Roberto Saviano

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Roberto Saviano
Description de cette image, également commentée ci-après
Saviano en 2007.
Naissance (39 ans)
Naples
Drapeau de l'Italie Italie
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Italien

Œuvres principales

Roberto Saviano, né le à Naples, est un écrivain et journaliste italien.

Saviano s'est rendu célèbre pour avoir décrit précisément les milieux mafieux dans ses écrits et articles, en particulier dans son œuvre Gomorra (2006), dans laquelle il décrit celui de la Camorra.

En raison de l'immense succès dans son pays et à l'étranger de son livre, il vit maintenant sous protection policière permanente. Par sa position, il est considéré comme un héros national par nombre de ses contemporains, notamment son compatriote Umberto Eco.

Il reçoit en 2011 le PEN/Pinter International Writer of Courage Award (en)[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Né à Naples le , d'un père médecin, Luigi Saviano et d'une mère institutrice, Miriam Haftar, juive originaire du nord du pays, Roberto Saviano a étudié la philosophie dans sa ville d'origine à l'université « Frédéric II »[2],[3], où il fut l'élève de Francesco Barbagallo[4]. Saviano est surtout influencé par la pensée de Giustino Fortunato, Gaetano Salvemini, Errico Malatesta, Mikhaïl Bakounine et Rocco Scotellaro[5]. Il collabore ensuite notamment avec L'Espresso et La Repubblica[2]. Il est publié dans Nuovi Argomenti, Lo Straniero, Nazione Indiana, Sud, et dans plusieurs anthologies, comme Best Off, il meglio delle riviste letterarie italiane (Minimum Fax 2005), et Napoli comincia a Scampia (L'Ancora del Mediterraneo 2005)[réf. nécessaire].

Le phénomène Gomorra[modifier | modifier le code]

Dans Gomorra, publié en mars 2006 (en France en octobre 2007), Roberto Saviano explore Naples et la Campanie dominées par la criminalité organisée, sur fond de guerres entre clans rivaux et de trafics en tout genre : contrefaçon, armes, drogue et déchets toxiques. Le livre est aussi une profonde enquête sociologique sur la population napolitaine vivant au cœur des milieux mafieux.

Saviano y révèle également l'étendue des activités de la Camorra en Espagne. Dans une interview au quotidien espagnol El País, Roberto Saviano explique que Nuvoletta, Michele Zaza et d'autres membres de la Camorra recyclent massivement leurs gains illicites dans l'industrie touristique andalouse, acquérant ainsi hôtels, restaurants et night-clubs.

Saviano affirme par ailleurs que la Camorra aurait pris le contrôle des importations en Europe de cocaïne colombienne par des filières installées à Madrid et Barcelone. De plus, selon lui l'Espagne serait « envahie par l'argent de la Camorra », mais la « classe politique locale n'en aurait pas encore pris conscience ».

En 2006, à la suite du succès de son récit documentaire Gomorra, très accusateur à l'égard des activités de la Camorra, il est victime de menaces de mort[6],[7], confirmées par des déclarations de camorristes collaborant avec la justice, et des informations révélant le projet du clan Casalesi de l'assassiner. Roberto Saviano vit sous protection policière depuis le 13 octobre 2006[2].

En 2009, Gomorra, traduit dans 42 pays, a été vendu à plus de quatre millions d'exemplaires à travers le monde[8].

Une œuvre théâtrale a été tirée de l'ouvrage Gomorra. Cette adaptation a été écrite par Saviano avec Mario Gelardi. Le livre a également été adapté au cinéma en 2008 puis à la télévision en 2014[9].

Le phénomène Vieni via con me[modifier | modifier le code]

En 2011, le livre reprend la série d'émissions passées, en novembre 2010, sur Rai 3 dont le succès se mesure à l'audience : dix millions de personnes, plus que la demi-finale de la Coupe des clubs champions entre l’Inter de Milan et Barcelone. En huit émissions, parlant de la mafia comme du tremblement de terre de L'Aquila, il propose une vision lucide de la politique italienne[10].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Phénomène migratoire en Italie et en Europe[modifier | modifier le code]

Roberto Saviano s’insurge, dans un texte exclusif transmis au journal le Monde, contre la politique migratoire du ministre italien de l’intérieur, Matteo Salvini[11].

Roberto Saviano propose « la régularisation de tous les immigrés clandestins qui se trouvent aujourd’hui en Italie : en 2002, Roberto Maroni l’avait fait en donnant des papiers à 700 000 immigrés qui se sont aussitôt transformés en 700 000 contribuables ; l’actuel gouvernement peut et doit aussi le faire ». Ensuite, l'auteur propose de « plancher sur la réglementation sur les visas et cesser de donner de l’argent aux mafias libyennes, parce que ce sont des geôliers que nous payons ». Enfin, Roberto Saviano plaide pour la mise en place d'« accords avec les pays européens pour que les permis délivrés en Italie permettent de circuler et de travailler dans l’ensemble de l’Union européenne »[12].

