Joigny

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Joigny
Vue générale de la ville depuis la rive gauche de l'Yonne : en haut à gauche l'église Saint-Jean, à droite le château des Gondi, comtes de Joigny, dominant Joigny.
Vue générale de la ville depuis la rive gauche de l'Yonne : en haut à gauche l'église Saint-Jean, à droite le château des Gondi, comtes de Joigny, dominant Joigny.
Blason de Joigny
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Auxerre
Canton Joigny
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Jovinien
Maire
Mandat
Bernard Moraine
2014-2020
Code postal 89300
Code commune 89206
Démographie
Gentilé Joviniens ou Maillotins
Population
municipale
9 672 hab. (2014)
Densité 215 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 58′ 59″ nord, 3° 23′ 51″ est
Altitude Min. 78 m – Max. 213 m
Superficie 44,89 km2
Localisation

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Liens
Site web ville-joigny.fr

Joigny est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

Ses habitants sont appelés les Joviniens ou les Maillotins.

Riche d'une très belle Histoire, dont témoigne encore la vieille ville du Moyen Âge, Joigny est également l'illustration d'une économie sinistrée, depuis le début des années 2000.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La ville de Joigny est située au centre du département de l'Yonne sur les bords de l'Yonne (rivière) en Bourgogne-Franche-Comté.

La ville primitive fut construite sur un promontoire de la côte du plateau d’Othe, dominant la large rivière, qui servait à la fois de protection et de voie de communication. Son pont, sa riche vallée propice aux pâturages et à la culture tant vivrière que céréalière, et sa situation stratégique furent à l'origine de sa richesse, notamment grâce à la culture de la vigne sur les coteaux calcaires (au moins jusqu’à l’apparition du phylloxera).

Sur le plateau, la vaste forêt d'Othe, qui occupe les deux-tiers de la surface de la commune, permit la construction des maisons à pans de bois dont la ville s’enorgueillit encore ; l’écorce des chênes fournit le tan nécessaire aux nombreuses tanneries — elles comptèrent jusqu’à 140 fosses — situées sur la rive gauche d’un bras du Tholon, le ru des tanneries.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Villevallier Dixmont Bussy-en-Othe Rose des vents
Villecien
Saint-Aubin-sur-Yonne
Cézy
Béon
Chamvres
N Brion
Looze
O    Joigny    E
S
Paroy-sur-Tholon Champlay Laroche-Saint-Cydroine

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Hydrographie[modifier | modifier le code]

  • La commune de Joigny est traversée au sud et d'est en ouest par l'Yonne.
  • La rivière de La Chênée prend sa source sur le nord de la commune ainsi que plusieurs de ses affluents.
  • Le Rubignon prend sa source dans la partie nord-est de Joigny et constitue une partie de la limite nord avec la commune de Dixmont.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Voies aériennes[modifier | modifier le code]

Joigny dispose d'un petit aérodrome ouvert à la circulation aérienne publique.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom Joviniacum a été écrit pour la première fois au XIIe siècle par le moine Clarius de l'abbaye Saint-Pierre-le-Vif de Sens[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Du Néolithique à l'Antiquité[modifier | modifier le code]

Le site est occupé à la période néolithique.

La ville actuelle est fondée pendant l'époque romaine par Flavius Jovinius préfet de la milice romaine en Gaule en 369[2] (Joviniacum en latin). On peut voir des ferriers (peut-être antérieurs à l'époque gallo-romaine) et des thermes gallo-romains dans le Bois du Grand Marchais[3].

Durant l'époque mérovingienne, c'est la construction d'une place forte à la fin du Xe siècle par Renard Ier le Vieux, comte de Sens, sur une partie des terres de l'abbaye Sainte-Marie du Charnier qui marquera la naissance de la ville actuelle, fondée officiellement en 996[4],[5].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

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Situé avant la Révolution française en Champagne mais rattaché, du fait de sa proximité avec la rivière Yonne, au département de l'Yonne (avec Sens) par le législateur en 1790.

Comté de Sens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fromonides.

Avant l'an mille, Joigny faisait partie du comté de Sens[6]. Un chroniqueur de Sens indique que le comte Renard Vetulus a fait bâtir un château sur une terre appartenant à Saint-Jean de Sens. Ce comte a régné un demi-siècle.

L'institution d'un comté à Joigny faisait, jusqu'il y a peu, l'objet d'un consensus parmi les historiens et les érudits : le comté était né d'un partage successoral et d'un héritage affectant l'ancien comté de Sens. Ensuite, la date de l'érection variait au gré des plumes : 996, 999, 1008, 1015, 1034, 1055 et 1058. Par exemple, pour justifier la date 996/999, on avait coutume de prendre la date de la mort du comte Renard Ier de Sens (Vetulus) comme première attestation de l'existence documentaire de Joigny (à distinguer du comté !). Alors dès 996/999, apparaissait un héritier de Renard à Joigny, son gendre Geoffroy Ier de Ferréol, comte de Joigny, aussi baron de Joinville[7] et doyen des sept pairs de Champagne[8]. De plus, Geoffroy fondait en 1080 le prieuré Notre-Dame dont la charte nous apprend que Joigny s'appelait Castrum Gaudiaci, qui signifie château de plaisance[9] (mais il y a d'autres étymologies possibles pour Joviniacum). On voit bien que ce schéma pose problème : le trop long règne de Geoffroy ; le fait que la fondation de Joinville soit plus tardive (château construit vers 1027-1030 semble-t-il, par Étienne de Vaux, † 1060) et que la Maison des sires de Joinville ne puisse être confondue avec la dynastie comtale de Joigny contrairement à ce que l'on a longtemps cru ; l'appellation comté de Champagne apparue seulement vers 1102 ; le nom Geoffroy Ferréol faisant irrésistiblement allusion à un comte de Gâtinais contemporain (comte de 1028/1030 à 1043/1045, ancêtre paternel des Plantagenêts et d'ailleurs aussi des Joigny en lignée féminine par les Courtenay, mais pas documenté comme l'ancêtre agnatique des Joigny) ; et surtout la création plus tardive du comté de Joigny, attestée seulement en 1080 et ne remontant sans doute pas plus haut que l'intervalle 1042-1055-1080.

