Al Capone

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Al Capone

Capone lors de son arrestation comme ennemi public n°1 en 1930, photo prise dans les locaux de la police de Chicago
Signature d'Al Capone
Information
Nom de naissance Alphonse Gabriel Capone
Surnom Scarface (dans les médias), Al Brown, Alphonse Brown, Snorky ou The Big Fellow
Naissance
Brooklyn, New York
Décès (à 48 ans)
Miami Beach, Floride
Cause du décès Arrêt cardiaque à la suite d'une contraction d'une pneumonie
Condamnation
Sentence 11 ans ferme à Alcatraz
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Régions Illinois
Ville Chicago
Arrestation

Al Capone (Brooklyn, Miami Beach, ), de son vrai nom Alphonse Gabriel Capone ou Alfonso Capone en italien, est le plus célèbre des gangsters américains du XXe siècle. Surnommé « Scarface » (« le balafré »), il fait fortune dans le trafic d'alcool de contrebande durant la prohibition dans les années 1920 durant lesquelles il devient très célèbre. Personnage emblématique de l’essor du crime organisé dans les États-Unis de la prohibition, il a contribué à donner au Chicago des années 1920 et 1930 sa réputation de ville sans foi ni loi.

Parrain de la mafia de Chicago de 1925 à 1931, il tombe grâce à l'enquête de l'agent spécial du service d'enquête du fisc fédéral (IRS) Frank J. Wilson et du juge James Herbert Wilkerson (en) qui le condamne le 24 octobre 1931 à 17 années de prison dont 11 ans fermes. Al Capone est celui qui a inventé la Mafia telle qu'on la connait encore en 2016, usant de la corruption des policiers, de la justice, des politiciens, ainsi que des menaces physiques pour éviter les témoins à charge, n'hésitant pas à faire exécuter des centaines de personnes, voire des milliers[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Térésa Capone, mère d'Al Capone et un de ses fils.

Ses parents sont originaires de Naples. Fuyant la misère de leur pays natal, ils vont comme beaucoup de leurs compatriotes tenter leur chance en espérant réaliser le rêve américain. Son père Gabriele (12 décembre 1864 – 14 novembre 1920)[2], est barbier dans la ville italienne de Castellammare di Stabia. Il devient d'abord caissier dans une épicerie puis réussit à ouvrir un salon de coiffure qui fait aussi office de barbier[3]. Sa mère, Teresina Capone, née Bandiera Raiola (28 décembre 1867 – 29 novembre 1952) est une couturière, catholique très croyante originaire de la ville d'Angri dans la province de Salerne. Ils arrivent à New York en 1893 avec deux enfants en bas âge et un troisième à venir (Vincenzo, prénom anglicisé en James ; Raffaele, devenu Ralph ; Salvatore, devenu Frank). Al est le quatrième d'une fratrie de neuf frères et sœurs (ses cadets étant Amadeo devenu John, Umberto anglicisé en Albert et Matthew, Rose et Mafalda) qui le suivront presque tous dans ses activités criminelles[4]. La famille de Capone émigre brièvement au Canada avant de revenir s'installer en 1894 dans l'arrondissement de Brooklyn à New York dans un appartement vétuste au 95 Navy Street, dans le quartier près du chantier naval de New York Navy Yard. Alphonse Capone déménage plusieurs fois avec sa famille au cours de son enfance, restant néanmoins toujours à New York. Gabriele Capone est naturalisé américain en 1906. Malgré de bons débuts scolaires, dans des écoles paroissiales catholiques pour immigrés à la discipline stricte, Alphonse quitte l’école à 14 ans après avoir frappé un professeur. Sa famille ayant déménagé au 21 Garfield Place, un de ses voisins, Johnny Torrio, un patron de la pègre, qui contrôle la loterie du quartier italien ainsi que plusieurs bordels et tripots, et pour qui il a déjà accompli de petites « missions », devient son mentor[5].

Adolescent, il effectue de petits boulots (cireur de chaussures, commis dans une confiserie, coupeur de papier, etc.)[6] et rejoint des petites bandes du quartier qui se livrent au vol, au racket et aux paris clandestins : les Brooklyn Rippers (« éventreurs de Brooklyn »), les Forty Thieves Juniors (« 40 voleurs juniors »), les Bowery Boys (« garçons clochards ») puis, plus tard, le célèbre Five Points (« gang des 5 points »). Ce gang est dirigé par Frankie Yale, un des maîtres de la pègre new-yorkaise. Torrio qui est parti à Chicago en 1909 a présenté Capone à Frankie Yale, celui-ci l’engage comme barman et videur dans son bar le Harvard Inn (de) qu’il dirige sur Coney Island. Al Capone a 18 ans. C'est au cours d'une dispute avec un client, Franck Gallaccio, un mafieux local, dont il avait par inadvertance insulté la sœur à la porte d'une discothèque dont il était un des videurs qu'il se fait entailler au rasoir la joue gauche, ses trois cicatrices lui vaudront son surnom de Scarface (« balafré » en français)[7]. Lorsqu'il sera par la suite photographié, Capone cachera le côté gauche de son visage balafré et prétendra que ses cicatrices étaient des blessures de guerre[8]. Capone s'excusera auprès de Gallaccio à la demande de Yale[9]. Plus tard, il en fera son garde du corps[10].

