La French

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La French
Réalisation Cédric Jimenez
Scénario Audrey Diwan
Cédric Jimenez
Acteurs principaux
Sociétés de production Gaumont
Légende Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Policier, Thriller
Durée 135 minutes
Sortie 2014

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La French est un film français réalisé par Cédric Jimenez, sorti en 2014.

Le film met en scène Jean Dujardin et Gilles Lellouche, qui incarnent respectivement le juge Pierre Michel et le parrain du milieu marseillais Gaëtan Zampa, pendant la French Connection à Marseille, dans les années 1970 et 1980.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, à Marseille, un conducteur au volant de sa Mercedes s'arrête à une station service. « Le fou » (Benoît Magimel) passager d'une moto arrêtée quelques mètres plus loin, le crible de balles. Cette exécution est annoncée aux journaux télévisés, accompagnée d'une déclaration de Richard Nixon, président des États-Unis, dénonçant la French Connection.

Pierre Michel (Jean Dujardin), juge des mineurs interroge en vain Lily Mariani (Pauline Burlet), jeune héroïnomane qui refuse de lui avouer le nom de son dealer. Gaston Defferre (Féodor Atkine) maire de Marseille déclare aux médias l'intensification de la lutte contre les trafiquants de drogues. Le procureur général (Patrick Descamps) convoque Pierre Michel et lui annonce qu'il le nomme juge du grand banditisme. Le soir même, Pierre fête sa promotion chez lui avec son épouse Jacqueline (Céline Sallette) et ses amis. Il se rend à la brigade des stupéfiants. Ignorant qui il est, l'inspecteur José Alvarez (Guillaume Gouix), cadet de la brigade, le reçoit sèchement. Le juge Michel vient rencontrer son directeur le commissaire Lucien Aimé-Blanc (Bernard Blancan) qui lui présente rapidement le commissaire Ange Mariette (Gérard Meylan). Puis, dans son bureau, il lui présente John Cusack (Dominic Gould (en)), représentant de la DEA à Marseille. Lucien brosse un tableau rapide de la main-mise sur Marseille de la French Connection, dirigée par l'intouchable parrain du milieu marseillais : Gaëtan « Tany » Zampa (Gilles Lellouche).

Zampa retrouve ses lieutenants : son « banquier » (Bruno Todeschini), « Robert » (Éric Collado), Frank « Franky » Calazzi (Moussa Maaskri), « le fou », Jean Paci et Jean-Claude Minassian pour organiser la prochaine livraison de 100 kilogrammes d'héroïne aux États-Unis. Tany et Franky vont voir Marco Da Costa (Cyril Lecomte) dans l'appartement de sa compagne Dora Meurisse (Barbara Cabrita). Tany veut savoir pourquoi Marco n'a pas fait ce qu'il lui avait dit de faire : recruter un « chimiste ». Mal à l'aise, Marco lui dit que c'est Charles Peretti (Georges Neri) le chimiste qu'il va recruter par l'intermédiaire de Fabrizio Mandonato, le neveu de celui-ci. Pendant ce temps Franky fouille l'appartement et apporte à Tany une boite qu'il a trouvée, contenant un sachet de cocaïne. Tany, pour donner une leçon à Marco, l'oblige à sniffer tout le contenu du sachet.

Lily Mariani vient voir le juge Michel dans son bureau. Elle a des traces de coups sur le visage et lui dit que c'est Fabrizio Mandonato qui l'a frappé, car elle a refusé d'obéir quand il lui ordonné de coucher avec son nouvel ami : Franky Calazzi, qui lui a promis de lui confier un club. Il lui dit qu'il faut qu'elle arrête l'héroïne, et qu'il a connu quelqu'un qui était « accro » au jeu, mais qui a réussi s'en sortir et a plutôt bien réussi sa vie. Elle lui répond en souriant qu'elle a compris que c'est de lui qu'il parle. Lucien, Ange et José prennent en filature Fabrizio Mandonato à la demande du juge Michel. Le soir, ils observent Franky accueillir Fabrizio à l'entrée du bar-boite de nuit. Dans le bar, Fabrizio répond à Franky qu'il pourrait offrir un bon saucisson corse à son oncle pour le remercier d'être chimiste pour le clan Zampa. Franky laisse Fabrizio boire autant qu'il veut au comptoir et monte rejoindre Tany, qui fête avec son épouse Christiane (Mélanie Doutey) leur anniversaire de mariage, en compagnie de ses amis et complices.