En effet, la documentation établit une fourchette pour la date de la création du comté de Joigny. En 1042, Migennes, qui appartiendra ensuite au comté de Joigny, est dit dans une charte du temps "dans le comté de Sens". En 1080 pour la première fois est cité un « comte de Joigny » en la personne de Geoffroy Ier. Entre les deux dates, survient l'année 1055, qui est celle de la mort du dernier comte de Sens Renard II le Mauvais, petit-fils de Renard Ier. Certains auteurs en ont déduit qu'après sa mort, un héritier (beau-frère ou gendre selon les auteurs) aurait reçu le Jovinien (région de Joigny) dans les partages successoraux. Aucun document ni chronique ne permet d'assurer cette hypothèse. En outre, il n'y a pas plus lieu de s'attarder sur une création encore plus ancienne qui aurait résulté de l'héritage du comte de Sens de Renard le Vieux (+999), à celle du comte Fromond II († 1008), ou du pseudo Fromond III (imaginaire, et né d'une erreur de datation d'une charte pourtant corrigée par son éditeur, l'archiviste Quantin).

En effet deux chroniqueurs sénonais contemporains des faits (Odorannus et Clarius, moines de Saint-Pierre-le-Vif) indiquent sans ambiguïté qu'à la mort de Renard le Mauvais, ses biens sont divisés entre le roi (Henri Ier) et l'archevêque (Mainard), sans faire référence à un quelconque héritier. Aucun élément généalogique ne relie les deux lignages, à la seule exception du prénom Renard connu par ailleurs dans d'autres lignages comtaux. Il faut alors abandonner l'hypothèse d'un partage successoral.

Une autre date retient l'attention : celle de 1068. Cette année là, le roi Philippe Ier solde le dossier du comté de Gâtinais. La Couronne acquiert alors la seconde moitié du comté (le Bas-Gâtinais) après avoir mis la main sur la première moitié de ce comté (le Haut-Gâtinais). Il se peut que la famille de l'archevêque Gilduin, qui a possédé des biens dans le Haut Gâtinais, qu'elle a soumis à la suzeraineté du comte de Valois, ait permuté pour venir dans le Jovinien où elle avait déjà des intérêts à Migennes en 1042. Le XIe siècle a connu de tels échanges territoriaux (Sancerre). La puissance royale a fait le reste : l'octroi d'un titre comtal à Joigny, ce qu'une convention familiale était impuissante à faire. Mais Philippe Ier vénérait sa chère abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, où il s'est fait d'ailleurs, seul de sa race, inhumer, et l'a débarrassée d'un voisinage féodal encombrant. De fait, le nouveau lignage, aux horizons géographiques multiples, possède ailleurs des droits comtaux. En conséquence il est tenu d'instituer un vicomte à Joigny dès 1080 (le titre n'est pas en ce temps une dignité conférée à une terre ou une politesse mondaine).

Le comté de Joigny forme géographiquement un démembrement du comté de Sens, au contact du comté d'Auxerre, alors submergé et occupé par le duc de Bourgogne. Il est encadré à l'Est par le comté de Troyes (le château de Saint-Florentin en dépend) et à l'Ouest par la seigneurie de Courtenay en partie construite sur la ruine du comté de Gâtinais[10].

La question de la mouvance féodale[modifier | modifier le code]

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Il semble que le rattachement féodal du comté de Joigny à celui de Champagne (et juridiquement à celui de Troyes pour son château de Saint-Florentin) soit une conséquence de la situation du XIe siècle. Le jeune comté, érigé entre 1042 et 1080, aurait été initialement placé dans la vassalité du comte de Valois Raoul IV. Au décès de celui-ci en 1074, son héritage a donné lieu à une guerre entre ses héritiers. Le comte de Blois Thibaut III (par ailleurs comte de Troyes) l'a emporté. Il y a gagné le comté de Bar-sur-Aube mais aussi sans doute la suzeraineté sur le comté de Joigny, qui n'est connue au plus tôt qu'en 1100.

Le vicomte de Joigny lui aussi était vassal du comte de Troyes et le service était attaché à Saint-Florentin. Ce vicomte possédait l'essentiel de ses domaines dans un quadrilatère formé par Lailly et Les Sièges, Armentières et Séant-en-Othe. Vers 1200, il a choisi de faire de Rigny-le-Ferron le centre de ses domaines et finalement, d'en prendre le nom.

Dès lors, le comte de Joigny apparaît, comme ses confrères les comtes de Bar-sur-Seine et de Brienne, auprès des comtes de Blois lorsque ces derniers fréquentent leur comté de Troyes. Par la suite, la qualité de premier pair du comté de Champagne est attribuée au comte de Joigny, à l'instar de ce que la littérature médiévale a imaginé dans le roman des chevaliers de la Table Ronde.

A l'ombre des principautés[modifier | modifier le code]

Un pont est construit sur l'Yonne. La ville se développe, et comme à Troyes et à Auxerre, entreprend la construction d'une vaste enceinte venant englober différents quartiers (dont celui du vicomte). Elle communique avec les Foires de Champagne et notamment la foire de Troyes par un grand chemin passant à travers la forêt d'Othe, gagnant Coulours et Villemaur. Le comte se lie avec la famille comtale de Nevers et y gagne en dot Coulanges-la-Vineuse. On ne le repère pas dans les croisades d'Orient alors qu'il va participer à l'aventure de Sicile dans la seconde moitié du XIIIe siècle.

Les prises de position des comtes de Joigny ne sont pas négligées par les pouvoirs supérieurs. C'est ainsi que la comtesse de Champagne Blanche de Navarre, mère de Thibaud né posthume (1201-1253), obtiendra des garanties de la comtesse de Joigny lors de l'ouverture de sa délicate régence en se faisant "rendre" le château de Joigny. L'implantation de son agent dans le Jovinien, le Briard Manassès de Touquin, est une précaution utile. Le comté de Joigny sera fidèle à la comtesse de Champagne dans la guerre de succession de Champagne engagée par Érard de Brienne, seigneur de Venisy, et Thibaud le Chansonnier conservera sa couronne comtale.