Controverses[modifier | modifier le code]

Le 16 avril 2010, le Président du Conseil Silvio Berlusconi a accusé l'auteur de Gomorra de faire la promotion des gangs mafieux et de donner une mauvaise image de l'Italie[13].

En 2013, Roberto Saviano et sa maison d'édition Arnoldo Mondadori Editore sont condamnés pour avoir plagié des passages entier d'articles de presse des quotidiens Cronache di Napoli et Corriere di Caserta, réutilisé dans Gomorra sans les citer[14]. La condamnation est confirmée par la Cour d'appel de Naples en 2016, mais la peine est ramenée de 60 000 à 6 000 euros.

En juin 2018, le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini menace de lever la protection policière dont il fait l'objet après ses critiques contre le gouvernement[15]. Le 19 juillet, il porte plainte contre lui pour « diffamation », Saviano l'accusant d'être le « Ministre de la Mala Vita » dans un tweet[16].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Le 2 janvier 2008, à la fin du journal de 20 heures de la Rai Uno, le présentateur annonce que le récit Gomorra de Roberto Saviano a reçu le prix du meilleur livre de l'année des téléspectateurs du journal télévisé, battant ainsi d'autres best-sellers, notamment le célèbre et contesté La Casta de Sergio Rizzo. En Espagne, il reçoit le Prix International de Journalisme Manuel Vázquez Montalbán.

Le 9 octobre 2012 à Strasbourg, Roberto Saviano s’est vu décerner le prix « Giovanni Falcone pour la Justice », remis pour la première fois par des associations en marge du Forum mondial de la démocratie organisé par le Conseil de l’Europe[17].

Il a obtenu une laurea honoris causa en Jurisprudence de l'Université de Gênes[18].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Le Contraire de la mort : Scènes de la vie napolitaine [« Il contrario della morte »], Robert Laffont, , 108 p. (ISBN 2221113195 et 978-2-221-11319-6)
  • Le combat continue : Résister à la mafia et à la corruption [« Vieni via con me »], Robert Laffont, , 192 p. (ISBN 2221127935 et 978-2221127933)

Autre[modifier | modifier le code]

Essai non traduit en français[modifier | modifier le code]

  • La parola contro la camorra, Einaudi, , 94 p.
  • (it) La paranza dei bambini, Giangiacomo Feltrinelli Editore, noël 2016, 347 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Roberto Saviano couronné par le prix Pen/Pinter », sur Le Devoir, (consulté le 12 octobre 2011)
  2. a b et c « Biographie de Roberto Saviano » (consulté le 14 février 2009)
  3. (en) « Biography of Roberto Saviano » (consulté le 14 février 2009)
  4. Son interview dans le documentaire de La Chaîne parlementaire
  5. (it) « Roberto Saviano sotto scorta » (consulté le 18 avril 2013)
  6. Eric Jozsef, « Italie : un écrivain antimafia sous protection », Libération,‎ (lire en ligne)
  7. « Un clan mafieux voudrait tuer l'auteur de "Gomorra" », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. « Accusé de plagiat, menacé, l'auteur de "Gomorra" se prépare à l'exil », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. Roberto Saviano : « Tout ce que montre “Gomorra” est vrai », entretien, lemonde.fr, 24 septembre 2016
  10. Voir une émission
  11. Roberto Saviano, l’insulte salutaire, France Culture, 25 juin 2018
  12. Roberto Saviano : « Le nouveau gouvernement italien a déjà causé trop de mal », le Monde, 21 juin 2018
  13. [1], Médiapart, 19/04/10
  14. (it) Redazione online, « «Copiate alcune pagine di Gomorra» Saviano e Mondadori condannati in appello », Corriere del Mezzogiorno,‎ (lire en ligne)
  15. « Salvini menace de lever la protection de l'auteur de "Gomorra" après ses critiques contre le gouvernement », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  16. « Italie : le ministre Matteo Salvini porte plainte contre l’écrivain Roberto Saviano », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  17. « L’Italien Roberto Saviano reçoit, en son absence, un prix « Giovanni Falcone » à Strasbourg », sur dna.fr, (consulté le 9 octobre 2012)
  18. https://unige.it/comunicazione/honoris_causa/
  19. « Roberto Saviano et Sofi Oksanen récompensés par le prix du livre européen », sur http://www.lesoir.be (consulté le 9 décembre 2010)
  20. "Roberto Saviano décortique l’impressionnant business de la cocaïne" article du 24.11.14 sur Médias24

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]