Albert du Bois

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Albert du Bois
Plaque commémorative du comte Albert du Bois au Parc de la Dodaine à Nivelles.JPG
Titre de noblesse
Comte romain
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 68 ans)
BruxellesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Albert Marie Julien Arthur Eugène Auguste Joseph François Bernard Jean du BoisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Famille
Famille du Bois (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Armes du Bois.svg
Armes

Le comte Albert du Bois[1], né le à Écaussinnes-d'Enghien et mort le à Bruxelles, est un homme de lettres de langue française et un diplomate belge ainsi qu'un militant wallon.

Idées politiques[modifier | modifier le code]

Secrétaire de la délégation belge à Paris, il est renvoyé de son poste le après avoir écrit « Belges » ou Français ? dans lequel il se fait l'avocat de l'annexion des provinces wallonnes de Belgique par la France[2].

Albert du Bois déplorait que les Wallons fussent assez inintelligents «  pour se laisser scinder et fractionner par leurs ennemis désireux de les affaiblir [...], pour subir un pareil traitement [...] sans s’en apercevoir[3]...» :

« En effet, la frontière nord de la France actuelle divise en deux des provinces françaises, des terres françaises, des populations françaises qui constituèrent des unités politiques [...]. Jusques à la fin du dix-septième siècle, Mons et Valenciennes, Avesnes et Chimay faisaient partie du même comté de Hainaut et cette terre, exclusivement française, avait vécu depuis les temps les plus reculés, d’une existence autonome parallèle et connexe à celle de la terre de France tout entière. »

« De ce fait historique indéniable, découle un fait actuel et patent : cette terre de Hainaut, coupée en deux selon les exigences de vainqueurs étrangers et haineux, Allemands et Anglais, continue à être habitée des deux côtés de la ligne idéale de la frontière, par des populations entre lesquelles il est totalement impossible de découvrir la plus petite différence au point de vue le plus minime. C’est le même peuple, le même esprit, le même caractère, la même nation. C’est Paris coupé en deux, par une ligne tracée au cordeau du Lion de Belfort à la butte Montmartre. Imaginez-vous un vainqueur tudesque se livrant à une telle opération et disant aux habitants du Faubourg Saint-Honoré et à ceux du Faubourg Saint-Denis : "Vous allez désormais être l’un pour l’autre deux peuples étrangers ! Je vous défends de vous donner la main et de vous regarder à travers la Frontière que mon glaive et ma fantaisie viennent de tracer. Honoriens, et vous Denisiens, vous êtes désormais deux nations !" Et imaginez-vous les Honoriens et les Denisiens acceptant cette décision placidement, béatement, avec une soumission niaise, une résignation imbécile, une inconscience qui n’est presque plus humaine[3].» »

Et dans la préface de son roman « Belges » ou Français ?, Albert du Bois s’était déjà exclamé :

« [...] Belges ! ... Ceux qui habitent dans le cercle que le crayon distrait d’un Palmerston quelconque traçait à Londres, en 1831, sur une carte d’Europe, sont des « Belges » ! C’est ainsi que l’on crée un peuple ! C’est ainsi que l’on forme une nation ! C’est ainsi que l’on constitue un pays ! ... Pour parquer les chiens dans les expositions canines, on fait au moins attention à leurs races et à leurs espèces ; mais pour parquer les peuples en troupeaux de « contribuables », on ne doit pas y regarder de si près. Il suffit de prendre trois millions d’individus d’une espèce et trois millions d’individus d’une autre espèce. On leur dit : "Tâchez de ne pas trop se dévorer entre vous. Vous êtes une même nation. On vous appellera des Belges" - et les pauvres bêtes répondent docilement au nom qu’on leur donne[4]! »

À la décharge des Wallons, il déclarait : « Jamais, peut-être, population ne fut victime d’une conspiration plus habile. Jamais peut-être on n’essaya d’abuser avec une telle perfidie de la bonne foi et de l’ignorance d’un peuple, pour lui faire méconnaître ses intérêts les plus sacrés. » [3].

Il se montre lucide face aux revendications du Mouvement flamand :

« Nous n’avons pas la lente et tenace obstination de nos associés flamands. Mais il ne faut pas se fier au calme apparent avec lequel nous subissons une foule d’attentats mesquins contre notre véritable nationalité. Il compte parmi ses innombrables défauts celui de manquer totalement de patience. Il fera quelque jour explosion. Ceux qui viennent jouer avec de la flamme autour de ce coin de terre, tout pétri de poussière noire, ceux qui viennent y jongler avec les brandons de discorde du « patriotisme belge », de la « nationalité belge », de « l’âme belge », [...], ceux-là se trompent étrangement ! » Ils s’apercevront – bientôt peut-être ! – qu’ils ont joué avec de la poudre et quand elle flambera – soudainement – en une explosion géante, ce sera pour jeter aux quatre coins de l’Europe, les débris de cet édifice de haine, de conquête et d’asservissement sur le fronton duquel on a sculpté ce nom mensonger : « ROYAUME DE BELGIQUE !»[3] »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poésies[modifier | modifier le code]

  • Rapsodies passionnées, 1901

Pièces de théâtre[modifier | modifier le code]

