Bernardo Provenzano

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Bernardo Provenzano
Cosa nostra - Corleonesi
Nom de naissance Bernardo Provenzano
Surnom Binnu u tratturi
Le comptable
Naissance
Corleone, Sicile
Décès (à 83 ans)
Milan
Cause du décès Cancer de la vessie
Condamnation octobre 1993
Sentence Prison à vie
Multiple assassinats, racket
Victimes Multiples victimes directes et des centaines d'assassinats ordonnés
Pays Italie
Régions Sicile
Arrestation

Bernardo Provenzano ( à Corleone en Sicile - à Milan[1] ) est un criminel italien, membre dirigeant de la mafia sicilienne, surnommé « Le tracteur », puis « Le Comptable ».

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il est né et a grandi à Corleone, il est le troisième de sept frères, nés dans une famille de paysans. Provenzano quitte l'école à dix ans sans avoir terminé sa primaire[2]. Il travaill dans les champs. Il rejoint la Mafia à la fin de son adolescence. À l'époque, Michele Navarra est le chef de la famille Mafieuse de Corleone. Provenzano devient proche de Luciano Leggio, un mafieux jeune et ambitieux. Navarra et Leggio rentrent en guerre les uns contre les autres au milieu des années 1950.

En Août 1958, Provenzano est l' un des 14 hommes de Leggio qui se sont mises en embuscade et assassinent Michele Navarra[3]. Leggio devient parrain. Au cours des cinq années suivantes, Provenzano aide Leggio à traquer et à tuer un grand nombre de partisans survivants de Navarra.

Clandestinité et ascension au sein de Cosa Nostra[modifier | modifier le code]

En mai 1963, Provenzano rentre dans la clandestinité après l'échec d'une tentative d'assassinat d'un des hommes de Navarra. À cette époque, il ne craignait pas la police, mais la vendetta lancée par la mafia. Leggio dit de Provenzano: "Il tire comme un dieu, mais malheureusement, il a une cervelle d'oiseau"[4]. Le 10 Septembre 1963, un mandat d'arrêt est émis contre Provenzano pour l'assassinat d'un des hommes de Navarra. Dés lors, Provenzano, comme le reste des Corleonesi, passera la majeure partie de sa vie dans la clandestinnité. Leggio va en prison pour l'assassinat de Michele Navarra en 1974, laissant effectivement Totò Riina prendre sa succession[5]. Provenzano devient le commandant en second des Corleonesi, le bras-droit de Riina.

Le 10 Décembre 1969, Provenzano participe au massacre de Viale Lazio avec le meurtre de Michele Cavataio et de ses trois gardes du corps pour son rôle dans la Première Guerre Mafia. Mais l'attaque tourne mal. Cavataio riposte et tue Calogero Bagarella (un des frères aînés de Leoluca Bagarella, lui-même le frère-frère de Totò Riina). Selon la légende, Provenzano aurait sauvé la situation avec sa mitraillette Beretta 38/A et aurait gagné une réputation de tueur[6]. Cependant, selon Gaetano Grado , l'un des participants au massacre qui, plus tard, est devenu un témoin du gouvernement, explique Provenzano a faillit faire rater l'attaque en tirant trop tôt[7].

Pendant le règne de Riina comme parrain, les autorités pensent que Provenzano faisait fonctionner en coulisse l'aspect financier des entreprises criminelles que lui et Riina orchestré par le biais de sociétés écran et de différents prête-noms. Ils perçoivent des commissions sur les travaux publics, le trafic d'armes mais surtout le trafic d'héroïne (French Connection)[8]. On ne sait pas dans quelle mesure il a participé à la seconde guerre Mafia de 1981/82, initiée par Riina. Cette guerre qui entraîné la mort de plus d'un millier de Mafiosi et a fait des Corleonesi la faction dominante de la Mafia en Sicile sur les factions palermitaines.

Capo de tutti Capi : Chef de Cosa Nostra[modifier | modifier le code]

Salvatore Riina est arrêté en janvier 1993 et il est condamné à la prison à vie pour avoir ordonné des douzaines de meurtres, incluant deux attentats à la bombe célèbres en 1992 (le massacre de Capaci et celui de Via D'Amelio) qui ont tué les procureurs Giovanni Falcon et Paolo Borsellino[9]. Falcone et Borsellino étaient en charge du Maxi-Procès à la moitié des années 1980. Provenzano est celui condamné par contumace pour les mêmes meurtres.

Bernardo Provenzano devient le chef de la famille des Corleonesi, et donc de ce fait le capo di tutti capi de toute la Cosa Nostra[10]. Il avait entretenu auparavant des relations conflictuelles avec Riina, ex-patron de la « cupola », le « parlement » de la mafia sicilienne. Se sentant puissant et invulnérable, sa femme et ses deux enfants qui l'avait suivi dans la clandestinité, réapparaissent et reviennent vivre à Corleone[11]. Dés lors, les autorités le croient mort. Mais en 1993, il envoie une lettre dans laquelle il désigne ses avocats pour un futur procès le concernant[12]. La traque reprend, il faudra 15 ans supplémentaire pour l'interpeller[13].