Lucien, Ange et José observent Fabrizio Mandonato se faire remettre deux grands sacs de sport par Robert, devant la maison de celui-ci, puis les mettre dans le coffre de sa voiture. Ils le suivent en voiture. Fabrizio se rend chez son oncle, entre chez lui avec les deux sacs et repart les mains vides. Lucien averti le juge Michel qui les rejoint devant la maison de Peretti. Après avoir observé la propriété, Pierre décide d'intervenir aussitôt. Les policiers investissent la maison et capturent Peretti dans son jacuzzi. Arrogant, il les insulte avec mépris. Un policier apporte les deux sacs de sport qu'il a trouvé dans le cellier. Les sacs ne contiennent pas de morphine-base mais des saucissons. Le juge Michel décide d'incarcérer Peretti, moqueur et ironique. Pendant ce temps dans un laboratoire clandestin, un chimiste termine de transformer la morphine-base en héroïne. Les sachets plastiques, sont mis dans des boites de conserves qui sont serties, mises en carton, chargés dans le coffre d'une camionnette de paella. La nuit, en étudiant les documents saisis dans la demeure de Peretti, Pierre découvre une facture d'un architecte. Dans la maison de Peretti, l'architecte remarque qu'un mur ne figure pas sur ses plans d'origine. Le juge Michel fait abattre le mur, derrière celui-ci les policiers découvrent du matériel de chimie, en partie emballé dans un journal. Dans son bureau, le juge Michel interroge Peretti en vain. Tany remet le fou à sa place avec mépris en lui refusant une faveur qu'il avait demandée. Peu après, le corps de Fabrizio Mandonato est remonté dans un filet de pêche dans le port de Marseille. Pierre se rend chez Lily Mariani pour lui parler. C'est la mère de celle-ci qui le reçoit et lui apprend que Lily est morte d'une overdose la semaine dernière. Tany et son banquier vont aux États-Unis parler affaires avec Santo, le parrain local du trafic d'héroïne.

Le juge Michel décide d'arrêter et d'emprisonner tous les petits voyous travaillant pour Zampa à Marseille, pour déstabiliser son organisation mafieuse. Gaston Defferre le félicite personnellement. Il fait la fête en famille chez lui et dans les bureaux de la brigade des stupéfiants avec ses collègues policiers. Robert entre dans un bar et aborde le juge Michel qui mange au comptoir. Il lui remet une boite à gâteaux contenant une liasse de grosses coupures lui disant qu'il aura la même chose chaque mois, s'il accepte de « se reposer un peu ». Pierre Michel quitte le bar, emportant la boite à gâteaux, Robert lui faisant également cadeau du prix du repas. Peu après, les journaux annoncent que le juge Michel a offert 10 000 francs (l'argent contenu dans la boite à gâteaux) au plus grand centre de désintoxication de Marseille et qu'il va poursuivre la lutte contre Zampa jusqu'à ce qu'il soit emprisonné, ce qui réjouit « le fou ». Dans les bureaux de la brigade des stupéfiants, Lucien fête avec ses collègues sa mutation à la direction de l'OCRB à Paris. Ange devient par conséquent le nouveau directeur de la brigade des stupéfiants de Marseille. Robert et Franky font venir Tany au casino, le directeur du casino (Michel Bellier), que Franky a tabassé, explique qu'il a déjà remis la rançon qu'ils viennent chercher régulièrement pour leur « protection ». Il révèle que le fou et ses hommes sont venus la chercher avant eux en disant qu'à partir de maintenant c'est à lui qu'il faudra verser la rançon, car Zampa « est fini » à cause du juge Michel. Dans un parking désert, Zampa interpelle le fou qui descend de sa Porsche. Le fou refusant de rendre l'argent de la rançon du casino, Tany fait signe à Franky de l'abattre, celui-ci le crible de balles et ils le laisse pour mort. Le Fou, emporté aux urgences de l'hôpital, survit miraculeusement à ses blessures.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Ce long métrage au budget de dix-sept millions d'euros, qui ne se veut pas « film historique », est qualifié de « fresque romanesque plongée dans la réalité »[1]. Il marque un retour du cinéma français vers le polar après 36, quai des Orfèvres en 2004 ou Mesrine quatre ans plus tard[1]. Cédric Jimenez, marseillais, contacte le producteur Ilan Goldman aux environs de 2011 pour lui présenter un projet ; ce dernier peu intéressé lui demande s'il n'a pas une idée de film ancré à Marseille[1] ; son père, Daniel Goldman avait financé Borsalino tourné dans cette même ville[1]. La French est déjà dans la tête du réalisateur. Bien que Cédric Jimenez soit peu connu et ait alors une très courte carrière, le producteur donne « carte blanche » au réalisateur, y compris sur la distribution principale composée du duo Lellouche-Dujardin ; Si Gilles Lelouche est immédiatement enthousiaste à la lecture du script, Jean Dujardin sera plus long à réagir[1].