  • Les Pires Aveugles
  • Le Revenant
  • La Dernière Dulcinée poème dramatique en 5 actes
  • Le Baiser de l'enchanteresse évocation en 4 visions
  • Iéna drame en 3 actes
  • Le Joyeux Curé de Meudon
  • La Victoire d'Aphrodite
  • Pélaghia comédie en 1 acte
  • Pour l'amour de la Sulamite
  • La Conquête d'Athènes, pièce en 4 actes, , Théâtre Sarah-Bernhardt
  • L'Aphrodite et le khéroûb drame en 3 actes, création au Théâtre de la Nature à Cabourg en août 1909
  • Victor Hugo pièce en 3 actes
  • Lord Byron comédie héroïque en 4 actes, création Théâtre de Monte-Carlo, le
  • Betty Hatton pièce en 1 acte
  • Si Dieu n'existait pas comédie
  • Rabelais, création Théâtre des Bouffes-Parisiens, le
  • Les Aigles dans la tempête
  • La Femme d'amour comédie en 3 actes
  • Le "Moyen !" comédie tragique en 3 actes
  • L'Éphèbe
  • Samourramat évocation en 4 visions
  • Voltaire
  • L'Hérodienne, Héroï-comédie tragique en 3 actes, création Comédie-française le , avec dans le rôle de Titus le comédien Albert Lambert, et dans celui de Bérénice Julia Bartet qui mit fin alors à sa carrière
  • Le Mariage de Sheridan
  • Un duel au Texas
  • Notre Déesse, pièce en 5 actes, présentée pour la première fois sur la scène du Théâtre du Parc, en 1935 puis au Théâtre de l'Odéon le , avec Maurice Donneaud en Cardinal de Richelieu et Juliette Verneuil en Marie de Médicis
  • Paxadora ou l'Amour communiste

Romans[modifier | modifier le code]

  • Les Civilisations mortes - Amours antiques, 1895
  • Leuconoé, l'histoire de Tyrtée à Sparte, 1897
  • Les Romans de la voie sacrée, 1897
  • Sous les Lauriers roses, 1898
  • L'Amant légal, 1901
  • Écrit avec le sang de Rome, 1922
  • Les Quatre bustes du temple de l'amour, 1922
  • Le Secret de la Villa des Trois Cyprès, le
  • Le Dernier vol de l'Alouette, le
  • Aux portes de la Nuit, 1929
  • Corsica, dans La Petite Illustration, nos 596 et 597, les 8 et
  • Le Sourire du roi des Juifs, dans La Petite Illustration, no 390, le réédité par De Varly Édition en 2017

Œuvres politiques[modifier | modifier le code]

  • Catéchisme du Wallon, 1902
  • « Belges » ou Français ?, 1902
  • Poèmes impériaux, 1908

Famille[modifier | modifier le code]

Albert du Bois est le fils d'Eugène du Bois (1818-1893), écuyer (Belgique, 1892), comte pontifical (1881) et de Jeanne de Prelle de la Nieppe[5] (1844-1931).

Il épouse en 1929 Jeanne Gonzalès de Linarès (1898-1988), fille de Paul (1868-1947) et de Marie Brunet de la Martinère (1866-1941). Le couple s'installe au Château de Fonteneau à Nivelles[6].

Albert décède sans postérité en 1940. Sa veuve se remariera avec un cousin de son défunt mari : Edmond de Prelle de la Nieppe (1873-1959).

Galerie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe MURET, Albert du Bois, dans Biographie nationale, Bruxelles, 1976, t. 39, col. 124-132.
  • Jacques Masy, À la recherche d'Albert du Bois (1872 - 1940), article paru dans la revue mensuelle Rif tout dju, no 359, Novembre 1993, 39e année;
  • Joseph Chot, Albert du Bois, essai-critique, Bibliothèque internationale d'édition E. Sansot, Paris, 1911, 270 pages.
  • Pierre PELTIER, Albert du Bois, romancier, poète, doctrinaire écaussinnois méconnu, dans Val Vert, 3e trimestre 1982, n°39, p. 52-59.
  • Jules LEMAIRE, Discours prononcé à l’inauguration de la plaque commémorative, dans Val Vert, 4e trimestre 1982, n°40, p. 82-84.
  • Philippe MURET, dans Paul DELFORGE, Encyclopédie du Mouvement wallon, Charleroi, Institut Destrée, 2000, t. I, p. 520-521.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Albert-Marie-Julien-Arthur-Eugène-Auguste-Joseph-François-Bernard-Jean.
  2. (en) Parti pro-Français dans les provinces wallonnes de Belgique [Pro-French party in the Walloon Provinces of Belgium], The New York Times, le 2 mars 1903, p. 5. [lire en ligne]
  3. a, b, c et d Albert du Bois, Poèmes impériaux, 1908.
  4. Albert du Bois, « Belges » ou Français ?, 1902.
  5. Note : elle est la fille d'Auguste de Prelle de la Nieppe (1790-1895), écuyer et d'Élisabeth de Prelle de la Nieppe (1811-1885).
  6. Note : Château provenant du patrimoine familial de la mère d'Albert du Bois.
  7. [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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