Vieux-la-Romaine
| Aregenua | ||
La Tutela de Vieux. | ||
| Localisation | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Haut-Empire : Gaule lyonnaise, Bas-Empire : Lyonnaise seconde |
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| Région | Normandie | |
| Département | Calvados | |
| Commune | Vieux | |
| Type | chef-lieu de Civitas | |
| Protection | ||
| Coordonnées | 49° 06′ 15″ nord, 0° 25′ 53″ ouest | |
| Histoire | ||
| Époque | Antiquité (Empire romain) | |
| Géolocalisation sur la carte : Rome antique
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| Internet | ||
| Site web | www.vieuxlaromaine.fr | |
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Vieux-la-Romaine est un site archéologique, correspondant à la ville gallo-romaine d'Aregenua et situé sur le territoire de la commune de Vieux (Calvados), à une quinzaine de kilomètres au sud de Caen.
La ville antique fut prospère sous l’Empire romain. Chef-lieu de la cité des Viducasses, Aregenua (nom qui signifiait en gaulois « au-dessus de l’embouchure », en l’occurrence de la Guigne, ruisseau qui se jette dans l’Orne) possédait les monuments et bâtiments qui identifient une capitale gallo-romaine de civitas.
La cité subit une décadence à partir du IIIe siècle mais n'est jamais totalement abandonnée.
Le site est fouillé à partir de l'époque de Louis XIV mais surtout à partir du XIXe siècle. Les fouilles anciennes permettent la découverte de grands thermes et d'un théâtre gallo-romain mais ces vestiges sont ensevelis après les travaux de recherches. Les fouilles scientifiques sont surtout l'apanage des XXe et XXIe siècle qui permettent de mettre au jour des éléments qui restent visitables : la remarquable maison au grand péristyle, aux découvertes si riches qu'est décidée la construction du musée archéologique de Vieux-la-Romaine, la demeure plus modeste appelée maison à la cour en U. Les dernières fouilles, concernant une partie du forum de la ville, ont lieu dans la décennie des années 2010.
Comme l'écrit dès 1977 Dominique Bertin, « nous avons à Vieux la chance presque unique d'appréhender la réalité d'une petite cité gallo-romaine du nord-ouest de la Gaule ».
Localisation
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La commune actuelle de Vieux est localisée à 11 km au sud-ouest de Caen[B 1]. Le toponyme du nom latin est lié au gaulois « are » (devant) et Genua, nom de la rivière qui coule là ou alors lié au mot désignant une embouchure[B 1].
Aregenua se trouve à un carrefour de voies antiques : le Chemin Haussé, identifié à l'une des voies figurant sur la table de Peutinger, reliait Bretteville-l'Orgueilleuse à Jort[1]. Cet itinéraire fut utilisé durant tout le Moyen Âge d'où l'appellation de « Chemin du Duc Guillaume » sur certains cadastres[2].
Les axes de communication filaient vers le Cotentin, vers Jublains et les pays de la Loire, vers Lisieux et vers Rouen. Une voie allait vers la mer[A 2]. Certaines de ces voies formaient le cardo et le decumanus de la cité. Ils n’étaient toutefois pas aussi rectilignes qu’on se l’imagine habituellement.
La ville s'installe sur le versant nord de la Guigne, exposée au sud et non inondable[A 3].
La ville peut compter sur des ressources géologiques : grès, schistes, et surtout marbre de Vieux, un calcaire. Le limon sert également aux bâtiments en torchis[A 4],[B 2].
Histoire
[modifier | modifier le code]Histoire ancienne et médiévale
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Naissance d'une ville gallo-romaine
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Créée au Ier siècle apr. J.-C., Aregenua est le chef-lieu des Viducasses, un des peuples de la Gaule lyonnaise[B 1]. Le territoire des Viducasses est estimé à 2 300 km2. La cité apparaît comme une ville-étape sur la carte de Peutinger datée du IIIe et IVe siècles[A 5]. Son âge d’or se situe aux IIe et IIIe siècles, la romanisation étant achevée dans ce dernier siècle[B 3].
