Jeanne II de Navarre

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jeanne de France, Jeanne de Navarre et Jeanne II.

Jeanne II
Illustration.
Buste de la reine Jeanne au Louvre.
Titre
Reine de Navarre

(21 ans, 6 mois et 5 jours)
Couronnement , en la cathédrale de Pampelune
Prédécesseur Charles Ier
Successeur Charles II
Comtesse d'Angoulême

(21 ans et 2 mois)
Prédécesseur Gui Ier de Lusignan
Successeur Charles de La Cerda
Comtesse de Mortain

(15 ans et 1 mois)
Successeur Charles II
Comtesse d'Évreux et de Longueville

(24 ans, 3 mois et 28 jours)
Prédécesseur Marguerite d'Artois
Successeur Charles II
Biographie
Dynastie Capétiens
Date de naissance
Date de décès (à 38 ans)
Lieu de décès Conflans
Sépulture Basilique de Saint-Denis
Père Louis X de France
Mère Marguerite de Bourgogne
Conjoint Philippe III de Navarre
Enfants Marie de Navarre
Charles II Red crown.png
Blanche de Navarre
Agnès de Navarre
Philippe de Navarre
Louis de Navarre

Jeanne II de Navarre
Monarques de Navarre

Jeanne II (28 janvier 1311 – 6 octobre 1349) est reine de Navarre de 1328 à sa mort. Elle est le seul enfant de Louis X de France et de Marguerite de Bourgogne. La paternité de Jeanne reste toutefois douteuse car sa mère a été impliquée dans l'affaire de la tour de Nesle, mais Louis X la reconnaît comme légitime lorsqu'il meurt en 1316. Cependant, les barons de France sont opposés à l'idée de voir une femme accéder au trône et élisent roi de France Philippe V, frère de Louis X. Les nobles navarrais rendent également hommage à Philippe. La grand-mère de Jeanne, Agnès de Bourgogne, ainsi que son oncle, Eudes IV de Bourgogne, essaient sans succès de récupérer pour Jeanne les comtés de Champagne et de Brie, qui lui reviennent de droit. Après que Philippe V ait marié une de ses filles à Eudes et lui ait accordé les deux comtés pour la dot de la mariée, Eudes renonce au nom de Jeanne à ses revendications sur la Champagne et la Brie en échange d'une compensation en mars 1318. Jeanne épouse Philippe d'Évreux, qui est membre de la famille royale de France.

Philippe V est remplacé par son autre frère, Charles IV, sur les trônes de France et de Navarre en 1322. À la mort de Charles en 1328, les Navarrais expulsent le gouverneur français et proclament Jeanne reine de Navarre. En France, Philippe de Valois est couronné roi. Il conclut un accord avec Jeanne et son époux où, en échange de la renonciation de Jeanne sur la Champagne et la Brie, il l'accepte comme souveraine de Navarre. Jeanne et son époux sont couronnés ensemble à la cathédrale de Pampelune le 5 mars 1329. Le couple royal coopère étroitement pendant leur règne conjoint, mais Philippe d'Évreux est plus actif. Cependant, ils résident la plupart du temps dans leurs domaines en France. La Navarre est alors administrée par un gouverneur en leur absence.

Soupçons d'illégitimité[modifier | modifier le code]

Jeanne est la fille de Louis Ier de Navarre et de son épouse Marguerite de Bourgogne. Elle naît le 28 janvier 1311, près de cinq ans après le mariage de ses parents[1]. Son père est alors le fils aîné et héritier du roi de France Philippe IV le Bel[2].

Marguerite et ses deux belles-sœurs, Jeanne et Blanche de Bourgogne, sont arrêtées en avril 1314, sous l'inculpation d'adultère avec les chevaliers Philippe et Gauthier d'Aunay[3]. Après avoir été torturé, l'un des chevaliers confesse qu'ils ont tous deux été amants de Marguerite et Blanche pendant trois ans[3]. Les frères d'Aunay sont exécutés et Marguerite et Blanche incarcérées à Château-Gaillard[3]. Marguerite y meurt un an plus tard, sans doute à cause des mauvaises conditions dans lesquelles elle est détenue[3]. À la suite de ce scandale connu sous le nom d'affaire de la tour de Nesle, la légitimité de Jeanne devient douteuse, parce que sa mère est accusée d'avoir entretenu des relations adultérines l'année où Jeanne est née[4].

Philippe IV le Bel meurt le 29 novembre 1314 et le père de Jeanne accède au trône de France sous le nom de Louis X[5]. Son règne est bref mais lorsqu'il meurt le 5 juin 1316, il reconnaît Jeanne comme sa fille légitime. Louis laisse enceinte sa seconde épouse, Clémence de Hongrie[1]. D'après un accord conclu lors d'une assemblée des barons de France le 16 juillet 1316, si la reine Clémence donne naissance à un fils, il sera proclamé roi, mais s'il s'agit d'une fille, elle et Jeanne ne pourront hériter que de la Navarre, de la Champagne et de la Brie, terres que Louis détenait de sa propre mère Jeanne Ire de Navarre[6]. Il est également décidé au cours de cette assemblée que Jeanne sera envoyée auprès de sa famille maternelle en Bourgogne mais qu'elle ne pourra se marier sans l'accord des membres de la famille royale[6].

