Mafia israélienne

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Mafia israélienne
Date de fondation années 1970
Lieu Israël, Géorgie, Pays-Bas, États-Unis, Canada, Ukraine, Allemagne, Biélorussie, Tchétchénie, Royaume-Uni, France
Territoire Israël
Année active années 1970 à nos jours
Ethnies présentes Israélienne
Nombre de membres 18 familles[1].
Activités criminelles
  • Trafic de stupéfiants (ecstasy)
  • Racket et extorsion de fonds auprès des boites de nuit, restaurants
  • Usure
  • Contrats d'assassinat
  • Vente d'armes
  • Proxénétisme
  • Vols de voiture
  • Trafic d'antiquités
  • Casinos clandestins
  • Corruption de fonctionnaires de police
  • Racket sur les nouveaux émigrants
  • Infiltration de l'économie légale (recyclage de bouteilles en plastique et marché des fleurs)
  • Évasion fiscale
  • Menace sur témoins
  • Assassinats
Alliés Mafia Russe

La mafia israélienne désigne de façon générique le crime organisé opérant dans l'État d'Israël ou ayant pour épicentre celui-ci.

Historique[modifier | modifier le code]

La mafia israélienne, aussi appelée Israeli Connection, s'est constituée depuis les années 1970 et s'est renforcée avec l'apport de milliers de Juifs originaires de l'ex-Union soviétique. Mais aussi parce que la police a longtemps délaissé le crime organisé au profit de la lutte contre le terrorisme, plus urgente. Elle possède des antennes partout dans le monde. Une de leurs grandes spécialités est le trafic de drogue synthétique de type ecstasy.

Selon le journaliste Serge Dumont, « la mafia israélienne compte 18 familles, en majorité séfarades, descendant de Juifs venus du Maghreb. L'Ashkénaze Amir Mulner, un des chefs les plus importants et fils d’un officier de police, fait figure d’exception »[2].

Une des premières grosses équipes criminelles date du début des années 1990. Le New-York Gang était expert dans l'import-export de stupéfiants, l'extorsion de fonds et les paris clandestins. Toutes ces activités constituent l'essentiel des activités des organisations criminelles israéliennes. Un de leurs membres, Ephraïm « Freddy » Ran, 60 ans et ancien trafiquant de drogue, qui s'était recyclé dans le marché de l'art a été abattu en janvier 2004[3].

La police israélienne crée en 2006, « l’unité 443 », pour lutter contre le crime organisé[réf. souhaitée].

Un des « Rois de l'ecstasy », Yoram El-AL, un israélien de 35 ans, a été arrêté en décembre 2006 sur une plage de Rio de Janeiro. Il était soupçonné d'irriguer Las Vegas avec des pilules faites aux Pays-Bas. Impliqué selon certains dans la tentative d'assassinat de Zeev Rosenstein, il était recherché depuis son évasion d'une prison uruguayenne[3].

En janvier 2007, Zeev Rosenstein, alias « Fat man » (le Gros), 52 ans, considéré par les autorités américaines comme un des plus gros trafiquant au monde, plaidait coupable devant un tribunal fédéral américain pour l'importation de 850 000 pilules d'ecstasy. Condamné à 12 ans de prison, il purgera sa peine en Israël, son pays d'origine. Cette figure de l'Israeli Connection était présente sur quatre continents et avait recours aux petites mains de latino-américains pour distribuer sa drogue synthétique. Rosenstein a fait l'objet de sept attentats dont l'un sous la forme d'une attaque à la bombe qui tua trois personnes à Tel-Aviv en décembre 2003[3].

En Mars 2008 apparaît sur les radar français un jeune français de confession juive, "FEJ".

À la suite de cela sont apparus Yossi Musseli et son frère Eli qui lorgnait sur le casino de Rosenstein, monté en Roumanie[4].

En avril 2014, Charlie Aboutboul, un des patrons de la pègre israélienne dont la famille d'origine nord-africaine est implantée à Netanya, se suicide par arme à feu[réf. souhaitée].

Pénétration de la mafia russe en Israël[modifier | modifier le code]

Depuis 1989, l'immigration massive de Juifs russes en Israël a permis l'implantation du crime organisé en provenance des pays de l'ex-bloc soviétique. Des sociétés secrètes de criminels et des gangs de jeunes se développèrent rapidement du fait du laxisme des autorités locales, notamment à Tel Aviv dans les années 1990. Leurs activités sont le trafic de stupéfiants, la prostitution, la traite d'êtres humains. Elles sont souvent financées par la Mafia russe.