Les comtes de Joigny étaient aussi pairs de France, ainsi que nous l'apprend un jugement de Philippe Auguste en 1216 concernant un différend qui opposait la reine de Chypre et la comtesse Blanche en présence des pairs du royaume dont dont Guillaume Ier[11].

Il fonde dans le quartier vigneron de Saint-André le prieuré Notre-Dame de Joigny[12], placé sous la tutelle clunisienne, à l'emplacement d'une chapelle dédiée à saint Georges : les premiers moines viennent du prieuré de La Charité dont Gérard de Cluny, par ailleurs bâtisseur du prieuré de La Charité, devint le premier prieur. L'église prieurale est consacrée le 14 septembre 1085 par l'archevêque de Sens Richer II et deviendra au fil des siècles et des modifications, notamment de la façade au XVIe siècle, l'actuelle église Saint-André.

Croix de Saint-Jean de Jérusalem

Un document de 1138 fait état d'un don de 15 livres de rentes par le comte de Joigny aux Templiers, sur ses droits de péage, pour l'entretien d'une de leurs chapelles. En 1162 ils échangent cette rente contre des bois et terres. En 1211 ils achètent les terres de Simon de Courtanron à Corberie. En 1188 l'ordre des Hospitaliers reçoit en donation du comte Guillaume des prés et terres situés à Saint-Thomas. Leur commanderie est réunie à celle de Launay en 1469.

Au XIIIe siècle, ce qui correspond aujourd'hui au quartier Saint-Jean est entouré de remparts munis de tours et de trois portes : la porte aux poissons (démolie en 1824), une porte devant la plate-forme du château, et une porte flanquée de deux tours et un pont-levis donnant sur le pont en bois passant la rivière. Ce pont en bois était en deux parties qui se rejoignaient sur une île, au milieu de la rivière, sur laquelle était construite un moulin[5].

En 1300, Jean II affranchit les "hommes, femmes nés ou à naître à perpétuité" de toute taille, servage ou servitude qu'il avait sur eux, pour la somme de 4 850 livres.

Ce comte se fait très menaçant pour le pouvoir royal. À la mort de Louis X le Hutin et de son fils posthume Jean Ier, il existe une fille héritière du roi : Jeanne de Navarre. Ses droits sont opportunément négligés par son oncle Philippe le puissant comte de Poitiers, parti immédiatement se faire couronner à Reims sous le nom de Philippe V (le Long). Le duc de Bourgogne, tuteur de la princesse, décide de faire valoir les droits de l'enfant. Il se prépare à réunir une armée, ignorant la précipitation qui anime les Parisiens. Le comte de Joigny partage ses vues, mais il commet une erreur fatale. Il cherche à remonter vers Paris où il imagine la Cour réunie, et se fait bloquer en chemin par un chevalier connu pour sa violence, nommé capitaine de Sens lors du départ du comte de Poitiers pour Reims. L'erreur de cible permet à Philippe V de monter sur le trône. Dès lors, le duc et le comte sont résolus à négocier et à sacrifier le plus clair des droits de la princesse Jeanne[13].

En 1333 un document établit l'inventaire de la léproserie de Saint-Denis de Léchères située sur le territoire de la paroisse de Cezy (aujourd'hui Joigny) et qui remonterait au début du XIIIe siècle. La léproserie disposait d'une chapelle, d'un chapelain et d'un cimetière. Pour s'assurer des revenus elle disposait également d'une exploitation rurale (granges, étables, porcheries, etc.), de vignes et d'un port d'embarquement sur l'Yonne. Outre les tonneaux de vin, le port Folet permettait d'acheminer des bois et des charbons provenant de la vallée du Vrain et de ses alentours. Chaque année une foire se tenait aux environs de la léproserie. En 1334 l’archevêque de Sens Guy de la Brosse fit don de la léproserie au Chapitre de Paris qui possédait des vignes dans son environnement. Cette possession dura jusqu'à la fin du XVe siècle[14].

Un comté dans un environnement royal (voir la liste des comtes plus bas)[modifier | modifier le code]

Le château Renaissance de la famille de Gondi où saint Vincent de Paul fut précepteur.

Le comte de Joigny accepte de se défaire de sa suzeraineté sur Château-Renard, sans doute héritée de l'époque même de la constitution de son comté, pour gagner celle de Malay-le-Roi[15]. On notera la curieuse présence de la châtellenie de La Ferté-Loupière, primitivement détenue par le comte de Sancerre, qui amoindrit le pouvoir du comte de Joigny sur le quart Sud-Ouest de son comté[16]. De même Champlay constitue un fief libre de toute attache envers le comté en face de la ville de Joigny.

Le comté de Champagne rejoint par étape en 1284 la Couronne. Celui d'Auxerre est littéralement abandonné en 1370 par ses héritiers dans la première phase de la Guerre de Cent Ans. L'horizon autour de Joigny est fleurdelysé. Le comté devient la propriété de la famille bourguignonne de Noyers (Jean Ier, vers 1337/1338, alors qu'il n'est qu'un adolescent : 1323-1362). Son père Miles de Noyers, qui a acquis Joigny pour son fils Jean, proche conseiller de Philippe VI de Valois, accepte de perdre le statut de franc-alleu de sa seigneurie ancestrale de Noyers pour encore mieux figurer dans la dépendance de la famille royale. Des Joviniens parviennent socialement à pénétrer les milieux de Cour et l'oligarchie financière[17]. Baillis et prévôts royaux interviennent sans freins dans son comté[18]. Du chef de sa vassalité envers le comté de Champagne, le comté de Joigny dépendra du bailli royal de Troyes jusqu'en 1789, et non de celui plus proche et très actif, de Sens[18]. Des familles de Joigny se rendront à Troyes, aspirées par le courant des affaires judiciaires justifiant la présence des Joviniens auprès du bailliage royal. La publicité routière "Joigny porte de la Bourgogne" prend de ce fait une saveur particulière.