Le 30 décembre 1918, il épouse une femme d'origine irlandaise du nom de Mae Coughlin (1897-1986) dont il vient juste d'avoir un fils Albert Francis Capone (en) (1918-2004)[11] dont le parrain est Johnny Torrio. Voulant un emploi respectable pour sa famille, il déménage pour Baltimore où il a trouvé un emploi de comptable pour la firme de construction de Peter Aiello[12].

Mafia de Chicago[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chicago Outfit.
La maison d'Al Capone dans les années 1920 au 7244 South Prairie dans le quartier de Greater Grand Crossing à Chicago.

Le père d'Al Capone meurt le 14 novembre 1920 d'une maladie cardiaque à l'âge de cinquante-cinq ans. Selon Bergreen, la mort de son père met fin à la carrière légale d'Al Capone. La disparition soudaine de l'autorité parentale coïncide en tout cas avec l'abandon de sa carrière de comptable par le jeune Capone. Torrio le contacte, lui indiquant que Chicago est un terrain quasiment libre, et il l’invite à le rejoindre sur place. C’est à Chicago que Capone, collaborant avec Torrio, commence son ascension vers les plus hautes sphères du crime organisé.

À l’arrivée d'Al Capone, l’organisation de Torrio est déjà une affaire très rentable, rapportant 10 millions de dollars par an grâce à la bière, au jeu et à la prostitution. Le gang compte entre 700 et 800 hommes. Al Capone commence en bas de l’échelle comme rabatteur à l’entrée d’une maison close. C’est probablement là qu’il rencontra Jake Guzik, membre d’une famille juive s'occupant de proxénétisme. Ils se lièrent rapidement, et Guzik devint le « trésorier » de l’organisation. L’estime que Capone porte à Guzik se remarque en 1924, lorsqu'un braqueur nommé Jow Howard fait une remarque antisémite en leur présence. Capone l’abat sur le champ de six balles, devant témoins, dans un saloon de South Wabash Avenue. Capone fut interrogé par le procureur adjoint de l’État, William McSwiggin, mais relâché faute de preuve : tous les témoins semblaient soudainement souffrir de troubles de la mémoire. En 1922, Capone, qui a fait la preuve de ses bonnes dispositions, devient le bras droit de Torrio. Il est rejoint par son frère Ralph. Al Capone devient patron du « Quatre-Deux », et associé de Torrio. Il reçoit un salaire de 25 000 dollars par an. En 1923, poussés par l’élection de William E. Dever, un maire peu coopératif qui avait fait fermer 7 000 bars clandestins, Torrio et Capone déplacent leur quartier général du Quatre-Deux jusqu’à l’Hawthorne Inn, à Cicero, dans la banlieue de Chicago, et donc hors de la juridiction du maire de Chicago.

Le secteur était dominé par la centrale Western Electric, qui employait 40 000 personnes et payait bien. La population avait donc beaucoup d’argent à dépenser dans les officines de paris et les bars d'Al Capone. Cicero rabat aussi une importante communauté tchèque, habituée à la bière bohémienne fournie par les O’Donnell du quartier Ouest. Les O’Donnell n’ont pas rejoint l'organisation de Torrio, et considèrent Cicero comme faisant partie de leur territoire. Sans les en informer, ce que la plus élémentaire « courtoisie » professionnelle aurait dicté, Torrio teste l’étendue de leur pouvoir en installant une maison de passe sur Roosevelt Road. La police locale, à la demande des O’Donnell, la fait promptement fermer ; les O’Donnell désapprouvant la prostitution. Ils autorisent le jeu, mais uniquement sous la forme de machines à sous, contrôlées par un élu local nommé Eddie Vogel. Torrio, pour se venger de la fermeture de son bordel, envoie le shérif du comté de Cook confisquer les machines à sous de Vogel. Torrio organise ensuite une rencontre avec Vogel et les O’Donnell et négocie une trêve.

Les machines sont alors rendues, et Torrio accepte de ne pas ouvrir de maisons closes à Cicero. Il permet aux O’Donnell de continuer la distribution de bière dans certains quartiers de la ville. En échange, le Syndicat obtient l’autorisation de vendre de la bière dans le reste de la ville, et d’ouvrir des casinos et des cabarets où il veut. Ayant pris pied dans Cicero, Torrio laisse les affaires à la charge d'Al Capone et repart pour l’Italie avec sa mère et quelques millions de dollars. Il achète une villa pour la vieille femme, met le reste de l’argent dans une banque italienne, et repart pour Chicago.

Ascension d'Al Capone[modifier | modifier le code]

En 1925, Torrio est grièvement blessé au cours d’une fusillade et décide de prendre sa retraite dans son Italie natale, abandonnant les commandes à Capone. La guerre impitoyable que celui-ci livre alors à ses adversaires Bugs Moran et Hymie Weiss, ainsi que l’instauration, sous sa férule, d’une corruption organisée des autorités locales lui assurent une renommée internationale. En 1925, commence le « règne » d’Al Capone sur Chicago.

La mafia américaine (dirigée en majorité par des italo-américains) émerge en puissance dans les villes importantes des États-Unis grâce à la Prohibition. Le sénat américain vote en 1919 en faveur de l'amendement 18 de la Constitution américaine. C’est dans l’objectif de réduire l’alcoolisme, d’augmenter de ce fait la productivité dans les usines et de diminuer les viols que la Prohibition entre en vigueur le . Le nom de l’amendement est le « Volstead Act » (loi Volstead), du nom de Andrew J.Volstead qui rédigea cette loi.