En 1998, 750 000 Juifs d'ex-URSS avaient immigré en Israël depuis l'effondrement de l'Union soviétique.

Les parrains russes souhaitaient s'installer et venir en Israël pour un certain nombre de raisons. Tout d'abord, la mafia russe considérait Israël comme un endroit idéal pour le blanchiment d'argent. Le système bancaire israélien a été conçu pour encourager l'alya, le retour des juifs vers la Terre Promise et avec eux, leurs capitaux. Suivant le phénomène de mondialisation et de dérèglementation financière, Israël a également mis en place une législation visant à faciliter la circulation des capitaux. Combiné avec le manque de lois "anti-blanchiment", le crime organisé russe trouve en Israël un endroit idéal pour transférer ses gains mal-acquis. En 2005, la police estime que le crime organisé russe aurait blanchi entre 5 et 10 milliards de dollars depuis la fin du bloc de l'Union soviétique en 1989.

L'autre raison de la popularité d'Israël parmi les chefs du crime organisé « Russes », est le fait que beaucoup étaient juifs. Au lieu d'être victimes de discrimination et sanctionnés comme du temps de l'Union soviétique du fait de leurs judaïtés, leurs origines étaient perçues comme un avantage par les patrons, qui se faisaient souvent passer pour des hommes d'affaires légitimes pour obtenir un passeport israélien. Même les criminels non juifs, tels que Sergei Mikhailov, cherchaient à venir en Israël (Mikhailov a utilisé de faux documents juifs). Pour ces criminels, un passeport israélien représentait une porte de sortie vers le monde extérieur.

En 2011, dix-huit organisations criminelles d'importances attirent l'attention de la police. Les autorités ont déjà arrêté onze parrains et une soixantaine de membres de ces organisations.

Présence en Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

Le conflit entre les différents clans s'est étendu en Afrique du Sud, menant à l'assassinat, par exemple, de Shai Avishar, proche de Winnie Mandela, Motti Raz et l’arrestation de Camillo Zavatani, Lior Saadt et Amir Moilla[5].

Fonctionnement et activités criminelles[modifier | modifier le code]

La mafia en Israël investit dans les paris clandestins au travers de casinos officiels et des bookmakers. Elle est aussi impliquée dans le trafic de drogue, spécialement dans l'ecstasy et le haschich. Les organisations criminelles israéliennes n'ont pas hésité à recruter des juifs orthodoxes pour introduire de la drogue aux États-Unis. Ces organisations entretiennent des liens avec la mafia turque, interlocutrice incontournable sur le marché de l'héroïne. Elle pratique le racket sous forme de protection sur les boites de nuit et restaurants mais aussi le prêt à taux usuraire, la prostitution des filles de l'Est, les cambriolages, le marché noir et le vol de voiture au travers de gangs palestiniens et d'autres encore... Ses organisations pénètrent le marché légal notamment le recyclages des bouteilles en plastique ou le marché des fleurs[1].

En Europe, ces organisations sont très présentes en Belgique sur le port d'Anvers, plaque tournante de tous les trafics en Europe[3].

Membres notables[6][modifier | modifier le code]

Arrestation de Zeev Rosenstein en janvier 2007

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Serge Dumont, L'histoire vraie de la mafia israélienne, La Manufacture de livres, 2013[9]
  • Jacques Derogy, Israel connection : la première enquête sur la mafia d'Israël, Paris, Plon, , 327 p. (ISBN 2-259-00592-6)
  • (en) Misha Glenny (trad. du néerlandais), McMafia: Crime Without Frontiers, Londres, The Bodley Head, (ISBN 978-0-224-07503-9)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Le Point N.2027 : "La mafia en France"', Jérôme Pierrat
  2. Serge Dumont nous présente la mafia israélienne, cclj.be, 3 décembre 2013
  3. a, b, c et d Marianne, N.539 août 2007 : « Enquête dans les entrailles de la mondialisation : Les nouvelles mafias » p.51-52. Frédéric Ploquin
  4. State witness recants in probe of Musseli crime family, Haaretz
  5. Israeli mafia’ at war in South Africa
  6. Arrestation en France d'un Franco-Israélien soupçonné d'escroquerie au marché carbone
  7. Mafia israélienne. La veuve du parrain a le blues
  8. L'histoire vraie de la mafia israélienne
  9. La lutte antimafia, l'autre guerre d'Israël, lefigaro.fr, 5 novembre 2013