Inculpé dans des centaines de procédures pénales, il a été cité dans de nombreux procès antimafia depuis le début des années 1980 par les « repentis ».

Comme Toto Riina, Provenzano a appartenu initialement à la bande de Luciano Liggio de Corleone. Il a commis ses premiers meurtres au début des années 1960, lors de la guerre qui a opposé le clan de Corleone au clan Navarra de Palerme. Parrain du maire de Palerme en 1970-71, Vito Ciancimino (qui devint en 1992 le premier politicien à être condamné suite aux révélations de Tommaso Buscetta), son visage était ignoré de la plupart de ses collaborateurs des clans corleonais. Il ne communiquait que par des messages codés sur papier avec ses hommes de confiance. Il est connu sous le nom de « Zu Binnu » en dialecte sicilien ou « u tratturi », le tracteur, pour sa détermination.

Âgé de 74 ans, il a été condamné par contumace et douze fois à la réclusion criminelle à perpétuité, notamment pour son rôle de commanditaire dans les assassinats des juges antimafia Giovanni Falcone et Paolo Borsellino en 1992.

Arrestation[modifier | modifier le code]

Fugitif depuis 1963, la dernière photo de lui datait de 1959 où il porte un costume pour la Saint-Valentin avec de la gomina dans les cheveux. Un portrait-robot avait pu être établi en 2005 grâce aux témoignages des médecins d'une clinique à Marseille, où il avait été soigné plusieurs semaines fin 2002 pour une tumeur à la prostate remboursé par la sécurité sociale italienne, alors qu'il est fugitif[14]. Après des remontées de filières criminelles entre la Belgique et l'Italie entre 2003 et 2006, après 43 ans de cavale, Provenzano a finalement été arrêté le dans une ferme à Montagna dei Cavalli, à trois kilomètres de Corleone en Sicile par Renato Cortese, chef de la police palermitaine affectée à la traque des chefs mafieux, après une traque de 8 ans.

Procès[modifier | modifier le code]

Le le procès des deux derniers chefs de la mafia sicilienne, Bernardo Provenzano et Toto Riina a commencé devant la cour d'assises de Palerme. Les faits remontent à 1969 et concernent une tuerie dans laquelle six hommes de Cosa Nostra avaient trouvé la mort à Palerme.

Bernardo Provenzano est accusé d'être l'un des acteurs directs de la fusillade survenue le et connue comme le « massacre de Viale Lazio », qui permit au clan des Corléonais de Provenzano et de Toto Riina d'éliminer plusieurs chefs rivaux. Les Corléonais devaient prendre définitivement le pouvoir au sein de Cosa Nostra au début des années 1980, après une guerre des clans qui fit plusieurs centaines de morts à Palerme.

Fin 2009, le général Mario Mori, ex-chef du Raggruppamento operativo speciale des carabinieri puis directeur du SISDE (it), fut inculpé, étant accusé d'avoir délibérément retardé la capture de Provenzano. Ce procès est lié de près aux révélations faites par Massimo Ciancimino, le fils de l'ex-maire de Palerme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Italie : décès de Bernardo Provenzano, l'ex-chef historique de Cosa Nostra », sur Libération.fr, Libération (consulté le 13 juillet 2016).
  2. https://www.theguardian.com/theguardian/2001/apr/24/features11.g2
  3. http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/4899512.stm
  4. https://www.theguardian.com/theguardian/2001/apr/24/features11.g2
  5. http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/4899512.stm
  6. http://www.repubblica.it/2006/04/sezioni/cronaca/provenzano2/provenzano2/provenzano2.html
  7. http://livesicilia.it/2009/04/28/la-strage-di-viale-lazio-spiegata-dal-pentito-chiave_4568/
  8. http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2016/07/13/mort-de-bernardo-provenzano-ancien-chef-supreme-de-la-cosa-notra-sicilienne_4969149_3382.html
  9. http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2016/07/13/mort-de-bernardo-provenzano-ancien-chef-supreme-de-la-cosa-notra-sicilienne_4969149_3382.html
  10. http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2016/07/13/mort-de-bernardo-provenzano-ancien-chef-supreme-de-la-cosa-notra-sicilienne_4969149_3382.html
  11. http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2016/07/13/mort-de-bernardo-provenzano-ancien-chef-supreme-de-la-cosa-notra-sicilienne_4969149_3382.html
  12. http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2016/07/13/mort-de-bernardo-provenzano-ancien-chef-supreme-de-la-cosa-notra-sicilienne_4969149_3382.html
  13. http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2016/07/13/mort-de-bernardo-provenzano-ancien-chef-supreme-de-la-cosa-notra-sicilienne_4969149_3382.html
  14. https://www.theguardian.com/theguardian/2001/apr/24/features11.g2

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]