Le 28 janvier 1393, Jean III de Noyers participe à Paris au Bal des Ardents organisé par le roi Charles VI de France ; il est déguisé en satyre et attaché par une chaîne avec quatre autres personnes. Le duc d'Orléans voulant savoir qui se cachait sous ses masques s'approcha avec une torche et mit le feu accidentellement. Le comte de Joigny mourut dans d'affreuses douleurs[5].

Durant la seconde moitié de la Guerre de Cent Ans, le comte de Joigny est le sire de La Trémoille d'Uchon, cousin germain du principal conseiller du dauphin Charles, temporisateur né et l'unique fil de négociation avec le duc de Bourgogne. Joigny jouit des ambiguïtés de la situation.

Durant l’Ancien Régime, Joigny est chef-lieu de comté[19], archives du département de l'Yonne (1866) et siège de nombreux offices.

Le 12 juillet 1530 à environ 4 ou 5 heures du soir[20], la ville fut victime d'un grand incendie qui la ravagea à l'exception de la paroisse Saint-André. Au XVIe siècle on reconstruisit des maisons comme celle de l'arbre de Jessé.

À la fin de l'Ancien Régime, la ville, enrichie par l'exploitation de sa part de la forêt d'Othe donnée par un comte, accepte de financer à ses frais la construction de casernes de cavalerie. Ce type de troupes était réputé pour les retombées financières qu'il générait, et la qualité des officiers qu'il drainait. En même temps, elle construit un hôtel de ville.

Vie économique[modifier | modifier le code]

Le pont, cité depuis le XIIe siècle, est un important investissement. Son entretien est financé par un péage.

Le massif forestier de la forêt d'Othe est une première source de richesse. Au XVIIIe siècle, le développement de Paris rend impératif la satisfaction de cette population privilégiée, en termes de combustibles. Il faut se chauffer et cuire les aliments d'une ville de 200.000 habitants. Tous pouvoirs sont accordés à la prévôté des marchands pour faire venir du bois jusqu'à l'entrepôt général de bois pour l'approvisionnement de Paris (la moitié Sud du XIIIe arrondissement actuel, alors en la paroisse d'Ivry-sur-Seine). D'avisés bourgeois de la ville, tels les Chomereau, serviront les intérêts parisiens et bâtiront de solides fortunes.

Le vin est une autre activité source de revenus. Il mobilise une grande quantité de vignerons, tonneliers et marchands de vins. Son évacuation par voie d'eau est confiée aux voituriers par eau.

Comme toute ville d'une certaine taille, et au centre d'une plaine occupée par des prairies inondables, Joigny dispose de tanneurs au fonctionnement dynastique (Déon, Picard).

Remarquablement placé sur le tracé de la route de Paris à Auxerre, et à l'embranchement vers Tonnerre, la ville dispose d'hôtelleries, puis avec l'arrivée des diligences et de la vitesse, d'auberges renommées. Un fils d'aubergiste est le cuisinier de Montcalm, fait prisonnier par les Anglais à la reddition de Québec. Les coches d'eau arrivés d'Auxerre y passent pour se rendre à Paris. Elle est l'embarcadère naturel des productions issues des villages des vallées du Tholon, du Ravillon et du Vrin. Le port est, en direction d'Auxerre, le dernier à être accessible la majeure partie de l'année et à ne pas être bloqué par des étiages estivaux. La pêche est active et réglementée. Une porte en bas de la ville porte significativement le nom de Porte aux Poissons.

De la Révolution à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Lors de la Révolution française, Joigny devient chef-lieu de district puis sous-préfecture à la création des départements ; qualité qu’elle perd en 1926 pour n’être plus que chef-lieu de canton.

Le 6 mars 1814, lors de la Sixième Coalition contre la France de Napoléon, le maire de Joigny abandonne son poste alors qu'une colonne de 8 000 cosaques et hussards hongrois passe à Joigny pour aller stationner à Villeneuve-sur-Yonne le 8 mars 1814[21] La ville accueille en garnison le frère de Napoléon Bonaparte.

Sous la Restauration, la ville est prospère. Ses revenus forestiers font rêver l'administration centrale. Le fils du duc d'Orléans tient garnison avec son régiment. Il quitte la ville en apprenant la révolution parisienne de 1830.

La ville accueille le petit séminaire et le lycée catholique du diocèse de Sens-Auxerre (lycée Saint-Jacques).

Joigny perd son statut de sous-préfecture lors de la réforme de 1926 (comme Tonnerre). De ce fait, sa Chambre d'arrondissement des Notaires disparaît. Son tribunal est amoindri. L'arrondissement est absorbé par celui d'Auxerre.

La ville est victime des bombardements durant la Seconde Guerre mondiale. La place Saint-Jean est fortement touchée par ces bombardements, tout comme la porte Saint-Jean ainsi que la maison du bailli dont la façade avant est soufflée. Elle est ensuite rénovée puis rétablie monument historique comme avant la guerre. De nombreuses victimes sont dénombrées vers le pont.

La ville accueillait depuis 1949 le 28e groupe géographique, qui est l'unique unité de géographie militaire de l'Armée de terre. À la suite de la réforme de la carte militaire, cette unité a été transférée à Haguenau dans le Bas-Rhin, l'État soutenant en contrepartie l'activité de la commune par un plan de redynamisation d'un montant de 3 millions d'euros[22]. La même année, le groupe Stypen, filiale de BiC, délocalise sa production en quittant Joigny pour la Seine-et-Marne[23].

En 2013, le bâtiment historique de la Caisse d'épargne, ancien hôtel de l'avocat Edme-Louis Davier[24], ancien lycée et ancienne Kommandantur durant la guerre, est vendu aux enchères[25],[26],[27].