L’alcoolisme était un énorme problème dans l’Amérique du XIXe siècle et en Europe, depuis la démocratisation de la distillation au début du XVIIIe siècle. Cherchant à combattre ce fléau, des ligues de tempérance se mettent en place à partir de 1824. La Women's Christian Temperance Union (en) (WCTU) fondée en 1874 et l’Anti-Saloon League (ASL) créée en 1893, font du mouvement une force politique d’ampleur nationale, soutenant les candidats aux vues anti-alcool clairement affichées dans les élections locales et nationales. La WCT, et plus tard l’ASL, furent très efficaces dans leurs attaques contre la vente d’alcool au public. L’ASL effectue des collectes de fonds substantielles dans les églises de tout le pays. Nombre d’industriels éminents, comme John Davison Rockefeller ou Henry Ford, soutiennent le mouvement pour la Prohibition. L’industrie des spiritueux sous-estima gravement le soutien du public dans l’interdiction de l’alcool. Le XVIIIe amendement de la Constitution des États-Unis est voté le , quand les deux tiers des États américains votent alors en faveur de la Prohibition. Cet amendement eut force de loi le , le décret Volstead de 1919 autorisant le fisc à faire respecter l’amendement. L’âge d’or du gangstérisme à l’américaine peut débuter. D’un coup, les criminels se voient ouvrir le marché très lucratif de la contrebande des boissons alcoolisées.

Al Capone, maître de Cicero[modifier | modifier le code]

Le premier défi auquel Capone doit faire face est la prise en main de la ville de Cicero, commune limitrophe de Chicago. L’occasion se présente lors de l’élection municipale de 1924 qui oppose le démocrate Rudolph Hurt et le républicain Joseph Z. Klenga. L’élection a lieu le 1er avril. Al Capone met tout le poids du Syndicat dans la balance pour favoriser Klenga. Il installe toute sa famille à Chicago ; et ses frères, Ralph et Frank, ainsi que son cousin Charly Fischetti, aident à la campagne musclée en faveur de Klenga et des autres candidats soutenus par les gangs. Ils sont assistés dans cette tâche par 200 hommes de main installés autour des bureaux de vote afin de terroriser les électeurs. Dans les circonscriptions traditionnellement démocrates, ils vont jusqu’à vider les urnes pour les bourrer de bulletins de leur candidat[réf. souhaitée].

La violence de ces opérations et la rumeur de la fraude remontent jusqu’au juge du comté, Edmund J. Jarecki, qui déploie une force de 70 policiers, en civil et en voitures banalisées, ayant ordre d’aller chercher les responsables à Cicero. La première personne qu’ils aperçoivent en passant devant la centrale électrique est Frank Capone, frère d'Al. Ils freinent et sortent de leurs véhicules. Croyant à l’attaque d’un gang rival, Frank tente de sortir son arme, mais il est littéralement coupé en deux par la décharge de plusieurs fusils. Les policiers vident leurs armes sur son cadavre et le laissent là. Frank Capone avait 29 ans. Le gang lui organise de superbes funérailles, dans un cercueil plaqué argent et la petite maison Capone sur South Prairie Avenue est décorée de 20 000 dollars de fleurs. Al Capone est à présent le maître de Cicero.

L’empire d'Al Capone[modifier | modifier le code]

Le Lexington Hôtel à Chicago : bureaux d'Al Capone surnommés le « château Capone », photographié dans le début des années 1990. Il fut démoli en 1995.

Al Capone bâtit alors un véritable empire. La base des opérations est l'Hawthorne Inn, au 4833 de la 22e rue, à Cicero. L’attaque qui a coûté la vie à Frank Capone a pour conséquence la sécurisation de l'endroit : des hommes armés montent la garde dans le hall, des volets blindés sont posés aux fenêtres. Al Capone contrôle à présent 161 bars clandestins et 150 tripots à Cicero. L’un d’entre eux, l’Hawthorne Smoke Shop, situé dans Hawthorne Inn, rapporte 50 000 dollars par jour. Il possède aussi 22 maisons de passe, ne se sentant plus lié à l’accord passé avec les O'Donnell. Ce sont des établissements de dernière catégorie où les filles se vendaient pour 5 dollars et où les clients attendent assis sur des bancs de bois. Le chiffre d’affaires de l’empire d'Al Capone avoisine les 120 millions de dollars par an, mais les coûts de fonctionnement sont élevés. Les pots-de-vin à la police représentent 30 millions à eux seuls. Malgré tout, les bénéfices restent colossaux. Les hommes travaillant pour Capone gagnent environ 250 dollars par semaine. Comparés aux employés de la Western Electric, ils sont riches. Al Capone, à 25 ans, porte des costumes à 5 000 dollars.

Il continue donc à prospérer des années durant, éliminant sur son passage plusieurs adversaires tels Dion O'Banion et Hymie Weiss. De 1925 à 1932, au plus fort de la prohibition, Al Capone est le patron de l’industrie du vice à Chicago. Grâce à l’exploitation de Speakeasies (bars clandestins), de jackpots, de lupanars, de boîtes de nuit, de poissonneries et de boucheries et à ses activités dans le milieu, Il a amassé une fortune immense, selon les estimations de l'état fédéral, le chiffre d'affaires de son gang atteint 120 millions USD de l’époque, l'équivalent de 1,5 milliards USD en 2011[13][14]. Ses méthodes d’intimidation sont telles que, faute de témoins à charge, il n'est jamais poursuivi, même pour des crimes notoires.

