Mocro Maffia

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Mocro Maffia
(ar) مافيا مغربية
Image illustrative de l’article Mocro Maffia
Amsterdam, territoire principal de
la Mocro-maffia.

Date de fondation XXe siècle
Lieu Amsterdam, Rotterdam, Utrecht, Nimègue, Amstelveen, Almere, Anvers, Bruxelles, Costa del Sol, Algeciras, Tanger, montagnes du Rif, Skhirat, Marrakech, Dakhla, Dubaï, Medellín, Paramaribo
Territoire
Ethnies présentes Marocains
Nombre de membres Au moins 20 clans et familles
(liste incomplète)
Activités criminelles
  • Menace sur témoins
  • Vol de voiture
  • Trafic de drogues
  • Homicides volontaires
  • Assassinats
  • Tueur à gages
  • Kidnappings
  • Attentats
  • Blanchiment d'argent
  • Faux monnayage
  • Trafic de faux papiers
  • Corruption de juges
  • Corruption de douaniers
  • Corruption de gouvernement
  • Corruption d'officiers de police
  • Corruption d'hommes politiques
  • Financement occulte des mosquées [1]
  • Fraude fiscale des commerces contrôlés
  • Contrat d'assassinat
  • Contrôle de clubs de football
  • Contrôle de centres culturels
  • Contrôle de partis politiques

Alliés Drapeau : Iran Gouvernement d'Iran[2]
Drapeau : Colombie Clan del Golfo[3]
Drapeau : Mexique Cartel de Sinaloa[4]
Drapeau : Italie Camorra[5]
Drapeau : Irlande Mafia irlandaise[6]
Rivaux Drapeau : Albanie Mafia albanaise

La Mocro MaffiaÉcouter (également orthographiée Mocro-maffia)  — dite aussi Mocro-oorlog ou Mocro War — est l'appellation générale donnée aux organisations criminelles marocaines de la mafia spécialisées dans le trafic de cocaïne et de drogue de synthèse basé aux Pays-Bas et en Belgique.

À Anvers, le terme Borgerokko maffia est plus souvent utilisé dû à l'économie illégale qui est majoritaire dans le district de Borgerhout. Ce trafic prend ses origines dans les gangs de rue d'origine marocaine à Amsterdam et Anvers comme décrit dans le livre de Raf Sauviller publié en 2014 Borgerokko Maffia ou encore Mocro Maffia de l'auteur et spécialiste en criminologie Marijn Schrijver. La mafia marocaine est apparue dans la plupart des autres grandes villes néerlandaises, dont Rotterdam, Utrecht et Almere. Au milieu des années 2010, les réseaux s'implantent également au sud de l'Espagne, notamment dans la Costa del Sol, tout comme dans le reste de l'Europe, en Amérique du Sud et récemment aux Émirats arabes unis.

Ces réseaux mafieux sont composés de plusieurs bandes, pour la majorité des Marocains issus de l'immigration en Belgique ou aux Pays-Bas. Ayant une relation proche avec les cartels colombiens, ils importent quotidiennement la drogue en Europe par les ports d'Algésiras et le Port d'Anvers. Suite à un vol d'une énorme quantité de cocaïne au Port d'Anvers en 2012, on compte depuis pas moins de cent personnes néerlando- et belgo-marocaines assassinées dans des fusillades. Suite à ce vol, de nombreux organisations rivales se forment, dont le plus célèbre opposant l'organisation criminelle de Benaouf à celle de Gwenette Martha. Plus récemment, Ridouan Taghi devient le principal commandant de la plus grande organisation Mocro Maffia, contrôlant une grande partie de la cocaïne aux Pays-Bas. Il est actuellement en détention dans l'attente de son procès.

En , le politicien néerlandais Geert Wilders, visant à réprimer les trafiquants de drogue auprès du gouvernement, l’a ajoutée officiellement à la liste noire des organisations criminelles les plus dangereuses agissant sur le sol néerlandais suite à la mort de Derk Wiersum, considérant l'assassinat comme un attentat contre l'État.

Étymologie[modifier | modifier le code]

  • Mocro-maffia (« Wie praat die gaat », « Celui qui parle mourra ») : le nom par lequel les autorités néerlandaises et belges néerlandophones désignent les organisations marocaines du Benelux[7]. Le terme a été rendu public par le Néerlandais Marijn Schrijver en 2013 suite à la publication du célèbre livre Mocro Maffia sorti en 2014. Le terme « Mocro » était déjà existant depuis la fin des années 1990 pour désigner un Marocain issu de l'immigration aux Pays-Bas ou en Belgique[8]. Cependant, le terme Mocro-maffia ne fait aucune distinction entre les plusieurs réseaux qui s'entretuent, mais désigne bel et bien un réseau marocain actif dans le Benelux, bien que la minorité soit d'origine surinamaise ou antillaise[9].
  • Mocro-oorlog ou Mocro War (guerre marocaine) : le nom par lequel les médias et journalistes désignent le conflit Mocro-maffia[10].
  • Borgerokko Maffia : le nom par lequel les politiciens, médias et journalistes désignent les réseaux marocains actifs à Anvers[11]. Le terme adopté par l'écrivain belge Raf Sauviller, est très vite apparu à la Une des journaux belges, notamment après son ouvrage, un livre sorti en 2017 avec comme nom Borgerokko maffia[12]. Le terme comprend des mots composés entre Borgerhout et Marokko. Raf Sauviller dit avoir choisi Borgerokko pour le nombre important de familles marocaines actives dans le trafic anversois dans le lieu en question[13].

Origines et contexte[modifier | modifier le code]

Historique (1960-2000)[modifier | modifier le code]

Localisation du Rif, premier lieu de production et de transformation de haschich au monde.

Les Marocains (principalement issus du Rif) ont émigré en groupe dans le Benelux[14]. Cette émigration compacte et assez tardive des années 1960 et 1970 ne s'est jamais arrêtée. Elle provient d'une des régions les plus pauvres du Maroc, rurale, très peu urbanisée, avec pendant longtemps peu d'écoles, que ce soit en arabe ou en français. Cette société paysanne et montagnarde méditerranéenne est assez comparable à la Corse, la Sicile, la Sardaigne ou les Aurès. Elle se caractérise par des rapports communautaires très forts, un esprit d'omerta et d'autosurveillance. Ses montagnes sont durablement incontrôlables. Après la décolonisation, des dizaines de milliers de Rifains ont perdu leur emploi dans les vignes et les fermes d'Algérie, puis, à partir des années 1970, dans les mines et la sidérurgie européennes. Cette main-d'œuvre s'est reconvertie massivement dans le commerce, formel ou informel, et notamment dans la contrebande de cannabis. L'argent est réinvesti dans des cafés, des petits commerces, dans l'immobilier au Maroc et, pour les plus riches, dans l'économie de la Costa del Sol, en Espagne. La diaspora rifaine a ainsi essaimé son système économique dans toute l'Europe. Lors des années , la Belgique et les Pays-Bas, qui n’ont aucun passé colonial arabo-berbère, accueillent une immigration marocaine massive en provenance du nord du Maroc, pour travailler dans les mines et la sidérurgie de Wallonie, puis dans les Flandres et aux Pays-Bas en plein boom économique. Le commerce de drogue suit les communautés en exil, du Maroc aux Pays-Bas, en passant par l'Espagne, la France et la Belgique.

Lors des années 1980, Bos en Lommer est l'un des quartiers d'Amsterdam qui compte le plus d'immigrés Marocains. Les Néerlando-Marocains ne manquent aucune occasion pour exporter le haschich des montagnes de Ketama vers les Pays-Bas au bord de leurs anciennes Mercedes Classe S. C'est à cette époque que les organisations mafieuses modernes débutent et commencent à évoluer au milieu des années 1980 avant de s'intensifier au fil du temps[15]. Ce trafic représente 10 à 12 milliards de dollars de chiffre d’affaires par an depuis 40 ans. Les trafiquants sont habitués à passer les frontières, à avoir des armes et réputés au Maroc pour être des hommes très violents. L’État marocain a abandonné la région du Rif pendant de nombreuses années en y refusant d’investir dans les infrastructures, ce qui a poussé la plupart des Marocains originaires des villes comme Al Hoceïma et Nador à se consacrer entièrement à la commercialisation du haschisch. Dans les années 1980, la cocaïne est la drogue des hommes d'affaires et des commerçants boursiers comme Charlie Sheen. Dans les années 1990, les grands barons d'Amérique du Sud choisissent le Ghana et le Sénégal grâce à l'absence des contrôles douaniers dans les ports les plus importants du pays. Au fil du temps, les cartels sud-américains créent une ligne avec l'Afrique du Nord pour l'exportation vers l'Europe. Le Maroc connait une importante géographie et diaspora dans les pays les plus importants d'Europe, c'est ce qui les distinguent des autres pays du continent africain. Pendant qu'au Maroc, on compte plus souvent sur les montagnes du Rif et les villes portuaires comme Tanger ou Tétouan, en Europe, c'est Anvers qui devient la plaque tournante européenne avec l'Espagne. Avec Anvers et son Port, c'est toute la Belgique qui devient géographiquement une plaque tournante. L'importation et le trafic de drogue deviennent inséparables, et ces activités pallient les licenciements qui touchent massivement mineurs, sidérurgistes et salariés du textile[16],[lp 1]. Dans un tel contexte, les vieilles mœurs et habitudes et leurs codes traditionnels de conduite, d'honneur, de justice et de méfiance face à l'autorité se sont transplantés dans les quartiers de Bruxelles, Amsterdam et Anvers où ils ont pu croître et se multiplier, avec notamment l'établissement d'une relation d'amitié avec l'organisation néerlandaise Penose (en), à cette époque l'une des plus grandes organisations mafieuses en Europe[lp 2]. Injustement ou non, les autorités belges et néerlandaises caractérisent les communautés par leur « dysocialité » et par une « culture tribale plus agressive» , qui les distinguent des autres communautés immigrées[17].

Naissance de réseaux de drogue ultra-communautaires (2000-2012)[modifier | modifier le code]

Quartier De Pijp, lieu où débute le conflit Mocro-maffia.

À Amsterdam, le taux de criminalité va s'accroître dans le quartier au cours des années. Dans un tel contexte, un grand nombre de Néerlandais de souche décident de quitter le quartier pour résider ailleurs dans la banlieue où le calme règne ou dans les campagnes en dehors de la ville[18]. La place de Diamantbuurt, quartier de De Pijp, se voit très vite avoir une réputation négative due à la criminalité[19]. Elle est rapidement surnommée The Bronx of Amsterdam ou encore South-Central Los Amsterdam[20]. En 2003, le nom d'un certain Omar alias 'le criminel' devient connu dans le quartier De Pijp pour ses vols à l'arraché et sa détention d'armes. Un an plus tard, en 2004, il forme une bande de jeunes délinquants appelé Van Wougroep, composée de 28 jeunes néerlando-marocains issus du même quartier. La criminalité règne pendant de longues années dans le quartier De Pijp, allant jusqu'aux premiers règlements de compte. En , Europol estimait que les gangs marocains constituaient un milieu criminel en perpétuelle expansion en Europe[21]. Dans la même année, Omar El H. se retrouve devant la juge d'instruction pour avoir tenté de liquider plusieurs personnes du quartier voisin qui compte une importante communauté surinamaise, également impliquées dans des histoires de trafic de cocaïne. Le jeune Omar déclare à la juge : « Mon but était juste de livrer de la cocaïne aux blancs. Les Surinamais espéraient nous voler notre territoire et nos clients. Il fallait qu'ils aient des conséquences car personne ne leur a donné l'autorisation de vendre là-bas. Les anciens, c'est nous. ». Cette « mini-guerre » de quartier finit par s'établir lorsque les deux communautés cohabitent ensemble au fil du temps dans certains quartiers d'Amsterdam dont De Pijp[22].

