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Aquis Segeste

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Aquis Segeste
Aquae Segetae
Image illustrative de l’article Aquis Segeste
Partie visible du sanctuaire des eaux.
Localisation
Pays Drapeau de l'Empire romain Empire romain
Province romaine Gaule lyonnaise
Région Centre-Val de Loire
Département Loiret
Commune Sceaux-du-Gâtinais
Type agglomération secondaire
Protection Logo monument historique Classé MH (1986, vestiges du sanctuaire)
Coordonnées 48° 06′ 56″ nord, 2° 37′ 22″ est
Altitude 79-95 m
Superficie 25 ha
Histoire
Époque Antiquité (Empire romain)
Géolocalisation sur la carte : Rome antique
(Voir situation sur carte : Rome antique)
Aquis Segeste
Aquis Segeste
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Aquis Segeste
Aquis Segeste
Géolocalisation sur la carte : Loiret
(Voir situation sur carte : Loiret)
Aquis Segeste
Aquis Segeste

Aquis Segeste, selon la mention de la table de Peutinger, est une agglomération secondaire antique située sur le territoire de la commune française de Sceaux-du-Gâtinais dans le département du Loiret (région Centre-Val de Loire). Dans les publications scientifiques récentes, le nom du site est souvent corrigé en Aquae Segetae, forme plus exacte sur le plan de l'orthographe et de la grammaire mais non attestée dans les sources antiques.

Le seul élément du site archéologique dont des vestiges soient visibles en élévation au XXIe siècle est la partie méridionale d'un vaste sanctuaire de source du Haut-Empire romain développé à partir d'un possible lieu de culte gaulois préexistant ; il est constitué d'un nymphée enclos dans un péribole dont la galerie à péristyle abritait sans doute des entrepôts ou des locaux commerciaux. Outre ce sanctuaire, la parure monumentale de la cité comprend un théâtre, deux établissements thermaux et au moins un fanum. Ces monuments voisinent avec des îlots résidentiels desservis par un réseau structuré de voirie, l'ensemble couvrant sans doute au moins 25 hectares.

L'agglomération, fondée au Ier siècle sur un site fréquenté depuis le Néolithique, connaît son « âge d'or » au IIe siècle. Elle décline ensuite mais reste active jusqu'à la fin du IVe siècle, après quoi elle est abandonnée au profit de l'agglomération gallo-romaine puis mérovingienne implantée au niveau du bourg moderne. La ville et son origine antique ne sont redécouvertes qu'au début du XIXe siècle, alors que les ruines sont encore exploitées comme carrière de pierres. Jusqu'aux années 2020, les fouilles, partielles, ont surtout concerné la partie méridionale du sanctuaire et une zone résidentielle au nord-ouest, le portrait du reste de l'agglomération étant esquissé par l'archéologie aérienne et la prospection par radar à pénétration de sol.

La partie du site qui abrite les vestiges encore visibles est classée au titre des monuments historiques en 1986 puis aménagée pour la rendre, sous conditions, accessible au public. La construction d'un musée archéologique et de nouveaux aménagements doivent, d'ici la fin des années 2020, compléter la mise en valeur du site.

Géographie contemporaine et géologie

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Carte en couleurs d'un site antique sur laquelle sont reportées les courbes de niveau.
Relief du site d'Aquis Segeste.

Le site archéologique se trouve à 2 300 m au nord-est du bourg de Sceaux-du-Gâtinais[T 1], au lieu-dit « le Préau (ou Pré-Haut) du hameau de la Rivière », à l'extrême nord-est du département du Loiret. La commune de Sceaux est limitrophe du département de la Seine-et-Marne[R 1].

Il occupe le fond et les flancs d'un vallon sec orienté nord-sud, perpendiculaire à la vallée du Fusain vers laquelle il s'ouvre[C 1]. L'ensemble cultuel et thermal occupe le talweg à une altitude allant de 84 m au niveau du temple à un peu moins de 80 m pour le nymphée et la source supposée l'alimenter. Le théâtre est adossé au flanc oriental, abrupt, du vallon ; les quartiers résidentiels occupent le plateau prolongeant le versant occidental par une pente plus douce. L'altitude des plateaux de part et d'autre du vallon avoisine 92,50 m[R 1].

Le substrat géologique consiste en sables et grès de Fontainebleau rupéliens, recouverts de calcaire du Gâtinais du Chattien sur une épaisseur de 12 à 15 m[1],[2]. Le fond de la vallée sèche qui accueille le sanctuaire est composé d'alluvions récentes[V 1]. L'exploitation antique des ressources géologiques locales est attestée par l'utilisation, pour les monuments du site (dallage des galeries, aqueduc), de moellons et de plaques calcaires de nature identique à celle du substrat (pierre de Souppes ou de Château-Landon)[V 1],[3].

L'alimentation en eau du sanctuaire est assurée, selon Michel Roncin, par une source issue d'une boutonnière ouverte dans le substrat, libérant la nappe phréatique sous-jacente[R 1] ; cette source a été comblée au XIXe siècle par le propriétaire du terrain pour couper court aux dégâts causés par de trop nombreux visiteurs[4]. En l'absence de sondage, cette hypothèse ne peut être pleinement confirmée ; il peut également s'agir d'un point bas recueillant des eaux de ruissellement[B 1].

Contextes géographique et historique antiques

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Agglomération en territoire sénon

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Reproduction en couleurs d'un extrait d'une carte antique.
Fragment de la table de Peutinger montrant l'établissement thermal d'Aquis Segeste sur l'itinéraire reliant Cenabo (Orléans) à Agedincum (Sens).

