Burdigala

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Burdigala
Bordeaux
Vestiges de l'amphithéâtre de Bordeaux, dit Palais Galien.
Vestiges de l'amphithéâtre de Bordeaux, dit Palais Galien.
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Gaule aquitaine
Type Ville
Coordonnées 44° 50′ 16″ nord, 0° 34′ 46″ ouest

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Burdigala
Burdigala
Histoire
Époque Empire romain

Burdigala est le nom antique de l'actuelle ville de Bordeaux.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine et étymologie[modifier | modifier le code]

Burdigala est fondée au IIIe siècle av. J.-C. par les Bituriges Vivisques (littéralement « Bituriges déplacés »), peuple gaulois de la région de Bourges qui contrôlait, depuis le port intérieur, le trafic de l'étain amené d'Armorique et de Bretagne (Grande-Bretagne, Cornouailles).

Le premier emplacement habité est situé à l'embouchure de la Devèze, un affluent de la Garonne, proche de la Gironde. La naissance de Bordeaux n'est pas liée aux qualités du site, car, ville d'embouchure située sur une avancée du plateau landais, elle a longtemps été cernée de marais pestilentiels.

« Burdigala » est peut-être un nom d'origine basque composé de burd qui signifie « marais » et de gala qui voudrait dire « abri ». Ce nom a évolué en Bordigala, puis Bordale en basque, Bordèu en gascon et « Bordeaux » en français. Une rivière appelée Eau Bourde passant au sud de la ville conserve aussi ce sens de « marais ».

Avant la conquête romaine, Burdigala et le peuple des Bituriges Vivisques font partie de la Gaule Celtique (entre la Seine et la Garonne).

La conquête romaine[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre des Gaules, un lieutenant de Jules César, Publius Crassus, est accueilli à Burdigala en 56 av. J.-C..

En 52 av. J.-C., le cardo et le decumanus (aujourd'hui rue Sainte-Catherine et rues Porte Dijeaux et Saint Rémy) sont tracés de long de l'îlot Saint-Christoly[1] qui englobe l'espace situé entre les rivières Devèze et Peugue et la Place Pey-Berland[2].

La ville devient le chef-lieu de la civitas des Vivisques, administrée par un collège de magistrats, avec le statut de cité pérégrine stipendiaire, le moins avantageux dans l'Empire romain.

Le Haut Empire[modifier | modifier le code]

Sous l'Empire romain, Burdigala se développe et devient une des villes les plus opulentes de la Gaule. Les premiers plants de vigne à l'origine du vignoble bordelais sont implantés entre 40 et 60 sur les coteaux nord de la rive gauche de la Garonne.

En 70, l'empereur Vespasien en fait la capitale administrative de la province romaine d’Aquitaine (des Pyrénées à la Loire) à la place de Mediolanum Santonum (Saintes). Il semble que sous le règne de cet empereur, la ville ait reçu le statut de municipe de droit latin[3].

La ville est particulièrement prospère sous la dynastie des Sévères (193-235). Elle englobe alors le mont Judaïque (actuel quartier Saint-Seurin). De cet âge d'or datent des monuments illustres dont le forum (Piliers de Tutelle) et le Palais Gallien (amphithéâtre pouvant contenir 15 000 personnes sur ses gradins en bois).

La période des troubles[modifier | modifier le code]

La ville est victime de la révolte de Tetricus, « empereur des Gaules » (271-273/274), puis des troubles des Bagaudes.

Durement frappée par les invasions barbares de 276 (la ville est pillée et incendiée), la cité décide de construire de remparts qui sont achevés en 286 (selon le tracé actuel des cours d'Alsace-Lorraine, de la rue des Remparts et des cours du Chapeau Rouge et de l'Intendance). Il s'agit d'une enceinte de 740 mètres sur 480 mètres dont les murs ont une hauteur de dix mètres et une largeur de cinq mètres.

On reconstruit également le port intérieur dans lequel s'écoule la Devèze par vingt-six bouches de bronze. La ville continue à briller pendant près d'un siècle, grâce au commerce de suif, de cire, de poix et de papyrus. Elle s'illustre par ses poètes chrétiens (Ausone, 309-394) et ses saints (saint Paulin de Nole, 353-431).

Vestiges antiques[modifier | modifier le code]

Les piliers de tutelle dessinés en 1669 par Claude Perrault, détruits en 1675.

L'amphithéâtre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Amphithéâtre de Bordeaux.

L'amphithéâtre de Bordeaux, traditionnellement appelé « Palais Gallien », est construit au IIe siècle. L'arène intérieure mesure 70 mètres sur 47 mètres, le pourtour de l'édifice est de 132 mètres sur 111 mètres, une hauteur de 25 mètres, ce qui en fait un amphithéâtre de bonne taille. D'après sa dimension, on estime sa capacité à 22 000 places.

Les Piliers de Tutelle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Piliers de Tutelle.

Bordeaux a conservé, jusqu'en 1675, un important monument gallo-romain, appelé « Piliers de Tutelle ». Ce bâtiment du IIIe siècle, unique dans la France du XVIIe siècle, avait comporté 24 colonnes surmontées d'une architrave, rehaussées d'un couronnement à arcades orné de cariatides de trois mètres de hauteur. L'architecte Claude Perrault (1613-1688), qui dessina ce qu'il en restait en 1669 (dix-sept colonnes), indique qu'il ne s'agissait ni d'un temple, ni d'une basilique, puisque l'on n'y voyait nulle trace de charpente[4]. Il s'agissait probablement du forum de Burdigala. Cette ruine presque intacte fut détruite en 1675[5] et enfouie sous les glacis du Château Trompette alors rebâti sur les plans de Vauban.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de Saint-Christoly
  2. Historique de l'ancien quartier de Saint-Christoly
  3. Marcel Le Glay, Jean-Louis Voisin, Yann Le Bohec, Histoire romaine, Presses universitaires de France, (présentation en ligne)
  4. Claude Perrault - Mémoires de ma vie, voyage à Bordeaux - 1669 Lire en ligne p. 183 à 185.
  5. Claude de Montclos - La mémoire des ruines - 1992 - Chapitre I.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]