Proportion de Marocains par communes et quartiers aux Pays-Bas en 2007. Le rouge vif désigne le maximum, 24 %.

Dans le quartier, Gwenette Martha grandit et passe son enfance sur la place Van der Helstplein[23]. Il joue régulièrement au football avec ses amis Najib Bouhbouh, Houssine Ait Soussan, Harvey Esajas et les frères Balserang. Alors que ces trois derniers finissent par intégrer l'académie de football de l'Ajax Amsterdam, Gwenette Martha choisit avec Najib Bouhbouh et Houssine Ait Soussan de changer d'objectifs de vie et de devenir gangster, pour « gagner des millions ». Étant encore jeune adolescent, Gwenette Martha forme sa bande Groep-Martha en 2005, ayant pour but de gagner énormément d'argent en prenant contact avec des jeunes belgo-marocains issus des quartiers d'Anvers en Belgique[24].

Au fil des années, le Fayrouz Lounge du quartier De Pijp ouvre ses portes. Considéré par les habitants du quartier comme étant un lieu de non-droit, la cave de la chicha rassemble un nombre important de criminels marocains impliqués dans le trafic de cocaïne[25]. Avec le rifain ou le darija comme langue principale, les criminels passent leurs soirées à la chicha à jouer au pachisi, aux jeux de cartes ainsi qu'à regarder les matchs de football et de boxe à la télévision. La cave de la chicha devient très vite un endroit de réunion pour les trafiquants marocains. Au fil du temps, les jeunes néerlando-marocains finiront par établir un contact avec des trafiquants de drogue colombiens, mexicains et dominicains pour les importations auxquelles les trafiquants participent[26]. En 2012, Houssine Ait Soussan est à la tête du club futsal ZVV 't Knooppunt ayant comme dirigeant Souhail Laachir (surnommé De Lange), également dans le trafic[27].

Trahison à Anvers : début d'une guerre marocaine à Amsterdam (2012-2014)[modifier | modifier le code]

En février 2012, alors qu'un cartel colombien livre 200 kilos de cocaïne au Port d'Anvers destinées à la bande du Fayrouz Lounge[28], d'autres trafiquants marocains issus d'Anvers, membres de l'organisation The Turtles, au courant de l'énorme importation arrivée à Anvers, volent la drogue au Port d'Anvers[29]. Gwenette Martha, trahit la bande Fayrouz et enfreint les mœurs des règles de la mafia, en collaborant avec The Turtles. Houssine Ait Soussan et Benaouf très vite au courant, se séparent de Martha. Suite à cela, Benaouf envoie son tueur à gages Rida Bennajem pour assassiner le comptable de Gwenette Martha, Redouan Boutaka le 22 avril 2012 à Amsterdam. Rida entre dans une chicha d'Amsterdam et tire en rafale à la kalachnikov RPK. Premier coup réussi pour Benaouf, pendant que les autorités néerlandaises ignorent la raison de cet assassinat. Quant à Najeb Bouhbouh, il refuse de quitter le clan de Martha. Il est pour cette raison assassiné par Rida Bennajem, le 12 avril 2012 à la sortie d'un hôtel à Anvers en Belgique. Le Curacien, ayant perdu deux hommes forts de son organisation, riposte et envoie trois tueurs à gages au bord d'une Audi RS4 volée (Adil Abouchdak, Anouar Benhadi et Hamza Belhadj) pour abattre Benaouf à Amsterdam. La fusillade de Staatsliedenbuurt a lieu le 29 décembre 2012, causant la mort de deux personnes : Youssef Lkhorf et Saïd El Yazidi. Benaouf parvient à prendre la fuite en sautant dans un lac glacial. C'est désormais une guerre sans merci que se livre l'organisation de Benaouf (bras droit : Ait Soussan) contre celle de Martha (bras droit : Naoufal Fassih)[30].

« Tous ceux qui prennent part à ce conflit seront un jour ou l'autre liquidés »

Benaouf dans un appel téléphonique en 2012[31].

Dans les mois qui suivent, en mars 2013, le tueur à gage de Benaouf, Rida Bennajem est assassiné en même temps que l'arrestation du tueur à gage de Martha[32]. Adil Abouchdak est arrêté par les forces spéciaux néerlandais après une course poursuite, finissant sur des échanges de tirs avec la police[33]. Quant au troisième tueur à gage de Martha, Hamza Belhadj, il est arrêté quelques mois plus tard à l'aéroport de Tanger avec de faux documents[34]. En , alors que Souhail Laachir, financier du club de futsal ZVV 't Knooppunt se rend dans un musée à Amsterdam, il est assassiné de plusieurs balles au torse par le camp de Martha[35].

La police néerlandaise confirme en juin 2013 avoir très peu d'informations sur les organisations qui opèrent à Amsterdam à cause de l'omerta qui règne chez les gangsters, sous risque de se faire assassiner en cas d'indiscrétion, après un procès qui a lieu dans le tribunal avec la présence de Gwenette Martha et trois complices[lp 3]. Suite à cela, la police néerlandaise décide d'attirer l'attention des jeunes dans le quartier Bos en Lommer à Amsterdam, leur proposant une énorme somme d'argent en échange d'informations sur « les grands du quartier », et notamment sur le trafiquant Anouar Benhadi[lp 4]. En fin juin 2013, ces mêmes jeunes dévalisent une voiture appartenant à des enquêteurs néerlandais, qui était stationnée dans une rue ayant une vue sur la chicha Fayrouz sur la Amstelveenseweg. Lorsqu'ils brisent les vitres, ils retrouvent des collections de détectives et des photos de criminels se trouvant dans la chicha Fayrouz[lp 5]. Anass El Ajjoudi (assassiné en 2018), connu dans le circuit criminel avec le surnom Boeloeloe, succède à Souhail Laachir dans le milieu sportif[36]. Entre-temps, Benaouf est arrêté par les forces spéciaux néerlandais à Amsterdam en juin 2013, donnant les commandes à Houssine Ait Soussan et Omar Lkhorf, le frère de Youssef Lkhorf, décédé en 2012 dans la fusillade de Staatsliedenbuurt. Profitant de la succession, Martha frappe un grand coup et abat Tarik El Idrissi (ami de Benaouf) à Amsterdam en janvier 2014 et Alex Gilis (tueur à gage de Benaouf) à Zaandam en février 2014. Omar Lkhorf reste silencieux et discret, préférant prendre son temps.

Pendant que le bras droit Naoufal Fassih a délaissé l'organisation de Martha pour fonder son propre réseau en alliance avec la mafia irlandaise pour l'internationaliser en Espagne, Najib Himmich, son homme de confiance qui prend l'organisation de Martha en main lorsque ce dernier est emprisonné, trahit Gwenette Martha en intégrant les rangs du milliardaire Samir Bouyakhrichan opérant dans la Costa del Sol[37]. Le 22 mai 2014 est un jour historique aux Pays-Bas : le gangster Gwenette Martha est abattu par 84 balles de kalachnikov à Amstelveen. Deux mois plus tard, Omar Lkhorf échappe à la mort. Stefan Eggermont, une mauvaise cible, est assassiné à sa place par le camp Martha. Les deux hommes roulent tous les deux en Fiat Punto. Pendant que tout le monde parle d'une vengeance d'Omar Lkhorf, c'est finalement Bouyakhrichan qui est soupçonné d'être derrière l'assassinat de Martha, afin de protéger son nouveau venu Najib 'Ziggy' Himmich d'une éventuelle vengeance de Martha[38].

Naoufal Fassih apprend très vite la nouvelle, en direct d'Irlande. Le 29 août 2014, il se rend à Benahavís en Espagne pour un rendez-vous avec Bouyakhrichan dans un bar au bord de la plage autour d'une table composée de Naoufal Fassih, Samir Bouyakhrichan, Najib Himmich et Jayjay, un jeune rappeur néerlandais également dans le milieu criminel. Lorsque Najib Himmich assène un coup de poing sur le visage de Bouyakhrichan, des tueurs à gages pénètrent le bar et abattent Samir Bouyakhrichan. L'assassinat est orchestré par Naoufal Fassih. Najib Himmich est soupçonné d'avoir présenté ses excuses à son ancien clan, en échange de livrer des informations sur Bouyakhrichan. Mais Najib Himmich est arnaqué par Naoufal Fassih. Le 8 décembre 2014, les autres membres de Martha décident de frapper un grand coup à la suite de la trahison de Najib Himmich. sa femme Luana Luz Xavier est abattu devant les yeux de ses enfants à Zeeburg. Quant à Najib Himmich, il est porté disparu et présumé mort.

Martha vs Benaouf : Les successeurs se livrent la suite d'une guerre sans fin (2014-2017)[modifier | modifier le code]

La suite du conflit a lieu à Paramaribo en Suriname où Marchano Pocorni est abattu[39]. Il est soupçonné d'avoir été le deuxième tueur à gage aux côtés de Rida Bennajem pour l'assassinat de Najeb Bouhbouh à Anvers[40]. Le 7 novembre 2015, près d'un an et demi après l'assassinat de Gwenette Martha, Omar Lkhorf réplique dans la guerre « Benaouf vs Martha » et envoie Hicham B. pour assassiner Eaneas Lomp, un membre de l'organisation Martha[41]. Toujours dans la vengeance de son frère, quelques jours plus tard, il envoie deux tueurs à gages pour abattre les frères Chahid et Chafik Yakhlaf. Les deux victimes membres du groupe de Martha parviennent à s'enfuir. La scène est filmée par une caméra de surveillance. Le 31 décembre, lors du soir du nouvel an, il parvient quand même à abattre Chahid Yakhlaf, l'organisateur de la fusillade de Staatsliedenbuurt, ayant causé la mort de Youssef Lkhorf. Les Pays-Bas voient alors Omar Lkhorf comme l'un des plus grands tueur en série. Mais cela a peu d'importance selon certains politiciens qui trouvent que « tant qu'ils se tuent entre eux, cela a peu d'impact sur la société ». Noureddine A. (surnommé Hitler) est ce deuxième homme qui a organisé la fusillade à Staatsliedenbuurt en 2012 dans le camp de Martha[42]. Le 3 avril 2016, il envoie Mohamed H. et Zakaria Z. pour abattre Noureddine A. à Amsterdam. Suite à des messages Pretty Good Privacy décryptés par une Université canadienne, les autorités néerlandaises accusent Omar Lkhorf d'être derrière la tentative d'assassinat suite à son message : « Je le cherche depuis des années. Ce pédé a organisé la fusillade Staatsliedenbuurt »[43] Le 15 avril 2016, Naoufal Fassih est arrêté à Dublin en Irlande, soit, un jour avant l'assassinat de Pjotr R., préparé en collaboration avec Ridouan Taghi, encore inconnu dans le milieu criminel néerlandais[44]. Naoufal Fassih fait confiance à Ridouan Taghi et lui prête ses hommes. Les autorités néerlandaises accusent Naoufal Fassih d'avoir assassiné Mohammad-Reza Kolahi, un membre de l'organisation des moudjahiddines du peuple iranien et auteur de l'attentat de Hafte Tir, le 15 décembre 2015 à Almere[45]. Les enquêtes s'avèrent vraies. N'ayant pas été extradé vers les Pays-Bas, il est condamné à perpétuité en Irlande[46].

