Interpol

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Interpol (homonymie).

Organisation internationale de police criminelle (fr)
International Criminal Police Organization (en)
Logo de l'organisation
Logo d'Interpol
Carte de l'organisation
La carte des membres d'Interpol

Devise : « Relier les polices pour un monde plus sûr[1] »

Situation
Région Monde Monde
Création
Ancien nom Commission internationale de police criminelle (CIPC)
Type Organisation internationale
Siège Cité internationale
Drapeau de la France Lyon (Rhône-Alpes)
Coordonnées 45° 46′ 56″ N, 4° 50′ 54″ E
Langue Français
Anglais
Espagnol
Arabe
Budget 113 millions d'euros (2017)[2]
Organisation
Membres 192 pays
Effectifs 819 (2014)
Président Drapeau de la Corée du Sud Kim Jong Yang (en) (intérim)
Secrétaire général Drapeau de l'Allemagne Jürgen Stock
Personnes clés Johann Schober
(premier président de la CIPC)
Louis Ducloux
(Secrétaire général d'Interpol)

Site web www.interpol.int/fr

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Organisation internationale de police criminelle (fr) International Criminal Police Organization (en)

Géolocalisation sur la carte : Lyon

(Voir situation sur carte : Lyon)
Organisation internationale de police criminelle (fr) International Criminal Police Organization (en)

Interpol ou Organisation internationale de police criminelle (OIPC) est une organisation internationale créée le 7 septembre 1923 dans le but de promouvoir la coopération policière internationale. Son siège est situé à Lyon en France.

Interpol est connue pour délivrer, entre autres, des notices rouges, documents d'alerte qui une fois publiés permettent d'assurer la traque planétaire de criminels recherchés dans le monde. Ces documents qui contiennent des éléments d'identification et des éléments juridiques sur les individus recherchés sont diffusés à travers 192 pays membres. Ils facilitent grandement le travail des polices nationales en leur permettant d'identifier, de localiser et d'arrêter des individus recherchés sur la base de n'importe quel contrôle à des fins d'extradition[3].

Sa devise est : « Relier les polices pour un monde plus sûr », et sa mission : « Prévenir et combattre la criminalité grâce à une coopération policière internationale renforcée »[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Les prémices de la création d'Interpol datent du début du XXe siècle. Cette idée de police internationale avait été émise par Edmond Locard, grand professeur de médecine légale, qui fonda à Lyon (sa ville) en 1910 le premier laboratoire de police scientifique au monde. Celui-ci se trouvait en 1905 au VIe Congrès d’anthropologie criminelle, à Turin. Parmi les personnages importants qui s'y trouvent, il y rencontre le criminologue français Alphonse Bertillon, le professeur italien de médecine légale et psychiatre Cesare Lombroso, ainsi que le criminologue et photographe suisse Rodolphe Archibald Reiss. En voyant ce beau monde, Edmond Locard se rend compte qu'afin de lutter contre le crime international, il faut user d'une police internationale[Note 1]

L'idée se poursuit en 1914, lors du premier Congrès international de police criminelle : des officiers de police, juristes et magistrats de 14 pays se réunissent à Monaco à l'initiative du prince Albert Ier, pour discuter des procédures d'arrestation et d'extradition, techniques d'identification et centralisation des fichiers. La Première Guerre mondiale suspend cette initiative.

L'organisation est créée le lors du deuxième Congrès à l'initiative de Johann Schober, le directeur de la police de Vienne qui réunit dans sa ville les responsables des forces de polices de vingt pays pour fonder la Commission internationale de police criminelle (CIPC).

En 1942, à la suite de l'Anschluss, la CIPC passe sous le contrôle de la Gestapo et son siège, de Vienne, est transféré à Berlin. La plupart des pays membres cessent alors leur coopération. L'organisation renaît en 1946 sous l'égide de la France, de la Belgique, du Royaume-Uni et des pays scandinaves. En 1956, le statut est modernisé et la CIPC devient « Organisation internationale de police criminelle-Interpol ».