Le territoire des Viducasses bénéficie d'une façade maritime et d'un fleuve, l'Orne, même si les limites sont imprécises : la Seulles à l'ouest, la Dives à l'est, et au sud un paysage de forêt et de collines[B 3]. Les avantages de l'installation humaine sont nombreux, avec « une belle situation (...), une bonne exposition, du gibier en abondance (...), du poisson (...), une plaine très propice à la culture de l'orge et du blé »[B 2]. Avec un territoire varié, les Viducasses étaient ouverts sur l'extérieur avec sa façade ouverte sur la Manche et le réseau viaire qui la reliait surtout à des voies secondaires et peu a avec le reste du monde romain tel Lugdunum, la cité est donc « un peu marginale »[B 3].
Le peuple est mentionné dans l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien[A 5]. La cité d'Aregenua est mentionnée par Ptolémée dans la Géographie[A 5]. Le peuple des Viducasses appartient avant la conquête de la Gaule par César à la « communauté armoricaine », tournée vers la mer. Le site n'est qu'un vicus[B 4]. L'occupation du site à l'époque gauloise n'est pas prouvée[B 5].
La ville se développe sous les règnes de Tibère et Claude et l'apogée datable des IIe siècle-IIIe siècle[B 5].
Le noyau de la ville se situe entre la Guigne et le chemin Haussé[A 2].
On sait grâce aux inscriptions sur le piédestal de statue trouvé sur place (marbre de Thorigny) que la cité avait un statut privilégié du point de vue fiscal, et que ses magistrats étaient de droit citoyens romains. On y apprend la carrière d'un de ses citoyens gallo-romains jusqu'au conseil des Gaules, et la date de construction des thermes entre 220 et 238.
Dominique Bertin estime la population à 2 000 ou 3 000 habitants en 1977[B 6].
Le déclin de la cité au Bas-Empire
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Très touchée par les premières invasions barbares à la fin du IIIe siècle en 275[B 3], Aregenua ne s’entoure pas pour autant d’une enceinte même s'il y a une occupation au IVe siècle dans un site non totalement reconstruit[B 7]. La ville s'appelle Civitas Viducassium aux IIIe siècle et IVe siècle[C 1].
Au temps de la christianisation, elle ne devient pas siège d’évêché à la différence de la plupart des autres cités de la future Normandie. Autant de signes ou de causes qui annoncent un déclin de la capitale des Viducasses.
Aregenua n’est toutefois pas abandonnée au Bas-Empire : les archéologues ont constaté de nouvelles constructions de maisons, des restaurations et ont retrouvé des pièces de monnaie et des produits artisanaux, indices du maintien d’un commerce à longue distance. Cependant, il est clair que la ville d'Augustodurum (Bayeux), défendue par un castrum, prend le pas sur Aregenua.
Abandon du site au Haut Moyen Âge
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Au Haut Moyen Âge, les habitants s’installent un peu plus au nord (hameau Saint-Martin) et secteur de l'église Notre-Dame[A 6]. Ils utilisent les ruines gallo-romaines comme carrière pour construire leurs habitations (exemple : maison des Gaudines). Quatre nécropoles sont identifiées, des sarcophages construits dans une colonne ont été trouvés. Les constructions sont surtout en bois et l'activité agricole[A 6].
Aregenua n’est plus qu’un simple vicus. C’est la seule capitale de cité de Normandie, avec Lillebonne, qui ne soit pas devenue une ville au Moyen Âge.
Les sources manquent à partir du Ve siècle mais la ville continue d'être un centre de peuplement pendant l'époque mérovingienne ou carolingienne[A 6]. Au XIe siècle le site n'est plus qu'« un simple village »[A 6]. La ville principale devient Caen[B 8].
Histoire des recherches et protection
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Les fouilles archéologiques ont permis d’esquisser une image d'Aregenua d’autant plus facilement qu’aucune ville moderne n'a recouvert les vestiges gallo-romains. Ce type de condition est assez exceptionnel pour une ancienne capitale de cité (cas de Jublains aussi). Les premières fouilles ont commencé sur le site en 1697, 45 ans avant celles de Pompéi.