Aquis Segeste se trouve dans le territoire des Sénons mais non loin de la limite, assez imprécise, avec celui des Carnutes (puis de la civitas Aurelianorum avant la fin du IVe siècle[5]) à l'ouest[6], où elle fait partie d'une constellation de complexes similaires comme Montbouy, Triguères, Bonnée ou Bouzy-la-Forêt[T 2]. Cette agglomération secondaire est en outre une des cinquante-deux villes d'eau de l'Empire romain mentionnées sur la table de Peutinger[7]. Plusieurs d'entre elles sont, comme Aquis Segeste, installées en bordure ou à proximité de voies importantes, ce qui favorise à coup sûr leur développement[8]. Sur le plan administratif, l'agglomération est rattachée à la province romaine de Gaule lyonnaise[9].

Accès routiers et fluvial privilégiés

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Carte en couleurs représentant l'environnement d'un site antique.
Géographie antique d'Aquis Segeste et de son environnement.

À quelque 500 m au sud du site passe l'ancienne voie romaine d'Agedincum (Sens) à Cenabum (Orléans)[T 3], localement appelée « chemin de César »[N 1]. Cette voie d'orientation générale est-ouest reste un élément structurant du paysage contemporain car son tracé subsiste sur de longues sections sous forme de routes, chemins, limites parcellaires ou communales[11].

Contournant le site par le nord, un itinéraire sans doute antique relie directement Sceaux-du-Gâtinais à Château-Landon[V 2].

Une autre voie, venant de Montargis, rejoint sans doute l'itinéraire Orléans - Sens au sud du site d'Aquis Segeste[V 2] au niveau du Gué de la Ville, dont le toponyme évoque peut-être un franchissement du Fusain donnant accès à l'agglomération antique[R 1] ; elle est recouverte dans sa traversée du site d'Aquis Segeste par le chemin de la Ruelle qui longe le sanctuaire à l'ouest[12] puis se dirige ensuite vers Briarres-sur-Essonne où elle franchit l'Essonne[13]. C'est l'un des tronçons de l'itinéraire reliant Paris (Lutetia) à Autun (Augustodunum)[14].

Le rôle des cours d'eau comme mode de transport ne doit pas être négligé ; à Sceaux-du-Gâtinais, le Fusain qui coule à proximité de la voie Sens-Orléans[P 1] est un affluent du Loing, cette dernière rivière constituant dans l'Antiquité un important axe nord-sud de navigation fluviale[V 2]. En outre, le site se trouve à distance presque égale de la Loire et de la Seine, là où les cours de ces fleuves sont les plus proches[15].

Sources écrites

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Le toponyme moderne, « le Préau », parfois orthographié « le Pré-Haut », est une déformation du mot du patois local « perriau » (lieu où l'on trouve des pierres affleurantes, terrain pierreux)[R 1],[16].

Le site apparaît sous le nom d'Aquis Segeste sur la table de Peutinger[17]. Selon Jacques Soyer, archiviste du département du Loiret, qui rectifie en Aquis Segetae, le « s » médian de Segeste est une erreur de copiste[18] — elles sont nombreuses sur ce document[19] — ; les terminaisons des deux mots Aquis et Segeste s'expliquent par l'emploi d'un datif-ablatif dans le premier cas et la contraction de la terminaison « ae » en « e », usuelle sur les manuscrits médiévaux, dans le second[20]. L'agglomération est également connue sous le nom reconstitué d'Aquae Segetae ; cette forme, qui est envisagée par Jacques Soyer en 1917[18] et reprise dans les publications récentes, n'est pas attestée dans les sources antiques[12].

Inscriptions lapidaires

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En 1973, l'ancien nom de la cité est assuré par la découverte in situ de l'ex-voto dédié par un citoyen romain à Segeta, divinité incontestablement gauloise[21]. La source thermale est bien vouée à la déesse Segeta, déesse de la Loire et déesse du peuple ségusiave, probablement également déesse guérisseuse du fait de son association avec les eaux thermales, à ne pas confondre avec la divinité romaine mineure agricole Segetia (ou Segeste)[22]. Le nom de Segeta est à rapprocher du celtique sego- évoquant la « victoire » ou la « force »[23]. Localement, ce toponyme évolue en Seda et Seia qui désignent le bourg au Xe siècle pour aboutir à Sceaux (parfois prononcé « Siaux »[24]) à l'époque contemporaine[25],[26].

Photographie en couleurs d'une plaque de marbre circulaire gravée d'une inscription en latin.
Marbre trouvé sur le site et portant l'inscription à la déesse Segeta.

La plaque circulaire en marbre rose (peut-être en provenance de Châtelperron dans l'Allier) d'un diamètre de 0,64 m et d'une masse de 24,5 kg[27], dont les fragments sont retrouvés sur le site en 1972 et 1973 dans les décombres remplissant le nymphée désaffecté, était sans doute destinée, à l'origine, à un autre usage que celui d'ex-voto[28] ; des encoches suggèrent que cette plaque était scellée dans un mur[R 2]. Datable du IIe siècle[27], elle a pu être reconstituée presque intégralement et porte l'inscription suivante[29] :

AVG•DEAE
SEGETAE
T MARIVS PRISCINVS
V•S•L•M
EFFICIENDVM CVRAVT
MARIA SACRA FIL

L'inscription est ainsi complétée : Aug(ustae) deae Segetae T(itus) Marius Priscinus v(otum) s(olvit) l(ibens) m(erito) efficiendum curav(i)t Maria Sacra fil(ia)[C 2], ce qui peut être traduit par : « À la déesse Segeta, auguste : Titus Marius Priscinus s’est acquitté de son vœu bien volontiers ; sa fille Maria Sacra a pris soin de le faire achever »[D 1]. Cette dédicace « commémore (...) l'acquittement d'un vœu et, peut-être, le dépôt d'une offrande plus importante, dont la nature n'est pas précisée ici »[B 2]. Le donateur porte les trois noms (tria nomina) des citoyens romains, et sa fille porte des noms latins, signe de la romanisation complète de cette famille[30].