Après la guerre, Interpol donne l'ordre, en interne, de ne pas poursuivre les crimes liés au régime nazi, sous le prétexte qu'ils étaient « de nature politique »[Note 2].

Elle est reconnue en tant qu'organisation intergouvernementale par l'ONU en 1971 et l'année suivante un accord de siège est conclu avec la France. En 2003, un centre de commandement et de coordination est instauré et en 2004, Interpol se dote d'un bureau de liaison au siège de l'ONU à New York[4].

En 2008, le président d'Interpol Jackie Selebi est contraint de démissionner, accusé d'avoir été corrompu par un narcotrafiquant[5]. Il est condamné à 15 ans de prison pour corruption par le tribunal de Johannesburg le 3 août 2010.

Le , Interpol annonce avoir reçu la démission de son président Meng Hongwei[6], qui n'avait plus donné signe de vie depuis son départ en Chine, fin septembre 2018[7],[8],[9]. L'office chinois de lutte contre la corruption annonce par la suite que Meng Hongwei fait l'objet d'une enquête pour violations présumées de la loi [6].

Siège[modifier | modifier le code]

Siège social d'Interpol à Lyon, France.

Le siège d'Interpol est situé dans le quartier de la Cité internationale, au 200, quai Charles-de-Gaulle, dans le 6e arrondissement de Lyon en France, depuis le 1er mai 1989. Auparavant, l'organisation était basée à Paris dès 1946 puis rue Armengaud à Saint-Cloud en 1967.

Elle dispose par ailleurs de sept bureaux régionaux :

dont trois représentations :

Pays membres[modifier | modifier le code]

Interpol regroupe un total de 192 pays membres[2], Chaque pays membre dispose d’un Bureau central national (National Central Bureau (NCB)) assurant la liaison entre sa police nationale et celles des autres pays pour former le réseau mondial[13] Voici la liste des pays membres de l'organisation :

Bureaux régionaux[modifier | modifier le code]

Membres des Nations Unies, non membres d'Interpol[modifier | modifier le code]

États et entités partiellement reconnus sans adhésion ou bureau[modifier | modifier le code]

États non reconnus sans membre ou statut de sous-bureau[modifier | modifier le code]


Source : (en) États membres et territoire non incorporé sur la Wikipédia en anglais.

Structure[modifier | modifier le code]

La structure de l'OIPC est la suivante :

  • l'assemblée générale, instance suprême de l'organisation, qui regroupe une fois par an l'ensemble des délégués des États membres, élit le comité exécutif, définie via des résolutions la politique générale, les moyens ;
  • le comité exécutif, composé de 13 personnes dont le président, surveille l’exécution des décisions de l’assemblée générale, oriente l’action de l’organisation ;
  • le secrétariat général met en œuvre les missions de l’organisation via ses sept bureaux régionaux et ses représentants spéciaux auprès des Nations Unies et de l’Union européenne ;
  • les bureaux centraux nationaux assurent la liaison entre les services de police et l’organisation (en France, le BCN est rattaché à la division des relations internationales de la direction centrale de la police judiciaire)[14] ;
  • la commission de contrôle des fichiers d’Interpol a pour but de vérifier la conformité des traitements des données à caractère personnel avec la réglementation.

Actuellement, le poste de président d'Interpol est surtout honorifique, sa gestion quotidienne étant assurée par le secrétaire général[15].

