Luigi Calabresi

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Luigi Calabresi
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 34 ans)
MilanVoir et modifier les données sur Wikidata
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Récompense du mérite civil (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Luigi Calabresi (Rome, Milan, ) est un commissaire de la police italienne, assassiné en 1972 par un commando de l'organisation d'extrême gauche Lotta continua à Milan.

Il a reçu la Médaille d'or de la Présidence de la République italienne à titre posthume. Son procès de béatification est en cours.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Rome en 1937, il fait des études de droit à l'université de la Sapienza, qu'il termine avec une thèse sur la mafia. Mais il préfère s'engager dans la police. En 1965, il passe le concours de commissaire de sécurité publique[1].

A Milan, il est nommé à la Section politique de la Préfecture. Il est chargé de surveiller les milieux d'extrême gauche, particulièrement les groupes maoïstes et anarchistes. Il enquête notamment sur un trafic d'explosifs que les anarchistes italiens entretiendraient avec leurs homologues grecs. Selon son fils, il aurait développé des rapports plutôt cordiaux avec beaucoup d'anarchistes, dont Giuseppe Pinelli[2].

En 1968, il devient commissaire en chef à la Section politique de la Préfecture de Milan[3].

Enquête sur l'attentat de Piazza Fontana[modifier | modifier le code]

Le cheminot anarchiste Giuseppe Pinelli est placé en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur l'attentat de Piazza Fontana, qui a eu lieu le . Il fait une chute mortelle du quatrième étage de la Préfecture de police de Milan. La police déclare qu'il s'est suicidé[4], mais la presse de gauche accuse, sans preuve, Luigi Calabresi de l'avoir volontairement défenestré[5]. Le journal d'extrême gauche Lotta Continua[6]), sous la plume de Pio Baldelli, titre en première page: « Pinelli a été assassiné et Calabresi est son assassin! »[5].

Le dramaturge Dario Fo, prix Nobel en 1997, met en scène une pièce tragi-comique, Mort accidentelle d’un anarchiste, qui est jouée pour la première fois . Le personnage du "Commissaire Sportif" est une caricature de Calabresi. Il est présenté comme l'assassin de Pinelli et confondu par un fou introduit à la Préfecture[7].

Sur les murs de Milan et d'autres villes italiennes, les graffitis menaçant Calabresi de mort deviennent courants[7].

Enquête sur la mort de Giangiacomo Feltrinelli[modifier | modifier le code]

Le , on trouve dans un champ à Segrate, en banlieue milanaise, un cadavre au pied d'un pylône électrique. Calabresi est chargé de l'affaire.

Le , Calabresi déclare que le corps, retrouvé avec de faux papiers et des explosifs, est en réalité celui de Giangiacomo Feltrinelli, éditeur milliardaire d'extrême gauche. Feltrinelli avait fondé le Gruppo d'Azione Partigiana, une cellule responsable de divers attentats à l'explosif. Le groupe émettait aussi par radio des messages chiffrés sur des objectifs à frapper. L'enquête, menée par Calabresi, établit que Feltrinelli en personne était en train d'amorcer une bombe sur un pylône de haute tension pour provoquer un black out à Milan et faciliter ainsi des actes de violence terroriste. Les organisations et la presse de gauche contestent la version de Calabresi et affirment que Feltrinelli aurait été assassiné soit par les services secrets, soit par la CIA, soit par un groupe de droite. Pourtant, l'enquête permet d'arrêter les autres membres du groupe les jours suivants. Ils seront jugés en 1979[8],[5].

Assassinat et suites judiciaires[modifier | modifier le code]

Le , le commissaire Calabresi est assassiné devant son domicile. Il est inhumé au Cimetière majeur de Milan.

Le juge qui ouvre le procès à la Cour de Milan, Carlo Biotti, est victime d'une campagne de diffamation. Le , le juge d'instruction D'Ambrosio déterminera que la mort de Pinelli a été due à des causes accidentelles, et que, par ailleurs, le commissaire Calabresi n’était pas présent dans la pièce où se trouvait Pinelli au moment de sa chute[9].

En 1988, Leonardo Marino, ex-militant de Lotta Continua, avouera avoir servi de chauffeur lors de l'assassinat de Calabresi. Il désignera, comme commanditaires de l'attentat, Adriano Sofri et Giorgio Pietrostefani, et, comme tireur, Ovidio Bompressi[5],[10]. Tous étaient membres de l'organisation Lotta Continua.

En 1997, les prévenus sont reconnus coupables. Adriano Sofri et Giorgio Pietrostefani sont condamnés à vingt-deux ans de prison, sauf Leonardo Marino, qui bénéficie des mesures de réductions octroyées aux repentis (collaboratori di giustizia ou pentiti).

Luigi Calabresi est un Serviteur de Dieu pour l'Église catholique. Sa cause a été introduite sous le pontificat de Paul VI.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Dans le film Piazza Fontana (or. it.: Romanzo di una strage) de Marco Tullio Giordana (2012), le rôle de son personnage est tenu par Valerio Mastandrea[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alessandra Mecozzi, Il Commissario Calabresi - Generoso servitore dello Stato e fedele testimone del Vangelo http://www.fidesvita.org/uploads/2007/10/fram026_5.pdf
  2. Mario Calabresi, Spingendo la notte più in là, Milano, Mondadori, 2007.
  3. Daniele Biacchessi, Il caso Sofri, Roma, Editori Riuniti, 1998.
  4. « Giuseppe Pinelli, l'anarchico defenestrato », sur web.archive.org, (consulté le )
  5. a b c et d Massimo Magliaro, « Le Mouvement Social Italien », Cahiers d'histoire du nationalisme, Paris, Synthèse nationale, no 11, 2017 (ISSN 2493-6715). p. 84-85, 101-102.
  6. Présentation du documentaire « L'Affaire Sofri » sur le site Arte Pro.
  7. a et b Michele Brambilla, L'eskimo in redazione, Milano, Ares, 1991.
  8. Indro Montanelli e Mario Cervi, Milano ventesimo secolo, Milano, Rizzoli, 1990.
  9. (it) http://www.reti-invisibili.net/giuseppepinelli/docs/4-2635_sentenza_pinelli.pdf.
  10. (it) [PDF] http://www.repubblica.it/online/cronaca/calabresi/delitto/delitto.html
  11. (it) « Romanzo di una strage - Film (2012) », sur ComingSoon.it (consulté le )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mario Calabresi, Sortir de la nuit - Une histoire des années de plomb, (traduit de l'italien par Anaïs Bokobza), Gallimard, 165 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]