Le marbre de Thorigny a longtemps été considéré comme retrouvé en 1580 et permet de localiser la cité[B 3].
L'intendant de la généralité de Caen, Nicolas-Joseph Foucault débute les travaux sur le site en 1697, épaulé en cela par Antoine Galland. Les fouilles du « Champ des Crêtes » débutent en 1703 et se poursuivent pendant deux ans. Les fouilleurs dégagent alors un complexe thermal et de nombreuses « médailles antiques ». Les fouilles permettent de découvrir une statue de Mercure[B 2]. Les manuscrits des travaux réalisés alors sont désormais à peu près perdus et le site est remblayé par les agriculteurs afin de remettre en culture les sols dès 1706[A 7]. Des sarcophages sont trouvés par la suite dans plusieurs secteurs, la delle Saint-Martin, la Delle Saint-germain et le cimetière de l'église Notre-Dame[B 2]. Des sarcophages découverts au milieu du XVIIIe siècle sont utilisés par l'agriculteur pour paver sa salle. En 1793 un monument public, une mosaïque, des inscriptions et un aqueduc sont mis au jour mais détruits[B 9].
Les travaux sur le site reprennent au XIXe siècle sous l'impulsion de la société des antiquaires de Normandie fondée par Arcisse de Caumont en 1824. Arcisse de Caumont et Antoine Charma fouillent le forum en 1840 et 1859 puis le théâtre entre 1852 et 1854[A 8]. Arcisse de Caumont fouille les thermes du Champ des Crêtes en 1839-1841 et Antoine Charma fouille un autre complexe thermal en 1859-1864[B 9].
Charles Gervais publie en 1864 le catalogue du musée des antiquaires de Normandie qui abrite de nombreuses découvertes faites sur le site[A 9]. Avec la bataille de Caen la collection est perdue pour partie, certains objets conservés intègrent en 1983 le musée de Normandie puis le musée archéologique de Vieux-la-Romaine[A 9]. En 1873 des sculptures et deux bas-reliefs sont découverts à l'occasion de travaux dans le chœur de l'église[B 6].
L'ensemble des vestiges archéologiques retrouvés dans le Bas de Vieux sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du [3]. Les vestiges contenus au lieu-dit du Jardin Poulain sont classés au titre des monuments historiques par arrêté du , alors que ceux retrouvés au lieu-dit de l'école sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du [4].
Les fouilles du XXe siècle se déroulent selon les travaux dans la commune. Le département du Calvados, qui crée son service d'archéologie en 1982, achète des terrains. Des fouilles programmées sont réalisées et aboutissent à la création du musée en 2002. Des fouilles sont réalisées dans le théâtre et sur le forum. Des recherches géophysiques ont lieu à partir du milieu des années 2010[A 10].
Reconstitution archéologique de la ville
[modifier | modifier le code]Plan de la ville et infrastructures
[modifier | modifier le code]Plan général
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Le plan de la ville est défini selon les points cardinaux et un plan en damier, le cardo et le decumanus dessine des insulae[A 2].
Infrastructures et modes de construction
[modifier | modifier le code]Les rues sont construites au moyen de cailloux divers avec de la terre et des éléments de calcaire, et bombées pour permettre l'évacuation de l'eau. Des blocs de marbre de Vieux permettent aux piétons de traverser. Dans certains endroits il y avait des trottoirs voire des portiques[A 11].

Les besoins en eau étaient couverts par des puits parfois bâtis dans les maisons, mais surtout par des aqueducs. Certains aqueducs souterrains viennent du nord de la ville et sont localisés à une profondeur de 5 m mais ils sont globalement « mal connus ». L'aqueduc dit de Saint-Martin est situé à quelques centimètres sous le sol. Les historiens n'ont pu définir si les installations étaient en service de façon simultanée avec un accroissement des équipements du fait d'une augmentation des besoins[A 12].
