A History of Violence (film)

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A History of Violence
Titre québécois Une histoire de violence
Réalisation David Cronenberg
Scénario Josh Olson
Musique Howard Shore
Sociétés de production New Line Cinema
BenderSpink
Media I! Filmproduktion München & Company
New Line Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau du Canada Canada
Genre Thriller
Durée 96 minutes
Sortie 2005


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

A History of Violence[N 1] ou Une histoire de violence au Québec est un drame criminel américano-allemand réalisé par David Cronenberg et sorti en 2005. C'est l'adaptation cinématographique du roman graphique A History of Violence écrit par John Wagner avec des dessins de Vince Locke et publié par Vertigo.

Le film est présenté en compétition officielle au festival de Cannes 2005.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Tom Stall est un citoyen paisible de la petite ville de Millbrook[N 2] dans l'Indiana, patron d'un petit restaurant, bon père et bon mari. Un soir, deux tueurs font irruption dans son restaurant, s'apprêtant à commettre un massacre. En quelques fractions de secondes, Stall les abat avec une dextérité surprenante. Le fait divers fait la une des médias, la fierté de sa famille, et propulse Stall au rang de célébrité locale et nationale. Alors qu'il tente de retrouver une vie normale, un mafieux partiellement défiguré, répondant au nom de Fogarty, débarque dans son petit restaurant et l'appelle par un autre nom : Joey. Fogarty et ses complices prennent en effet Tom, qu'ils ont vu récemment à la télévision, pour un de leurs anciens adversaires. Peu à peu l'épouse et le fils de Tom se rendent à l'évidence : Tom a été Joey dans une autre vie, à Philadelphie, auprès de son frère, à la tête d'un gang. Joey était redouté pour sa violence. Après avoir éliminé Fogarty et ses acolytes, Tom doit effacer les dernières traces de son passé de meurtrier en se rendant à Philadelphie. Il y retrouve son frère et ses sbires qui tentent de l'abattre. Tom les tue, se lave dans un lac du sang qui le recouvre, repart vers sa famille où il retrouve sa place.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Information icon with gradient background.svg Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

Drapeau de la France France : (festival de Cannes - compétition officielle)
Drapeau de la France France, Drapeau de la Belgique Belgique :
Drapeau des États-Unis États-Unis :
  • Film interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en France, puis déconseillé aux moins de 16 ans lors de sa diffusion à la télévision

Distribution[modifier | modifier le code]

Sources et légende : version française (VF) sur Allodoublage[1] et sur Voxofilm[2]. Version québécoise (VQ) sur Doublage Québec[3]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse et développement[modifier | modifier le code]

Le scénario est basé sur le roman graphique A History of Violence écrit par John Wagner avec des dessins de Vince Locke et publié par Vertigo en 1997. Le script est écrit par Josh Olson. Le réalisateur David Cronenberg découvre son travail, sans connaitre l’œuvre initiale de John Wagner et Vince Locke[4], mais a été d'emblée séduit :

« Cette histoire touche à des thèmes émotionnels puissants. Un couple marié avec deux enfants essaie de mener une vie droite, honnête, épanouie, et cela se révèle de plus en plus difficile. J'ai aimé ce contexte (...) Derrière ce thème principal se profilent pourtant des choses beaucoup plus troublantes, dérangeantes. C'est un thriller intéressant parce qu'atypique. On peut le prendre à plusieurs niveaux, les enjeux ne sont pas aussi basiques que l'intrigue principale peut le laisser supposer. Les développements partent dans des axes aussi surprenants que variés. On peut d'abord voir ce thriller comme ceux de Hitchcock où un homme innocent est pris pour un autre par des gens effrayants[4]. »

— David Cronenberg

Pour éviter certains clichés liés à la mafia, David Cronenberg demande au scénariste Josh Olson de modifier les noms de certains personnages criminels. Initialement Italo-Américains, ceux-ci deviennent Irlandais[4], d'autant plus que les acteurs choisis ne sont pas du tout Irlando-Américains[5].

Distribution des rôles[modifier | modifier le code]

Le rôle principal a été proposé à Thomas Jane et Harrison Ford[5].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage a lieu d'août à novembre 2004. Il se déroule à Toronto (Stoopy's Tavern, Toronto Film Studios) et plusieurs villes de l'Ontario (Millbrook, King City, Rockwood, Tottenham (en), Uxbridge)[6].

David Cronenberg choisit de tourner majoritairement avec des objectifs de 27 mm. Il explique ce choix : « Cela donne des plans larges, ce n'est pas l'objectif qu'on emploie normalement pour les gros plans. J'ai essayé de trouver un équivalent visuel à la psychologie des personnages, à la dynamique des pièces et à la manière dont les personnages occupent l'espace »[4].