L'organisation de Benaouf, Houssine Ait Soussan et Omar Lkhorf ont toujours le contrôle sur le club de futsal ZVV 't Knooppunt. L'équipe évolue en D1 néerlandaise et la police enquête sans arrêt sur les staffs ainsi que les supporters régulièrement présents dans les tribunes, dont un grand nombre ayant leur nom gravé dans des listes noires des bandes de Mocro-maffia à Amsterdam, dont Khalid Jaafar (assassiné en 2015 au Panama) et Isham B. (blessé en 2015 dans une fusillade)[47]. Après un événement tragique ayant causé la mort de Khalid Jaafar au Panama, Houssine dont le nom est également cité sur plusieurs listes noires, décide de prendre la fuite au Maroc pour échapper à la Mocro-oorlog[48]. Le 26 juillet 2015, Houssine Ait Soussan est arrêté par la BCIJ à Tanger. Omar Lkhorf adopte sous ordres de Houssine Ait Soussan le bras droit Adil El Manti, un policier bruxellois corrompu opérant à Bruxelles et Anvers, proche de Houssine[49]. Pendant que les frères Echargui sont assassinés à Nimègue et que la tête de Nabil Amzieb est retrouvée décapitée devant la chicha Fayrouz[50], le club mafieux ZVV ’t Knooppunt est champion des Pays-Bas[51]. La Fédération royale néerlandaise de football fait alors appel à des enquêteurs pour lancer des recherches approfondis sur les sources financières du club et des joueurs. La police découvre en fin 2016 que l'argent payé aux footballeurs était en réalité de l'argent provenant d'un réseau Mocro-maffia, notamment de l'organisation de Houssine Ait Soussan. Lors de la même période, le journaliste Martin Kok, relayant régulièrement les informations sur la Mocro-maffia, est assassiné à Laren[52]. En Belgique, le réseau de Houssine Ait Soussan kidnappe Abdelkader Bouker (présumé mort), un proche de la mafia israélienne et Younes El Ballouti, un proche du clan The Turtles à Anvers[53]. Pendant que El Ballouti est libéré, jeté dans une campagne au nord de la France, le corps d'Abdelkader Bouker n'est jamais retrouvé[54]. Le 9 janvier 2017, la police belge arrête Abdelkader A. à Schaerbeek. Il est soupçonné d'être un membre du réseau de kidnapping que contrôle Houssine Ait Soussan en direct de sa cellule.

Le 5 juillet 2017, Omar Lkhorf, recherché par Interpol, est arrêté à Bruxelles[55]. Il est condamné à perpétuité et tente de s'évader de prison en janvier 2020[56]. Le camp Benaouf et Martha finissent par trouver un accord pour établir un wapenstilstand (cesse-feu). Malgré l'assassinat d'Anass El Ajjoudi (membre de Benaouf) le 17 janvier 2018 à Amsterdam, il n'y aura aucune suite dans le conflit.

Cesse feu du conflit Martha-Benaouf et l'apparition du dominant Ridouan Taghi (2017-2020)[modifier | modifier le code]

« Tous ceux qui parlent, mourront »

Taghi dans une lettre envoyé aux autorités néerlandaises en 2018[57].

Grâce au cesse-feu du conflit Martha vs Benaouf, l'étoile montante du milieu criminel Ridouan Taghi en profite pour monter son propre réseau criminel issu d'Utrecht, afin de mettre fin à un cycle et marquer son territoire dans le trafic international basé aux Pays-Bas[58]. Naoufal Fassih, bon ami de Ridouan Taghi, se met d'accord avec Taghi pour l'assassinat de Mustapha F., paton du café La Crème Marrakech, un bras droit du criminel assassiné Samir Bouyakhrichan, ennemi juré de Taghi. Le 2 novembre 2017, Taghi envoie deux tueurs à gages à Marrakech pour abattre Mustapha F. Les deux tueurs à gages abattent une mauvaise cible. Contrairement aux criminels de la Mocro-maffia précédents, Ridouan Taghi possède l'organisation Mocro-maffia la mieux structurée, ayant des tueurs à gages dans les quatre coins du monde. Ayant joué un rôle avec Naoufal Fassih dans l'assassinat de Mohammad-Reza Kolahi à Almere, il s'offre une coopération avec les services secrets iraniens pour rester sous les radars d'Interpol[59]. Côté Amsterdam, la KNVB décide d'exclure définitivement le club de la Mocro-maffia ZVV ’t Knooppunt des championnats professionnels[60].

Nabil Bakkali est un tueur à gages d'Utrecht engagé par Ridouan Taghi dans le coffeeshop Sahara à Utrecht en 2010. Lorsque Taghi l'emmène en Espagne pour faire connaissance avec Saïd Razzouki, son bras droit, le feeling passe et le jeune criminel commet deux assassinats en juin et décembre 2016. Lorsque Taghi donne le feu vert à Nabil Bakkali pour assassiner le journaliste Martin Kok, ce dernier abat par accident Hakim Changachi, un ancien ami à lui qui conduisait le même véhicule que le journaliste Martin Kok, ce qui a nécessité la colère de Taghi, opérant son réseau à partir d'un appartement à Bruxelles en Belgique. Nabil Bakkali préfère prendre ses distances du réseau de Taghi et se rend de lui-même à la police en janvier 2017. Bakkali propose un deal aux autorités néerlandaises : il promet de parler sur l'organisation de Taghi, en échange d'une peine d'emprisonnement réduite. Bakkali décide de se repentir et d'aller présenter ses condoléances à la famille Changachi[61]. Taghi, au courant de l'information qui est relayée par la presse néerlandaise, envoie deux tueurs à gages à Amsterdam et abattent Reduan Bakkali, son frère en mars 2018[62].

Lorsque les médias relayent les informations sur Taghi, révélés par Nabil Bakkali, le siège social de Panorama est pris d'un attentat à la lance-roquette. Cinq jours plus tard, le siège social De Telegraaf est pris à partie d'un attentat à la voiture bélier. Lorsque le journaliste John van den Heuvel donne son avis sur les incidents qu'eut lieu au micro du journal De Telegraaf en évoquant le nom de Ridouan Taghi, quelques jours plus tard, des individus tirent avec une Kalachnikov en direction de son domicile pour passer un message de menace. Il reçoit également une lettre de la part de Ridouan Taghi, lui prévenant qu'il figure sur une liste noire, ayant une énorme prime d'argent placée sur sa tête. Un mois plus tard, Jamal M., un membre de la bande Bouyakhrichan est assassiné par Taghi à Barcelone. Le 27 octobre 2018, l'Utrechtois Hamza Ziani, ayant opéré avec Bouyakhrichan est assassiné à son tour à Marbella[63]. Ridouan Taghi devient le criminel le plus recherché d'Europe avec une récompense de 100.000 € promises par les autorités néerlandaises aux personnes qui seront prêts à livrer des informations qui pourraient ramener vers une arrestation du gangster. En décembre 2018, une bombe est placée sous la voiture de la sœur du Belge Samir El Bartali liquidé en 2017[64].

Cependant, Taghi est soupçonné de se trouver à Kich en Iran, protégé par le gouvernement iranien[65]. Une chose est sûr, Taghi a déjà quitté Bruxelles depuis longtemps. Le 5 mai 2019, Ridouan Taghi assassine Dennis G., un ami de Mustapha F. à Paramaribo en Suriname. Quelques jours plus tard, les trois tueurs à gages de Taghi opérants en Suriname sont arrêtés par les forces spéciaux dans la capitale surinamaise. Le 18 septembre 2019, l'avocat de Nabil Bakkali, Derk Wiersum est abattu devant son domicile à Amsterdam par Ridouan Taghi. Cet assassinat a nécessité l'angoisse de plusieurs politiciens néerlandais dont Geert Wilders et le premier ministre Mark Rutte qui n'ont pas hésité à organiser une conférence au parlement national des Pays-Bas dans la chambre basse. Un mois plus tard, l'organisation de Taghi kidnappe Naima Jillal, la compagne de Mustapha F. à Amsterdam. Ridouan Taghi termine son année en assassinant Rachid Kotar, le comptable du baron Samir Bouyakhrichan, le 12 décembre 2019 à Amstelveen devant les yeux de son fils âgé de quatre ans. Quatre jours plus tard, le 16 décembre 2019, Ridouan Taghi est arrêté à Dubaï par les forces spéciales émiratis[66]. Il est extradé aux Pays-Bas en jet-privé et purge dans le centre fermé de Vught en attente du procès Marengo. Selon des sources belges, le criminel contrôlait l'entièreté du trafic de cocaïne aux Émirats arabes unis[67].

Contexte actuel (depuis 2020)[modifier | modifier le code]

Le 18 janvier 2020, Papkind, membre de l'organisation de Gwenette Martha et Naoufal Fassih, est arrêté à Dubaï et extradé vers les Pays-Bas[68].

Le 19 janvier 2020, une tentative d'évasion de prison a lieu à Zutphen. Il s'agit du criminel Omar Lkhorf qui a fait appel à un commando franco-néerlandais pour commettre un attentat contre la prison. Une attaque à la voiture bélier a lieu à l'entrée de la prison[69]. La porte en métal n'a pas pu s'ouvrir. Suite à cette évasion raté, les auteurs prennent la fuite et Omar Lkhorf est transféré dans le centre fermé de Vught[70].

Le 7 février 2020, le bras droit de Ridouan Taghi, Saïd Razzouki est arrêté à Medellín en Colombie par la FBI et l'armée colombienne dans un appartement appartenant au Clan del Golfo[71]. La presse colombienne souligne que Razzouki collaborait régulièrement avec le Cartel de Sinaloa[72]. Razzouki est actuellement incarcéré dans la prison de Bogota, en attente d'une extradition vers les Pays-Bas[73]. Suite aux arrestations de Taghi et Razzouki, les autorités néerlandaises estiment que l'organisation aurait à son actuel déjà un successeur[74].

« Pour localiser Razzouki, nous avons eu besoin des techniques utilisées il y a 30 ans pour traquer Pablo Escobar car Razzouki appliquait les mêmes mécanismes afin de rester sous les radars et échapper à chaque contrôle des autorités colombiennes. Razzouki n'a pas utilisé ni de technologies, ni de réseaux sociaux depuis huit ans, à tel point qu'il n'a plus donné de nouvelle à sa famille aux Pays-Bas. Nos enquêteurs ont enquêtés sur ses traces à l'aide des avions de renseignement qui ont régulièrement survolé la ville de Medellín, avec pour but de le localiser. La dernière fois que l'Unité de l'élite de la police colombienne avait intervenue pour une telle affaire, était lors de l'opération menée le 2 décembre 1993 pour traquer et abattre Pablo Escobar. Razzouki est suspecté de trafic, fabrication et possession de drogue, d'homicides et de terrorisme. Il avait changé son apparence physique à l'aide d'une chirurgie esthétique pour paraître plus vieux. Razzouki appartenait à l'organisation criminelle européenne Mocro-maffia et était à la tête d'un groupe de trafiquants du Clan del Golfo dans l'exportation de cocaïne à l'international, mais surtout vers l'Espagne et le Portugal[75]. »

— Jorge Ramírez, directeur général de la police colombienne, le 10 février 2020 à Bogota, après l'arrestation de Saïd Razzouki.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

La Belgique (vert) et les Pays-Bas (orange), pays où naît la Mocro Maffia.