Comte de Joigny pair de France et de Champagne[modifier | modifier le code]

La Porte du Bois du XIIIe siècle.
Article détaillé : Liste des comtes de Joigny.

Jusqu'en 1790 l'histoire de Joigny est marquée par sa quarantaine de comtes issus de neuf dynasties différentes.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial des communes de l'Yonne.


Blason de Joigny

D'azur à la ville en perspective d'argent mouvant de la pointe, les bâtiments girouettés et ajourés du même, essorés de gueules, maçonnés de sable, la porte ouverte du champ et dans cette ouverture un maillet d'or, le manche en haut.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Philippe Auberger ("Les Républicains") est maire de Joigny de 1977 à 2008.

Lors de la campagne municipale de 2008, une lettre anonyme met en cause sa vie privée[28]. S'ensuit un feuilleton politique[29],[30], qui voit s'affronter le Maire et son 1er Adjoint. Au second tour, en triangulaire, la liste conduite par Bernard Moraine (Divers Gauche) arrive en tête, à deux voix d'écart. À la suite d'une invalidation de l'élection municipale, les élections partielles de septembre 2009, qui voient s'affronter deux listes de droite et une de gauche, sont remportées dès le premier tour par la liste de Bernard Moraine, Maire sortant.

Bernard Moraine est maire, de mars 2008 à juillet 2009 et de septembre 2009 à aujourd'hui.

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1770   Étienne Ferrand d'Arblay   Militaire
avant 1875 après 1875 Civet[31]    
12 octobre 1948 mars 1959 Jean Marius Valet   Général
mars 1977 mars 2008 Philippe Auberger RPR puis UMP Député

Conseiller Général

mars 2008 juillet 2009 Bernard Moraine DVG  
juillet 2009 septembre 2009 Jean-Pierre Balloux   Président de la délégation spéciale
26 septembre 2009 en cours Bernard Moraine[32] DVG  

Jumelages[modifier | modifier le code]

Au 5 janvier 2014, Joigny est jumelée avec[33] :

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[34]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en annuel[35],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 9 672 habitants, en diminution de -6,58 % par rapport à 2009 (Yonne : -0,46 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
5 357 5 132 5 176 5 251 5 537 5 494 6 741 6 787 6 455
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
6 575 5 971 6 239 6 400 6 317 6 468 6 494 6 218 6 299
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
6 254 6 057 6 172 5 697 6 610 6 671 7 143 6 077 7 289
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
7 144 9 698 10 972 9 644 9 697 10 032 10 333 10 053 9 672
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[36] puis Insee à partir de 2006[37].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Joigny comporte plusieurs écoles élémentaires : l'école Marcel-Aymé (publique) , l'école Albert Garnier (publique), l'école Saint-Exupéry (publique) , l'école Saint-Thérèse (privé)...
Joigny comporte deux collèges : le collège Marie-Noël (public), le collège Saint-Jacques (privé).
Joigny comporte aussi deux lycées : le lycée Louis Davier (public), le lycée Saint-Jacques (privé).


Le lycée Louis Davier ( de Joigny ) est élu "Meilleur Lycée de Bourgogne". En effet, 100% des lycéens sortant du lycée Louis Davier après 3 ans ( ou 4 ans ) ont eu leur baccalauréat ( avec ou sans mention ).
Dans ce même lycée, 30% des lycéens, de la Seconde à la Terminale, redoublent ou sont réorientés vers d'autres établissements (lycées ou lieux de travail s'ils ont l'âge).
[réf. nécessaire]

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Le 11 juillet 2007, la ville maillotine[Note 2] fut l'hôte de l'arrivée de la quatrième étape du Tour de France 2007, commencée 193 km plus au nord, depuis la commune de Villers-Cotterêts. Elle a vu gagner le Norvégien Thor Hushovd lors d'un sprint exaltant devant l'Hôtel de ville, en 4 h 37 min 47 s.

La ville a aussi accueilli l'équipe de France de football lors de son match à Auxerre face à la Géorgie comptant pour les éliminatoires de l'Euro 2008. Ils ont dormi dans l'hôtel de la Rive gauche pendant deux jours.

Plus récemment, Joigny et la côte Saint-Jacques ont accueilli tour à tour les équipes du Real Madrid, du Milan AC et de l'Ajax Amsterdam, équipes affrontant l'AJ Auxerre lors de la phase de poule de la Ligue des champions de l'UEFA 2010/2011.

Économie[modifier | modifier le code]

Particulièrement sinistrée économiquement[39],[40], la ville de Joigny cherche un nouveau souffle économique.

Le taux de chômage dépasse 23% en 2013[41]

Le taux de pauvreté est proche de 27%, en 2013[41].

Industrie[modifier | modifier le code]

Activités de services[modifier | modifier le code]

L'hôtel-restaurant "La Côte Saint-Jacques" illustre un aspect très qualitatif de la gastronomie, à Joigny.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Viticulture[modifier | modifier le code]

  • Le vignoble, anéanti par le phylloxéra, a été partiellement réintroduit [non neutre], avec l'accord de l'INAO, par Michel Lorain, cuisinier "étoilé" de la Côte Saint-Jacques, encore aux fourneaux quand il entreprit de le faire renaître.

Les vignes ont été replantées à la fin des années 1990. Les vins produits sur la Côte Saint-Jacques bénéficient d'une AOC : « Bourgogne Côte Saint-Jacques ». Le vignoble comprend 11,94 hectares de vins rouges et gris[42], et 0,42 hectares de vins blancs[42]. La production donne 620 hectolitres de vins rouges et gris[42], et 28 hectolitres de vins blancs[42].

Histoire d'un vignoble[modifier | modifier le code]

Le port au vin et l'Yonne en crue en 1910

Dans la vallée de l'Yonne, la vigne est une culture déjà connue à l'époque de la conquête romaine puisque le cépage qui a été principalement longtemps utilisé est le « franc noir » qui résulte d'une fécondation entre deux variétés cultivées au Moyen Âge et introduites par les Romains : le pinot et le gouais blanc.