Le réseau de canalisation est constitué de tuyaux maçonnés, de conduits en bois ou en plomb. Quelques rares demeures privées étaient reliées au réseau. La population dans sa majorité pouvait récupérer de l'eau dans des fontaines publiques. L'eau était en grande partie destinée aux thermes de la ville[A 13].
La ville était pourvue d'un réseau d'égoûts destinés aux eaux usées qui étaient envoyées dans la Guigne[A 13].
La construction de terre et de bois est beaucoup utilisée au début de l'histoire de la ville, pour l'habitat les boutiques ou ateliers. Les murs de torchis étaient posés sur des solins de pierre. Il pouvait y avoir un enduit de finition de chaux. Les maisons avaient des sols de terre battue ou en cailloux. Les toits étaient en chaume ou en tuiles romaines[A 14].
La ville se développe dans la seconde moitié du Ier siècle et au IIe siècle, avec nouvelles rues et constructions en maçonnerie, d'abord appliquée aux monuments publics mais ensuite aux constructions des personnalités les plus riches. Les demeures aisées sont alors pourvues d'éléments de décor luxueux, fresques, mosaïques, colonnes. Le mode de construction en bois et terre reste utilisé[A 15].
Édifices politiques
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Le forum d'une ville romaine était très important, cumulant des rôles administratifs, judiciaires,commerciaux et religieux au sein d'un complexe monumental[A 16].
Le forum de Vieux est fouillé par deux fois au XIXe siècle mais identifié formellement par les recherches réalisées au début du XXIe siècle, tant des fouilles que des prospections géophysiques réalisées entre 2005 et 2016[A 16].
Le forum se développe au IIe siècle sur 5 200 m2 avec une vaste place de 1 300 m2. Un bâtiment occupant un côté rassemble les rôles politiques et administratifs, et au milieu se trouvait la curie, lieu de réunion des décurions. La salle de 150 m2 comprenait un hémicycle et face à cet hémicycle se trouvait un podium. La salle était pourvue d'un décor de placage de marbre et de calcaire. Il y avait en outre un décor en opus sectile de marbre parfois d'origine lointaine, ainsi que des panneaux de fresque et également des statues dans trois niches[A 17]. L'accès se faisait par un vestibule[A 18].
Un portique avec colonnade bordait le bâtiment. Il y avait une fresque avec un trompe l’œil de marbre[A 19].
- Une basilique civile et un bâtiment abritant la curie.
À partir de plans dressés par la société des antiquaires de Normandie, de récentes prospections aérienne et géophysique ont permis de confirmer, au lieudit « le Champ des Crêtes », la présence du forum de la ville et de différents édifices publics, thermes, mais aussi curie et probablement basilique civile. Une nouvelle campagne de fouilles a débuté en 2007, qui devrait se poursuivre dans les années à venir[Quand ?] pour dégager ces édifices publics encore mal connus de la cité d'Aregenua.
Édifices de loisirs et spectacles
[modifier | modifier le code]Théâtre
[modifier | modifier le code]Le théâtre est localisé au nord-est du site archéologique[B 9].
Un théâtre romain, d’une taille moyenne (80 mètres de diamètre environ) et l'arène est de 35 mètres à 30 mètres de diamètre. L'édifice comportait scène, orchestre et gradins et avait sa structure bâtie en bois[B 10]. Le théâtre avait une capacité d'accueil de 3 500 places[B 6].
, transformé apparemment en amphithéâtre au IIe siècle. C'est un édifice mixte[B 9].
édifices thermaux
[modifier | modifier le code]Les fouilles des édifices thermaux sont anciens, datables du XVIIIe siècle et XIXe siècle[B 9]. Les édifices étaient tous deux pourvus de piscines, hypocaustes et palestres, mais le premier complexe comportait un décor plus riche avec des corniches de marbre blanc et du décor en marbre rose[B 9].
- des thermes romains publics. On connaît leurs deux fondateurs, deux notables de la ville : Solemninus et son fils Titus Sennius Sollemnis.
Les thermes sud sont construits par le père de Titus Sennius Sollemnis[A 20]. Les thermes dégagés par les fouilles de Foucault font l'objet d'un dessin envoyé à l'Académie des inscriptions et belles lettres et reproduit en 1860 par Arcisse de Caumont[B 2].