Le fonctionnement de la Mocro-maffia est familial et clanique. Le crime est organisé autour de membres d'une même famille ou d'individus originaires d'une région commune même quand les individus sont nés sur le sol européen. Ils pratiquent la loi du silence. Cette mafia qui part des montagnes du Rif et qui a comme principale ressource le trafic de drogue est aux mains de quelques familles marocaines qui fonctionnent comme des mafias corses ou siciliennes, qui se méfient toujours de l’extérieur, qui érigent le zwijgplicht[76], autrement-dit l’omerta et le code d’honneur en règle[77], un peuple très renfermé et qui communiquent dans une langue berbère que les polices occidentales ne maîtrisent pas[78]. Environ 80 % du haschisch consommé en Europe provient de la région montagneuse du nord du Maroc. Cette région rebelle, une véritable zone de non droit, très difficile d’accès et réputé dangereuse. Depuis des siècles, ils cultivent le haschich et sont devenues les plus grands exportateurs de cannabis au monde. Tout le monde le sait mais personne n’en parle, sous peine d’être tués et assassinés par des familles marocaines qui pratiquent encore l’omerta ou encore d’être condamnés à de longues peines de prison par l’État marocain[79]. Ce milieu habitué à brasser de l’argent, à trouver des planques et des armes, de Gibraltar à Amsterdam en passant par Paris ou Bruxelles, était prédisposé à nicher des cellules terroristes. Les polices d’Europe et plus particulièrement celle de Molenbeek-Saint-Jean, les connaissent depuis longtemps mais ils ont laissé faire, en passant acheter la paix sociale dans la jeunesse issue de l’immigration »[80].

Les réseaux blanchissent souvent leur argent au Maroc, dans le sud de l'Espagne ou encore à Dubaï. L'argent circule souvent par le système de hawala, un système bancaire parallèle, d'origine arabe souvent utilisé par le crime organisé. Interpol parle aussi d'une grosse implication dans le marché des drogues de synthèse notamment dans leur fabrication. Il joue aussi un rôle important dans le trafic de cannabis (haschich) en provenance de la région du Rif au Maroc. Dans l'ouvrage de Wouter Laumans sur la mafia marocaine, il cite que 80% du nord du Maroc, est construit grâce à de l'argent illégal, provenant majoritairement du blanchissement d'argent des Pays-Bas vers le Nord du Maroc[lp 6].

Communication à la manière PGP[modifier | modifier le code]

Les réseaux Mocro-maffia communiquent à la manière PGP pour éviter que les serveurs soient facilement déchiffrés.

La communication chez les réseaux Mocro-maffia s'exercent à l'aide des e-mails smartphone Blackberrys munies d'une technologie PGP.

Le 19 avril 2016, les autorités canadiennes interviennent dans une entreprise d'hébergement avec comme but de décrypter le serveur de télécommunication néerlandais Ennetcom. Les serveurs contiennent en moyenne des millions de messages envoyés via Ennetcom. Les enquêteurs informatiques du Nederlands Forensisch Instituut (nl) parviennent finalement à déchiffrer les messages au Canada[wr 1]. Une fois les messages déchiffrés, les enquêteurs s'aperçoivent que les messages sont tous écrits dans un langage berbère méconnu et les surnoms remplacent les prénoms des criminels[81]. Entre 2016 et 2018, la police néerlandaise a longuement enquêtée sur les surnoms afin d'identifier les commanditaires ainsi que les tueurs à gages. Suite au démantèlement du réseau, plusieurs organisations se fixent sur d'autres serveurs qui vaudront aux autorités néerlandaises de nombreuses années pour décrypter à nouveau[wr 2].

Certains criminels dont Saïd Razzouki ont évité les communications via les appareils électroniques. Pour Razzouki, cela lui a valu huit ans d'activités avant d'être arrêté à Medellín par la FBI. Les commanditaires se trouvent rarement en Europe. Ils logent souvent au Maroc, en Amérique latine, dans les États arabes du Golfe et la Thaïlande.

Contrôle du port d'Anvers [modifier | modifier le code]

Drogue interceptée au Port d'Anvers
Année Quantité
2009 3,6 tonnes
2010 5,5 tonnes
2011 6,5 tonnes
2012 17,5 tonnes
2013 16 tonnes
2014 19 tonnes[82]
2015 15,7 tonnes[83]
2016 31 tonnes[84]
2017 46 tonnes[85]
2018 50,1 tonnes[86]
2019 62 tonnes[87]

Les Sud-Américains et les réseaux marocains entretiennent de bonnes relations pour les transports en cargaisons de milliers de conteneurs et ce, depuis la découverte colombienne des ports du Maroc dans les années 1980[88]. Avec une immigration marocaine dans les années 1970 et 1980 aux Pays-Bas et en Belgique, la relation criminelle s'agrandit lorsque les ports de Rotterdam et d'Anvers sont pris à partie par des débutants narco-trafiquants Marocains, après la légalisation du cannabis aux Pays-Bas. Pouvant se faire un chiffre d'affaires astronomique, les dealers de haschich et de cannabis se tournent rapidement vers le trafic de cocaïne dans les années 2000. Une grande partie des trafiquants sont originaires du Nord du Maroc, ce qui explique leur facilité à s'exprimer en langage espagnol. Avec l'arrivée des nouvelles technologies de communication, la tâche est facilitée et les contacts sont établis entre trois continents.

La cocaïne est quotidiennement livrée par conteneurs au Port d'Anvers, avant que celle-ci soit distribuée à travers toute l'Europe par les hommes de mains Belges et Néerlandais issus de l'immigration marocaine[89]. Considéré comme le plus grand port pour la cocaïne en Europe, les bandes de la Mocro Maffia dominent et contrôlent littéralement le Port d'Anvers dans l'importation de grosses quantités de cocaïne vers le continent[90]. Avec une superficie qui rassemble 18 000 terrains de football[91], les bandes choisissent plus particulièrement la destination Port d'Anvers pour la malveillance qui y règne ainsi que pour la fameuse ouverture du Port le soir, ce qui n'est pas le cas pour le Port de Rotterdam qui est quotidiennement fermé à haute surveillance[lp 7]. Dans une cargaison, il est possible de placer plus de 15 000 conteneurs. Les douaniers sont munis d'un scanner qui peut contrôler qu'un seul conteneur en 5 minutes, ce qui rend le contrôle complet impossible, ce qui facilite la tâche aux bandes criminelles néerlandais et belges. Il arrive qu'il y ait des histoires de corruption entre douaniers et bandes criminelles comme ce fut le cas en 2007[92].Le chiffre a plus que doublé en deux ans (2015-2017). En , la direction de la police fédérale d'Anvers tire la sonnette d'alarme sur l'augmentation du trafic de cocaïne dans la cité portuaire, générant une économie parallèle et un niveau de corruption jusque là jamais observés[93]. Les douaniers, policiers et contrôleurs de drogue reçoivent très souvent une grosse somme d'argent (généralement 50 000 euros pour une heure de travail) par les bandes criminelles anversoises et néerlandaises pour en échange, faire parvenir la drogue sans qu'elle soit interceptée[94]. En , ce sont 7 tonnes de cocaïne, destinée aux Pays-Bas, qui seront encore retrouvées par les douaniers[95].

Selon le Ministère de la Justice des Pays-Bas, dément que 95% de la cocaïne qui arrive au Port d'Anvers, est transportée aux Pays-Bas et partagée chez les plusieurs bandes de la Mocro Maffia[96]. Beaucoup de trafiquants marocains ont anonymement déclaré que le fonctionnement du trafic dans le port d'Anvers serait d'une facilité impressionnante pour les jeunes des quartiers d'Amsterdam et d'Anvers[97]. Les trafiquants trouvent très souvent des accords corruptionnels avec la police pour garder le trafic en bon fonctionnement en échange d'une grosse somme d'argent[98]. « Certains font en sorte de ne rien voir, de tourner avec la voiture de patrouille autour des quartiers d'Anvers. Pas pour recevoir une somme d'argent, mais pour ne pas avoir de problèmes et rester en sécurité. Ils pensent à leurs enfants et à leur femmes » déclare un Belgo-Marocain anonymement à propos de la police de Borgerhout au média Pano[99].

Bart De Wever déclare que des dizaines de caméras de surveillance sont quotidiennement détruits par des jeunes des quartiers d'Anvers, âgés entre 13 et 15 ans qui reçoivent en échange des trafiquants, une somme allant jusqu'à 5 000 euros pour empêcher les policiers d'enquêter sur le trafic qui a lieu dans les quartiers[100].

« Faut faire attention, beaucoup de jeunes vont dans le Port pour voir comment tout se passe. Tu dois connaitre les issues par cœur au cas où tu te fais poursuivre par des ennemis ou les surveillants. »

Douglas de Conink, rédacteur De Morgen[101].

La mafia marocaine aux Pays-Bas et en Belgique domine aujourd'hui le marché de la cocaïne, du cannabis et des drogues de synthèse aux côtés de la 'Ndrangheta et la mafia albanaise. Les gangs marocains d'Amsterdam, d'Utrecht et de Rotterdam ont un pied ferme dans l'importation de la cocaïne depuis l'Amérique du Sud notamment depuis la Colombie où les cartels colombiens font confiance aux narcotrafiquants marocains néerlandais et belges à Anvers[80].

L'enquêteur néerlandais Pieter Tops fait l'étonnante découverte en  : la totalité des trafiquants aux Pays-Bas rassemblent facilement 20 milliards d'euros grâce à des drogues synthétiques telles que l'XTC ou encore l'amphétamine[102]. Environ 1000 kilos de cocaïne qui est transporté en Amérique du Sud qui vaut à ce moment même pas un million d'euros, rapporte facilement 180 millions d'euros en Europe. Pieter Tops avertit les autorités belges que les trafiquants possèdent tellement d'argent qu'ils l'investissent dans des entreprises légales, ce qui infecte gravement les communautés et quartiers d'où proviennent ces trafiquants, Bart De Wever demande également des renforts pour enquêter sur la Mocro-oorlog d'Anvers afin d'intercepter un maximum de personnes actifs dans ce trafic[103].

Grands noms[modifier | modifier le code]

Principaux de la Mocro-oorlog[modifier | modifier le code]