En 1927, à la suite du procès opposant Sullivan (un gangster opérant dans la vente d’alcool illicite) au ministère public des États-Unis, la Cour suprême fait passer une loi autorisant le fisc à taxer les revenus de la vente illicite d’alcool au même titre que n’importe quel autre revenu. La loi devint vite une arme puissante contre les trafiquants. Ils peuvent à présent être envoyés en prison pour fraude fiscale s’ils ne déclarent pas la totalité de leurs revenus. En revanche, s’ils les déclarent, ils admettent eux-mêmes leur participation à des activités illégales. Le bureau du procureur fédéral à Chicago estima alors à 105 millions de dollars le chiffre d’affaires de l’organisation de Capone, au titre du trafic d’alcool, du jeu, du proxénétisme et des rackets sur lesquels personne n’avait payé d’impôts. Al Capone a alors un train de vie très dispendieux et emprunte souvent de fausses identités. Il est donc difficile de l’inculper.

Le massacre de la Saint-Valentin[modifier | modifier le code]

Capone en 1930 au faîte de son pouvoir en couverture du Time Magazine.

En 1929, Al Capone contrôle l'ensemble de la ville de Chicago à l'exception des quartiers nord dont la pègre est dirigé par Bugs Moran. Son gang particulièrement tenace, à majorité irlandaise, est appelé le gang du Northside. Al Capone qui convoite le contrôle de la ville, met en place une opération probablement imaginée par Jack McGurn, dans le but d’éliminer Bugs Moran et les membres clés de son gang des quartiers nord. Al Capone quitte Chicago pour la Floride, laissant l’exécution du plan à la charge de McGurn, se taillant pour sa part un alibi parfait. Le quartier général de Moran était le garage de la SMS Cartage Company, au 2122 North Clark Street. Al Capone doit être certain que Moran et ses hommes sont tous réunis avant d’agir. Pour amorcer le piège il demande à un braqueur de cargaison de Détroit de proposer à Moran de lui vendre un camion de whisky de contrebande (du Canada). Moran accepte de l’acheter et demande qu’on lui amène le camion au garage à dix heures et demie du matin, le 14 février, jour de la Saint-Valentin.

À l’heure dite, en lieu et place du camion ce sont trois hommes portant l’uniforme de la police de Chicago et des mitraillettes Thompson qui se présentent accompagnés de deux hommes en civil. Leur voiture traverse la porte du garage. Il y a là 7 personnes, 6 membres du gang et un respectable oculiste de Chicago, dont le seul crime est d’aimer fréquenter les gangsters. Les membres du gang ne s’en inquiètent pas outre mesure, pensant à une simple descente de police. On leur ordonne de s’aligner face au mur. Puis les « policiers » (en réalité des hommes de Capone) ouvrent le feu, les tuant tous. Les experts en balistique retrouvent par la suite entre 80 et 100 balles de calibre 45. Bugs Moran, le chef du clan visé par l'attaque mais qui, miraculeusement, ne s'était pas trouvé sur les lieux au moment du massacre, déclara : « Seul Capone tue des gens comme cela ». C'est la fin du gang du Northside et Al Capone règne seul en maître sur Chicago. Contrairement à la plupart des autres chefs de gang, il ne se contente pas de vendre de l'alcool illégalement, mais fait tuer ceux qui ne soumettent pas à son pouvoir.

Le massacre de la Saint-Valentin connaît un retentissement immédiat et démontre la violence d'Al Capone qui, jusque-là, bénéficiait de la bonne image[14] de celui qui déclare lutter au nom du peuple contre les excès de la prohibition. Il apparaît comme la plus grande menace pour la société et devient l'ennemi public numéro 1[1].

La fausse arrestation de l'ennemi public No 1 et les manifestations populaires contre la prohibition et la Mafia[modifier | modifier le code]

Cellule qu'Al Capone fréquenta en 1929 et arrangea luxueusement (Eastern State Penitentiary, Philadelphie, Pennsylvanie, septembre 2007)

Une arrestation d’Al Capone, la première, est en fait arrangée. Pour calmer l’opinion publique à la suite de la publicité du massacre de la Saint-Valentin, il est décidé de lui donner une peine d’au moins un an. Al Capone accepte cette « mise à l'abri » car il a déjà fait l'objet de plusieurs tentatives de meurtre de la part de ses concurrents et il y a alors encore de nombreux « contrats » contre lui[15]. Al Capone et Hoff, le chef d’un poste de police de Chicago, se mettent d’accord pour une inculpation pour port d’arme illégal. Condamné à neuf mois de prison en août 1929 dans le Eastern State Penitentiary, il fait arranger sa cellule de façon luxueuse (moquette et meubles anciens). Il est libéré après dix mois de prison. Chaque policier ayant procédé à l’arrestation de Capone reçoit 10 000 dollars pour sa capture.

Plusieurs manifestations anti-prohibition se mettent en place et l’opinion publique, à la suite du massacre de la Saint-Valentin, a changé face à la mafia. Avant le massacre, les syndicats du crime jouissaient d’une popularité importante. Procurant de l’alcool aux gens malgré la Prohibition, ils avaient le soutien populaire. Mais le massacre sanglant choque l’opinion publique. Les manifestations anti-prohibition et anti-mafia se succèdent.