C'est en 1082 que l'on trouve les premiers écrits faisant état d'une vigne à Joigny près de l'église Saint-Thibault. La qualité de ce vin lui vaut d'être servi à la table des rois de France[43].

En 1731 un article du Mercure de France tout en les classant dans les vins de champagne explique par l'exposition des vins de la côte Saint-Jacques que ceux-ci sont meilleurs que ceux d'Auxerre.

Il y a toujours eu une grande rivalité entre les vins d'Auxerre et ceux de Joigny mais elle est devenue très vive en 1732 à la suite d'un article, dans le Mercure de France de février 1731 qui disait que les vins de Joigny sont supérieurs à ceux d'Auxerre à cause de leur exposition et de leur grande profondeur de terre. Ce qui déclencha la « bataille des vins » de l'Yonne. Dans le Mercure de septembre 1732 un écrivain d’Auxerre répondit que s'il suffisait d'avoir du soleil pour avoir du bon raisin il suffirait d'enlever les feuilles du dessus et que toutes les collines de Joigny n'étaient pas tournées vers le midi donc que tout le vin ne pouvait pas être bon. Pour lui les habitants de joigny renient tout ce qui est au-delà de leur pont. Il affirme que les vins de Joigny qui viennent de la France ne seront pas aussi bon que ceux d'Auxerre qui viennent de la Bourgogne. Il conclut en disant qu'on peut jeter du vin d’Auxerre sur celui de Joigny pour l'améliorer mais pas l'inverse

En 1805, les vins rouges de Joigny sont réputés pour leur "qualité apéritive et balsamique". Ils ne surchargent ni ne travaillent l'estomac, ne procurent pas "d'ivresses longues ni dangereuses", permettent d'"accélérer particulièrement l'action des reins et de la vessie" et ceux qui le boivent pur ne sont ni sujets à la goutte ni à la pierre[44].

En 1807, la revue L'Épicurien français distingue parmi les vins de Joigny la côte saint-Jacques qui « semble avoir retenu un goût de pierre à fusil des cailloux du milieu desquels s'élèvent les ceps qui le fournissent ». Au XIXe siècle, la côte saint-Jacques était le principal cru des vins de la ville de Joigny, cultivé sur 49 hectares, cette appellation comprenait la côte saint-Jacques, le haut de Saint-Jacques, les Ronces, la Croix-Guémard, le Muscadet. Le sol est calcaire mêlé de silex et d'argile dans la partie haute et de carbonate de chaux dans la partie basse. Les 2/3 du cépage sont du Vérot mousseux, le reste du Pineaux (ou pinot) noir et blanc, de la Houche cendrée ou pineau gris avec de l'Épicier et du Plant de roi. Dans la première moitié du XIXe siècle le vignoble produisait 25 hectolitres par hectare, mais du fait de la concurrence et de la baisse des prix les propriétaires ont cherché à améliorer la productivité en abandonnant les pineaux et en utilisant des engrais afin de produire jusqu'à 75 hectolitres par hectare et de ne produire plus que des vins gris qui se gardent moins bien mais se vendent mieux à Paris.

En 1866, A Jullien décrit les vins qui viennent du pinot comme « légers, délicats et fin » avec de la « sève et un peu de bouquet »; par contre les vins issus de vignes peuplées de plants communs sont plus colorés mais moins fins « mais encore de bonne qualité ». Les meilleurs crus de 3e classe se nomment Saint-Thibault, aux poules, Vaux-Larnoult, les Chambugles, les Clos, les Chauffours, les Mignottes, les Madeleines. Chantepuce et sonnerosse pour des vins ordinaires de deuxième qualité. Les jaucheroys, les Gueurées, la Chaume-au-Baril, la Voie-Blanche, les Chaillos, le Petit-Tuot pour les vins ordinaires de troisième qualité[45].

À l'Exposition universelle de 1867 les "Côte Saint-Jacques de Joigny" : le Dupuis-Lermat de 1865, le virgile-Bouret de 1861, le J-B Ablan de 1861, ont obtenu une mention honorable.

Le phylloxéra est apparu pour la première fois dans la basse vallée de l'Yonne à Michery le 18 juin 1886.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Joigny est classée ville d'art et d'histoire.

  • Un château Renaissance, « le château des Gondi », surplombe la ville, avec quelques beaux hôtels particuliers.
  • La porte Saint-Jean : cette porte qui servait d'entrée au premier château édifié à Joigny par Rainard le Vieux (comte de Sens mort en 996), est le plus ancien édifice féodal de Joigny (fin Xe siècle).
  • Le centre hospitalier : d'abord fondé en 1328 par Jeanne de Joigny comme "hôpital de Tous les Saints", il fut reconstruit à la fin du XVIe siècle sous l'appellation d'« hôpital Neuf-lez-Pont ». Il fut détruit lors des guerres de Religion et reconstruit en 1732. Pendant la Révolution, il servit de prison puis les bâtiments furent loués pour être utilisés comme salpêtrière, centre d'internement pour les prisonniers de guerre et enfin comme caserne sous Louis Bonaparte. C'est en 1841 que le bâtiment est démoli et reconstruit pour devenir en 1848 l'hôpital actuel.
La chapelle sépulcrale des Ferrand (palais de justice)
  • La chapelle des Ferrand : construite à la fois en pleine époque Renaissance sous le règne de François Ier et après l'incendie de Joigny. Elle était au centre de l'ancien cimetière de Saint-André et depuis 1850 englobée dans le palais de justice. C'est Jean Ferrand archidiacre de Sens, né à Joigny, qui mourut en 1559, grand amateur des beaux arts qui la fit construire ainsi que l'ancien hôpital Saint-Antoine. Consacrée à la Vierge, elle ne fut pas tout de suite appelée du nom de son fondateur. Elle est de forme octogonale et de style Renaissance, la frise extérieure représente cinq bas reliefs relatifs à la résurrection des morts.