Répartition des organisations de la Mocro-maffia au 23 mars 2020
(Ordre chronologique basée sur les noms relayés par la presse)
Organisation Houssine Ait Soussan
(bras droit : Benaouf Adaoui)
Basé à Drapeau : Pays-Bas Amsterdam
Organisation Martha
(bras droit : Najeb Bouhbouh)
Basé à Drapeau : Pays-Bas Amsterdam
Organisation Bouyakhrichan
(bras droit : Mustapha El Fechtali)
Basé dans la Drapeau : Espagne Costa del Sol
Organisation Taghi
(bras droit : Saïd Razzouki)
Basé à Drapeau : Pays-Bas Utrecht
Organisation The Turtles
Basé à Drapeau : Belgique Anvers
  • Youssef Lkhorf (assassiné en 2012)
  • Saïd El Yazidi (assassiné en 2012)
  • Rida Bennajem (assassiné en 2013)
  • Souhail Laachir (assassiné en 2013)
  • Chris Bouman (suicide en 2013)
  • Benaouf Adaoui (arrêté en 2013)
  • Mohammed El Mayouri (assassiné en 2014)
  • Hoessein Abdelhadi (arrêté en 2014)
  • Alexander Gillis (assassiné en 2014)
  • Youssef Oulad L'Haj (arrêté en 2015)
  • Rami M. (arrêté en 2015)
  • Zakaria Z. (arrêté en 2015)
  • Kamal O. (arrêté en 2015)
  • Houssine Ait Soussan (arrêté en 2015)
    • Adil El Manti (arrêté en 2020)
    • Mohamed Kanoute (arrêté en 2020)
    • Mohamed Sako (arrêté en 2020)
  • Marchano Pocorni (assassiné en 2015)
  • Nabil Amzieb (assassiné en 2016)
  • Samir Erraghib (assassiné en 2016)
  • Jaouad Aaros (tué par la police en 2017)
  • Omar Lkhorf (arrêté en 2017)
  • Anass El Ajjoudi (assassiné en 2018)
  • Abdelhamid Aït Ben Moh (arrêté en 2018)
  • Hicham Marrabou (arrêté en 2018)
  • Solaïman L. (libéré)
  • Boneka Belserang (assassiné en 2009)
  • Yassin Chakor (assassiné en 2009)
  • Clyde de Jezus (assassiné en 2010)
  • Said Amhaouch (assassiné en 2010)
  • Redouan Boutaka (assassiné en 2012)
  • Najeb Bouhbouh (assassiné en 2012)
  • Adil Abouchdak (arrêté en 2013)
  • Anouar Benhadi (arrêté en 2013)
  • Gwenette Martha (assassiné en 2014)
  • Massod Hosseini (assassiné en 2014)
  • Derkaoui (assassiné en 2014)
  • Khalid Jaafar (assassiné en 2014)
  • Aziz Anzi (assassiné en 2015)
  • Hamza Belhadj (arrêté en 2015)
  • Chahid Yakhlaf (assassiné en 2015)
  • Naoufal Fassih (arrêté en 2016)
  • Eaneas Lomp (assassiné en 2017)
  • Ilias K. (arrêté en 2018)
  • Dennis M. (arrêté en 2018)
  • Inchomar Balentien (assassiné en 2019)
  • Khalid J. (arrêté en 2020)
  • Chafik Yakhlaf (en fuite)
  • Tim Deelen (arrêté en 2012)
  • Frank Scharrenberg (assassiné en 2013)
  • Cetin G. (arrêté en 2014)
  • Samir Bouyakhrichan (assassiné en 2014)
  • Ali Akgün (assassiné en 2014)
  • Najib Himmich (assassiné en 2014)
    • Luana Luz Xavier (assassinée en 2014)
  • Mustapha El Fechtali (arrêté en 2017)
    • Naima Jillal (kidnappée en 2019)
  • Jamal M. (assassiné en 2018)
  • Hamza Ziani (assassiné en 2018)
  • Rachid Kotar (assassiné en 2019)
  • Zayd K. (libéré)
  • Jalal El. A. (libéré)
  • Karim Bouyakhrichan (libéré)
  • Naoufal Fassih (arrêté en 2016)
    • Rico Le Chilien (arrêté en 2016)
  • Nabil Bakkali (arrêté en 2017)
  • Nadir 'Pepe' (arrêté en 2018)
  • Zaki Razzouki (arrêté en 2018)
  • Mohamed Razzouki (arrêté en 2018)
  • Mohamed El A. (arrêté en 2019)
  • Ali M. (arrêté en 2019)
  • Mourad B. (arrêté en 2019)
  • Anouar Taghi (arrêté en 2019)
  • Ridouan Taghi (arrêté en 2019)
  • Nora Taghi (arrêtée en 2019)
  • Arthur M. (arrêté en 2019)
  • Badr K. (arrêté en 2019)
  • Mao R. (arrêté en 2019)
  • Yassine A. (arrêté en 2020)
  • Jermaine B. (arrêté en 2020)
  • Saïd Razzouki (arrêté en 2020)
  • Gerel Palm (en fuite)
  • Club de motards Caloh Wagoh
  • Ashraf Sekkaki (arrêté en 2010)
  • Mohammed H. (arrêté en 2015)
  • Saïd F. (arrêté en 2015)
  • Hakim El Yousfi (en fuite)
  • Nacerdine Turtle (en fuite)
  • Khalid Turtle (en fuite)
  • Jamal Turtle (en fuite)
  • Adrahem Turtle (en fuite)
  • Moraad El Kasmi (en fuite)
  • Morad Salhi (en fuite)

Autres clans[modifier | modifier le code]

Clan Noffel[modifier | modifier le code]

Le clan Noffel, appartenant à Naoufal Fassih, est fondé après que Naoufal Fassih ait pris ses distances avec Gwenette Martha pour s'approcher de l'organisation de Ridouan Taghi. Naoufal s'installe en Espagne en compagnie de son cousin Abdelhahi 'Marco' Yaqout, à cette période l'une des personnalités les plus riches de Marbella, habitant déjà dans le pays. Naoufal s'allie avec Rico Le Chilien, Ridouan Taghi, la mafia irlandaise et de quelques membres de l'organisation Martha, pour assassiner le mafieux milliardaire Samir Bouyakhrichan en 2014. L'homme semblait avoir assez d'informations sur Gwenette Martha à cause de la trahison de Najib Himmich, un ancien membre de l'organisation Martha, ayant tourné son dos à Martha dès sa condamnation en prison. Naoufal Fassih passe plus de temps en Irlande qu'en Espagne. Sa relation avec la mafia Kinahan d'Irlande est tellement forte qu'ils partagent le même domicile. C'est d'ailleurs dans un appartement du groupe mafieux irlandais que Naoufal Fassih est arrêté par les forces spéciaux à Dublin, avant que ce dernier soit condamné à une peine d'emprisonnement à perpétuité.

Abdelhahi "Marco" Yaqout, est un homme d'affaires et multi-millionnaire, il est originaire de Khouribga, au sud de Casablanca (Maroc), où il passa une partie de son enfance. Il émigrera en Espagne et deviendra un entrepreneur très prospère de Marbella. Il était le propriétaire de plusieurs clubs et bars à Puerto Banus, notamment le "Rotana Shisha Lounge", le bar "Portside" et la boîte de nuit "Tibu", fréquenté par des princes arabes, des hommes d’affaires russes et des célébrités internationales. Yaqout était également un ami de l'homme d'affaires anglo-égyptien Mohamed Al Fayed, ancien propriétaire du club de football Fulham FC.

Yaqout blanchissait l'argent pour le cartel de Kinahan, et était partenaire de Daniel Kinahan (fils de Christy Kinahan, chef du clan irlandais) avait qui il entretenait d'excellentes relations selon les autorités espagnoles. Yaqout aurait également été lié à l'arnaque des appartements de vacances en temps partagé du gangster britannique John "Goldfinger" Palmer (retrouvé assassiné chez lui en 2015), qui a trompé 20 000 clients et empoché 400 millions d'euros. Il serait impliqué dans le trafic de cocaïne, avec des figures de la Mocro Maffia, comme son cousin Naoufal Fassih et Ridouan Taghi.

Yaqout est assassiné dans la nuit du dimanche au lundi dans sa voiture, dans le quartier de Las Petunias à San Pedro de Alcántara par au moins un tueur à gage, criblant le côté conducteur avec plus de 20 balles. À bord de sa Bentley, Yaqout attendait que le portail électrique s'ouvre, il aurait tenté d'échapper à l'assassinat en rampant sur le côté passager, mais a été retrouvé mort à mi-chemin sur le siège[104]. Il est enterré dans sa ville natale à Khouribga, au Maroc. Le groupe de Samir Bouyakhrichan sont les principaux suspects de cet assassinat.

Clan Rocky[modifier | modifier le code]

Port de Constanta, lieu où a été saisi 2,5 tonnes de cocaïne.

Mimoun Kaabouni "Rocky", surnommé en Afrique « L'Escobar Marocain »[105] est né à Ben Taïeb, un village de la province de Nador. Il grandit à Hoensbroek aux Pays-Bas où il dispose d'un coffee shop connu sous le nom de "Happy Days", avec son frère aîné. Montant régulièrement à Amsterdam, il fait la connaissance de grands noms de la Mocro Maffia avec qui il entretient régulièrement des contacts. Mimoun quitte les Pays-Bas pour le sud de l'Espagne et la Roumanie où il fonde sa propre organisation criminelle composée de Lituaniens et de Colombiens[106]. Mimoun, connu pour faire rentrer des tonnes de cocaïne par les ports d'Anvers, Rotterdam, d'Amsterdam et Algésiras, a avoué avoir voulu créer une nouvelle route en Roumanie via le port de Constanța pour fournir l'Europe de l'Est où il purge actuellement une peine de 19 ans de prison pour une saisie record de 2,5 tonnes de cocaïne (soit la plus grosse saisie de cocaïne du pays)[107].

Les autorités roumaines ont placé des caméras dans l'entrepôt où a été déchargé la cocaïne et ont ainsi enregistré la très secrète réunion pour l'achat de la drogue. Pourtant, Mimoun Kaabouni avait utilisé des brouilleurs satellite devant le lieu du rendez-vous[108]. En 2016, Mimoun Kaabouni est interpellé par la police espagnole alors qu'il tentait de quitter l'Espagne par l'aéroport de Malaga après la saisie de 2,5 tonnes de cocaïne, d'une valeur de 600 millions d'euros en provenance de Colombie[109]. C'est la plus grosse saisie de l'histoire de l'Europe de l'Est[110].

Clan De Mixers[modifier | modifier le code]

'De Mixers' alias 'Sebtati' est une famille marocaine composée de cinq frères natifs de Borgerhout et originaires de Berkane au nord-est du Maroc[111]. Le réseau De Mixers est soupçonné d'avoir travaillé pour l'un des plus dangereux cartels colombiens où ils avaient le rôle de faire sortir la marchandise du Port d'Anvers et de fournir plusieurs groupes venus de toute l'Europe. Le réseau devient actif dès le début des années 2000. La famille Sebabti est considérée comme étant le réseau de drogue le plus ancien d'Anvers[112]. Les Mixers sont vus par les politiciens belges comme étant l'un des réseaux belges les plus dangereux du pays dû à leur effectif criminel et d'un grand nombre de personnes engagés en échange de grosses sommes d'argent. En été 2018, l'uns des des Mixers a été repéré à Tanger au volant d'une Bentley Continental GT exclusive. Une personne est également arrêtée en Grande-Bretagne dans une affaire qui était en relation avec la famille De Mixers[113].

En 2017, alors que le Port d'Anvers bat à nouveau un record de drogue interceptée, la famille De Mixers fait partie des principaux suspects. Les services spéciaux belges s'allient avec la BCIJ pour enquêter sur cette famille au Maroc. La police marocaine intercepte à Tanger 10,2 millions d'euros en cash dans un appartement d'une valeur de 400 000 euros, une villa à Berkane ainsi que plusieurs bateaux de luxe sur la cote de Saïdia.

En 2019, un nombre important de bombes sont retentis dans les quartiers d'Anvers, visant à faire passer des menaces envers les bandes rivales. Selon le bourgmestre d'Anvers Bart De Wever, les malfrats s'agiraient des hommes engagés travaillant pour la bande De Mixers[114].

Clan Bananenbende[modifier | modifier le code]

En 2015, la police belge démantèle le clan belgo-marocain Bananenbende à Anvers de Karim Alami, Nabil Alami et Khalid Oulad Haddou après une saisie de 3,4 tonnes de cocaïne à Anvers[115]. La drogue était répartie dans deux conteneurs de bananes en provenance de Colombie ayant transité par l’Équateur. La drogue était estimée à près de 100 millions d'euros, les enquêteurs avouent que le réseau importait des chargements de ce type depuis de nombreuses années et qu'ils avaient d'importants liens avec plusieurs réseaux marocains des Pays-Bas. Quatorze personnes sont arrêtées dont le gérant d'une chicha d'Anvers ainsi que le propriétaire d'un concessionnaire automobile. Les services de renseignement belges estiment que le réseau générait environ 300 millions d'euros par an avec pas plus de 10 tonnes qui arrivaient en provenance d'Amérique du Sud.

Mounir N., originaire de Genk est un membre du réseau qui est arrêté en par les autorités colombiennes, il menait un grand train de vie qu'il postait sur ses réseaux sociaux[116].

En 2019, Hilal Makhtout, un membre du réseau, est enlevé par sept personnes originaires des Pays-Bas[117]. Il est séquestré, torturé avant d'être brûlé[118].

