Bernardo Provenzano

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Bernardo Provenzano
Cosa nostra - Corleonesi
Nom de naissance Bernardo Provenzano
Naissance
Corleone, Sicile
Décès (à 83 ans)
Milan
Surnom Binnu u tratturi (Nanard le tracteur)
"Zio Binnu" (Oncle Bernardo)
"Il ragioniere" (Le comptable)
Cause du décès Cancer de la vessie
Condamnation 2007
Sentence Prison à vie
Multiple assassinats, racket
Victimes Multiples victimes directes et des centaines d'assassinats ordonnés
Pays Italie
Régions Sicile
Ville Corleone
Arrestation

Bernardo Provenzano ( à Corleone en Sicile - à Milan[1]) est un criminel italien, membre dirigeant de la mafia sicilienne Cosa nostra, surnommé « Le tracteur », puis « Le Comptable ».

Il entre dans la clandestinité en 1963 pour être arrêté en 2006, soit une cavale de près de 43 ans. Durant cette période, il devient le bras-droit de Toto Riina et ils prennent l'ascendant sur les familles palermitaines durant la seconde guerre de la mafia dans les années 1980. Lorsque Riina est arrêté en 1993, Provenzano devient Capo di tutti capi (Chef de tous les chefs) de Cosa Nostra. Sous son règne, Cosa Nostra cesse les attentats et les meurtres spectaculaires et se fait discrète pour se recentrer sur des activités plus lucratives.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il est né et a grandi à Corleone, troisième de sept frères nés dans une famille de paysans. Provenzano quitte l'école à dix ans sans avoir terminé sa primaire[2]. Il travaille dans les champs. Il rejoint la Mafia à la fin de son adolescence et commence par voler du bétail et de la nourriture pour le compte de Michele Navarra. À l'époque, Michele Navarra est le chef de la famille Mafieuse de Corleone. Puis il participe à son premier règlement de compte à 21 ans. Il en résulte une blessure à la tête. Provenzano devient proche de Luciano Leggio, un mafieux jeune et ambitieux. Navarra et Leggio rentrent en guerre l'un contre l'autre au milieu des années 1950.

En août 1958, Provenzano est l'un des 14 hommes de Leggio qui se sont mis en embuscade et assassinent Michele Navarra[3]. Leggio devient parrain. Au cours des cinq années suivantes, Provenzano aide Leggio à traquer et à tuer un grand nombre de partisans survivants de Navarra. C'est à cette époque qu'il gagne son surnom de « tracteur ». Car selon RFI « Il labourait partout où il passait. Il était comme Attila, après lui, l'herbe ne repoussait plus », comme le notifie l'un de ses complices[4].

Clandestinité et ascension au sein de Cosa Nostra[modifier | modifier le code]

En mai 1963, Provenzano rentre dans la clandestinité après l'échec d'une tentative d'assassinat contre le mafioso Francesco Paolo Streva, homme de main de Navarra. À cette époque, il ne craignait pas la police, mais la vendetta lancée par la mafia. Leggio dit de Provenzano: "Il tire comme un dieu, mais malheureusement, il a une cervelle d'oiseau"[2]. Le 10 septembre 1963, un mandat d'arrêt est émis contre Provenzano pour la tentative d'assassinat contre Streva et association mafieuse[5]. Dés lors, Provenzano, comme le reste des Corleonesi, passera la majeure partie de sa vie dans la clandestinité. Leggio va en prison pour l'assassinat de Michele Navarra en 1974, laissant effectivement Totò Riina prendre sa succession[3]. Provenzano devient le commandant en second des Corleonesi, le bras-droit de Riina.

Le 10 décembre 1969, Provenzano participe au massacre de Viale Lazio avec le meurtre de Michele Cavataio et de ses trois gardes du corps pour son rôle dans la Première Guerre Mafia. Mais l'attaque tourne mal. Cavataio riposte et tue Calogero Bagarella (un des frères aînés de Leoluca Bagarella, lui-même le beau-frère de Totò Riina). Selon la légende, Provenzano aurait sauvé la situation avec sa mitraillette Beretta 38/A et aurait gagné une réputation de tueur[6]. Cependant, selon Gaetano Grado , l'un des participants au massacre qui, plus tard, est devenu un témoin du gouvernement, Provenzano a faillit faire rater l'attaque en tirant trop tôt[7]. Il est le parrain du maire de Palerme en 1970-71, Vito Ciancimino (qui devint en 1992 le premier politicien à être condamné suite aux révélations de Tommaso Buscetta).

Pendant le règne de Riina comme parrain, les autorités pensent que Provenzano faisait fonctionner en coulisse l'aspect financier des entreprises criminelles que lui et Riina orchestraient par le biais de sociétés écran et de différents prête-noms. Ils percevaient des commissions sur les travaux publics, le trafic d'armes mais surtout sur le trafic d'héroïne (French Connection)[5]. On ne sait pas dans quelle mesure Provenzano a participé à la seconde guerre Mafia de 1981/82, initiée par Riina. Cette guerre a entraîné la mort de plus d'un millier de Mafiosi et a fait des Corleonesi la faction dominante de la Mafia en Sicile sur les factions palermitaines.

