Territorialisme

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Le territorialisme se dit d'une tendance particulière à se centrer sur un territoire et à le défendre.

Biologie[modifier | modifier le code]

En zoologie, le terme définie les espèces animales territoriales, définissant et défendant un territoire, généralement contre leurs propres congénères, qui sont aussi des compétiteurs. Toutes les espèces ne sont pas territoriales, mais certaines le sont très fortement, marquant leur territoire avec des marques physiques (griffures sur les arbres, sur le sol, ...) ou odorantes (urine, glandes odoriférantes, ...).

Les espèces territoriales attaquent généralement, ou au moins dissuadent tous ceux de leurs congénères tendant de pénétrer leur territoire, sauf les membres du sexe opposé dans les espèces dont les membres vivent seuls, à la saison du rut.

Le territorialisme peut-être porté par un groupe (les chimpanzés défendent ainsi collectivement leur territoire contre les empiètements des autres groupes de chimpanzés) ou par un individu isolé (les chats sauvages, par exemple).

Politique[modifier | modifier le code]

Le territorialisme se dit de l'attitude consistant à une forte polarisation sur la revendication ou la défense de frontières données, généralement dans un but nationaliste et étatique.

Au-delà d'un strict caractère nationaliste, le terme s'utilise aussi pour désigner une attitude valorisant fortement le lien entre une population et un territoire. Dans « Purification ethnique, savoir récursif et dilemmes du territorialisme[1] », Tania Murray Li indique en 2003 que « l’Indonésie compte plus d’un million de réfugiés internes qui fuient la violence intercommunautaire ou sa menace », et dénonce « les apologistes des savoirs autochtones [qui] insistent sur les liens profonds qui existent entre les peuples autochtones et un sol qui leur est propre [...]. Reprises par les peuples autochtones, les hypothèses territorialistes peuvent servir à justifier l’exclusion ethnique et aller dans le sens de droits différentiels fondés sur des hiérarchies d’appartenance. [Il faut] regarder en face les violences qui peuvent en découler[1] ».
Dans le cadre de la même définition du territorialisme (l'exaltation d'un lien entre un territoire et une population sans revendication d'indépendance nationale), Liisa Malikki parle en 1992 de « métaphysique territorialiste », pour la valorisation de ce qui est « d’origine » et « chez soi » par rapport à ce qui vient de l’extérieur[2].

Développement et aménagement du territoire[modifier | modifier le code]

Il existe une courant de pensée, appelé « école territorialiste », apparue en Italie autour d'Alberto Magnaghi, professeur à l'Université de Florence, qui entend critiquer et repenser la notion de développement durable en liaison avec un fort encrage local, économique et culturel[3].

Ce mouvement se fonde sur une critique d'une vision strictement environnementale du développement durable. L'école territorialiste met plus l'accent sur la nécessité d'un développement local et qualitatif, et a élaboré le concept de « développement local durable ». L'objectif est d'arriver à un équilibre entre trois objectifs : un développement orienté vers les besoins fondamentaux (qui ne se réduisent pas aux besoins matériels) ; l'autonomie politique, économique et sociale des communautés locales ; et l'amélioration de la qualité de l'environnement. Ces trois objectifs doivent se construire autour d'une relation forte avec l'héritage apporté par les identités locales (avec une référence au biorégionalisme et à Patrick Geddes).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Purification ethnique, savoir récursif et dilemmes du territorialisme, Revue internationale des sciences sociales, Tania Murray Li, 2002-2003, N°173.
  2. Liisa Malikki, 1992, « National Geographic: The Rooting of Peoples and the Territorialization of National Identity among Scholars and Refugees », Cultural Anthropology, volume 7.
  3. Emmanuelle Bonneau, L'urbanisme paysager : une pédagogie de projet territorial, Université Michel de Montaigne - Bordeaux III, , 372 p. (lire en ligne)