D'autres inscriptions dédiées à Segeta ont été trouvées[P 2] à Bussy-Albieux[31], Feurs[32] et à Moingt[33](commune de Montbrison-Moingt dans la Loire), où un ancien site thermal porte le même nom[34] d'Aquae Segetae (noté Aquis Segete sur la table de Peutinger) depuis au moins le IVe siècle[35].

Il semble qu'à Sceaux-du-Gâtinais, ce soit le culte rendu localement à Segeta et à des eaux considérées comme guérisseuses qui conditionne la fondation du sanctuaire, puis l'aménagement des établissements thermaux ainsi que de l'agglomération et des monuments dont elle est parée[B 3].

De la fondation à l'oubli

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Chronologie indicative de l'occupation antique du site d'Aquis Segeste

Période pré-romaine

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Des haches néolithiques et des éclats de silex découverts dans le nymphée parmi d'autres offrandes que les pèlerins y ont déposées dans les premiers siècles de notre ère (des oursins fossiles notamment) indiquent peut-être une présence humaine très précoce, si ces artefacts ont bien été ramassés sur place[P 3]. Le mobilier retrouvé à la faveur de fouilles (tessons de céramique) montre que, sur une partie du site au moins, l'occupation humaine se poursuit à la protohistoire[36].

Un peuplement stable s'établit peut-être à l'époque laténienne avec, déjà, un culte lié à l'eau guérisseuse ; en 1977 Michel Roncin n'exclut pas cette hypothèse même si les profonds bouleversements ultérieurs du site en ont probablement détruits les premiers témoignages architecturaux. Segeta est d'ailleurs une déesse celtique et des pièces de mobilier (fibule, stèle miniature) retrouvées lors des fouilles semblent bien antérieures à l'époque romaine[R 3].

Fondation et essor (phases 1 à 3)

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Le développement de l'agglomération est manifestement lié à la présence antérieure d'un sanctuaire et au pèlerinage qui s'y exerce[P 4], mais son essor véritable se fait sous le règne des Flaviens[T 4] (69 à 96) et notamment de Domitien[R 3], le dernier d'entre eux, qui règne de 81 à 96. Les premiers bâtiments sont construits, et un premier aménagement de la source est réalisé[37].

L'apogée est atteint au IIe siècle[D 2] (modifications monumentales du sanctuaire pourvu d'un portique aménagé en salles et en boutiques, construction du nymphée polylobé, reconstruction des thermes curatifs et refonte du réseau hydraulique[37]) jusqu'à la fin du règne de Marc Aurèle[R 3] ; c'est à cette période que la plaque de dédicace à Segeta a pu être réalisée[27]. L'histoire du site est cependant complexe et semble différente d'un secteur à l'autre. Ainsi, les fouilles de 2023 montrent que des habitations, au nord, sont victimes d'un incendie dans la première moitié du IIe siècle avant d'être reconstruites dans une zone profondément remaniée[38]. Les thermes curatifs et le portique du sanctuaire sont également très affectés par un violent incendie, mais cet événement semble se produire à la fin du IIe ou au début du IIIe siècle[37],[B 4].

Déclin et abandon (phases 4 et 5)

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Après les destructions partielles de la précédente période, les secteurs ou les bâtiments endommagés des secteurs résidentiels sont réaménagés mais sur des bases plus modestes (habitations plus petites et plus simples, îlots laissés à l'abandon), ce qui semble dénoter une moindre fréquentation du site[7],[37]. Le constat semble identique au niveau du sanctuaire : le portique et la galerie, endommagés, sont partiellement reconstruits, de manière moins monumentale, et les salles ou boutiques deviennent des entrepôts[B 5].

La crise du IIIe siècle provoque un nouveau coup d'arrêt, révélé par la relative pauvreté du mobilier archéologique retrouvé sur le site. L'entretien du sanctuaire ne paraît plus être une préoccupation majeure[B 6]. L'époque constantinienne qui suit marque un ultime sursaut dans l'activité d'Aquis Segeste, mais les techniques de construction mises en œuvre montrent un large recours à des matériaux de remploi provenant de bâtiments détruits ou ruinés[R 3].

Au IVe siècle, le sanctuaire est détruit[T 4] ou noyé par une montée des eaux[39] qui peut être partiellement due à un mauvais entretien du réseau d'évacuation, conséquence d'une perte d'intérêt du sanctuaire païen face au christianisme émergeant[R 3]. La ville ne semble cependant pas, dans un premier temps, totalement abandonnée[38], mais c'est chose faite à la fin du siècle[V 3]. Les dernières monnaies déposées à titre d'offrande dans le nymphée datent de la fin du IVe siècle[B 7].

Au Ve ou au VIe siècle, la canalisation alimentant le nymphée est définitivement obturée par des fagots de bois qui y sont déposés[B 8]. Deux cimetières mérovingiens importants sont découverts dans Sceaux-du-Gâtinais et un troisième repéré à environ 2 000 m au nord-ouest du bourg ; ces découvertes montrent que le bourg, où existait déjà une agglomération antique au niveau du franchissement du Fusain par la voie antique[38], a définitivement pris la relève du site du Préau pour ce qui est de l'occupation humaine[P 5],[40].

Carte postale en noir et blanc représentant la façade d'un château.
Château de Courtempierre.