En 1930, alors que l’abrogation de la Prohibition se profile, un associé de Capone, Murray Humphreys (en), suggère une autre source de revenus. Il a remarqué que les marges sur le lait sont plus importantes que sur le whisky de contrebande et le marché plus important, puisque les enfants en consomment. Al Capone apprécie cette idée. Humphreys fait enlever le président du Syndicat local des livreurs de lait et utilise les 50 000 dollars de sa rançon pour monter sa propre entreprise de livraisons - Meadowmoor Dairies - et miner la concurrence en employant des chauffeurs non syndiqués. Les prix baissèrent, et Meadowmoor détient un monopole de fait sur ce marché.

L’apogée d'Al Capone[modifier | modifier le code]

À 31 ans, Al Capone est l’homme le plus puissant de Chicago. Grâce à ses revenus tiré des rackets et du proxénétisme il peut corrompre les policiers, les juges et les politiciens de Chicago. C'est le début de la Grande Crise des années 1930. Partout dans le pays des entreprises font faillite et des sommes folles sont englouties par la bourse qui s’effondre le , entraînant à sa suite les marchés financiers du monde entier. Début 1931, alors que la crise s’aggrave, des milliers de chômeurs se retrouvent dans les rues de Chicago. Al Capone saisit l’occasion de combattre son image d’ennemi public numéro 1 et ouvre une soupe populaire sur South State Street pendant les mois d’hiver. Le jour de Thanksgiving, il donne alors à manger à plus de 5 000 personnes. Ces preuves de bonne volonté aident à améliorer son image auprès du peuple américain,

L'Etat Fédéral nomme Eliot Ness et Franck Wilson pour lutter contre Al Capone[modifier | modifier le code]

Un petit groupe de grands patrons de Chicago qui ne souhaite pas de publicité (on les surnomme « The Secret Six » soit « les six inconnus ») demande au Président Herbert Hoover de lutter contre le gang d'Al Capone qui nuit au développement économique de Chicago et risque de devenir de plus en plus incontrôlable. Le Président Hoover, alors très critiqué à cause de la misère consécutive à la crise de 1929, voit là le moyen de remonter dans l'estime de la population et demande à son ministre de la justice d'arrêter Al Capone. Cependant la dépression économique est telle que l'état fédéral n'a plus les moyens de mettre des milliers d'enquêteurs sur le dossier.

Deux actions financées par les Secret six[16] sont lancées :

  • Une action publique du FBI confiée à Eliot Ness, un jeune homme de 29 ans, séduisant, athlétique, intelligent et réputé honnête[17]. On lui demande de monter une équipe du Bureau de la Prohibition constituée d'une dizaine d'agents réputés incorruptibles. Ils devront mener des actions afin de désorganiser les activités économiques d'Al Capone, détruire ses brasseries clandestines, et réunir des preuves pour le faire condamner lors d'un procès. Les actions d'Eliot Ness et de ses hommes contre les milliers d'employés d'Al Capone seront médiatisées pour afficher la volonté du pouvoir fédéral de lutter contre la Mafia. La localisation des brasseries clandestines étant secrète, Eliot Ness part de l'idée de suivre les fûts de bière vides depuis un bar clandestin, ceux-ci étant probablement réutilisés, ils finiront forcément par conduire les hommes d'Eliot Ness aux brasseries d'Al Capone[18] dont le gang est harcelé, de nombreuses arrestations sont effectuées. Une tentative de corruption d'Eliot Ness est effectuée, on lui propose 2 000 USD sur son bureau toutes les semaines, l'équivalent de plusieurs mois de salaire, pour ne plus détruire les brasseries, Eliot Ness refuse l'offre et contacte les journaux pour affirmer que ni lui, ni ses agents ne se laisseront acheter. La presse les présente comme les sauveurs de Chicago et les surnomme "Untouchables" qui sera traduit en français par "Les Incorruptibles". L'opinion publique se retourne, il y a enfin quelqu'un de courageux qui fait face à Al Capone. Dans les faits, bien que le frère Ralph Capone et le financier de son organisation Jake Guzik aient été arrêtés pour fraude fiscale, l'enquête du FBI n'arrive pas à prouver les centaines de meurtres, ni les trafics d'alcool, ni les rackets dont le gang d'Al Capone est soupçonné d'être responsable.
  • Une action clandestine confiée au très discret agent spécial du service d'enquête du fisc fédéral (IRS) Frank J. Wilson qui est doté d'un budget de 75000 USD, l'équivalent d'un million de dollars de 2011, pour constituer un dossier de preuves qui permettront de faire condamner Al Capone. Franck Wilson doit prouver qu'Al Capone n'a jamais payé d’impôt sur ses activités. Il ne fera jamais de communiqué public, mais à l'issu de son enquête de 3 ans, il rédige un rapport de 61 pages pour ses supérieurs dans lequel il écrit : "les revenus du contribuable provenaient du jeu, de la prostitution et de la contrebande d'alcool ... le prévenu 'avait aucun compte bancaire, n'achetait aucune propriété en son nom propre et à l'exception de transferts d'argent par la Western Union et de quelques chèques occasionnels traitait toutes ses affaires en espèces... Pourtant Frank Wilson devait recenser tous les revenus d'Al Capone en épluchant les livres de compte saisis lors des perquisitions dans les établissements d'Al Capone et prouver qu'une partie de l'argent va directement dans la poche d'Al Capone alors que celui-ci ne garde aucune trace écrite...C'est l'un des hommes les plus riches d'Amérique bien que sur le papier il ne dispose d'aucun revenu... Il ne sera pas facile de le faire tomber, tous les témoins importants sont soit hostiles, soit effrayés par les menaces ou la crainte de représailles. En 1930, Frank Wilson retrouve par hasard des documents oubliés, issus d'une perquisition réalisée en 1926 dans le tripot "Hawthorne Smoke Shop" . Une écriture sur un livre de compte indique "Frank a payé 17500 USD pour Al". Dès lors il faut retrouver le comptable et obtenir son témoignage que le "Al" indiqué dans l'écriture est bien Al Capone, Le comptable Le présumé est identifié par l'analyse graphologique des employés d'Al Capone et retrouvé le 18 février 1931 après 4 mois de recherche. Frank Wilson qui est devenu agent spécial du fisc après avoir vu sa candidature pour la police rejeté à cause de sa mauvaise vue réussit seul, là où les dix agents du FBI dirigés par Eliot Ness ont échoués, et obtient plusieurs témoignages à charge d'employés d'Al Capone en leur faisant comprendre que le Fisc pourrait leur causer de terribles ennuis et qu'il était de leur intérêt de témoigner contre Al Capone. Un des agents infiltrés au sein du gang d'Al Capone, Mike Malone, prévient Frank Wilson que cinq de ses tueurs new-yorkais ont reçu pour mission de l'assassiner. Al Capone annule le contrat contre Frank wilson après que les autorités lui aient fait savoir qu'il serait tenu personnellement responsable de tout ce qui pourrait arriver de fâcheux à leur agent. Frank Wilson demande alors au groupe des "secret six" de financer le premier programme de protection des témoins aux États-Unis. Le comptable du "Hawthorne Smoke Shop" est caché en Californie, un autre en Amérique du Sud. Frank J. Wilson se concentrent alors sur les dépenses d'Al Capone, les comparant méticuleusement à ses revenus déclarés. Il enquête aussi dans les boutiques de Chicago et de Miami pour calculer le prix de ses meubles, de sa vaisselle et même de ses sous-vêtements. Après des centaines d’interrogatoires, il ressort que les revenus d'Al Capone sont bien plus importants que ceux qui étaient déclarés. Ses revenus nets furent chiffrés de 1924 à 1929 à 1 035 654,84 USD. Bien que ses revenus réels soient bien supérieurs, la somme d'impôts 215 080,48 USD suffit à faire le faire condamner. Comprenant qu'il sera arrêté pour des raisons fiscales, Al Capone a envoyé un avocat depuis plus de deux ans pour négocier avec l'IRS, mais le fisc reste ferme et lui demande de payer la totalité des sommes dues. Al Capone refuse[14][19],[20].