Secrétaires généraux[modifier | modifier le code]

Le secrétaire général Ronald Noble au 6e congrès global sur la lutte contre la contrefaçon et le piratage (2011).
  • Drapeau de l'Autriche : Oskar Dressler (1923 - 1945)
  • Drapeau de la France : Louis Ducloux (1946 - 1951)
  • Drapeau de la France : Marcel Sicot (1951 - 1963)
  • Drapeau de la France : Jean Népote (1963 - 1978)
  • Drapeau de la France : André Bossard (1978 - 1985)
  • Drapeau du Royaume-Uni : Raymond Kendall (1985 - 2000)
  • Drapeau des États-Unis : Ronald K. Noble (2000 - 2014)
  • Drapeau de l'Allemagne : Jürgen Stock (depuis 2014)[16]

Présidents depuis la fondation en 1923[modifier | modifier le code]

Présidents de la Commission internationale de police criminelle (1923 - 1946) :

Présidents d'Interpol depuis 1946 :

  • Drapeau de la Belgique : Florent Louwage (1945 – 1956)
  • Drapeau du Portugal : Agostinho Lourenço (1956 – 1960)
  • Drapeau du Royaume-Uni : Richard Jackson (1960 – 1963)
  • Drapeau de la Finlande : Fjalar Jarva (1963 – 1964)
  • Drapeau de la Belgique : Firmin Franssen (1964 – 1968)
  • Drapeau : Allemagne de l'Ouest : Paul Dickopf (1968 – 1972)
  • Drapeau du Canada : William Leonard Higgitt (1972 – 1976)
  • Drapeau de la Suède : Carl Persson (1976 – 1980)
  • Drapeau des Philippines : Jolly Bugarin (1980 – 1984)
  • Drapeau des États-Unis : John Simpson (1984 – 1988)
  • Drapeau de la France : Ivan Barbot (1988 - 1992)
  • Drapeau du Canada : Norman D. Inkster (1992 - 1994)
  • Drapeau de la Suède : Björn Eriksson (1994 - 1996)
  • Drapeau du Japon : Toshinori Kanemoto (1996 - 2000)
  • Drapeau de l'Espagne : Jesús Espigares-Mira (2000 - 2004)
  • Drapeau d'Afrique du Sud : Jackie Selebi (2004 - 2008)
  • Drapeau de Singapour : Khoo Boon Hui (2008 - 2012)
  • Drapeau de la France : Mireille Ballestrazzi (2012 - 2016)
  • Drapeau de la République populaire de Chine : Meng Hongwei (2016-7 octobre 2018)[17]
  • Drapeau de la Corée du Sud : Kim Jong Yang (par intérim depuis le )[18]

Fonctionnement et mode d'intervention[modifier | modifier le code]

Le système des notices internationales[modifier | modifier le code]

Principe[modifier | modifier le code]

Les notices sont des messages d'alerte internationaux diffusés par l'Organisation internationale de police criminelle connue sous le nom d'Interpol utilisés par les services de police pour communiquer à leurs homologues du monde entier des informations sur des infractions, des malfaiteurs et des menaces. Interpol les diffuse à tous ses pays membres à la demande d'un pays membre ou d'une entité internationale autorisée[3].

Les informations diffusées via ces notices sont de natures diverses et peuvent concerner :

  • des personnes recherchées pour des infractions graves ;
  • des personnes disparues ;
  • des personnes décédées non identifiées ;
  • des menaces potentielles ;
  • des évasions de personnes détenues ;
  • des modes opératoires de malfaiteurs

En sommes, les notices ont pour but d'attirer l'attention sur les infractions et événements graves.

Bien que l'expression « mandat d'arrêt international » soit encore largement utilisée par la presse et les médias francophones, Interpol précise bien que les notices, notamment les notices rouges, ne sont pas des mandats d'arrêt internationaux[19], elles appuient simplement des mandats d'arrêt nationaux ou européens contre certains individus pour rendre plus facile leur arrestation à des fins d'extradition, mais en aucun cas elles ne se substituent à ces mandats décidés par des juridictions nationales ou européennes ou par la Cour pénale internationale (CPI) ou un Tribunal pénal international (TPI). Cette expression est donc obsolète et surtout impropre concernant les notices rouges d'Interpol qui ne sont pas délivrées par une juridiction, mais par l'organisation elle-même.