Clan El Ballouti[modifier | modifier le code]

Le baron de la drogue, Othman El Ballouti, natif d'Anvers et originaire d'Al Hoceïma, grandit à Borgerhout dans le quartier de Groeningerplein[119]. Dès son plus jeune âge, il se rend régulièrement au Port d'Anvers. Ayant comme objectif de ne jamais être pris par la police, il livre chaque jour des milliers d'euros. Le journal De Volkskrant décrit : « Othman grimpait les conteneurs, savait très bien calculer et a très vite arrêté de grimper en fondant sa propre bande et ses propres hommes qu'il payait cash pour grimper les conteneurs ». N'ayant pas payé de dette à son fournisseur néerlandais Houssine Ait Soussan, son frère Younes El Ballouti est kidnappé par un réseau franco-bruxellois dirigé par Houssine Ait Soussan. L'enlèvement a lieu à la sortie de son club de sport Basic Fit à Anvers[120]. La police belge découvre en 2016 un appartement délaissé à Anderlecht avec une chaise électrique et des tickets de parkings d'Amsterdam et d'Anvers chiffonnés au sol. Ils soupçonnent Houssine Ait Soussan d'avoir kidnappé et séquestré Abdelkader Bouker, mais également Younes El Ballouti, frère de Othman. Younes parvient à s'enfuir à l'aide d'une cuillère dans la pièce dans laquelle il était resté enfermé à Nanterre. Lorsqu'il s'échappe par la fenêtre, il se retrouve dans un champ. Dénudé et blessé, il est remarqué par des passants qui font appel à la police. Un jour plus tard, Younes El Ballouti est livré en Belgique par les autorités françaises[121].

Othman part vivre à Dubaï où il acquiert 4 villas. Il achète également un appartement de la célèbre Residence Sky View d'une valeur de 1,5 million d'euro et est propriétaire de six autres maisons de luxe d'une valeur totale d'environ 8,5 millions d'euros. Ces informations ont été publiées par l'OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project) après qu'il a échappé à son arrestation dans l'aéroport de Zaventem à Bruxelles en 2016. La police belge découvre une somme de 100 millions d'euros sous son nom, un chiffre qui le classe parmi les Belges les plus riches du pays[122].

En 2016, Othman est ciblé par deux hommes qui cherchent à le liquider. Ayant pris la conscience d'être ciblé, Othman El Ballouti fait tout ce qui est en son pouvoir pour éviter l'assassinat en impliquant des innocents. Ce qui explique la rafale de fusillade ayant eu lieu à Brecht et sur la rive gauche d'Anvers[123]. Deux Néerlandais connus sous nom de Frank Vermeulen et Jorn Reynaert, ayant été sommé par Othman El Ballouti sont alors pris d'assaut. La cocaïne d'Othman El Ballouti est alors prise du conteneur. D'autres tirs ont eu lieu à Anvers ce même jour sans avoir de blessés et sans savoir entre quels gangs il s'agissait.

Clan De Visboeren[modifier | modifier le code]

Détenteurs de la célèbre poissonnerie De Antwerpse Visser dans le disctrict de Borgerhout et à Kiel à Anvers, les frères Mohamed, Rachid et Hassan Achoukhi font vite leur apparition dans le trafic international de cocaïne. Les Visboeren (en français : les poissonniers) forment dans les années 2010 leur clan à Anvers et prennent le contrôle de cocaïne dans toute la Flandre. Des dizaines de conteneurs provenant des cartels colombiens ont été pris en charge par les Visboeren[124]. La bande des Visboeren est très vite concurrencée par d'autres bandes de la Mocro Maffia. Les Visboeren tentent d'assassiner en Hakim El Makhloufi, alias Zotte Hakim, un trafiquant belgo-marocain connu de la justice belge, se rendant quotidiennement au Maroc[125].

En 2018, la Kali-team, une organisation anti-Mocro Maffia, fait une étonnante découverte à Tanger au nord du Maroc. Il s'avère que les Visboeren seraient les principaux propriétaires de l'hôtel Hilton près de la gare de Tanger-Ville[126]. En mars 2020, les trois frères Achoukhi ainsi que le père Mohamed (73 ans) sont condamnés à huit ans de prison[127].

Liquidations et assassinats[modifier | modifier le code]

À l’instar des derniers meurtres, d’autres truands de la « Mocro Maffia » pourraient bien s’être réfugiés au Maroc, en Suriname, au Mexique ou encore à Dubaï. Beaucoup parlent notamment de membres des fameuses Tortues , réseau belgo-marocain extrêmement violent opérant à Anvers, qui pourraient se trouver dans la province de Nador, dont la plupart des trafiquants et criminels marocains sont originaires[128]. Jusqu'à aujourd'hui, on compte plus d’une centaine de règlements de compte liés à la Mocro Maffia et à la communauté marocaine. Du jamais vu encore dans un pays comme les Pays-Bas depuis l'époque de Penose (en)[129].

Plusieurs ex-gangsters ou membres de la famille de gangster sont victimes de fusillade après s'être confié à la police néerlandaise et belge en donnant plusieurs informations sur les criminels les plus recherchés des Pays-Bas mais également d'Europe, notamment Ridouan Taghi et Saïd Razzouki. Lorsque ceux-ci ne respectent pas la devise érigeant l'omerta, les tueurs à gages, qui reçoivent une énorme somme d'argent, passent à l'action lorsque les chefs de réseaux le souhaitent. « Wie praat die gaat » (« Tous ceux qui parlent, mourront »), telle est la célèbre devise de la Mocro Maffia qui fait des dizaines de morts par balle chaque année[130]. Les assassinats n'ont pas lieu seulement aux Pays-Bas et en Belgique mais également en Amérique du Sud, au Maroc et en Espagne[131]. Les rivaux d'Amsterdam et Anvers trouvent souvent des accords pour effectuer le « wapenstilstand » (l'armistice) qui consiste à faire un break dans les liquidations[132]. Cela a été le cas en 2013 lors de la cérémonie de mariage du trafiquant Benaouf qui s'est vu confronté à son plus grand rival le jour de son mariage. Les deux personnes, tête de réseau et rivaux s'étaient donnés un accord pour éviter la catastrophe. Le wapenstilstand est plus souvent respecté à Anvers qu'à Amsterdam, de là où le peu de nombre d'assassinats à Anvers contrairement à Amsterdam.

  • Le , Nabil Amzieb, surnommé Lange, né en 1993 à Amsterdam et originaire de Rabat au Maroc[wr 3], venant de terminer une formation en tant que mécanicien dans sa ville natale est décapité et brûlé le soir dans sa ville natale. Sa tête est déposée devant une chicha et son corps est retrouvé calciné dans une voiture de police carbonisée à Amsterdam-Zuid[133]. La tête est remarquée le matin par des passants[134]. Nabil Amzieb n'est pas un baron de la drogue mais avait plusieurs amis actifs dans l'organisation Benaouf. Il était un ami proche des frères Omar et Youssef Lkhorf (assassiné en 2012). Une caméra de surveillance filme l'auteur prendre la fuite en vélo après avoir lancé une grenade dans la voiture de police[135].

Quelques mois plus tard, les enquêteurs décryptent des messages BlackBerry Pretty Good Privacy et des emails de Nabil Amzieb, datant de 2015, lors de l'assassinat de Eaneas Lomp à Krommenie. Nabil Amzieb reçoit le message : « Il est tout seul frère. Tirez partout dans le magasin. Tirez sur sa tête, dans ses testicules, sur son cou, dans ses bras, ses jambes, ses orteilles, ses doigts, il faut du sang partout. Il a un gilet par balle ». Des réponses violentes et à caractère racistes seront envoyé en retour par Nabil Amzieb à une personne non-décryptée : « Il a de la chance, on a pas pu tirer sur sa tête frère, wallah, il s'enfuiait et criait. Il a fini par s'écrouler dans le jardin d'une maison. Je pense qu'il est mort. Ce singe est fort, il n'arrêtait pas de courir. »[136] Nabil Amzieb est alors considéré comme un tueur à gage opérant pour l'organisation de Benaouf sous commandes d'Omar Lkhorf. Un autre Néerlando-Marocain au nom de Hicham M. est également lié à l'assassinat d'Eaneas Lomp, un rival de Benaouf, travaillant pour le réseau de Gwenette Martha[137] ;

  • Le , Abdelkader Bouker, surnommé « le juif », né à Anvers est kidnappé dans sa ville natale par l'organisation de Houssine Ait Soussan. Bouker n'est pas un inconnu des services de police. L'homme jouait un rôle important dans un clan israélien d'Anvers depuis 30 ans. Il faisait de l'import-export des drogues de synthèse XTC au niveau international, allant des États-Unis jusqu'au Japon. Il était surnommé le "juif" pour avoir été désigné comme le fournisseur en XTC du groupe criminelle maroco-israélien des frères juifs marocains Abergil, une des plus grandes familles criminelles de la mafia israélienne. Les Américains et la DEA avaient remonté la filière qui fournissait les Abergil, les menant à un groupe anversois, commandé par Abdelkader Bouker, actif dans la production de drogue de synthèse et l'import-export de cocaïne. Il est arrêté en 2015 avec 322 kilos de cocaïne en présence de deux autres personnes dans un hôtel de Borgerhout. En , Abdelkader Bouker[138] est kidnappé en pleine rue à Anvers. La police retrouve son corps dans une cave, dissous dans de l'acide. Abdelkader Bouker était en conflit avec Houssine Ait Soussan et Benaouf Adaoui qui l'accusaient d’être à l'origine d'une perte importante de cocaïne. Abdelkader Bouker était l'un des plus grands importateurs de cocaïne en Belgique et aux Pays-Bas[139] ;
  • Le , Mustapha El Fechteli, surnommé « Moes », né à Amsterdam, apparaît dans un règlement de compte qui finit en homicide volontaire dans le quartier Guéliz à Marrakech[140]. Après l'incident, il quitte Marrakech pour se réfugier avec son frère, Mohammed, et quatre autres acolytes à l’appartement qu’il possédait au boulevard Zarktouni à Casablanca. Les deux auteurs en question, ayant pris la fuite avec une moto, cherchaient à liquider Mustapha 'Moes' sous ordres de Ridouan Taghi. Ils assassinent un jeune Marocain d'une balle à la tête alors qu'il buvait son thé au Café La Crème. La fusillade a fait également état de deux blessés dont une fillette[141]. D'après la police, le commanditaire du meurtre de La Crème seraient des Néerlando-Marocains connus de la mafia sous le nom de Ridouan Taghi et Said Razzouki[142]. Les deux tueurs à gage envoyés par la bande de Taghi et Razzouki s'agissaient de deux Néerlandais d'origine surinamaise et dominicaine[143]. Les enquêtes révèlent que la jeune victime, tuée d'une balle à la tête, n'était pas la cible voulue des deux auteurs. Le propriétaire du café La Crème, Mustapha serait un ancien lieutenant de Samir Bouyakhrichan. Après la mort de ce dernier, Moes a créé sa propre organisation criminelle, il aurait importé d'importantes quantités de cocaïne depuis l'Amérique latine vers les Pays-Bas. « Moes », comme on l’appelle simplement, est une figure connue de la « Mocro Maffia », qui aurait été la cible souhaitée de Ridouan Taghi et Said Razzouki le soir du . Les deux auteurs sont condamnés à mort[144] ;
  • Le , Reduan Bakkali, frère de Nabil Bakkali, est abattu à Amsterdam. Nabil Bakkali, surnommé Le repenti dans les médias néerlandais et Chekkam (en marocain : balance) dans les listes noires de la Mocro-maffia, natif d'Amsterdam et originaire de Chefchaouen au Maroc, est un ancien membre de l'organisation de Ridouan Taghi et Saïd Razzouki. Le surnom Chekkam lui est adopté pour le non-respect de l'omerta qui lui est ordonné par son chef de réseau.