Au XIXe siècle, à l'époque de son intégration au palais de justice, le dôme d'origine a été remplacé par la toiture actuelle plus disgracieuse, les fenêtres ont été agrandies et une cheminée a défiguré le bâtiment.

La fresque intérieure de 1630, redécouverte sous l'enduit en 1934[46], représente l'adoration des mages. C'est une copie d'un tableau de Jean Boucher, peintre de Bourges, célèbre sous le règne de Louis XIII[47].

Dévastée pendant la Révolution, elle a été longtemps abandonnée et la chapelle qui est devenue la salle du tribunal n'a jamais été consacrée.

À la suite de la réforme de la carte judiciaire le tribunal d'instance fermait le 31 décembre 2009 et le Conseil Général propriétaire de l'édifice n'a pas souhaité le conserver[48]. L'ensemble (tribunal et chapelle) de 750 mètres carrés a été vendu en juillet 2012 pour la somme de 200 000 euros. Les nouveaux propriétaires ayant le projet de le louer à des particuliers pour des fêtes, des soirées et réceptions ou à des associations qui voudraient organiser des animations[49].

L'édifice est classé.

Intérieur gothique de l'église Saint-Thibault de Joigny.
Lavoir

La ville possède trois églises classées aux monuments historiques et qui recèlent des trésors artistiques :

  • L'église Saint-André :
Article détaillé : Église Saint-André de Joigny.
  • L'église Saint-Jean :
Article détaillé : Église Saint-Jean de Joigny.
  • L'église Saint-Thibault
Article détaillé : Église Saint-Thibault de Joigny.
  • Son centre-ville comprend plusieurs maisons à pans de bois sculptés typiques (maison de l'arbre de Jessé, maison du Bailli - monument historique depuis le 26 avril 1927, etc.)
  • La ville possède deux lavoirs sur la promenade bordant le nord de l'ancienne ville[50].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Personnalités civiles[modifier | modifier le code]

  • Geoffroy (-), comte de Joigny en 1082 et 1084. Il est le premier comte de la lignée comtale de Joigny. Contrairement à de pieuses légendes, aucun lien familial n'est connu avec les comtes de Sens qui jusqu'en 1042 tenaient encore la contrée à Migennes. Il confie les trois églises de Joigny aux moines de La Charité-sur-Loire[51].
  • Yom Tov ben Isaac de Joigny (-), Tossafiste du XIIe siècle, élève de Rabbenou Tam, mort pour la sanctification du Nom en 1191, à la tête des juifs réfugiés dans la forteresse d'York pendant le shabbat Hagadol et qui choisirent de s'égorger pour échapper aux persécuteurs de la Première Croisade.
  • Étienne Porcher , né vers 1320, sergent d'armes du roi Charles V et fondateur de l'hôtel Dieu Notre-Dame à Joigny. Maître des garnisons (de vins) des rois Philippe VI, Jean-le-Bon, et Charles VI. Seigneur du fief d'Automne à Paris, proche de l'église Saint-Eustache. Son épouse est peut-être la cousine germaine d'Étienne Marcel. Ce personnage est connu des généalogistes français. Sa descendance, munie de ses lettres d'anoblissement, a obtenu de l'administration fiscale une exemption d'impôts jusqu'au XVIIe siècle. Pour assurer une publicité durable de cette bonne fortune, tous les documents et les preuves filiatives ont été éditées dès le XVIIe siècle. Parmi ses descendants, il faut citer Guillaume Budé.
  • Jean de Joigny (Joigny, 1506 - Valladolid, 1577), sculpteur franco-espagnol

Personnalités politiques[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Environnement[modifier | modifier le code]

La commune inclut trois ZNIEFF :