La fin d'Al Capone[modifier | modifier le code]

Photographies prises lors de son incarcération à Alcatraz

Le , Al Capone est inculpé pour fraude fiscale, l'acte d'accusation comporte 3 680 pages dactylographiées et doit répondre de 21 chefs d’accusations de fraude fiscale et d’infraction aux lois sur la Prohibition[21]. Al Capone commet alors une énorme erreur, alors qu'il dispose d'un avocat fiscaliste, il trouve ses honoraires trop élevés et le remplace par deux avocats qu'il connait bien, mais qui ne sont pas habitués aux procédures fiscales[22]. Les avocats qui espèrent tirer d’affaire leur client grâce au paiement d’une partie ou de la totalité des sommes dues plaident coupable pensant qu'il s'en tirerait facilement[23], mais, le juge James Herbert Wilkerson (en) rejette la requête des avocats, cette procédure étant selon lui impossible dans un tribunal fédéral[24]. Les avocats changent une première fois de stratégie et Al Capone plaide non-coupable en échange d'une peine de 30 mois de prison. Frank Wilson inquiet de la résistance de ses témoins tente de convaincre le juge d'accepter cet accord. Al Capone est alors très confiant et annonce la bonne nouvelle à ses amis. Le juge refuse le plaider coupable et renvoie Al Capone et ses avocats devant un Jury. Le procès de l’« ennemi public no 1 » débute le 6 octobre 1931 et des milliers de personnes viennent au tribunal pour y assister. Les avocats changent une seconde fois de stratégie, Al Capone plaide finalement non-coupable. Le juge soupçonne une tentative de subornation du jury et décide de l'échanger avec celui d'une autre affaire au dernier moment et que le juge sélectionne pour sa grande sévérité dans des affaires précédentes. Frank Wilson s'efforce de montrer que le train de vie de l'accusé ne correspond pas à ses revenus, il craint que les avocats de la défense demande et obtienne que la pièce principale du dossier d'accusation, le livre de compte du "Hawthorne Smoke Shop", soit déclarée irrecevable à cause du délai de prescription car les impôts en rapport auraient dû être payé en 1924, soit 7 ans auparavant. Mais les avocats qu'Al Capone a choisi ne sont pas spécialisés en procédure fiscale et ignorent ce délai de prescription. Al Capone rate ainsi sa seule chance d'échapper à une condamnation. Eliot Ness a soumis 5000 violations des lois au tribunal mais le ministère public a choisi de poursuivre Al Capone sur le volet fiscal et ne demande à aucun moment à l'agent du FBI de venir témoigner à la barre, il est présent le 17 octobre 1931 lorsque le jury déclare Al Capone coupable sur cinq chefs d'accusation à partir du dossier de Frank Wilson. Le 24 octobre 1931 le juge Wilkerson condamne Al Capone à 17 années de prison dont 11 ans fermes, 50 000 USD d’amende, et à 30 000 USD de frais de justice[25]. Huit jours avant son arrestation, il distribue à ses principaux lieutenants des chèques de 4 500 à 327 000 $[26].