Accueil[modifier | modifier le code]

A History of Violence a été classé à la 5e place du Top 10 des années 2000 par les Cahiers du cinéma[7]

Distinctions principales[modifier | modifier le code]

L'acteur Viggo Mortensen, venu défendre le film au Festival de Cannes 2005.

Source et distinctions plus complètes : Internet Movie Database[8]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Commentaires[modifier | modifier le code]

Analyses[modifier | modifier le code]

Viggo Mortensen pour la présentation du film au Festival du Film de Toronto 2005.

Le film s'ouvre sur un long plan séquence, en travelling latéral, détaillant la façade paisible d'un petit motel de l'Amérique profonde. C'est seulement après qu'on découvre ce que la caméra tenait alors hors-champ : à l'intérieur de l'établissement, les cadavres des gérants, abattus par deux tueurs de passage. L'image peut en cacher une autre, de la même façon que le personnage principal est double : Tom Stall contient aussi Joey Cusack.

C'est ainsi que tout au long de l'œuvre, Cronenberg peint une violence en puissance : la violence représentée par ce Joey qui ressurgit à l'intérieur de Tom Stall, ou bien la violence qui apparaît chez un citoyen ordinaire. Lors de l'exécution de Fogarty, on s'attend à ce que la balle provienne du révolver d'un tueur chevronné ; et elle part de celui d'un Américain banal, le jeune fils de Tom Stall.

Ces scènes ont notamment permis une lecture facile du film mettant en avant la duplicité de l'Amérique profonde, entre normalité et violence cachée.

On peut également interpréter l'évolution des différents protagonistes en fonction du degré de violence qui les habite. Le fils de Tom Stall en est le témoin et devient progressivement plus violent, jusqu'à atteindre son apogée : le meurtre de Fogarty.

Les deux tueurs du début du film sont une véritable allégorie de la violence, tant ils semblent extérieurs à tout, tant leur violence est pure et gratuite. Ils sont ainsi l'incarnation de ce paramètre qui fait évoluer nos personnages. Ils sont l'agent déclencheur qui fera véritablement commencer l'intrigue. Leur rencontre avec Tom Stall provoque la première résurrection de Joey.

À l'inverse comme le confie Tom-Joey à sa femme dans la scène de l'hôpital (57 min 50 s) sa rencontre avec celle-ci marqua le début de sa renaissance (« born again ») en Tom Stall.

Il est difficile de ne pas voir dans la trajectoire de Tom Stall-Joey Cusack l'histoire d'une rédemption. Les symboles abondent dans ce sens : après le meurtre de son frère, Joey se lave comme pour se purifier, à son retour son fils lui propose ce qui ressemble à du pain de viande. Purification par l'eau (baptême) et partage du pain (Cène) sont deux symboles chrétiens de la rémission des péchés ou de la renaissance spirituelle, tout en étant des rituels d'intégration dans la communauté, ici familiale. La scène finale y contribue, sans paroles, remarquée pour sa densité expressive et symbolique, elle clôt le film — au moment même où la tension dramatique atteint son paroxysme et sa résolution — par un regard.

Certains critiques ont vu dans Tom Stall/Joey Cusack Caïn, tueur de son frère Abel, et par conséquent celui qui doit prolonger la lignée.

David Cronenberg, qui s'est intéressé à la thématique de l'infection, dans Frissons (1975), donne à voir ici la propagation de la violence et la manière dont elle contamine les individus malgré eux. Le film gravite également autour du thème de l'identité. Après avoir abordé la crainte de l'individu de sa propre transformation corporelle (La Mouche), le réalisateur met en scène dans A History of Violence un personnage principal qui se transforme au gré des visions successives (et divergentes) que son entourage porte sur lui.

Classification[modifier | modifier le code]

À la télévision française, le film est diffusé une première fois, en première partie de soirée, avec la signalétique déconseillé aux moins de 12 ans. Le CSA est cependant intervenu auprès de la chaîne concernée, car certaines scènes violentes justifient une classification déconseillé aux moins de 16 ans[9], qui sera appliquée lors de sa nouvelle diffusion à la télévision.

Autour du film[modifier | modifier le code]

Il s'agit du dernier film à avoir été édité à la fois en DVD et VHS[10],[5].

Les noms des personnages William Orser et LeLand Jones sont un clin d'oeil à Leland Orser[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En anglais, « to have a history of violence » est une expression signifiant « avoir un passé violent » (on dirait aussi « avoir un casier judiciaire »).
  2. Millbrook (dans l'Indiana) est une ville fictive. De nombreuses villes portent cependant ce même nom, notamment Millbrook dans l'Ontario, où a été tourné le film.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]