Suite à sa décision de tourner son dos contre son organisation pour se repentir, il se rend au commissariat d'Utrecht et décide de parler à la police en échange d'une peine d'emprisonnement réduite. Le , son avocat Derk Wiersum est à son tour froidement abattu. Suite à ce dernier assassinat, le monde politique néerlandais est sous le choque. Le politicien Mark Rutte décrit l'incident comme étant un attentat contre l'Etat[145] ;

  • Le , le corps de Hilal Makhtout est retrouvé par la police de Rochefort dans le village de Forzée. Ce Belgo-Marocain de 33 ans, originaire de Genk, aurait refusé de payer une rançon de 15.000 euros liée au trafic de cocaïne, à une organisation criminelle néerlandaise, et aurait également été l'auteur d'une disparition d'un paquet de cocaïne de trois kilos, pour une valeur à la revente de près de 100.000 euros. Les rivaux ont fait le déplacement jusqu'en Belgique pour en découdre en le kidnappant, le torturant, et en le brûlant vif dans une gîte[146].

Selon un témoin qui a vu l'enlèvement se dérouler en direct, il raconte des hommes cagoulés s'exprimant en Français et d'autres en Néerlandais avec un accent hollandais. Ce qui laisse présager que le kidnapping aurait un lien avec la mafia néerlando-marocaine[147]. La cérémonie d'adieu est organisée à la mosquée marocaine de Winterslag à Genk.

Attentats[modifier | modifier le code]

Attentat au lance-roquette contre le média Panorama[modifier | modifier le code]

Le média néerlandais, qui a réalisé des reportages sur les bandes de la Mocro Maffia révélant de nombreux noms et informations sur les fonctionnements des bandes criminelles, a été plusieurs fois pris pour cible.

Le vers 20h30 à Anvers, Mohamed T, âgé de 26 ans, ayant fait son apparition sur un reportage à propos de la Mocro Maffia, où il livrait plusieurs informations anonymement, visage flouté, échappera à la mort devant les yeux de son fils âgé de 2 ans[148]. Il est la cible de plusieurs balles tirées par un homme cagoulé qui prend très vite la fuite dans une voiture de type Golf. Mohamed T. s'en sort avec 3 blessures par balle à la jambe. L'homme se trouve depuis début 2018 sur une liste noire des bandes criminelles anversoises.

Durant le soir du , un attentat a eu lieu à Amsterdam dans le siège social de Panorama (Nederlands tijdschrift) (nl), un média néerlandais publiant quotidiennement des informations aux Pays-Bas. Il n'y a eu aucune victime mais les dégâts étaient importants[149]. Le média néerlandais avait publié la veille de l'attentat, un article révélant plusieurs informations concernant la Mocro Maffia[150]. Les enquêtes révéleront que l'auteur de l'article Marie Claire, qui n'était à ce moment pas présente, était la cible essentielle de l'attentat. Vers 23h00, l'auteur, sans-doute un membre d'une bande de la Mocro Maffia, mettra le feu dans le siège social avant de prendre la fuite[151].

Une semaine plus tard, le , Panorama a publié dans sa rédaction le sujet Qui est le principal dirigeant de la Mocro Maffia ?. L'article est supprimé quelques heures plus tard, considéré comme très risqué, pouvant entraîner l'affaire à un nouvel attentat, voir liquidation sur un membre de la rédaction.

En , Panorama annonce officiellement la fin de la collaboration avec le site Boevennieuws.nl qui livraient toutes les informations concernant les réseaux de la Mocro-maffia par risque d'être victime d'un nouvel attentat[152].

Attaque à la camionnette bélier contre De Telegraaf[modifier | modifier le code]

Le siège social De Telegraaf à Amsterdam.

Quatre jours plus tard, le [153], un autre média néerlandais De Telegraaf écrit un article racontant qu'un membre connu de la Mocro Maffia au nom de Ridouan Taghi ainsi que son bras droit Saïd Razzouki et le reste du grand réseau, pourraient se retrouver implantés au Mexique. Le lendemain matin, le vers h du matin, le siège social est pris pour cible par un attentat à la voiture bélier. L'auteur cogne violemment sa Volkswagen Caddy contre le bâtiment du média néerlandais avant de mettre le feu dans la camionnette[154]. Le jour même de l'attentat, l'enquête révèle qu'il s'agissait sans aucun doute des bandes criminelles marocaines implantées à Amsterdam. Le journaliste John van den Heuvel déclare : « Ridouan T. est le criminel le plus recherché des Pays-Bas. Le lendemain matin de l'article, le siège social de De Telegraaf sera encore pris pour cible. À chaque fois que l'on écrit ou que l'on dit quelque chose sur lui, il y a des conséquences comme des attentats, des liquidations ou des menaces. Même quand les rédacteurs écrivent leur article à propos d'eux, ils prennent entre autres une grande prise de risque, pouvant entraîner l'affaire à la mort ». Un jour plus tard, la rédaction de De Telegraaf mettra sur La Une de la page une illustration où il est écrit : « Nous ne demeurerons jamais silencieux ! »[155]. Le , la justice néerlandaise prendra la décision de sécuriser tous les médias néerlandais en mettant en place un grand périmètre de sécurité, des patrouilles tard le soir ainsi que des nouvelles caméras de surveillances autour de chaque siège social des médias pour éviter quelconque, nouvelle attaque.

En 2019, le journaliste John van den Heuvel du journal De Telegraaf est kidnappé et mis dans le coffre d'une voiture avant d'être attaché et torturé dans un appartement à Amsterdam. Il est libéré grâce à son collègue journaliste Bas van Hout qui paye une énorme rançon aux criminels qui étaient à ce moment tous cagoulés[156].

Série d'explosions à la grenade à Anvers[modifier | modifier le code]

Borgerhout, lieu à Anvers où l'on compte le plus d'explosions à la grenade.
« L'Europe entière porte une image d'Anvers comme étant le lieu principal des réseaux tel que Sodom ou Gomorra. Tous les Anversois attendent de voir des arrestations. Nous avons donné tous les moyens à la Kali-team pour effectuer un bon travail concernant la Mocro-oorlog. »

Bart de Wever, bourgmestre d'Anvers[157].

En 2019, une longue série de bombe à la grenade fait son apparition dans les plusieurs districts d'Anvers[158]. Suite à des recherches effectuées par les enquêteurs belges de la police fédérale, plusieurs noms ayant des rapports avec les réseaux marocains font leur apparition dans le système[159]. Les trafiquants belgo-marocains utilisent vaguement des grenades explosives pour faire passer un message de menace auprès de l'entourage d'une famille marocaine dans le trafic de cocaïne[160]. Les explosions ont souvent lieu dans des commerces ou des véhicules[161].

Les clans The Turtles, et De Mixers sont les principaux réseaux de la Mocro-maffia qui contrôlent le trafic de cocaïne à Anvers[162]. Suite à ces problèmes difficilement gérables à cause d'une omerta discrète, la police belge décide d'investir 600,000 euros, mettant en place le service Kali-team qui a pour but de combattre la Mocro-maffia à Anvers[163]. Composé de 35 agents locaux et 40 agents de la police fédérale, le nombre d'explosions à la grenade n'a fait qu'augmenter[164]. En fin d'année 2019, le nom de Gabriel Chérif (surnommé Lange Vingers) fait pour la première fois son apparition dans les médias belges[165]. Le baron de drogue serait au cœur d'une énorme polémique dans le milieu anversois. Il est actuellement en fuite[166].

Lutte contre la Mocro-maffia[modifier | modifier le code]

  • Procès Marengo : organisation de la police fédérale néerlandaise ayant pour but de démanteler le réseau de Ridouan Taghi[167].
  • Kali-team : organisation policière belge ayant pour but d'arrêter les trafiquants opérant tard le soir autour des conteneurs dans le Port d'Anvers[168].

« En matière de trafic de stupéfiants, nous disposons d’une base de données internationale grâce aux renseignements fournis par nos partenaires étrangers. Chaque fois qu’il y a un problème lié au trafic de drogue ou au terrorisme, qui concerne un ressortissant marocain ou d’origine marocaine, nous sommes avisés pour mener nos propres enquêtes au Maroc. À partir de là, toutes les personnes impliquées directement ou qui font l’objet de recherche ou d’avis de diffusion par Interpol sont de facto dans notre radar. Si la Mocro Maffia existe, il est faux de prétendre que le trafic de drogue est uniquement tenu par des individus originaires du Maroc car ces mafias sont cosmopolites et d’essence internationale[169]. »

— Abdelhak Khiame, directeur général du BCIJ, le 5 janvier 2019 dans une interview.

Réactions politiques[modifier | modifier le code]

Geert Wilders évoque la mafia marocaine dans la chambre basse du parlement néerlandais en 2019.

Au courant des années 2010, la mafia marocaine fait également parler d'elle dans la politique néerlandaise et belge. Le système néerlandais a démasqué plusieurs politiciens qui auraient des relations avec les plus grands barons de drogue, notamment Ridouan Taghi ou encore Saïd Razzouki. Après l'assassinat de Derk Wiersum, avocat ayant des informations sur Ridouan Taghi, Geert Wilders a fait part de son mécontentement dans la chambre basse du parlement néerlandais.

« Nous sommes plus patrons dans notre pays et il n'y a plus d'autorité. Le désordre, la violence, la terreur, c'est ce qui touche Amsterdam et plusieurs autres endroits du pays. Un avocat brutalement assassiné, le frère d'un témoin clé tué, un attentat au lance roquette contre nos médias, des grenades qui explosent dans nos rues, des têtes décapitées devant nos coffeeshops. La mafia marocaine est devenue la patronne dans ce pays. Et elle devient chaque jour plus forte et plus violente. Tout le monde dans la rue en a marre de la présence des Marocains. Cette mafia à Amsterdam ne vient pas de Norvège, elle vient du Maroc. Ne me contre dites pas quand je vous dis que les Pays-Bas ont un problème de Marocains[170]. »

— Geert Wilders, dirigeant de la Parti pour la liberté (PVV), le 19 septembre 2019 au parlement national des Pays-Bas, après l'assassinat de Derk Wiersum.

« Je suis d'accord avec Wilders s'il dit qu'il y'a un problème de mafia marocaine aux Pays-Bas. Je suis également d'accord avec lui s'il dit que les Marocains sont majoritairement présents dans les listes des criminels aux Pays-Bas. Mais je me demande ce que vous insinuez avec 'un problème de Marocains aux Pays-Bas'. Les autres Marocains qui sont droits dans leur bottes, qui entendent de leurs oreilles 'un problème de Marocains', ça peut les toucher très profondément. Personnellement, en tant que libéral, en tant que membre de cette société démocrate, je trouve qu'on doit juger via les comportements individuelles et pas via le groupe ethnique auquel ils font partie. Chaque Marocain qui veut construire un avenir aux Pays-Bas en suivant notre système, a totalement son droit. »

— Réponse du premier ministre néerlandais Mark Rutte à Geert Wilders, le 19 septembre 2019 au parlement national des Pays-Bas.

« J'ai beaucoup de personnes qui viennent se plaindre chez moi en me disant qu'ils voient beaucoup de Marocains traîner dans les ruelles avec un gilet pare-balles en dessous de leur veste. Ce sont sans doute des hommes qui ont des relations avec la Mocro-Maffia. On ne doit pas prendre en compte les menaces de mort. Cela ne changera rien. Ces hommes peuvent apparaître à n'importe quel moment et vous tirer dessus. C'est inévitable[171]. »

— Jos van Gennip (nl), Ministre des affaires étrangères, après l'assassinat de Reduan Bakkali.

John van den Heuvel est la cible de Ridouan Taghi suite à une déclaration en direct à la télévision.