Alcatraz, où Capone fut incarcéré

La libération sous caution est refusée et Al Capone est transporté à la prison du comté de Cook puis, une fois son appel rejeté, transféré le 4 mai 1932, à la prison d’État d’Atlanta d’où il continue à gérer ses affaires. Placé en détention le 19 août 1934 dans la prison d’Alcatraz, il est soumis à un régime plus sévère et placé à l’isolement, notamment dans un cachot pour avoir tenté de soudoyer un gardien, éliminant ainsi toutes ses possibilités d'action[21]. En raison de la fin de la Prohibition et de l'absence de son chef, «l'Empire» qu’Al Capone a édifié est englouti par ses successeurs.

Atteint de syphilis depuis sa jeunesse, l'état d'Al Capone s'aggrave en détention évoluant sous la forme d'une neurosyphilis qui détériore sa santé physique et mentale. Le traitement à la pénicilline n'existant pas à l'époque, les médecins du centre pénitentiaire pratiquent sur Capone la malariathérapie[27]. Après avoir été poignardé dans le dos par un codétenu, il est envoyé le 6 janvier 1939 à Terminal Island, près de Los Angeles, puis transféré à Lewisburg Prison (en) le 13 novembre pour y être rendu à sa famille : il est libéré sous conditions le 16 novembre 1939[28]. Le , dans sa propriété de Palm Island à Miami Beach, Al Capone est victime d’une apoplexie qui lui fait perdre connaissance. Trois jours après, dans le coma, il contracte une pneumonie. Il meurt le lendemain, le , d’un arrêt cardiaque[29]. Al Capone est d’abord inhumé sur le Mount Olivet Cemetery à Chicago, auprès de son père Gabriele et de son frère Frank. Mais en mars 1950, ses cendres sont transférées au cimetière Mount Carmel (Hillside) (en) près de Chicago, où reposent de nombreux gangsters.

L’après Al Capone[modifier | modifier le code]

Tombe d'Al Capone (Cimetière Mount Carmel, Hillside, Illinois)

Quand Al Capone arriva à Chicago en 1921, la ville était un méli-mélo de gangs de différentes origines combattant pour un territoire. Dix ans plus tard, quand il est envoyé en prison la situation a bien changé. Et quand la Prohibition est abrogée le par le 21e amendement de la constitution des États-Unis, les vieux gangs ont disparu, absorbés par l’organisation d'Al Capone. Les autorités et le peuple américain ont cru qu’en éliminant Capone et en le confinant à Alcatraz, son gang s’effondrerait alors que le nouveau parrain du Chicago Outfit est son lieutenant Frank Nitti. La presse a donné du gangster l’image du génie du crime, seul responsable de la corruption politique et de la violence qui tenait alors la ville. Mais tous sont dans l’erreur. Bien sûr, Al Capone a instauré un modèle de hiérarchie dans les organisations criminelles mais avec sa mort, l’organisation ne disparait pas. Al Capone a fait de l’organisation de Torrio une entreprise moderne destinée à survivre à ses créateurs. La Prohibition lui a permis d’amasser assez d’argent pour pouvoir créer et diversifier un réseau la liant à d’autres groupes criminels : à New York, dans le New Jersey, à Buffalo, à Cleveland, à Kansas City, au Canada et dans les Caraïbes : tous ont été impliqués à des degrés divers dans la production et la logistique de la contrebande d’alcool. Ces groupes, au départ indépendants, sont maintenant en contact permanent. Toute la technologie moderne (téléphone, voiture, etc.) leur permet de faciliter les contacts et de créer un réseau très étendu du crime organisé dans différents domaines : drogue, prostitution, construction.

Al Capone, Eliot Ness et Frank J. Wilson dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Al Capone est sans aucun doute le plus célèbre et le plus populaire des gangsters américains du XXe siècle. C’est à ce titre qu’il a fait l’objet de nombreux articles, livres et films. Les interprètes d’Al Capone au cinéma sont nombreux : en particulier Stephen Graham, Wallace Beery, Rod Steiger, Neville Brand, Jason Robards, Robert De Niro et Ben Gazzara.

Pendant 75 ans, pour tout le monde, c'est l'unique action d'Eliot Ness et des "Incorruptibles" qui a conduit à la condamnation d'Al Capone. La publication en 1959 du livre "The untouchable" du journaliste Oscar Freli, 200 pages écrites à partir des 21 pages écrites par Eliot Ness pour l'aider et des coupures de presse ne fera qu'enjoliver le rôle des "Incorruptibles". Il écrira "il faut qu'on s'éloigne de la vérité de temps à autre, il faut qu'on fasse un livre à succès et après tout on dispose de la licence poétique". C'est ce livre qui servira de base au film éponyme de Brian de Palma en 1987[14]. Eliot Ness ne touchera que 300 USD pour sa collaboration avec Oscar Freli avec qui il se brouillera à cause des trop nombreuses inexactitude de son livre[30]. Frank Wilson, homme discret et modeste, qui seul a fait tomber Al Capone deviendra de 1937 à 1946 le directeur du US Secret service, et donc responsable de la sécurité du Président Franklin D. Roosevelt et Harry S. Truman, sans jamais attirer l'attention des médias, tandis qu'Eliot Ness qui n'a jamais été appelé à témoigner lors du procès passera à la postérité, sera présenté par le cinéma Hollywoodien comme le tombeur d'Al Capone.