Après avoir rencontré plusieurs témoins de l'époque et s'être fait aider de Thierry Colombier, spécialiste du grand banditisme et documentaliste, Cédric Jimenez débute l'écriture avec Audrey Diwan. Il s'éloigne volontairement d'une vérité historique : « C'est comme adapter un livre. On ne le trahit pas, on le façonne. la structure narrative d'un film nécessite des rebondissements. On donne de l'importance dans l'intrigue à un fait mineur dans la réalité, on en élimine un autre […][1]. » De cette façon, la rencontre visible dans le film entre le juge et le truand n'a jamais existé[1].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage débute le à Marseille. Le , l'équipe du film tourne des séquences entre 14 et 18 heures sur le chemin du Roucas Blanc, entre la place du Terrail et le boulevard Tellène. La circulation y est interrompue et seules sont autorisées à circuler des voitures et motos rétro.

Une station essence a également été montée spécialement pour le film sur la corniche du Président-John-Fitzgerald-Kennedy.

En octobre 2013, l'équipe du tournage se rend à Anvers en Belgique pour les besoins de scènes dans un décor de boite de nuit. Ils seront également à Charleroi pour des scènes dans une prison et à Namur, au Palais provincial de Namur pour les scènes de cabinet ministériel et de conférence de presse.

Bande originale[modifier | modifier le code]

  • Bang Bang (My Baby Shot Me Down) par Sheila de , durée : 3 min 13 s (au Krypton, « Tany » Zampa désespéré à la nouvelle du coup de filet au laboratoire).
  • Jerome par Lykke Li, durée : 3 min 14 s (tout début du film, filature à moto et exécution à la station service par « le fou »).
  • Affaire personnelle par Guillaume Roussel, durée : 1 min 18 s.
  • Flash and Crash par Rocky & The Riddlers, durée : 2 min 47 s (aperçu du trafic d'héroïne aux USA avant le voyage de « Tany » et de son « banquier »).
  • Comic Strip par Serge Gainsbourg, durée : 2 min 10 s (dans l'appartement de Dora Meurisse, au début de la visite de « Tany » et « Franky » à Marco Da Costa).
  • La pieuvre par Guillaume Roussel, durée : 2 min 35 s.
  • Meurtre du fou par Guillaume Roussel, durée : 1 min 48 s.
  • C'est comme ça que je t'aime par Mike Brant, durée : 3 min 20 s (dans le bar, pendant l'anniversaire de mariage de « Tany » et Christiane Zampa).
  • Ces bottes sont faites pour marcher par Yéyévollegaz avec Delphine Gardin, durée : 2 min 37 s (dans le bar, avant l'anniversaire de mariage des Zampa).
  • Love to Fly par Venus Gang, durée : 4 min 8 s (dans le bar, la nuit où le juge Michel aperçoit Ange Mariette en compagnie de « Tany » Zampa et son « banquier »).
  • Call Me par Blondie de , durée : 3 min 29 s (lors de l'inauguration du Krypton).
  • I'm Set Free par The Velvet Underground de , durée : 4 min 3 s (le juge Michel médite seul, Jacqueline a quitté la maison avec leurs filles).
  • Everything's Gonna Be Alright par Robert Moore, durée : 2 min 38 s.
  • The Snake (en) par Al Wilson (en), durée : 3 min 28 s (vague d'interpellations et d'interrogatoires des « petites mains » de la French).
  • Au fond du trou par Guillaume Roussel, durée : 2 min 18 s.
  • Annabel's par Guillaume Roussel, durée : 42 s.
  • Cambodia par Kim Wilde de , durée : 3 min 57 (violemment interrompue au Krypton par « Tany » Zampa contrarié).
  • This Bitter Earth (en) par Dinah Washington de / On the Nature of Daylight par Max Richter de , durée : 6 min 15 s (arrestation de Zampa dans sa planque).
  • Waitin' Around to Die par Townes Van Zandt, durée : 2 min 42 s (début du générique de fin).
  • Épilogue par Guillaume Roussel, durée : 2 min 42 s.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Nominations et sélections[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