  • La ZNIEFF de la vallée de l'Yonne entre Champlay et Cézy[55] a une surface de 1 086 ha, répartis sur les communes de Cézy, Champlay, Joigny et Saint-Aubin-sur-Yonne. Son habitat déterminant est les eaux vives ; on y trouve aussi eaux douces stagnantes, landes, fruticées, pelouses, prairies, forêts, tourbières et marais.
  • La ZNIEFF du marais des Noues d'Abandon[56], soit 105 ha de tourbières et marais comme milieux déterminants, accompagnés d'eaux douces stagnantes, landes, fruticées, pelouses, prairies et forêts. Le tout est partagé entre Champlay et Joigny.
  • La ZNIEFF de la forêt d'Othe et ses abords[57], qui englobe 29 398 ha répartis sur 21 communes[58]. Le milieu déterminant est la forêt ; on y trouve aussi eaux douces stagnantes, landes, fruticées, pelouses et prairies.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • les bulletins de la société d'études de Joigny dénommés L'Echo de Joigny.
  • actes du colloque de Joigny de 1990 ("autour du comté de Joigny, XIe – XVIIIe siècle") organisé par la Société généalogique de l'Yonne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Joigny.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  2. Pour l'appellation de "maillotine", voir l'article « Pourquoi Joigny porte aussi le nom de cité maillotine ? » sur lyonne.fr.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Pignard-Peguet, Histoire des communes de l'Yonne, t. 3 : Arrondissement de Joigny, (lire en ligne).
  2. Marie Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, 1847.
  3. Sites préhistoriques dans l'Yonne, sur archeotheque.fr.
  4. Histoire de Joigny sur association-culturelle-joigny.fr.
  5. a, b et c Ambroise Challe, Histoire de la ville et du comté de Joigny, G. Rouillé, , 110 p. (présentation en ligne).
  6. Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, vol. 16, Perriquet et Rouillé imprimeur, Auxerre, 1876.
  7. Association Culturelle et d'Études de Joigny.
  8. Lettres de Monsieur LeBeuf, capitaine de la milice bourgeoise de Joigny, Mercure de France, 1739.
  9. Société des Sciences Historiques et Naturelles de l'Yonne, vol. 16, Perriquet et Rouillé imprimeur, Auxerre, 1876.
  10. Étienne Meunier. « L'entourage des comtes de Joigny entre 1080 et 1183. Autour du comté de Joigny, XIe – XVIIIe siècle ». Actes du colloque de Joigny, 9-10 juin 1990. CSGY, VII, 1991.
  11. Chevalier de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs De France, Imprimerie Moreau, Paris, 1824.
  12. François Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de France…, tome VIII, 1774.
  13. Étienne Meunier. « Le contrat de mariage du comte Jean de Joigny et d'Agnès de Brienne en mars 1297 ». L’Écho de Joigny, no 71, 2011.
  14. Léon le Grand, « Tableau d'une léproserie en 1336, Saint-Denis-de-Léchères, au diocèse de Sens », Bibliothèque de l'école des chartes, 1900, tome 61, p. 459-516.
  15. Étienne Meunier. « La châtellenie de Mâlay-le-Roi ». Études villeneuviennes, no 28, 2000.
  16. Jean-Paul Desaive et André Briotet, « Les comtes de Joigny et leur domaine : l'aveu et dénombrement de 1394. Autour du comté de Joigny, XIe – XVIIIe siècle ». Actes du colloque de Joigny 9 et 10 juin 1990. CSGY, VII, 1991.
  17. Étienne Meunier. « La famille La Plote, de Joigny. Autour du comté de Joigny, XIe – XVIIIe siècle ». Actes du colloque de Joigny, 9 - 10 juin 1990. CSGY, n° VII, 1991.
  18. a et b Étienne Meunier. « Le bailliage de Sens, 1194-1477 », FACO 1981.
  19. Maximilien Quantin, Épisodes de l'histoire du XVe siècle aux pays sénonais et gâtinais et au comté de Joigny, Impr. impériale, Paris, 1866.
  20. Maximilien Quantin, Archives départementales de l'Yonne, Ch. Gallo imprimeur, 1868.
  21. Annuaire de l'Yonne, 1896.
  22. Iza Zmirli, « Carte militaire : Joigny perd son centre géographique », 24 juillet 2008, sur lepoint.fr.
  23. Didier Hugue, Stypen arrête sa production à Joigny dans l'Yonne, sur usinenouvelle.com, 10 avril 2008.
  24. « Qui était Louis Davier ? » sur joigny-davier-noel.org.
  25. Thomas Lavaud, « L'ex Caisse d'Epargne de Joigny... adjugée vendue 470.000 euros ! », France Bleu Auxerre, 11 septembre 2013.
  26. « L’ex-Caisse d’Épargne appartient désormais à un homme d’affaires installé à Londres », L'Yonne Républicaine, 12 février 2014.
  27. « Aménagement de l'ancienne Caisse d'épargne de Joigny (lien brisé) »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  28. « Poursuivi pour diffamation, Philippe Auberger relaxé », sur auxerretv.com, 3 juin 2010.
  29. Lilian Lelet, « Julien Ortega jette l’éponge à Joigny : le feuilleton continue », sur france3-regions, 16 janvier 2014.
  30. Martin Gale, « Philippe Auberger ne soutient pas Isabelle Bourassin », sur lescarnetsdejoigny.fr, 15 juillet 2009.
  31. Almanach-Annuaire historique, administratif et commercial de la Marne, de L'Aisne et des Ardennes, Matot-Braine, Reims, 1875, p. 197.
  32. « Bernard Moraine entame un deuxième mandat », lyonne.fr, 7 avril 2014.
  33. « Atlas français de la coopération décentralisée et des autres actions extérieures », sur le site du ministère des Affaires étrangères (consulté le 5 janvier 2014).
  34. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  35. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  36. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  37. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  38. « Trois infos à connaître absolument avant de se rendre dans les Bouchons de Joigny », sur lyonne.fr, 3 septembre 2016.
  39. Laure Noualhat, « Joigny, chronique d'une ville en quête de rebond », sur liberation.fr, 17 février 2014.
  40. Émilie Bellier, Marion Coche et Salma Touhtouh, « Le déclin de Joigny », janvier 2015.
  41. a et b Comparateur de territoire - Commune de Joigny (89206), INSEE.
  42. a, b, c et d [PDF]Site du BIVB, page sur le Bourgogne côte saint-jacques, consulté le 27 mars 2012.
  43. L'Été dans l'Yonne, no 137, 14 juin 2007, p. 103.
  44. Dictionnaire universel de commerce, banque, manufactures, douanes, pêche, navigation marchande, Éditions Buisson, 1805.
  45. A Jullien, Topographie de tous les vignobles connus, librairie d'agriculture et d'horticulture, Paris 1866.
  46. Frédérique Pasdeloup et Marc Labouret, « J'ouvrirai vos tombeaux », Imprimerie Fostier, 2012.
  47. L'yonne républicaine, 15 septembre 2012.
  48. François Jaulhac, Pas de projets en instance pour l'ancien tribunal de Joigny, article sur lyonne.fr.
  49. Sophie Thomas, Un retraité dijonnais rachète les deux tribunaux fermés depuis la réforme de la carte judiciaire, article sur lyonne.fr, 14 juin 2012.
  50. Les lavoirs de Joigny, sur lavoirsdefrance.com.
  51. Étienne Meunier, « L'origine du comté de Joigny », dans L'Echo de Joigny, no 21, 2001.
  52. Maximilien Quantin, « Épisode de la vie de saint Vincent de Paul à Joigny », Perriquet et Rouillé, Auxerre, 1860, 15 pages.
  53. Société généalogique de l'Yonne - Site consulté le 25 décembre 2012, « lien brisé »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  54. Biographie de Étienne Ferrand d'Arblay.
  55. ZNIEFF 260014919 - Vallée de l'Yonne entre Champlay et Cézy sur le site de l’INPN et sa carte sur le site de la DIREN..
  56. ZNIEFF 260014920 - Marais des Noues d'Abandon sur le site de l’INPN et sa carte sur le site de la DIREN..
  57. ZNIEFF 260014923 - Forêt d'Othe et ses abords sur le site de l’INPN et sa carte sur le site de la DIREN..
  58. Liste des 21 communes de la ZNIEFF de la forêt d'Othe et ses abords.