L'origine antique du site du Préau est oubliée[T 4], bien qu'il soit encore mentionné sous le nom d'Aquis Segeste sur la table de Peutinger où il est symbolisé, comme d'autres villes d'eau d'importance majeure, par un bâtiment carré fermé sur un espace central, sans doute un bassin[41],[17]. Ses ruines semblent exploitées pendant longtemps comme carrière : Jean-Baptiste Jollois signale que la récupération de ses pierres se poursuit lorsqu'il rédige son mémoire en 1836[42] ; en 1854, Étienne-Théodore Cosson, souligne qu'« il n'est pas de maison à Sceaux ou dans les environs qui ne possède quelque curiosité venant de cette origine »[43]. L'ancienne église Saint-Saturnin de Sceaux (Xe ou XIe siècle), le pont de Passard sur le Fusain et le mur du parc du château de Courtempierre (XIVe siècle) sont ainsi largement édifiés avec des remplois en provenance de l'agglomération antique[44],[45]. Pour autant, l'absence d'urbanisation ultérieure sur le site garantit une assez bonne conservation de ses vestiges[D 2].

Redécouverte et études

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Premières investigations et tentative d'identification

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Dessin en noir blan d'un plan du XIXe siècle.
Plan d'Aquis Segeste par J.-B. Jollois en 1836 (nord vers le haut).

Le site est redécouvert au début du XIXe siècle par Jean-Baptiste Jollois qui, en tant qu'ingénieur des ponts et chaussées du Loiret, réalise de fréquentes tournées sur le terrain et en profite pour établir un relevé de plusieurs aménagements antiques du département au voisinage des voies qu'il inspecte. Sans y réaliser de véritables fouilles, il trace un plan du site de Sceaux d'après les vestiges encore en élévation, le mobilier visible au sol et les tranchées creusées par les habitants venus récupérer des pierres. Par contre, il l'identifie de façon abusive comme étant Vellaunodunum, un oppidum sénonais mentionné par Jules César dans ses Commentaires sur la guerre des Gaules[46],[N 2].

Entre 1868 et 1874, l'abbé Étienne-Théodore Cosson identifie un théâtre là où Jollois envisageait plutôt un amphithéâtre, suggère la présence de grands « bassins » (en réalité les enceintes du sanctuaire)[R 4] et retrouve le tracé des quelque 25 km de l'aqueduc souterrain qui conduisaient, en direction du nord-est, les eaux de sources situées entre Quiers-sur-Bezonde et Nesploy jusqu'à Aquis Segeste[52],[C 3].

Rapprochement avec la table de Peutinger et fouille du sanctuaire

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En 1917, Jacques Soyer, archiviste du Loiret, ne procède pas à de nouvelles investigations sur le terrain mais identifie les vestiges du site à l'Aquis Segeste de la table de Peutinger[53] en confrontant ce document aux données géographiques, toponymiques et archéologiques dont il dispose. Cette possibilité avait déjà été envisagée en 1894 par Arthur Giry dans son Manuel de diplomatique (etc.)[54].

Des sondages sont réalisés entre 1952 et 1955 par Roland Moufflet sur le plateau à l'ouest et à l'est du sanctuaire mais ces travaux, très mal documentés par un journal de fouilles imprécis (125 feuillets manuscrits sur l'ensemble de la période), sont difficilement exploitables[55],[V 4].

Le seuil de la porte ouest du sanctuaire est fortuitement découvert en 1963 à la faveur d'un défrichement. Les premières fouilles rigoureuses commencent cette année-là et sont l'occasion d'une seconde redécouverte du site[D 3] : Michel Roncin dégage la partie méridionale du sanctuaire de source[R 5]. De 1966 à 1976, les fouilles sont réalisées par une équipe de la Société d'émulation de Montargis dirigée par Michel Roncin et complétée par des bénévoles[R 4]. En 1972-1973 notamment, la découverte dans le nymphée de l'ex-voto citant la déesse Segeta permet de clore le débat quant à l'attribution de ce nom au site, confirmant ainsi l'hypothèse émise par Soyer et écartant définitivement l'hypothèse « Vellaunodunum »[21],[D 1].

Arrêt temporaire et reprise des fouilles

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De 1976 à 1985, le site est inondé et les fouilles en conséquence arrêtées, la sécheresse ayant entraîné la résurgence de la nappe phréatique[D 3]. La commune de Sceaux-du-Gâtinais, le Ministère de la Culture, l'association Segeta créée en 1984 et l'Association pour les fouilles archéologiques nationales (AFAN) s'allient de 1985 à 1988 pour installer une station permanente de pompage qui permet le rabattement de la nappe[D 3] Ces partenaires demandent également la protection du site, qui est partiellement classé monument historique par arrêté du [56] : sur les 25 ha que compte peut-être l'agglomération, seules deux parcelles, soit l'équivalent d'un hectare qui comprend les vestiges visibles, font l'objet de cette protection[57].

Pendant les six années suivantes, l'université d'Orléans devient partenaire du ministère de la Culture, de l'association Segeta et de l'AFAN pour fouiller le site et plus précisément le sanctuaire de source, aboutissant entre autres à la découverte de thermes de cure accolés à la façade sud du sanctuaire[D 4].

Investigations élargies

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Au début des années 1990, les photographies aériennes réalisées par Daniel Jalmain, notamment celles réalisées au milieu des années 1970, permettent de compléter la connaissance du site en révélant de nouvelles structures[V 5]. De 2000 à 2005, le Ministère de la Culture ainsi que l'AFAN et l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), qui succède à la précédente structure, travaillent à la restauration du site et à sa mise en valeur. Des sondages et études géophysiques sont également effectués sur les thermes du sud. Les fouilles à proprement parler sont reprises en 2005[58].

Du milieu des années 2010 à 2023, en préalable à la construction d'un bâtiment devant abriter un musée, le nord du site fait l'objet d'une prospection par radar à pénétration de sol et les résultats obtenus conduisent à la réalisation de fouilles préventives sur une partie de la zone prospectée[7].

Description

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Organisation générale et voirie

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Composants d'une agglomération antique reportés sur un plan moderne en couleurs.
Plan schématique d'Aquis Segeste (2023)[V 6],[B 9],[N 3].

