaine dont le site est actuellement occupé par la ville de Besançon. Elle était établie dans un méandre du Doubs, secteur correspondant au centre-ville de la ville actuelle[1].

Position géographique[modifier | modifier le code]

Lors de la capture de l'oppidum des Séquanes, Jules César décrit l'emplacement comme « position naturelle [qui] la défendait de manière à en faire un point très avantageux pour soutenir la guerre. »[2]. Il ajoute que la position défensive est presque entièrement entourée par le Doubs et que la partie restante est barrée par un éperon rocheux. De plus, au-delà du Doubs, s'élèvent des collines de « hauteur moyenne » mais aux pentes escarpées[1].

Sous la domination romaine, Vesontio devient un carrefour d'axes de communications importants. Ces routes permettent de desservir de nombreuses destinations et parmi les principales : au nord-ouest les routes menant à Luxovium (Luxeuil-les-Bains) et Andemantunnum (Langres), au nord-est la route menant à Epomanduodurum (Mandeure) et au-delà Cambete (Kembs) et le Rhin, au sud-est la route passant par l'actuelle colline où est posée la citadelle, la route menant à Urba (Orbe (Vaud)) et Lousonna (Lausanne) et enfin au sud-ouest une route menant vers Cabillonum (Chalon-sur-Saône) et Lugdunum (Lyon)[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Pour un article plus général, voir Chronologie de Besançon.
Village Gaulois des Séquanes sur le site de la ville de Besançon

Entre -58 à -51, Jules César annexe les Gaules qu'il unifie avec l'Empire romain. Dans le but de vaincre Arioviste, il se rend maître de Vesontio en -58. Jules César souligne à cette occasion l'intérêt stratégique naturel de premier ordre de cette ville dans le livre qu'il rédige, La guerre des Gaules, ville que l'Empire Romain contribue à développer autant économiquement que sur le plan urbain, culturel, architectural, commercial, militaire ou encore artistique, et ceci pendant toute la période gallo-romaine.

En 68, une bataille importante a lieu aux portes de la cité: Vindex, gouverneur de la province de Gaule lyonnaise, se rend à Vesontio pour empêcher Lucius Verginius Rufus, gouverneur de Germanie, de s'emparer de la capitale des Séquanes. La ville apporte son soutien à Vindex mais c'est Rufus qui gagna et pilla la ville. Cependant, l'empereur qui succéda à Néron, Galba, se souvint avoir eu l'appui de Vindex et décida de récompenser ses partisans en promouvant Vesontio en colonie romaine. Ce statut procura un certain nombre de privilèges à Vesontio, et celle-ci connut alors une époque florissante : on y construisit un forum, des arènes, des thermes, un champ de Mars (devenu aujourd'hui la promenade de "Chamars"), des temples, des marchés et un aqueduc alimentant la ville en eau.

Vers 175, édification de la Porte Noire[4].

Au IIe siècle, le christianisme apparaît à Besançon, prêché par les martyrs Saint Ferréol et Saint Ferjeux qui périrent par le glaive en 212 sur ordre du gouverneur Romain Claude qui voit dans leur action chrétienne une source de trouble public. Les deux frères sont depuis les saints patrons de Besançon

À la chute de l'Empire romain, vers l'an 300, la Gaule est envahie par des tribus barbares, Francs, Germains, Burgondes, Goths, Ostrogoths, Wisigoth, Huns etc. Vesontio est alors envahie et occupée par une tribu de Francs, les Burgondes et les Alamans. En 360, l'empereur Julien, de passage à Vesontio, constate le déclin de la cité.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Plan de la cité antique de Vesontio

L'urbanisme de Vesontio est organisé selon le statut de la ville de caput civitatis (capitale de province) donné lors de la réorganisation politique des Gaules[5]. De ce fait la cité se devait d'accueillir le pouvoir politique par la présence d'une basilique civile, la fonction religieuse et la présence d'un temple et la fonction économique par la présence du forum au centre de la cité, le long de la cardo maximus.

L'urbanisme de la cité romaine, qui remplaça l'urbanisme de la cité gauloise pré-existant, suit un schéma classique de quadrillage orthogonal, adapté à la situation des lieux[6]. La seule rue antique identifiée dans son intégralité est la cardo maximus, à l'emplacement de l'actuelle grande-rue de Besançon[7]. Cette voie rectiligne reliait les hauteurs de la citadelle, d'où la route venant d'Italie arrivait, au Doubs selon un axe sud-est / nord-ouest. D'autres cardo ont été identifiées lors de diverses fouilles mais de manière parcellaire (rue des granges), laissant place à des hypothèses pour les parties non fouillées[7]. Plusieurs décumanus sont également identifiés de manière parcellaire (rue Moncey, rue Megévand), dont un pouvant être le decumanus maximus à l'emplacement des rues de la préfecture et Bersot[7]. Seul le quartier artisanal, au nord-est de la cité antique, conserve, à l'époque romaine, l'orientation non orthogonale des rues[5].