Capo de tutti Capi : Chef de Cosa Nostra[modifier | modifier le code]

Salvatore Riina est arrêté en janvier 1993 et est condamné à la prison à vie pour avoir ordonné des douzaines de meurtres, dont les deux célèbres attentats à la bombe de 1992 (le massacre de Capaci et celui de Via D'Amelio) qui ont tué les procureurs Giovanni Falcone et Paolo Borsellino[5]. Falcone et Borsellino étaient chargés du Maxi-Procès du milieu des années 1980. Provenzano a été condamné par contumace pour les mêmes meurtres.

Bernardo Provenzano devient le chef de la famille des Corleonesi, et donc de ce fait le capo di tutti capi de toute la Cosa Nostra[5]. Il avait entretenu auparavant des relations conflictuelles avec Riina, ex-patron de la « cupola », le « parlement » de la mafia sicilienne. Parce qu'il se sent puissant et invulnérable, sa femme et ses deux enfants, qui l'avait suivi dans la clandestinité, réapparaissent et reviennent vivre à Corleone[5]. Dés lors, les autorités le croient mort. Mais en 1993, il envoie une lettre dans laquelle il désigne ses avocats pour un futur procès le concernant[5]. La traque reprend, il faudra 15 ans de plus pour l'interpeller[5]. Provenzano change de tactique par rapport à Riinà : il comprend que le bras de fer avec l'État est néfaste à l'organisation. Il ordonne donc la fin des attentats et des meurtres spectaculaires dans le but d'endormir l'attention des autorités et ainsi mieux pénétrer la société sicilienne[4]. Il espère ainsi faire modifier le régime carcéral, le 41-bis, extrêmement dur pour les cadres de Cosa Nostra[5].

Inculpé dans des centaines de procédures pénales, il a été cité dans de nombreux procès antimafia depuis le début des années 1980 par les « repentis ».

La plupart de ses collaborateurs des clans corleonais ne connaissaient pas son visage. Il ne communiquait que par des messages codés sur papier avec ses hommes de confiance.

Arrestation[modifier | modifier le code]

Fugitif depuis 1963, la dernière photo de lui datait de 1959 où il porte un costume pour la Saint-Valentin avec de la gomina dans les cheveux. Un portrait-robot avait pu être établi en 2005 grâce aux témoignages des médecins d'une clinique à Marseille, où il avait été soigné plusieurs semaines fin 2002 pour une tumeur à la prostate remboursé par la sécurité sociale italienne, alors qu'il est fugitif. Il se fait passer pour un boulanger[2]. Les autorités ne connaissent que trois éléments : son poids, sa taille et une cicatrice qu'il a au cou[4]. Après des remontées de filières criminelles entre la Belgique et l'Italie entre 2003 et 2006 et l'installation de micros dans tous les alentours de Corleone, même dans les oliviers[4], après 43 ans de cavale, Provenzano a finalement été arrêté le dans une ferme à Montagna dei Cavalli, à trois kilomètres de Corleone en Sicile par Renato Cortese, chef de la police palermitaine affectée à la traque des chefs mafieux, après une traque de huit ans[8].

Procès[modifier | modifier le code]

Le le procès des deux derniers chefs de la mafia sicilienne, Bernardo Provenzano et Toto Riina a commencé devant la cour d'assises de Palerme. Les faits remontent à 1969 où il est considéré être l'un des acteurs directs de la fusillade survenue le et connue comme le « massacre de Viale Lazio », qui permit au clan des Corléonais de Provenzano et de Toto Riina d'éliminer plusieurs chefs rivaux. dans laquelle six hommes de Cosa Nostra avaient trouvé la mort à Palerme.

Âgé de 74 ans, il a été condamné par contumace et douze fois à la réclusion criminelle à perpétuité, notamment pour son rôle de commanditaire dans les assassinats des juges antimafia Giovanni Falcone et Paolo Borsellino en 1992 et ordonné par Riinà.

Fin 2009, le général Mario Mori, ex-chef du Raggruppamento operativo speciale des carabinieri puis directeur du SISDE (it), fut inculpé, étant accusé d'avoir délibérément retardé la capture de Provenzano. Ce procès est lié de près aux révélations faites par Massimo Ciancimino, le fils de l'ex-maire de Palerme.

Incarcération et mort[modifier | modifier le code]

Il est incarcéré dans différentes prisons de haute-sécurité d'Italie, sans radio, ni télévision[4]. Sa santé commence à décliner. En 2011, on lui détecte un cancer de la vessie. En 2012, il tente de se suicider en voulant s'étouffer avec un sac plastique[4]. Il souffre aussi de la maladie de Parkinson. Des images de caméras de surveillance sont diffusées à la télévision. On le voit en pleine confusion mentale alors qu'exceptionnellement, il a pu rencontrer sa famille. Il décède le 13 juillet 2016 à l'hôpital pénitentiaire de Milan[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]