Historique[modifier | modifier le code]

C'est en 1946 qu'Interpol a mis en place le système des notices internationales. Au départ, l'Organisation a créé six types de notices, toutes de couleur différente : rouge, bleu, vert, jaune, noire et mauve. En 2004, une septième notice a été ajoutée, la notice orange[20].

En 2005, Interpol met en place une huitième notice, la notice spéciale INTERPOL-Conseil de sécurité des Nations unies à la faveur de la résolution 1617 du Conseil de sécurité de l'ONU afin d’offrir au Conseil de sécurité un outil efficace pour l’aider à remplir ses prérogatives en ce qui concerne le gel des avoirs, l’interdiction de voyager et l’embargo sur les armes décidés à l’encontre des personnes et entités liées à Al-Qaïda et aux talibans. Cette notice est officiellement adoptée lors de la 74e assemblée générale d'Interpol qui s'est tenue du 19 au 22 septembre 2005 à Berlin[21].

Les différentes notices internationales[modifier | modifier le code]

Il existe huit types de notices ayant chacun un but différent[22]. La notice la plus connue est la notice rouge qui permet de faciliter la localisation et l'arrestation de criminels et fugitifs.

Type de notice Signification
Notice rouge Utilisée pour demander la localisation et l'arrestation d'une personne recherchée par une autorité judiciaire ou par un tribunal international en vue de son extradition.
Notice bleue Utilisée pour recueillir des informations complémentaires sur des individus concernant leur identité, leur lieu de séjour ou leurs activités illicites dans le cadre d'une enquête criminelle.
Notice verte Utilisée pour alerter et communiquer des informations de police sur des individus constituant une menace pour la sécurité publique et ayant commis des activités criminelles tout en étant susceptibles de récidiver dans d'autres pays.
Notice jaune Utilisée pour aider à retrouver des personnes disparues, en particulier des mineurs, ou à identifier des personnes qui ne peuvent le faire en raison de leur incapacité.
Notice noire Utilisée pour recueillir des informations sur des personnes décédées dont le corps n'a pas été identifié.
Notice spéciale INTERPOL-Conseil de sécurité des Nations unies Utilisée pour appeler l'attention des polices sur des individus ou groupes visés par les sanctions prises par le Conseil de sécurité de l'ONU.
Notice orange Utilisée pour alerter la police, les organismes publics et les autres organisations internationales sur les matières dangereuses, les actes criminels ou les événements qui sont susceptibles de constituer une menace pour la sûreté publique.
Notice mauve Utilisée pour communiquer des informations à modi operandi, procédés, objets, appareils et cachettes utilisés pour perpétrer des actes criminels.

Forme et modes de diffusion[modifier | modifier le code]

Les notices peuvent renfermer des informations de deux types :

  • des éléments d'identification (comprenant le signalement, une photographie, les empreintes digitales, les numéros des pièces d'identité... des individus recherchés) ;
  • des éléments juridiques (comprenant la qualification de l'infraction dont l'individu est accusé, les références des lois sur lesquelles se fonde l'accusation ou la condamnation, les références du mandat d'arrêt ou de la décision de justice...).

Le Secrétariat général procède à la publication et à la diffusion des notices rouges de sa propre initiative ou à la demande de Bureaux centraux nationaux (B.C.N.) ou d’entités internationales autorisées. L'ensemble des notices rouges est diffusé sur le site web d'Interpol et est accessible à tous les internautes. Le contenu de certaines notices, sous forme d'extraits, est parfois aussi publié sur le site web si l'entité demandeuse accepte qu'Interpol diffuse ces informations au grand public.

Chiffres clés[modifier | modifier le code]

D'après le rapport annuel relatif à l'année 2016, 12 878 notices rouges ont été publiées tandis que 47 265 étaient en cours de validité. Concernant les notices jaunes, 2 675 ont ét publiées et 8 862 étaient en cours de validité[23].