Globalement, si les critiques sont positives, les notes attribuées sont majoritairement mitigées, accordant la moyenne, à l'exception de L'Express et du Nouvel Observateur :

Allociné classe le film à 3,7 étoiles pour la presse et Paris Match deux étoiles sur quatre, précisant que le film est une « belle reconstitution des années 1970, beau duo d'acteurs, mais peu de surprises à attendre de ce polar »[2]. Avis positif mais mitigé également pour Elle qui donne trois étoiles sur cinq, précisant que « le suspense est à la hauteur du scénario, dense, […] et la pléiade de seconds rôles ajoute du piment à la réussite du film[3] ». Éric Libiot dans sa chronique de L'Express, qui consacre d'ailleurs dans ce numéro quatre page à la genèse du film, attribue la note maximum de trois étoiles avec le commentaire « Lellouche-Zampa est exceptionnel […] Ce cinéma romanesque, qui remet du sens commun dans la salle et du plaisir sur l’écran, en un acte artistique et militant assumé, est évidemment plus difficile à réussir que ces films décharnés où le vent pousse et la pluie mouille[4]. » Le JDD souligne à propos des deux acteurs que « Jean Dujardin et Gilles Lellouche peuvent ainsi faire exister des rôles tout en nuances sur une reconstitution solide de ces années marseillaises[5]. » Cette reconstitution de Marseille est maintes fois soulignée dans les critiques, comme Première qui écrit que « La reconstitution se révèle soignée et Marseille, personnage à part entière, est superbement filmée. Tout cela se montre aussi efficace qu’un bon vieil Yves Boisset […] », donnant deux étoiles sur quatre[6]. Le Parisien écrit qu'« Outre la remarquable reconstitution du Marseille des années 1970, ce thriller […] palpitant pendant plus de deux heures, mélange subtilement les séquences d'action et des scènes plus intimistes. » Ce que Elle résume par : « le cahier des charges du film de gangster est parfaitement rempli. » L'Obs est très critique sous-titrant « c'est raté » et jugeant Dujardin inadapté au rôle du juge[7].

Box-Office[modifier | modifier le code]

Pays ou région Box-office Box-office arrêté le… Nombre de semaines
Drapeau des États-Unis États-Unis 190 980 $[8] 9
Drapeau de la France France 1 530 106 entrées[9] 12
Alt=Image de la Terre Mondial 11 861 502 $[8] 32

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Christophe Carrière, « Duel sur la Cannebière », L'Express, Groupe Express-Roularta, no 3309,‎ , p. 78 à 82 (ISSN 0014-5270)
  2. Alain Spira, « La French de Cédric Jimenez », Paris Match, no 3420,‎ , p. 16 (ISSN 0397-1635)
  3. Françoise Delbecq, « Le polar : La French », Elle, Lagardère Active, no 3596,‎ , p. 58 (ISSN 0013-6298)
  4. Éric Libiot, « Mistral gagnant », L'Express, Groupe Express-Roularta, no 3309,‎ , p. 115 (ISSN 0014-5270)
  5. À voir en salles cette semaine, sur lejdd.fr, 2 décembre 2014
  6. Isabelle Danel, « La French », sur Premiere.fr,‎ (consulté le 31 décembre 2014)
  7. Fabrice Pliskin, « Dujardin contre Dujardin : c'est raté », L'Obs, no 2613,‎ , p. 116 (ISSN 0029-4713)
  8. a et b « La French », sur JP Box Office (consulté le 20 juillet 2015)
  9. (en) « La French », sur jpbox-office (consulté le 27 février 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Le Juge, film inspiré du juge Michel

Liens externes[modifier | modifier le code]