Monuments publics et quartiers résidentiels associés

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Aquis Segeste comprend l'ensemble classique des lieux cultuels et culturels gallo-romains centrés sur une source : un sanctuaire abritant la source sacrée, des thermes et un théâtre[56]. Ce site particulièrement développé inclut aussi des îlots urbains, des ateliers d'artisans, peut-être une nécropole et une aire cultuelle et funéraire. Le tout se déploie sur environ 25 hectares, dont 15 hectares d'espace urbanisé[59].

Commençant à la voie romaine, une voie assimilable à un cardo s'en éloigne à la perpendiculaire vers le nord sur un peu plus de 700 mètres et semble, de manière schématique, organiser l'espace urbain en deux grands secteurs dans une disposition déjà observée pour des agglomérations secondaires liées à un sanctuaire[60].

Sur son flanc oriental se développe, du sud au nord, une enfilade de cours. La première d'entre elles est la plus mal connue. Lui succèdent les neuf hectares de l'enceinte sacrée de 200 m de longueur sur 75 m de largeur, qui abritent les deux établissements thermaux ainsi que d'autres constructions non identifiées. Dans le prolongement de cette enceinte se trouve le sanctuaire de source, de même largeur pour un peu moins de 100 m de long, entouré d'une galerie à péristyle. À son extrémité nord s'élève le fanum[B 1].

Immédiatement dans l'angle nord-est du sanctuaire, le théâtre se place en vis-à-vis du temple[61]. L'association d'un sanctuaire, d'un temple et d'un édifice de spectacles est courante dans le centre-ouest de la Gaule[62]. L'existence d'une nécropole sur le flanc est du vallon, en regard des thermes, est envisagée dans les premières publications du XIXe siècle, mais rien de permet de donner corps à cette hypothèse[V 2],[P 6].

La partie de l'agglomération située à l'ouest de cette voie paraît plus spécialement dévolue aux zones résidentielles, organisées en fonction d'un quadrillage urbain qui inclut une vaste place rectangulaire, fermée par un portique à péristyle[V 2].

Réseau local de voies connecté à des itinéraires régionaux majeurs

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Les investigations les plus récentes (géoradar et fouilles archéologiques) confirment l'existence, dans la partie nord-ouest de l'agglomération à vocation résidentielle, d'un réseau orthogonal de voies délimitant des îlots mesurant 80 × 40 m. Un cardo, bordé d'un portique ou d'un trottoir sur au moins une partie de son tracé, ce qui démontre son importance, dessert l'agglomération du nord au sud ; un decumanus le croise pour se diriger peut-être vers la partie nord du sanctuaire. Ces deux voies font l'objet de réfections multiples et perdurent pendant plusieurs siècles[7],[38].

Les chemins modernes recouvrent probablement certaines des voies de la ville antique[V 2]. C'est ainsi que le chemin de la Ruelle qui, au XXIe siècle, permet l'accès au site et longe le sanctuaire à l'ouest, semble se superposer sur les plans au tracé du cardo antique dans la zone fouillée[38],[12] ; ce segment de la voirie antique est également un point de passage pour les voyageurs circulant d'Augustodunum à Lutèce, raccordant directement le réseau interne des voies d'Aquis Segeste à de grands itinéraires de circulation[12].

Secteurs résidentiels

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Sur le côté occidental du cardo prend place une zone de bâti non identifié. Une voie de passage perpendiculaire à ce cardo, équivalant à une portion de decumanus, la sépare d'une zone de 12 hectares aménagée à la manière romaine et densément occupée : des îlots résidentiels, coupés de rues à angle droit, s'organisent autour d'une place rectangulaire de 50 m de large sur 100 m de long environ[59] entourée par une galerie péristyle.

Image externe
Caves d'habitations sur archeoenv.hypotheses.org

Dans le secteur nord-occidental de l'agglomération, les structures bâties s'organisent presque toutes selon le plan orthogonal général de la ville, nord-sud et est-ouest. Elles correspondent très certainement à des habitations avec des caves en sous-sol[63] ; elles comportent souvent un bâtiment avec façade sur rue et un terrain nu à l'arrière[38]. Certaines d'entre elles, en maçonnerie de pierre, voient leurs murs décorés et peints ; elles font l'objet de plusieurs réaménagements jusqu'au IIIe siècle. La pierre n'est cependant pas le seul matériau utilisé : le recours au torchis témoigne d'une « mixité des modes de construction »[7]. L'abandon des habitations est suivi de la récupération très large mais sélective de leurs matériaux, et ce jusqu'à une époque récente, les indices archéologiques confirmant ainsi le témoignage de Jollois en 1836[64]. Les vestiges sont presque affleurants[36].

Sanctuaire de source

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Image externe
Partie méridionale du sanctuaire de source sur AdlFi.

La technique de construction semble être commune à toutes les composantes du sanctuaire. Les parements des murs sont en petit appareil de calcaire local avec un recours fréquent aux terres cuites architecturales en lits simples ou multiples enserrant un noyau en opus caementicium. Les sols sont composés de dalles de calcaire ou de terre cuite, ou encore de béton. Le décor est assuré par des marbres, des mosaïques blanches et noires — aucun élément n'est retrouvé en place — et des enduits de couleurs dont les dessins (peut-être des motifs végétaux et des liserés en bord de panneaux) sont difficilement identifiables. Des colonnes cannelées supportent des chapiteaux d'ordre corinthien ou composite, le tout en calcaire blanc, plus rarement en marbre. Les toitures sont en tuiles sur des charpentes de bois[R 6],[C 2], matériau qui sert également au chaînage des murs[65].