Fouilles[modifier | modifier le code]

Besançon compte environ 200 sites ayant fait l’objet de découvertes archéologiques[8]. Des découvertes archéologiques sont mentionnées dès le XVIIe siècle. Au fil du temps de nombreuses campagnes de fouilles ont été menées à divers endroits de la Boucle et ses abords. Ces campagnes de fouilles ont été rendues possibles par la mise en place des directions des Antiquités ainsi que la mise en place de l'archéologie de sauvetage et l'archéologie préventive[8]. Les campagnes de fouille menées par Auguste Castan à la fin du XIXe siècle restent parmi les plus notables.

Vestiges[modifier | modifier le code]

La ville de Besançon présente encore des vestiges de l'époque gallo-romaine :

  • Porte Noire, arc de triomphe édifié sous l'empereur romain Marc Aurèle au IIe siècle, est à l'origine entièrement décoré de fines sculptures représentant des divinités de la mythologie grecque et romaine et des scènes de combats pour la plupart effacées par le temps. La porte, aujourd’hui très endommagée, fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[9].
  • Arènes de Besançon, amphithéâtre romain construit au Ier siècle, situé en dehors de la boucle de Besançon à cause de ses dimensions. Les arènes pouvaient accueillir 18 000 à 20 000 spectateurs. Les vestiges des arènes romaines sont classées en 1927, 1947 et inscrites en 1947[10].
  • le Square Castan est un ensemble de vestiges archéologiques, cet ensemble, non identifié et semi-circulaire date probablement du IIe ou du IIIe siècle En 1870, Auguste Castan y entreprit des fouilles, et découvrit huit colonnes corinthiennes que l'on fit remonter, les vestiges du bassin de distribution des eaux de l'aqueduc d'Arcier, et ceux d'un hémicycle d'un diamètre intérieur proche de 54 mètres. Les fragments antiques du square sont classés en 1886 et le jardin inscrit en 1945[11].
  • Aqueduc de Besançon, ou aqueduc d'Arcier, aqueduc gallo-romain de 12 km situé entre les sources d'Arcier et la ville de Vesontio. Construit vers 70, il aboutissait dans un bassin de 5 mètres2 dans l'actuel square Castan. L'aqueduc fonctionne jusqu'au Ve siècle et la chute de l'empire romain, et il subira une dégradation progressive.
  • La Domus du collège Lumière, importante et luxueuse domus gallo-romaine de 6 000 m2, mise au jour lors de fouilles menées en 1973 et 2003-2004. Datant du IIe siècle, elle a permis de situer l'endroit comme étant résidentiel et a livré des mosaïques remarquables[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Vesontio : de l’oppidum à la capitale de cité », sur http://www.inrap.fr/ (consulté le 21 août 2014).
  2. Jules César (trad. Désiré Nisard), La Guerre des Gaules, Didot, Paris, 1865, Livre I, 38 (lire en ligne).
  3. Jean-Claude Barçon et Annick Richard, Raconte-moi Besançon : sur les pas des Gallo-Romains, Ville de Besançon, , 23 p. (lire en ligne), p. 4
  4. E. Toillon, op.cit., p. 37
  5. a et b collectif, « La civilisation Gallo-romaine dans le Jura - Territoires et cultes » [PDF], Musée d'archéologie du Jura - Lons le Saunier (consulté le 7 janvier 2016), p. 20-23
  6. Walter et Barçon 2004, p. 23
  7. a, b et c Walter et Barçon 2004, p. 25
  8. a et b « Atlas archéologique de Besançon - La ville », sur inrap.fr, INRAP (consulté le 10 mars 2016)
  9. Notice no PA00101607, base Mérimée, ministère français de la Culture
  10. Notice no PA00101454, base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. Notice no PA00101521, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  12. « Collège Lumière », INRAP (consulté le 27 janvier 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eveline Toillon, Besançon insolite et secret, Alan Sutton, 2005 (ISBN 2842539141)
  • Hélène Walter et Jean-Claude Barçon, Vesontio : Besançon, Presses universitaires de Lyon, , 85 p. (ISBN 2-7297-0739-5, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]