Diffusion des notices de l'OIPC depuis 2000
Année Rouge Bleue Verte Jaune Noire Interpol-ONU Orange Mauve Nouvelles notices Notices en cours de validité
2000 1 077 77 61 215 103
2001 1 418 63 13 145 72 1 711 10 131
2002 1 212 94 149 1691 100 1 684 3 555
2003 1 378 159 266 167 133 2 037 1 702
2004 1 924 779 96 241 121 3 161 13 586
2005 2 343 241 332 271 70 4 7 3 268 15 323
2006 2 804 359 76 316 114 279 9 4 557 NC
2008 3 126 304 664 385 91 26 7 4 596 23 898
2009 5 020 522 1 139 472 103 17 17 7 290 NC
2010 6 344 521 1 334 1 803 85 19 29 15 708 35 318
2011 7 678 705 1 132 1 059 104 30 31 8 15 708 40 886
2012 8 136 1 085 1 477 1 691 141 78 31 16 20 130 46 994
2013 8 857 1 691 1 004 1 889 117 79 43 102 13 782 52 880
2014 10 718 2 355 1 216 2 814 153 72 29 75 17 432 60 187
2015 11 492 3 913 1 248 2 505 129 51 36 139 19 513 67 491
Sources : rapports annuels de l'OIPC

Limites[modifier | modifier le code]

Limitations tenant à la nature de l'organisation[modifier | modifier le code]

À cause du rôle politiquement neutre qu'elle doit jouer, la Constitution d'Interpol lui interdit d'intervenir dans les affaires ne concernant qu'un pays membre, ou les crimes militaires, politiques, religieux ou raciaux. Ses activités tournent autour du trafic et production de drogue, du terrorisme, du blanchiment d'argent, du crime organisé et de la criminalité transnationale.

Il faut ajouter que, contrairement à ce que son nom indique, Interpol n'est pas à proprement parler une organisation policière. Il s'agit plutôt d'une structure d'étude et d'analyse sur la criminalité et le terrorisme. C'est une sorte de grande base de données pour les pays membres, qui produit de l'expertise et de la connaissance. Il n'y a pas de « service action » dans cette organisation : les interventions sont menées par les polices de chaque pays, parfois de manière conjointe (auquel cas un des rôles d'Interpol est de faciliter la collaboration, en améliorant la communication, etc.).

Limitations structurelles[modifier | modifier le code]

La situation actuelle d'Interpol est marquée par d'importants problèmes structurels tenant essentiellement à deux raisons :

  • le budget notoirement insuffisant. Depuis des années, Interpol a des difficultés financières : son budget actuel est d'environ 80 millions d'euros seulement[24]. Alors que la police Internationale a promis de ne pas augmenter les cotisations des 190 États membres, elle se tourne vers le secteur privé. En juin 2011 déjà, la Fédération internationale de football (FIFA) a fait un don de 20 millions d'euros. Un an plus tard, en juin 2012, Interpol annonce une enveloppe de 15 millions d'euros du premier fabricant de cigarettes au monde, Philip Morris[25],[26]. En mars 2013, des géants de l'industrie pharmaceutique tels que Sanofi, Pfizer et Novartis[27] signent un chèque de 4,5 millions d'euros au service international de police Interpol[28],[29],[30].
  • le nombre élevé de pays participants rendant le fonctionnement de moins en moins fluide[réf. nécessaire].

Concurrence avec Europol[modifier | modifier le code]

Depuis le début de la construction européenne, en 1999, s'est constituée une structure exclusivement européenne : Europol, qui prend le relais du groupe TREVI, structure ad hoc créée dès 1976. C'est une organisation dissociée d'Interpol, née de la volonté des États européens de se doter d'instruments efficaces au sein de l'Union. Cependant d'autres facteurs ont contribué à la création d'Europol. Les États européens se sont opposés un certain nombre de fois aux États-Unis et ont fini par conclure à la nécessité de créer leur propre organisation, qui continue toutefois à collaborer avec Interpol.