Enceinte et aménagements

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Le sanctuaire de source est clos par un péribole qui délimite une grande cour ouverte de 75 m de large sur 100 m de long, entourée d'un portique à colonnade et chapiteaux d'ordre corinthien ou composite formant galerie ; de place en place, des dalles de sol perforées indiquent l'emplacement des colonnes[D 2]. La façade méridionale, monumentale, est pourvue d'avancées vers l'extérieur à chacune de ses extrémités[P 3]. Elle comporte deux portes d'accès dont les seuils, larges de 5 m chacun, sont toujours en place. Ces entrées devaient être fermées par des portes de bois à deux battants dont les fixations sont visibles dans les dalles des seuils[R 7]. Cette façade est encore pourvue d'un arc de décharge aveugle alternant pierre et briques. Les galeries sont bordées extérieurement par une canalisation et intérieurement par un caniveau couvert de dalles destiné à drainer les eaux de pluie. Il est possible que l'ensemble de la cour ait reçu un dallage, presque intégralement récupéré sauf au niveau de la galerie méridionale[C 3], à moins d'un revêtement en calcaire damé[B 10].

Les murs est et ouest en retour, larges de 0,75 m, ont été partiellement mis au jour. Ces deux ailes, organisées en galeries, sont aménagées en pièces de dimensions régulières (8 × 5,50 m) avec parfois des murs de refend et dont certaines conservent un sol bétonné[R 7]. Leur usage est encore mal déterminé, mais elles abritent probablement des activités liées aux besoins des pèlerins : échoppes d'artisans, salles de soins ; sur le côté ouest, l'une d'elles semble avoir été occupée par un tabletier fabriquant des ex-voto, une autre par un artisan travaillant l'os[R 8] (présence d'aiguilles à coudre[66]), une troisième par une activité de soins[67](guérisseur ophtalmologiste travaillant sur la cataracte ?). Dans l'une d'elles, on a retrouvé un grand nombre de coquilles d'huîtres (commerce alimentaire[67] ou travail de la nacre). Une salle est pourvue d'un foyer en son centre. Pour l'une des deux boutiques attenantes à celle de l'oculiste, d'autres sources suggèrent des activités de bronzier[C 4] bien que cette interprétation soit discutée[V 7]. Enfin, la présence d'os d'animaux de boucherie et de volailles évoque une activité liée aux métiers de bouche[C 5].

Plan en couleurs d'un bassin en forme de trèfle.
Plan du nymphée.

La source sacrée se situe sans doute au milieu du sanctuaire[68]. Son eau est canalisée jusqu'au nymphée situé à une trentaine de mètres plus au sud, au contact de la galerie méridionale, puis, traversant l'enceinte sud du sanctuaire, elle alimente les thermes curatifs situés de l'autre côté du péribole[69] avant de rejoindre sans doute le Fusain après avoir recueilli les eaux de pluie de la galerie de l'enceinte sacrée. L'eau captée est ferrugineuse comme en témoignent les dépôts d'oxyde de fer sur les pierres voisines de la source au XIXe siècle[T 4],[4], mais des analyses modernes n'ont révélé aucune propriété particulière[70].

Un premier aménagement est réalisé, sans doute dans la seconde moité du Ier siècle sous la forme d'un bassin rectangulaire (2,50 × 1,20 m) alimenté par une canalisation en bois et intégré à une structure maçonnée plus grande[B 11]. Au IIe siècle, au même emplacement, c'est un nymphée monumental qui est construit, mesurant 7,80 × 8,90 m[C 3]. Il est fouillé en 1973, et c'est alors le premier nymphée polylobé antique connu en France[58]. Il affecte en effet la forme d'une construction de base rectangulaire, pourvue à l'ouest d'une vaste abside et de deux lobes plus petits sur ses côtés nord et sud. Un seuil dallé s'ouvre à l'ouest. Ses parois sont construites en appareil maçonné, mais son fond, creusé dans le substrat rocheux, est recouvert d'une couche d'argile damée[71]. Les murs qui le constituent ne semblent être surmontés d'aucune autre structure pouvant, par exemple, évoquer une colonnade supportant un toit[B 11].

Dans le bassin et ses alentours, des offrandes votives et des ex-voto sont déposés par les pèlerins, sans doute sur une période assez longue[70]. La nature de beaucoup des objets retrouvés suggère des demandes à la divinité concernant la fertilité, des problèmes de stérilité, ou postnataux[72] (risus ou petit buste d'enfant rieur, divinité féminine sortant de l'eau)[C 6]. Toutefois, une offrande peut aussi bien être une prière à la déesse que l'expression de la gratitude pour ses bienfaits, ou un objet en métal évoquant la partie du corps à faire soigner (ex-voto oculaire ou génital)[D 6],[73].

Monuments publics

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Thermes et réseau hydraulique

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L'enceinte sacrée, accolée au sud du sanctuaire de source, inclut deux complexes thermaux.

L'un de ces établissements, à caractère thérapeutique, est situé tout contre la façade méridionale du sanctuaire. Il est alimenté par un canal en provenance directe du nymphée. Dans le troisième quart du Ier siècle, il connaît un premier état caractérisé par un bassin d'eau froide alimenté par des canalisations en bois ; en tenant compte d'autres structures pressenties mais non identifiées, sa superficie totale peut approcher les 300 m2[B 12]. À la faveur de la réorganisation architecturale qui intéresse ce secteur dans la première moitié du IIe siècle, les thermes sont réaménagés et agrandis avec la construction du caldarium et de son hypocauste, du couloir le desservant et du frigidarium attenant. D'autres salles existent, mais elles sont peu ou pas fouillées : ni leur fonction, ni leurs caractéristiques ne sont connues. À la fin du même siècle ou au début du suivant, l'incendie de la partie sud du portique du sanctuaire entraîne l'abandon des thermes[37]. Les fouilles y ont mis au jour des ex-voto déposés par les pèlerins comme dans le nymphée, puisque l'eau y est également sacrée[69] : cet établissement thermal, que les pèlerins fréquentent dans un objectif de cure, est étroitement lié au nymphée[B 13].