Face à la Mocro-maffia et Ridouan Taghi, le journaliste des affaires criminelles John van den Heuvel, est également évoqué dans les organisations de la Mocro-maffia suite à ses nombreuses déclarations sur la mafia marocaine aux Pays-Bass. En juin 2018, un attentat à la voiture bélier a lieu au siège social De Telegraaf. Ayant lui-même travaillé dans ce média, il livre son avis personnel à la télévision néerlandaise en évoquant le nom du criminel au micro de ce même média :

« Ridouan Taghi est le criminel le plus recherché des Pays-Bas. À chaque fois que l'on dit ou que l'on écrit quelque chose sur lui, il y a des conséquences, des attentats et des menaces. Au moment où tu es journaliste et que t'écris sur lui, tu prends des risques de te faire assassiner[172]. »

— Journaliste John van den Heuvel, le 26 juin 2018 après l'attentat commis sur le siège social De Telegraaf

Suite à cette déclaration osée, des tirs de kalachnikovs ont lieu à son domicile en novembre 2018. Il décline pour cette raison son émission à laquelle il devait participer en tant que présentateur sur RTL Boulevard. Un an plus tard, il reçoit des messages de la part de Ridouan Taghi, en fuite, lui prévenant qu'il figure sur sa liste noire. Une énorme prime d'argent est placé sur la tête de John van den Heuvel. La justice néerlandaise suspecte le club de motard No Surrender de passer à l'attaque sous commandes de Ridouan Taghi. En décembre 2019, Ridouan Taghi est arrêté à Dubaï. John van den Heuvel livre à nouveau une déclaration :

« Je suis tellement soulagé. J'ai même du mal à y croire. Il y a exactement deux ans, on m'a obligé à me sécuriser au maximum suite à des menaces. Depuis, je n'ai jamais marché tout seul dans la rue. C'était lourd. Heureusement, je pouvais quand même faire mon travail. Ca été un moment difficile dans ma carrière. Quant t'entends une telle nouvelle, c'est un soulagement incroyable[173]. »

— Journaliste John van den Heuvel, le 16 décembre 2019 après l'arrestation de Taghi à Dubaï.

En 2017, l'écrivain Raf Sauviller publie son ouvrage Borgerokko Maffia, distribué dans toutes les bibliothèques de Flandre (Belgique) et des Pays-Bas. Dans son ouvrage, il évoque la corruption dans les douanes du Port d'Anvers et chez les agents de police. Selon une recherche effectuée en 2018, la commune de Borgerhout à Anvers aurait à son actuel[Quoi ?] une économie majoritairement illégale à cause des revenus des bandes de la Mocro Maffia. Questionné par le quotidien De Morgen sur ce contexte du livre, le bourgmestre d'Anvers Bart De Wever avoue avoir du mal à intercepter les grands noms de la mafia à Anvers[174]. Il déclare également :

« La Mocro-maffia sait facilement s'infiltrer dans la politique belge. Ils font plus de dégâts que la drogue en elle-même. Je trouve ça injuste pour les chefs de parties politiques qui voient leur partie dégringoler. Je préfère déjà leur prévenir que ma partie politique ne sera potentiellement pas collaboratrice. Ces organisations se contentent d'un chiffre d'affaires hallucinant pouvant figurer parmi les plus riches au Maroc. Nous avons crée cette semaine la Kali-team. L'équipe est composée de 40 agents pour combattre la Mocro-maffia dans le Port[175]. »

— Bourgmestre d'Anvers Bart De Wever, le 3 septembre 2018

Suite à cette déclaration, des tirs de kalachnikovs ont lieu à son domicile en décembre 2019[176].

Condamnations à perpétuité[modifier | modifier le code]

Liste de criminels Mocro-maffia condamnés à vie
Nom Nationalité Affaire Prison
Anouar Benhadi condamné en 2015
(Membre de l'organisation Gwenette Martha)
Drapeau : Pays-Bas Néerlandais
Drapeau : Maroc Marocain
Fusillade de Staatsliedenbuurt en 2012 Centre fermé de Vught
Adil Abouchdak condamné en 2015
(Membre de l'organisation Gwenette Martha)
Drapeau : Pays-Bas Néerlandais
Drapeau : Maroc Marocain
Fusillade de Staatsliedenbuurt en 2012 Centre fermé de Vught
Naoufal Fassih condamné en 2019
(Chef de son propre réseau)
Drapeau : Pays-Bas Néerlandais
Drapeau : Maroc Marocain
Multiples assassinats dont Samir Bouyakhrichan en 2014 Centre fermé de Vught
Shardyone Semerel condamné en 2019
(Membre de l'organisation Ridouan Taghi)
Drapeau : Pays-Bas Néerlandais
Drapeau : Suriname Surinamais
Fusillade de Marrakech en 2017 Prison de Oued Zem
Edwin Robles Martínez condamné en 2019
(Membre de l'organisation Ridouan Taghi)
Drapeau : Pays-Bas Néerlandais
Drapeau : République dominicaine Dominicain
Fusillade de Marrakech en 2017 Prison de Oued Zem
Omar Lkhorf condamné en 2019
(Membre de l'organisation Benaouf Adaoui)
Drapeau : Pays-Bas Néerlandais
Drapeau : Maroc Marocain
Multiples assassinats dont Gwenette Martha en 2014 Centre fermé de Vught
Hicham Marrabou condamné en 2019
(Membre de l'organisation Benaouf Adaoui)
Drapeau : Pays-Bas Néerlandais
Drapeau : Maroc Marocain
Multiples assassinats dont Eaneas Lomp Centre fermé de Vught
Ridouan Taghi en attente de son procès
(Chef de son propre réseau)
Drapeau : Pays-Bas Néerlandais
Drapeau : Maroc Marocain
Multiples assassinats dont Derk Wiersum et Martin Kok Centre fermé de Vught
Saïd Razzouki en attente de son procès
(Membre de l'organisation Ridouan Taghi)
Drapeau : Pays-Bas Néerlandais
Drapeau : Maroc Marocain
Multiples assassinats dont Derk Wiersum et Martin Kok Prison de Bogota

Couverture médiatique[modifier | modifier le code]

Les assassinats de la Mocro-maffia constituent un tournant du journalisme criminel. Même si la Mocro-maffia n'est pas le premier phénomène criminelle aux Pays-Bas, c'est le premier à recevoir une couverture médiatique à la fois internationale et intensive. Les réformes fiscales virtuelles néerlandaises des années 2010 favorisèrent l'émergence de médias écrits peu coûteux, qui pouvaient donc être largement diffusés et relayées. Ces diffusions furent les précurseurs d'une tendance qui prit de l'ampleur après l'assassinat du journaliste Martin Kok en 2016. Un journal, De Telegraaf profita largement de l'engouement du public pour la guerre criminelle qui a lieu dans sa capitale, qui reçut ainsi une couverture médiatique sans précédent.

Après les attentats commis contre De Telegraaf et Panorama en 2017, en fin juin, l'avocate Christien Wildeman déclare au quotidien De Telegraaf : « L'impact est pesant vis-à-vis des rédacteurs, du journalisme et de la société, mais nous ne demeurerons jamais silencieux. Près de mille personnes travaillent dans le siège social. Nous sommes loin d'ignorer leur sentiment d'insécurité dans leur lieu de travail. Notre démocratie de droits-sociaux se trouve dans une pression insupportable, et nous devons tous la combattre, ensemble. De ces attentats, nous avons appris beaucoup de choses, notamment qu'on doit toujours rester vigilants »[177]. Pendant que certains médias néerlandais décident de censurer leur nom et prénom dans les articles publiés quotidiennement, De Telegraaf, lui, ne cède pas à la panique, encore moins aux censures. John van den Heuvel, un journaliste néerlandais ayant précédemment écrit pour De Telegraaf est pris pour cible quelques jours plus tard à son domicile. Après l'arrestation du commanditaire de ces deux attentats, il déclara : « Je suis tellement soulagé. Il y a exactement deux ans, on m'a obligé à me sécuriser au maximum suite à des menaces. Depuis, je n'ai jamais marché tout seul dans la rue. C'était lourd ».

Au fil des années 2010, les médias étrangers reprennent également l'appellation Mocro Maffia, notamment en Belgique, en Espagne, en Italie, en Colombie, au Maroc ainsi qu'en Grande-Bretagne où le média BBC estime que les Pays-Bas est en cours de devenir un état de narco-trafiquant[178]. Cependant, en France, le sujet reste dans l'ombre et est rarement évoqué.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (nl) Wouter Laumans et Marijn Schrijver, Mocro Maffia, Amsterdam, Lebowskipublishers, , 256 p. (ISBN 9789048828036, lire en ligne), vendu à 100.000 exemplaires[179]
  • (nl) Raf Sauviller, Borgerokko Maffia, Anvers, Paperback, , 224 p. (ISBN 9789492159984)
  • (nl) Wouter Laumans et Marijn Schrijver, Wraak, Amsterdam, Lebowski, , 224 p. (ISBN 9789048836215)

Télévision[modifier | modifier le code]

  • 2016 : Débat De Mocro-oorlog dans l'émission VAN LIEMPT LIVE diffusé sur RTL Nederland ;
  • 2018 : Bizarre details liquidatie: zo gestoord is de Mocro-maffia sur De Telegraaf ;
  • 2018 : Opvolger Mocro Maffia: jongens worden huurmoordenaars sur De Telegraaf ;
  • 2019 : Reconstructie Mocro-maffia: hoe de broer van kroongetuige Nabil B. werd geliquideerd sur RTL Nieuws ;
  • 2019 : Mocro-maffia liquideert advocaat: "Ze deinzen nergens voor terug" sur PowNed (nl) ;
  • 2019 : Débat Mocro Maffia of een 'Marokkanen-probleem'?" dans l'émission De Nieuwe Maan sur NPO 1 ;
  • 2019 : Débat Pour ou contre la légalisation du cannabis?, Rose Ameziane à propos de la Mocro-maffia dans l'émission Balance ton post ! sur C8[180] ;
  • 2020 : Débat John van den Heuvel over Ridouan Taghi en Mocro Maffia sur MTV FIRST ;
  • 2020 : Kopstuk Mocro-maffia Razzouki opgepakt sur De Telegraaf.

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Joyce Azar, « Le drame social derrière le trafic de cocaïne à Anvers », RTBF,‎ (lire en ligne)
  • Stéphane Joahny, « Anvers, capitale européenne de la coke », LeJDD,‎ (lire en ligne)
  • Gilbert Dupont, « Un dirigeant de la Mocro Mafia, le nouveau crime organisé marocain, vit actuellement en Belgique! », La Dernière Heure,‎ (lire en ligne)
  • Samir El Ouardighi, « Trafic d'ecstasy: La Mocro Maffia revient à ses origines et cible le Maroc », Médias 24,‎ (lire en ligne)
  • « Tout sur les mafias en Belgique: voici où elles sévissent (carte) », Lacapitale.be,‎ (lire en ligne)
  • Eric Steffens, « De Wever : les Pays-Bas ont une dette envers l’Europe en matière de trafic de drogue », VRT,‎ (lire en ligne)
  • « La mocro-maffia a encore tué: un avocat abattu en pleine rue à Amsterdam », 7sur7,‎ (lire en ligne)
  • Nicolas Gillard, « Mafia marocaine: ce que l'on sait sur son implantation en Belgique », RTBF,‎ (lire en ligne)

Références[modifier | modifier le code]

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Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Mocro Maffia
  1. Mocro Maffia 2015, p. 2, chapitre 12
  2. Mocro Maffia 2015, p. 1, chapitre 12
  3. Mocro Maffia 2015, p. 3, chapitre 34
  4. Mocro Maffia 2015, p. 4, chapitre 34
  5. Mocro Maffia 2015, p. 5, chapitre 34
  6. Mocro Maffia 2015, p. 2, chapitre 15
  7. Mocro Maffia 2015, p. 3, chapitre 12
  • Wraak
  1. Wraak 2019, p. 1, chapitre 1
  2. Wraak 2019, p. 2, chapitre 1
  3. Wraak 2019, p. 2, chapitre 5

Articles connexes[modifier | modifier le code]