Habitat
[modifier | modifier le code]Les fouilles récentes ont livré des constructions représentatives d'une part de l'habitat modeste et une construction d'une grande maison urbaine. Ces deux bâtisses sont mises en valeur et visitables sur le site archéologique.
Maison à la cour en U
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Les flèches rouges figurent les sens de circulation entre les pièces.
La maison à la cour en U, de 110 m2, a été dégagée dans le quartier nord de la ville : l'édifice était construit en bois et torchis, et d'une couverture de tuiles. Ce type de construction est « représentative de l'habitat ordinaire et modeste viducasse »[A 21].
La façade est pourvue d'une galerie de façade avec des poteaux de bois. Un vestibule desservait cinq pièces avec des sols en béton. Un étage est possible. Une cour en U pavée de schiste et marbre de Vieux est située à l'arrière de la bâtisse, ainsi qu'une zone de stockage[A 22].
La construction est datable de la seconde moitié du IIe siècle et est abandonnée à la fin du IIIe siècle, comme tout ce secteur de la ville[A 23].
Domus du « Bas de Vieux » : la Maison au grand péristyle
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Une domus, exceptionnelle par son décor. Appelée « maison au grand péristyle », elle fut fouillée en 1988-1991 par Pascal Vipard. Son plan qui s’étend sur 1 250-1 500 m2 (ou 1 420 m2 au sol[A 24]) s’organise autour d’une cour centrale ornée d’un bassin (impluvium) et entourée d’un péristyle. Une galerie de façade était pourvue d'une colonnade. Une partie de l'étage était construite en encorbellement[A 24].

Deux ailes portaient un étage[A 24].
La maison peut être qualifiée d'aristocratique par la richesse du décor, le propriétaire était « un richissime et éminent personnage »[A 24]. Le confort était maximum , eau courante, bassins, égoûts, système de chauffage par hypocauste dans plusieurs pièces, par le sol et par les murs, vitres...[A 25].
Les décors sont riches. La salle d’apparat, la cour et le jardin étaient décorés : fresque d’Achille et Téthys, sculptures bacchiques, colonnes ciselées de motifs végétaux, piliers ornés de bas-reliefs, mosaïques. Une statue dite tutela[A 26]… La domus conserve aussi une partie de son dallage d’origine en calcaire. Autour du jardin la galerie de colonne pouvait accueillir des panneaux de bois installés pour faire face au climat[A 27].
La maison est le théâtre d'« activités privées et officielles » et présente « la puissance sociale et politique de son propriétaire »[A 28].
C’est une demeure typiquement méditerranéenne qui prouve l’assimilation de l’architecture romaine par les Gaulois du nord.
La maison tombe en ruines après le IVe siècle, elle est percée d'une rue et elle est livrée aux pilleurs de matériaux de construction[A 28].

Topographie et vie religieuse
[modifier | modifier le code]Topographie religieuse de Vieux
[modifier | modifier le code]Au XIXe siècle les découvertes effectuées dans le choeur de l'église laissent entendre qu'un temple se trouvait à cet emplacement[B 6]. Un sanctuaire dans lequel fut retrouvé un autel à Vénus et à Mars. Ce temple est sous l’actuelle église Notre-Dame. C’est un exemple de continuité entre un lieu de culte païen et un lieu de culte chrétien.
Un fanum a été fouillé à l'emplacement du musée archéologique.

Économie et société
[modifier | modifier le code]Artisanat à Vieux
[modifier | modifier le code]Un quartier artisanal a été repéré au sud-ouest : un atelier de bronzier et des fours de verriers ont été dégagés.