Critiques[modifier | modifier le code]

Interpol est accusé de servir comme un outil aux mains de certains États dans le but de traquer et d'arrêter des opposants politiques en dehors de leurs frontières alors que l'article 3 de sa constitution lui impose un principe strict de neutralité. Un documentaire de la chaîne qatarienne Al Jazeera diffusé le 12 janvier 2017 traite de ce phénomène en prenant notamment l'exemple de Bahar Kimyongür. Interpol répond qu'il s'agit de cas marginaux et que les personnes concernées par ces erreurs peuvent demander à la Commission de contrôle des fichiers d’Interpol (CCF) de rectifier ou de supprimer leurs informations[31].

Notice spéciale Interpol-Nations unies[modifier | modifier le code]

En raison d'une opération contre Al-Qaïda et les Talibans, Interpol a édifié, dans le cadre de la « Notice spéciale Interpol-Nations unies »[32] et avec la collaboration des Nations unies, la liste des personnes susceptibles de sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies.

Fondation Interpol pour un monde plus sûr[modifier | modifier le code]

La Fondation Interpol pour un monde plus sûr est fondée en décembre 2013 et enregistrée à Genève[33]. Selon Interpol, « la Fondation apporte son soutien aux programmes et aux activités d’INTERPOL tout en étant juridiquement et administrativement indépendante. Avec l’aide de son Conseil, de son Comité d’honneur et de son Organe de révision, elle sera à l’origine de nouvelles initiatives mondiales en matière de sécurité et veillera à la transparence en ce qui concerne l’affectation de tous les dons. »[34]. Le financement de l'organisation est questionné par un groupe de journalistes qui a enquêté sur le fonctionnement de celle-ci : la fondation aurait développé des partenariats et reçu des dons de multinationales du tabac ou de la pharmacie, d'institutions accusées de corruption telle la FIFA ou d'états tels les Émirats arabes unis[35].

Symboles et signification[modifier | modifier le code]

Source : site officiel d'Interpol[36].