L'autre établissement de bains, plus grand, est situé à 300 m au sud du premier mais toujours dans l'enceinte sacrée ; il est destiné au public[D 5] et semble bénéficier d'une alimentation en eau indépendante des premiers thermes. Après les observations du XIXe siècle puis des prospections de surface plus récentes, quelques sondages y sont réalisés en 2005[74]. La nature thermale du complexe, attestée par la découverte de vestiges de salles chauffées, de fragments de mosaïques et de tubulures, ne fait pas de doute[B 14].

Un aqueduc de près de 25 km de long amenait jusqu'aux thermes publics l'eau de sources situées sur les bords de la Bezonde, entre Nesploy et Quiers-sur-Bezonde, en abordant peut-être le site par le nord après l'avoir contourné par l'est[52],[C 3], mais la dernière partie de son parcours n'a pas été reconnue. Les secteurs résidentiels situés sur le plateau, à l'ouest du sanctuaire, semblent être alimentés par un réseau spécifique[V 2] et un aqueduc décrit par Étienne-Théodore Cosson[75].

Les eaux de pluie et les eaux usées de la galerie et du sanctuaire rejoignent un collecteur, qui les rejette sans doute dans le Fusain, au sud du site[V 2].

Édifices de spectacles

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Photographe en couleurs d'un terrain sur lequel est reporté l'emplacement d'un théâtre antique en forme de demi-cercle.
Emprise approximative du théâtre.

Le théâtre (48° 07′ 00,4″ N, 2° 37′ 23,61″ E) adossé au coteau et tourné vers l'ouest, mesure de 104 à 115 m de diamètre[N 4] ; il peut accueillir de 13 000 à 15 000 spectateurs[9],[79],[80]. Même si aucun vestige n'est visible en élévation, l'arc de cercle de sa cavea est discernable sur les photos aériennes. À terre, il est signalé par des débris de matériaux de construction[T 5].

Le mur périmétral est scandé extérieurement de contreforts. Intérieurement, il est doublé par un autre mur, l'ensemble supportant peut-être un portique au niveau supérieur, ce que semble attester la découverte de fragments de tuiles et de morceaux de bois carbonisés. Quatre vomitoires desservent la cavea, par ailleurs séparée en deux séries de gradins, hauts et bas, par un mur semi-circulaire. Un autre mur sépare la cavea de l'orchestra ; il est percé, en son milieu, d'une petite ouverture permettant d'accéder à une petite pièce carrée située sous les gradins, qu'Albert Grenier interprète comme un tombeau[9]. Le mur de scène est localisé[C 4]. Si les équipements de scène ne sont pas d'une hauteur trop importante, les spectateurs assis sur les gradins conservent, pendant les spectacles, une vue sur le temple vers lequel le théâtre semble tourné[B 15] ; ce lien entre édifice de spectacles et monuments cultuels est fortement pressenti, entre autres, à Neung-sur-Beuvron (Loir-et-Cher)[81] et à Sanxay (Vienne), où une disposition identique est observée[82]. Cette orientation vers l'ouest n'est cependant pas celle préconisée par Vitruve pour la construction des théâtres car elle expose les spectateurs au soleil lors des manifestations aux heures les plus chaudes de la journée et entraîne leur éblouissement[83].

Au sud-ouest du sanctuaire, en limite ou en-dehors de la zone urbanisée, une anomalie de terrain suggère la présence d'un amphithéâtre mais, en l'absence de fouilles ou de prospections dans ce secteur, l'hypothèse ne peut pas être vérifiée[V 2].

Les prospections réalisées par radar à pénétration de sol dans la partie septentrionale du site en 2023 mettent en évidence l'existence d'au moins deux temples successifs, dont les vestiges sont enfouis à très faible profondeur. Les prospections aériennes de Daniel Jalmain avaient déjà identifié l'un de ces monuments[84].

L'un d'entre eux, mieux caractérisé, est de type fanum. Il est situé au milieu du mur nord de l'enceinte sacrée, qui dessine de part et d'autre deux exèdres en quart de cercle. Il se trouve sensiblement à la rencontre de l'axe nord-sud du sanctuaire et de l'axe est-ouest du théâtre. Peut-être construit avant les aménagements monumentaux du sanctuaire qu'il domine de quelques mètres[85], il est bâti sur un plan carré et entouré d'une galerie ; l'ensemble, pour autant que les photos aériennes et la prospection géophysique permettent de le savoir, pourrait avoir une vingtaine de mètres de côté[B 16]. La partie centrale d'un fanum, la cella, abrite habituellement la statue de la divinité honorée. Ici, en l'absence de fouilles, cette divinité n'est pas connue, et les caractéristiques précises du temple restent à déterminer. Un demi-buste d'Apollon (dont la médecine est une des nombreuses attributions) ou de Mercure a cependant été trouvé près du nymphée[86]. La médecine est l'une des nombreuses attributions d'Apollon qui, par ailleurs, est souvent associé à des sanctuaires des eaux ou, plus généralement, des fontaines[87] ; a contrario, l'identification à Mercure pourrait être corroborée par la présence à proximité d'un coq en bronze, animal lié à ce dieu[P 7]. La découverte de ce buste, au-delà de son imprécision, n'apporte toutefois pas de réponse décisive, les bâtiments d'un sanctuaire n'étant pas obligatoirement en lien direct avec les temples, et les divinités tutélaires pouvant être différentes d'un édifice à l'autre[88].

En 1993, étudiant les photographies aériennes, Jocelyne Vilpoux pressent la présence de deux autres fanums à l'extrême nord du site antique, mais leur présence n'est pas confirmée[V 6].