Découvertes réalisées sur le site archéologique
[modifier | modifier le code]Marbre de Thorigny
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La première découverte, le marbre de Thorigny, est réputée longtemps remonter à 1580[B 2]. Elle est déposée par le maréchal de Matignon au château de Thorigny[A 29]. Le marbre de Thorigny est le piédestal qui portait une statue de bronze disparue de Titus Sennius Sollemnis[A 20]. Titus Sennius Sollemnis est élu quatre fois duumvir, augure et flamine impérial[A 20]. Il a été en outre iudex arcae ferrariarum, « gestionnaire des mines de fer » au niveau fédéral après avoir exercé des fonctions similaires dans sa cité[A 29]. Il préside le Conseil des Gaules en 219[A 29].
Les revenus de ses domaines et de mines de fer lui permettaient de faire face à des dépenses d'évergétisme[A 30]. Il voyage à Rome peut-être en 228 rendre visite au préfet du prétoire Aedinius Lulianus antérieurement gouverneur à Lyon[A 29]. Il conseille Marcus Valerius Florus, commandant de la 3e légion Auguste de Lambèse et reçoit la charge de tribunus semestris en Bretagne inférieure et reçoit des cadeaux coûteux[A 29].
La date précise d'inauguration de la statue sur le forum est le 16 décembre 238[A 29]. Le musée archéologique de Vieux-la-Romaine, ouvert en 2002, montre les découvertes tandis que la maison au grand péristyle (plus exactement ses vestiges restaurés) est librement accessible.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Cours d'antiquités monumentales Arcisse de Caumont 1830 Voir en ligne.
- ↑ Le Chemin Haussé sur Panoramio.
- ↑ Notice no PA00111802, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
- ↑ Notice no PA00111801, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
- Vieux-la-Romaine. Aregenua.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 32.
- Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 12.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 5.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 6.
- Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 4.
- Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 61.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 8.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 9.
- Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 10.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 11.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 14.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 15.
- Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 16.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 17.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 18-19.
- Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 27.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 28-29.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 28.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 29.
- Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 30.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 20.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 20-21.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 21.
- Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 22.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 22-23.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 24-26.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 24.
- Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 23.
- Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 31.
- ↑ Jardel, Lelièvre et Rican 2021, p. 30-31.
- La topographie de Vieux - Araegenuae (Calvados), capitale de la cité des Viducasses, d'après les fouilles anciennes et les sondages récents.
- Bertin 1977, p. 131.
- Bertin 1977, p. 134.
- Bertin 1977, p. 132.
- ↑ Bertin 1977, p. 131-132.
- Bertin 1977, p. 140.
- Bertin 1977, p. 138.
- ↑ Bertin 1977, p. 132-133.
- ↑ Bertin 1977, p. 133.
- Bertin 1977, p. 135.
- ↑ Bertin 1977, p. 135-138.
- Un exemple d'échec urbain en Gaule Lyonnaise : Aregenua, chef-lieu des Viducasses (Vieux, Calvados).
- Vipard 2006, p. 29.
- Le Calvados.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Ouvrages généraux
[modifier | modifier le code]- Élisabeth Deniaux, « la conquête et l’intégration à l’Empire romain », dans La Normandie avant les Normands, Rennes, Ouest-France, (ISBN 2-7373-1117-9, BNF 38892541).
- Claude Groud-Cordray, La Normandie gallo-romaine, Cully, OREP, , 31 p. (ISBN 978-2-915762-18-1).
Ouvrages ou articles sur Aregenua/Vieux
[modifier | modifier le code]- Dominique Bertin, « La topographie de Vieux - Araegenuae (Calvados), capitale de la cité des Viducasses, d'après les fouilles anciennes et les sondages récents », Annales de Normandie, 27e année, no 2, , p. 131-150 (lire en ligne [sur persee], consulté le ).
. - Dominique Bertin et Élisabeth Deniaux, « Découverte d'une borne milliaire à Vieux », Annales de Normandie, no 29, , p. 251-257.
- Éric Delaval, « Vieux / Aregenua (Calvados) » (Actes du colloque Tours 6-8 mars 2003), Supplément à la Revue archéologique du centre de la France, no 25 « Capitales éphémères. Des Capitales de cités perdent leur statut dans l'Antiquité tardive », , p. 423-426 (lire en ligne [sur persee]).