À la télévision, la « légende » d’Al Capone constitue l’un des thèmes de la série des Incorruptibles, commencée en 1959 et adaptée par la suite au cinéma par Brian De Palma, qui a donné naissance au mythe d’une rivalité personnelle entre le tristement célèbre « Balafré » et l’Incorruptible Eliot Ness.

Le 21 avril 1986, 181 chaînes du monde entier retransmettent en direct l'ouverture de la chambre forte d'Al Capone dans la cave du Lexington Hotel de Chicago, quartier général de son organisation, pensant y découvrir le magot du gangster jamais retrouvé par le fisc américain. Le mystère de la chambre forte d'Al Capone si médiatisé débouche sur… une chambre vide.

Al Capone est l'un des rares personnage historiques réels à faire une apparition dans un album d’Hergé : Tintin en Amérique.

Musique[modifier | modifier le code]

Prince Buster publie en 1967 le morceau Al Capone. Retravaillé par The Specials, il est réenregistré en 1979 et renommé Gangster..

Michael Jackson a enregistré un morceau intitulé Al Capone, une démo du titre Smooth Criminal que l'on retrouve sur l'album Bad 25.

Al Capone est un protagoniste contre Barbe-Noire dans une Epic Rap Battles of History Season 3.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Quelques célèbres interprètes d'Al Capone au cinéma et à la télévision :

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Littérature de fiction[modifier | modifier le code]

Citations célèbres[modifier | modifier le code]

« On peut obtenir beaucoup plus avec un mot gentil et un revolver, qu'avec un mot gentil tout seul. » - Al Capone[31]. Citation la plus célèbre, reprise notamment dans le jeu vidéo Civilization IV.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Documentaire Britannique "Un film, une histoire", épisode "Les incorruptibles" de Chris Mitchell - 2011
  2. Kobler p. 19
  3. Kobler p. 19 ; « Al Capone, le mafieux flamboyant », série de portrait de l'été, le Figaro, 5 août 2008
  4. Le Figaro idem
  5. (en) John Kobler, Capone : The Life and Times of Al Capone, Da Capo Press,‎ 2003 (ISBN 0-306-81285-1), p. 26
  6. (en) William Balsamo, John Balsamo, Young Al Capone. The Untold Story of Scarface in New York, 1899-1925, Skyhorse Publishing,‎ 2013, p. 14
  7. Ses amis et associés du syndicat du crime l’appellent « Snorky », « l’élégant » en raison du choix de ses costumes. Source : (en) John Kobler, Capone. The Life and World of Al Capone, Da Capo Press,‎ 1992, p. 15.
  8. John Kobler, op. cité, p. 15
  9. John Kobler, op. cité, p. 36
  10. (en) Marilyn Bardsley, Al Capone : Chicago's Most Infamous Mob Boss
  11. Celui-ci changera son nom en Brown en 1966.
  12. (en) Nate Hendley, Al Capone: Chicago's King of Crime, Five Rivers Chapmanry,‎ 2010 (lire en ligne), p. 16
  13. (en) John Binder, The Chicago Outfit (lire en ligne)
  14. a, b, c et d Elkan Allan (en), documentaire « Al Capone Le parrain des parrains », BBC, 1992
  15. Hélène harter, op. cité, p. 195
  16. James W.Wagner, Responsable de la lutte contre la criminalité au FBI dans le Documentaire Britannique "Un film, une histoire", épisode "Les incorruptibles" de Chris Mitchell - 2011
  17. (en) Paul W.Heimel, Elio Ness : The real story
  18. Unique Ecrit d'Eliot Ness conservé par l'université de Cleveland et cité par l'historienne Rebecca Mc Farland spécialiste d'Eliot Ness dans le Documentaire Britannique "Un film, une histoire", épisode "Les incorruptibles" de Chris Mitchell - 2011
  19. (en) « Historical Documents relating to Alphonse (Al) Capone, Chicago », sur www.irs.gov (consulté le 9 janvier 2016)
  20. (en) « Historical Documents relating to Alphonse (Al) Capone, Chicago », sur www.irs.gov (consulté le 10 janvier 2016)
  21. a et b Franck Ferrand, « Al Capone et la guerre des gangs », Au cœur de l'histoire, Europe 1, 7 février 2012
  22. Jonathon Eig, biographe d'Al Capone dans le Documentaire Britannique "Un film, une histoire", épisode "Les incorruptibles" de Chris Mitchell - 2011
  23. Arthur J.Bilek (Administrateur de la commission criminelle de Chicago) dans le Documentaire Britannique "Un film, une histoire", épisode "Les incorruptibles" de Chris Mitchell - 2011
  24. Hélène Harter, op. cité, p. 227
  25. (en) Nate Hendley, Al Capone. Chicago's King of Crime, Five Rivers Chapmanry,‎ 2010, p. 120-128
  26. Jean-Marc Fédida, Retour sur la chute judiciaire de l'ennemi public no 1 aux États-Unis en 1930 : Le procès Capone, L'Heure du crime, RTL, 8 février 2012
  27. Jonathan Eig, Get Capone : the secret plot that captured America's most wanted gangster p. 385
  28. (en) Luciano J. Iorizzo, Al Capone : A Biography, Greenwood Publishing Group,‎ 2003 (lire en ligne), p. XIX
  29. Nate Hendley, Al Capone: Chicago's King of Crime p. 136
  30. Rebecca Mc Farland spécialiste d'Eliot Ness
  31. evene.fr

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]