  • Le globe terrestre évoquant le caractère mondial de l’activité de l’organisation.
  • Les rameaux d’olivier, symbolisant la paix.
  • Un glaive placé verticalement derrière le globe, symbolisant l’action de la police.
  • Les plateaux de la balance symbolisent la justice.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Lemire, « Edmond Locard, le Sherlock Holmes de la Rue Saint-Jean », Historia numéro spécial 35, « Les super flics de l’Histoire de France »,‎ mai-juin 2017, p. 78-83
  2. Géraldine Schwartz, « Les nazis ne meurent jamais », Le Monde, mardi 3 février 2015, p. 12.
  3. (en) Taiwan was an Interpol member as the Republic of China until 1984, when it was replaced by the People's Republic of China. Taiwan was offered an option to continue as China's sub-bureau under name "Taiwan, China", but as this could imply that Taiwan was part of the People's Republic of China, it refused and withdrew from the organization.
  4. L'ancien logo est encore occasionnellement utilisé au sein d'Interpol.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Interpol, « Vision et mission d'Interpol » (consulté le 1er janvier 2014)
  2. a et b [PDF] Interpol, « Rapport annuel 2016 » (consulté le 22 février 2018)
  3. a et b Le système des notices internationales « Copie archivée » (version du 15 mars 2014 sur l'Internet Archive), fiche pratique COM/FS/2012-02/GI-02, interpol.int
  4. « Histoire d'INTERPOL », sur interpol.int/fr,
  5. Marie Herbet, « Un ancien patron d'Interpol condamné pour corruption », sur Le Figaro.fr,
  6. a et b « Visé par une enquête en Chine, le président d’Interpol démissionne », sur RFI.fr, .
  7. (en) « China police official Meng Hongwei to head Interpol », Aljazeera.com, 24 novembre 2016.
  8. « Le président chinois d'Interpol porté disparu, la France "préoccupée" », sur Le Figaro.fr,
  9. « Disparition du président chinois d’Interpol : l’enquête menée à Lyon », sur Le Progrès.fr,
  10. [PDF] « Modification du Protocole d’accord entre l’Union africaine et INTERPOL », sur Interpol, (consulté le 22 février 2018)
  11. (en) « Order on Interpol Work Inside U.S. Irks Conservatives », sur NY Times, mis en ligne le 30 décembre 2009 (consulté le 24 novembre 2016)
  12. (en) « Official opening of INTERPOL's office of its Special Representative to the European Union marks milestone in co-operation », sur Interpol, mis en ligne le 25 septembre 2009 (consulté le 24 novembre 2016)
  13. « Pays Membre », sur Interpol.int (consulté le 22 février 2018)
  14. « La division des relations internationales »,
  15. Jean Chichizola et Cyrille Pluyette, « Le directeur d'Interpol a disparu », Le Figaro, 6-7 octobre 2018, p. 10.
  16. « L’Allemand Jürgen Stock élu nouveau Secrétaire Général d’INTERPOL », site d'Interpol, 7 novembre 2014.
  17. (en) « China police official Meng Hongwei to head Interpol », sur Aljazeera.com, 24 novembre 2016.
  18. Disparition du président d’Interpol : démission, pots de vin, "en danger"… Le point sur l’affaire.
  19. http://www.interpol.int/fr/Centre-des-médias/Nouvelles/2014/N2014-037
  20. « INTERPOL creates new international alert notice », Interpol, Lyon, France, (consulté le 1er octobre 2013) : « INTERPOL already issues a series of colour-coded notices, including the famous Red Notice for wanted international fugitives »
  21. « The United Nations Security Council's request to Interpol to assist the UN's anti-terrorism fight », Interpol, (consulté le 1er octobre 2013)
  22. « Notices », interpol.int (consulté le 6 octobre 2017).
  23. Interpol, « Rapport annuel 2016 »
  24. (en) « Annual Report 2013 »
  25. (en) Luk Joossens et Anna B Gilmore, « The transnational tobacco companies strategyto promote Codentify, their inadequate tracking and tracing standard »
  26. Mathieu Martinière et Robert Schmidt, « Interpol : le lobby du tabac se paie une vitrine »
  27. « INTERPOL et l’industrie pharmaceutique lancent une initiative mondiale de lutte contre les faux médicaments »,
  28. (de) Mathieu Martiniere, « Interpol, die Lobby und das Geld »
  29. (de) Robert Schmidt et Mathieu Martiniere, « Interpol - Wer hilft hier wem? »,
  30. (en) Robert Schmidt et Mathieu Martiniere, « The smoke and mirrors of the tobacco industry's funding of Interpol »
  31. (en) « Interpol: Red Alert! », sur aljazeera.com, (consulté le 12 janvier 2017)
  32. « Special Notices : Interpol-Nations unies », sur Interpol.int (consulté le 22 février 2018)
  33. « Prenant en charge ses fonctions à la fondation Interpol, Murr brosse un plan antiterroriste en 7 points », L'Orient-Le Jour,‎ (lire en ligne)
  34. « Fondation INTERPOL pour un monde plus sûr / Financement / À propos d'INTERPOL / Internet / Accueil - INTERPOL », sur www.interpol.int (consulté le 2 mars 2018)
  35. « Enquête sur les dessous sulfureux de la Fondation Interpol », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  36. « Signes distinctifs », sur le site officiel d'interpol (consulté le 24 novembre 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Interpol est évoqué dans l'anime Death Note, dans le tout premier épisode.
  • Samuel Lajus, Interpol, une police sous influence ?, ARTE 2018[1]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. ARTE, « Interpol, une police sous influence ? », ARTE Boutique - Films et séries en VOD, DVD, location VOD, documentaires, spectacles, Blu-ray, livres et BD, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)