Nationalisme wallon

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Le terme nationalisme peut revêtir bien des aspects et désigner bien des attitudes politiques. En général, les militants wallons qui ont lutté pour l'autonomie de la Wallonie comme lors du discours de Fernand Dehousse sur le fédéralisme, dans le cadre du Congrès national wallon, rejetaient et rejettent toujours le nationalisme[réf. nécessaire]. Par ailleurs, les Wallons les plus autonomistes comme André Renard par exemple, ont toujours, au contraire, subordonné la lutte pour la Wallonie à des considérations plus spécifiquement sociales ou syndicales, sans cependant toujours rejeter le terme de Nation.

Y a-t-il un nationalisme wallon ?[modifier | modifier le code]

On a parfois dit qu'il n'y avait pas de nationalisme wallon parce qu'il n'y avait pas de nation wallonne (ce qui est peut-être confondre la dimension subjective de la dimension objective de la question dans le Nationalisme). Il n'empêche que des événements comme la Question royale qui se conclura à Liège sur la tentative d'un gouvernement wallon séparatiste, semblent bien procéder d'un élan national, de même que la poursuite par les Wallons de leur autonomie dans le cadre belge, qui peut même faire penser que cette orientation, relève d'un réel (quoique discret) indépendantisme wallon. Les Sentiments d'appartenance en Belgique et Wallonie ne peuvent pas être considérés comme une poussée profonde allant dans ce sens, mais pas non plus comme un démenti de toute pulsion du même type.

L'explication de Philippe Raxhon[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage sur le Congrès national wallon de 1945, l'historien Philippe Raxhon émet l'hypothèse que le nationalisme wallon a surgi à la fin de la Deuxième guerre mondiale, c'est-à-dire en un temps où, du moins en Europe, le nationalisme a été profondément remis en question[1], peut-être aussi parce que l'on a pu penser qu'il était à la source des différents fascismes, ce que conteste une philosophe comme Hannah Arendt.

Nationalisme de conservation et de contestation[modifier | modifier le code]

Christophe Traisnel qui a longuement comparé ce qu'il appelle lui-même le nationalisme québécois et le nationalisme wallon, ne recule pas devant ce terme, proposant cependant de considérer que le nationalisme québécois comme le nationalisme wallon sont des nationalismes de contestation, suspendus qu'ils sont à l'exigence - redoutable en démocratie - de créer la nation par persuasion, dans le cadre de l'action politique routinière en quelque sorte. Ce qui n'est pas la même situation que dans laquelle les nationalismes classiques (de conservation) ont abouti, dans le contexte d'une violence faite à la nation comme Weber l'a montré pour la France en 1914. Cette thèse est certes controversée.

La conception française du nationalisme[modifier | modifier le code]

Bien que ne se référant pas non plus au concept de nation, le Manifeste pour la culture wallonne a profondément influencé le monde politique wallon en adoptant une conception républicaine ou française de l'appartenance de la nation en concluant son texte par « Sont de Wallonie (...) tous ceux qui vivent et travaillent dans l'espace wallon », ce qui a influencé notamment les parlementaires déposant en mai 2006 au Parlement de Wallonie, un Projet de décret instituant une constitution wallonne puisque l'article 12 de ce projet énonce : « La qualité de wallon se fonde sur la résidence en Wallonie… »

Nationalisme wallon, syndicalisme et renardisme[modifier | modifier le code]

Par le fait de l'histoire et parce que la Wallonie politiquement dominante s'est longtemps confondue avec son sillon industriel d'où surgirent de nombreuses grèves générales (en 1886, 1893, 1902, 1913, 1932, 1936, 1950) et en particulier la Grève générale de l'hiver 1960-1961, la direction syndicale wallonne de la FGTB a été peu à peu amenée à mobiliser ses adhérents au service du mouvement wallon, notamment dans la défense de l'économie locale et au départ avec un ambitieux projet de démocratie économique qui est le trait fondamental du renardisme véritable forme de syndicalisme ou de socialisme appliqué à la défense d'une région en vue de la poursuite d'objectifs politiques et économiques de gauche.

Nationalisme et postnationalisme[modifier | modifier le code]

Le mouvement wallon a pu réfléchir fortement sur le lien entre ses buts et la construction européenne. C'est ainsi que s'est tenu à Namur un colloque intitulé Nationalisme et postnationalisme qui doit énormément à l'influence en Wallonie de la pensée de Jean-Marc Ferry. On trouvera sur ce dernier lien, les réflexions que Ferry fait sur les changements que l'Union européenne imprime à l'idée de nation, sans cependant la supprimer.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nationalisme et postnationalisme, in Actes du colloque qui s'est tenu à Namur le 30 avril 1994 textes rassemblés par Philippe Destatte, Jean-Charles Jacquemin, Françoise Orban-Ferauge et Denise Van Dam, Namur, 1995

Références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Raxhon Histoire du Congrès wallon d’octobre 1945, Un Avenir politique pour la Wallonie ?, Charleroi, Institut Jules Destrée, 1995.