Wallons du Wisconsin

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Il existe aux États-Unis une petite zone du Wisconsin autour de Green Bay où l'on parle encore le wallon en raison d'une immigration assez importante au XIXe siècle.

Historique[modifier | modifier le code]

À partir de 1852, 15 000 personnes[1] provenant pour la plupart des alentours de Gembloux et de Wavre, émigrèrent vers le Nord de cet État américain, mais la mortalité fut importante à bord des bateaux. La première vague d'immigrants partit de Grez-Doiceau pour s'établir dans l'actuelle localité de Robinsonville-Champion[2]. Entre le 1er juillet 1852 et le 30 juin 1853, la plupart des familles protestantes vont quitter Biez et Grez-Doiceau pour les Etats-Unis, suivant les conseils du pasteur Vleugels. Dix familles protestantes originaires de Biez vont ainsi fonder la colonie wallonne de Green Bay. D’autres familles s'installent à Champion, où une Eglise presbytérienne francophone est fondée, le 17 février 1861. Les cultes y seront célébrés en français jusqu’en 1913.

En 1860, ils étaient plus de 4 500, à 80 % dans les comtés de Kewaunee, de Door et de Brown. Un grand nombre d'entre eux furent recrutés de force dans l'armée américaine durant la guerre de secession[3]. Les Belges pensaient qu'ils étaient en sécurité parce qu'ils ne se considéraient pas comme des citoyens américains, mais lorsque le nombre de volontaires à diminué le Gouvernement a étendu la conscription. Pour que les immigrants obtiennent des terres, ils devaient signer une "déclaration d'intention" selon laquelle ils avaient l'intention de devenir des citoyens américains à un moment donné, ce qui les rendaient éligibles. De nombreuses personnes belges ont commencé à ressentir beaucoup d’émotions. L'un des plus gros problèmes était la barrière de la langue. Peu d’immigrants belges parlaient anglais, ils ne pouvaient donc pas comprendre pourquoi ils étaient enrôlés dans une guerre à laquelle ils n’avaient aucune intention de participer. Des manifestations avec des clubs, des fourches et des fusils ont été organisées. Ils voulaient voir des processus d'inscription équitables. Lors d'une des manifestations les plus explosives, les colons se sont rassemblés dans la ville de Green Bay, à l'extérieur du domicile du sénateur américain Timothy O. Howe et ont exigé des mesures. Howe s'est adressé à la foule mais à cause de la barrière de la langue, les immigrants ne pouvaient pas le comprendre, Howe qui se sentait menacé dut fuir la ville. Ne se sentant pas satisfaite, la foule a continué à marcher autour de la ville jusqu'à ce qu'ils trouvent un compatriote belge, O.J. Brice. Brice a pu calmer la foule dans leur langue maternelle française. Il a expliqué que le processus de rédaction serait rempli de justice et d'équité. Le groupe était satisfait de son explication dans leur propre langue. Ils se sont ensuite dispersés et sont rentrés chez eux sans dommage ni arrestation. Leurs descendants sont actuellement au nombre de 20 000, mais rares sont les jeunes qui parlent encore le wallon, qui est donc en voie d'extinction même si la conscience des origines est encore vivace[4].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Plusieurs localités du Wisconsin conservent dans leur nom la trace de cette immigration : Brussels, Namur, Rosiere (de Rosières), Champion, anciennement Aux Anciens Belges, Walhain, anciennement Grand-Leez, Rankin, Tonet, Belgium. En outre, un lac situé au Michigan porte le nom de Walloon Lake, en référence à des colons wallons qui s'y seraient installés au XIXe siècle.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Statue de Curly Lambeau devant l'entrée principale du Lambeau Field

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Françoise Lempereur et Xavier Istasse, Les Wallons du Wisconsin, nos cousins d'Amérique ont immigré il y a 150 ans, SPW éditions, Namur, 2011 (ISBN 978-2-9540045-1-8).
  • Daniel Dellisse, Les Belges du Wisconsin, Le Cri, Bruxelles, 2011 (ISBN 978-2-8710-6577-7).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Patricia Mougel, Univ. Minnesota, pdf
  2. J. Ducas, From Grez-Doiceau to Wisconsim, p. 7-8.
  3. Mertens, J. H. (1986). The second battle: A story of our Belgian ancestors in the American Civil War, 1861–1865. United States: J.H. Mertens
  4. Sophie Devillers dans La Libre Belgique 2006, 29 août 2006.