Mobilier archéologique et économie

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Photo en couleurs d'un bol en céramique richement décoré.
Bol Drag. 37 (céramique sigillée de Lezoux), type retrouvé à Aquis Segeste.
Dessin et noir et blanc d'une statuette féminine.
Vénus anadyomène (Aquis Segeste).
Photographie en couleurs d'une monnaie antique.
Monnaie de Tetricus Ier (origine non précisée).

L'étude de la nature et de l'origine du mobilier archéologique d'un site archéologique est généralement un bon outil pour évaluer l'importance de son activité économique et de ses échanges commerciaux, proches ou plus lointains. À Aquis Segeste, cependant, une partie du mobilier retrouvé lors de prospections pédestres, sondages ou fouilles, est difficile à exploiter, surtout pour les plus anciennes trouvailles. Le contexte archéologique de leur découverte n'est parfois pas renseigné, pas plus que leur localisation précise : des monnaies et des poteries sont ainsi régulièrement récupérées au XIXe siècle par des enfants dans les champs labourés[43].

Parmi les dizaines de statuettes en terre cuite blanche de l'Allier[89], plusieurs sont des figurations de Vénus anadyomène[R 9]. La partie supérieure d'une stèle miniature en calcaire, de facture grossière, représente un visage masculin surmonté d'un « toit » à deux pentes et pourrait être d'époque laténienne[R 10]. Les statuettes en bronze, probablement des offrandes pour la plupart, représentent essentiellement des animaux, entiers ou non, parfois de très petite taille (chèvre de 1,5 cm de long)[R 8].

La céramique commune, quand elle est d'origine locale, reproduit parfois des types connus par ailleurs. La céramique sigillée provient majoritairement d'ateliers du sud de la Gaule au Ier siècle puis est fabriquée en grande partie à Lezoux un siècle plus tard[R 11]. Au Bas-Empire apparaissent des productions des ateliers de l'Argonne ou de Jaulges-Villiers-Vineux[V 3].

Des tesselles éparses, petits carreaux constitutifs d'une mosaïque blanche (calcaire) et noire (schiste d'Autun) de la fin du IIIe ou du début du IVe siècle, sont retrouvées sur le site[P 8].

Image externe
Tête de bélier et statuette de chèvre en bronze sur le site de la CC4V.

Les pièces de monnaie dont l'origine peut être déterminée sont principalement des offrandes jetées dans le nymphée. Elles proviennent d'ateliers très variés de Gaule (Arles, Lyon), de Germanie (Trèves), d'Italie (Rome) de Pannonie (Sisak) et peut-être de Grèce (Thessalonique). Leurs périodes d'émission vont de l'ère augustéenne à la fin du IVe siècle. Le IIIe siècle, par contre, n'est représenté que par des monnaies à l'effigie des usurpateurs gaulois du troisième quart du siècle[R 12], dont Tetricus Ier[C 7]. Les poids de ces pièces vont de 1,5 g (minimi) à 24 g (sesterces)[R 12].

Le verre se présente sous plusieurs formes : verre à vitre, contenants (vases ou bouteilles) et bijoux (bracelet, perles)[C 5],[B 15].

Mise en valeur

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Animé par l'association Segeta, le site est ouvert sur demande pour l'organisation de visites ou d'ateliers pédagogiques[90] ainsi que lors d'événements tels que les Journées européennes de l'archéologie ou les Journées européennes du patrimoine[91].

Le , la première pierre d'un musée dédié au site, situé en bordure nord-ouest de ce dernier et qui doit ouvrir en 2027, est posée[92]. Ce musée doit, entre autres, réunir les principales collections du mobilier archéologique retrouvé à Sceaux, et jusqu'alors dispersées dans plusieurs sites d'exposition ou de conservation du département. La construction du musée doit s'accompagner de la mise en place sur le site d'un parcours paysager permettant de visualiser l'emplacement des monuments encore enfouis[D 7].

Notes et références

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  1. Cette voie emprunte l'itinéraire suivant : Sens, Les Masures (Villeroy), Saint-Valérien, Montacher-Villegardin, Villegardin, Mardeleuse, Jouy, Les Bordes, Bouttecourt puis le Petit-Bouttecourt (Égreville), Bransles, Dordives, Le Pont-de-Dordives (Château-Landon), Sceaux-du-Gâtinais, Batilly-en-Gâtinais, Nancray-sur-Rimarde, traversée de la forêt d'Orléans via Ingrannes (peut-être Fines sur la table de Peutinger[10]), Orléans[11].
  2. La localisation de Vellaunodunum demeure d'ailleurs discutée : sur la base de la table de Peutinger et du nombre d'artéfacts trouvés par ailleurs, certains auteurs ont situé la ville sur le territoire de la commune de Montbouy, la confondant ainsi avec le complexe de sanctuaire de source, temple, fanum et thermes de Craon jouxtant l'amphithéâtre de Chenevières[47] ; d'autres hypothèses sont évoquées dans le Loiret : Triguères[48],[49], Beaune-la-Rolande, Girolles (hameau de Villon) ou Montargis[50] ; Château-Landon, en Seine-et-Marne, est une autre possibilité[51].
  3. Les plans du site archéologique sont actualisés au fil de l'évolution des connaissances, grâce aux fouilles et investigations successives[D 5].
  4. À titre de comparaison, le théâtre de Mandeure, le plus vaste connu en Gaule, mesure 150 m de diamètre[76], celui d'Arles 102 m[77] mais celui d'Alba-la-Romaine seulement 72 m dans son dernier état[78].

Références

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  • Autres références :
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Bibliographie

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Publications spécifiquement consacrées au site d'Aquis Segeste

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Autres publications

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Articles connexes

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Liens externes

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