- Élisabeth Deniaux, « La Conquête et l'intégration à l'empire romain », dans Élisabeth Deniaux, Claude Lorren, Pierre Bauduin et Thomas Jarry, La Normandie avant les Normands, Rennes, Ouest-France, , 448 p. (ISBN 2737311179).
- Mélanie Demarest, Clarisse Parra Prieto, Sophie Pillault et Grégory Schütz, « Données nouvelles sur les lieux de culte à la périphérie de Vieux/Aregenua », Annales de Normandie, vol. 73, no 1, , p. 67–94 (ISSN 0003-4134, DOI 10.3917/annor.731.0067, lire en ligne).
- Vincent Hincker, « De la ville antique au village médiéval : déclin de la capitale de la cité des Viducasses. Vieux (Calvados) du IVe siècle à l'an Mil », Annales de Normandie, 57e année, nos 1-2, , p. 3-26 (lire en ligne [sur persee]).
- Karine Jardel, Jean-Yves Lelièvre et Sidonie Rican, Vieux-la-Romaine : Aregenua, Caen / Bayeux, Conseil départemental du Calvados / OREP éditions, , 64 p. (ISBN 978-2-8151-0620-7).
- Karine Jardel, Julien Boislève et Graziella Tendron, « Aménagement et décor de la curie du forum d'Aregenua (Vieux, Calvados) », dans Décor des édifices publics, civils et religieux en Gaule durant l'Antiquité (Mémoire XLV), Chauvigny, Association des Publications Chauvinoises / Conseil général du Calvados, , sur hal.archives-ouvertes.fr (lire en ligne), p. 91-110.
- Aurore Lacroix, « La vaisselle en verre du forum de Vieux (Calvados) », Bulletin de l'Association française pour l'archéologie du verre, , p. 48-52 (lire en ligne [PDF] sur afaverre.fr).
- Christian Pilet, « Vieux antique (Araegenuae, Viducasses) », Revue archéologique de l'Ouest, t. 1, , p. 63-84 (lire en ligne [sur persee]).
- Pascal Vipard, Une domus du quartier des thermes d'Aregenua (Vieux, Calvados). Contribution à l'histoire de l'habitat urbain en Gaule romaine (thèse de doctorat en Histoire, dir. François Hinard), Paris IV, Université Paris-Sorbonne, (ISSN 0294-1767, OCLC 489974909, résumé).
- Pascal Vipard, La maison du "Bas de Vieux" : une riche habitation romaine du quartier des thermes d'Aregenua (Vieux, Calvados) (Guide à l'usage des visiteurs), Caen, Conseil Général du Calvados, (ISBN 2950649610, OCLC 491287486).
- Pascal Vipard, « Le rôle du décor dans les parties officielles d'une domus à péristyle du début du IIIe siècle : le cas de la Maison au Grand Péristyle (Vieux, Calvados) », Revue du Nord, no 343, , p. 21-33 (lire en ligne [sur cairn.info]).
- Pascal Vipard, La cité d'Aregenua (Vieux, Calvados), chef-lieu des "Viducasses" : état des connaissances, Paris, Exé productions, .
- Pascal Vipard, « Un exemple d'échec urbain en Gaule Lyonnaise : Aregenua, chef-lieu des Viducasses (Vieux, Calvados) », dans Pierre Bouet et François Neveux, Les villes normandes au Moyen Âge (Actes du colloque de Cerisy-la-Salle (9-)), Caen, Presses universitaires de Caen, série « Symposia », , 392 p., sur academia.edu (lire en ligne), p. 29-44.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Musée archéologique de Vieux-la-Romaine
- Histoire de la Normandie
- Villa suburbaine
- Liste des noms latins des villes françaises
Liens externes
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- Ressource relative à la géographie :
- Ressource relative à l'architecture :
- « Site officiel », sur vieuxlaromaine.fr (consulté le ).
- « La Maison au Grand Péristyle de Vieux-la-Romaine [3D] », visite virtuelle d'une modélisation, 1'49 [vidéo], sur youtube.com (consulté en ).
- « À la découverte d'Aregenua », 13'48 [vidéo], sur youtube.com (consulté en ).
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