Éviction du trône[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Loi salique.
Arbre généalogique représentant Jeanne et sa famille directe, dont son père, sa mère, sa belle-mère et son demi-frère.

Clémence donne naissance à un fils le 14 novembre 1316, qui est proclamé roi sous le nom de Jean Ier le Posthume. Ce nourrisson meurt au bout de cinq jours[7]. L'oncle maternel de Jeanne, Eudes IV de Bourgogne, qui se trouve alors à Paris, entame des négociations avec Philippe de Poitiers, frère cadet de Louis X, afin de protéger les intérêts de Jeanne[6]. Philippe ne répond pas au requêtes d'Eudes et se fait lui-même sacré roi de France à Reims le 9 janvier 1317. Les états généraux de 1317, convoqués par Philippe V le 2 février suivant, statuent sur les droits de Jeanne à la couronne de France[8]. Cumulant les inconvénients d'être mineure et de ne pouvoir défendre sa cause, d'être une fille et de pouvoir par mariage faire échoir le royaume de France en des mains étrangères, et de légitimité douteuse, Jeanne est évincée de la succession au trône par l'assemblée qui conclut au « principe de masculinité », plus tard formalisé sous le nom de Loi salique. Se faisant reconnaître roi, Philippe fait main basse sur la Champagne et la Brie, lésant les droits de sa nièce Jeanne[9]. Il est également reconnu roi de Navarre par une délégation de nobles navarrais[10].

La grand-mère maternelle de Jeanne, Agnès de Bourgogne, envoie des lettres aux principaux barons de France dans lesquelles elle considère comme illégale le sacre de l'usurpateur mais Philippe V conserve le trône sans grande opposition. Les lettres adressées par Agnès aux seigneurs de Champagne les pressent de refuser de rendre hommage à Philippe et de protéger les droits de Jeanne[11]. Dans une autre lettre, Eudes IV affirme que le déshéritement de sa nièce va à l'encontre « le droit divin législatif, par la coutume, dans l'usage conservé dans des cas similaires dans les empires, les royaumes, les fiefs, dans les baronnies, dans une telle période qu'il n'y a pas de mémoire du contraire »[11]. Leur hostilité à Philippe V est brisée lorsque son oncle Charles de Valois, un des plus influents grands féodaux, affirme soutenir ses arguments[7].

Philippe et Eudes parviennent à un accord le 27 mars 1318. Philippe offre en mariage à Eudes sa fille aînée Jeanne, à laquelle il accepte de transmettre en héritage les comtés de Bourgogne et d'Artois. Par ailleurs, Philippe V propose le mariage de la jeune Jeanne de Navarre avec son cousin Philippe d'Évreux, pour une dot de 15 000 livres et le droit d'hériter de la Champagne et de la Brie si le roi Philippe vient à mourir sans descendant mâle[11]. Eudes IV accepte enfin que Jeanne renonce à ses droits sur la France et la Navarre à l'âge de 12 ans[12]. Il n'existe pourtant de nos jours aucune preuve que cette renonciation ait eu lieu[13]. Le mariage entre Jeanne de Navarre et Philippe d'Évreux est célébré le 18 juin 1318[14]. Jeanne est ensuite confiée à la garde de la reine Marie de Brabant, la grand-mère de Philippe d'Évreux qui vit retirée dans son douaire à Mantes[15]. Bien qu'ils vivent alors l'un près de l'autre, Jeanne et Philippe ne sont pas élevés ensemble en raison de leur différence d'âge[16]. Leur mariage n'est consommé qu'en 1324[17].

Profitant des morts successives de Philippe V et de Marie de Brabant en janvier 1322[14], Eudes IV de Bourgogne soustrait sa nièce du pouvoir royal afin de veiller à ses droits. La mort de Philippe V remet l'arrangement de 1318 en question et permet à Jeanne d'entrer en possession de ses biens puisqu'elle n'a pas encore atteint sa douzième année. Toutefois, Philippe V est remplacé sur le trône par son frère Charles IV, qui retient l'apanage de sa nièce[14]. Avec le même argument de la masculinité concernant la Navarre, il est couronné roi de France et de Navarre. En 1323, Charles exige un renouvellement du traité concernant la dévolution de la Champagne et augmente la compensation financière de Jeanne, ce qui la prive définitivement d'une réclamation ultérieure sur la Champagne. Néanmoins, l'arrivée au pouvoir de Charles IV ne satisfait guère les barons de Navarre, qui refusent de lui rendre hommage. En représailles, Charles refuse de leur confirmer les Fueros (libertés).

Extinction de la lignée capétienne[modifier | modifier le code]

Charles IV meurt le 1er février 1328, ce qui conduit à une nouvelle crise de succession. La veuve du roi, Jeanne d'Évreux, est enceinte, ce qui précipite la convocation des pairs et des barons du Royaume à Paris pour y élire un régent[18]. La majorité des barons reconnaît que Philippe de Valois détient la meilleure revendication pour obtenir le poste, car il est le plus proche parent mâle de Charles IV[19]. Pendant ce temps, les Cortes de Navarre se rassemblent à Puente La Reina le 13 mars et remplacent le gouverneur français par deux seigneurs locaux[20].

La veuve de Charles donne naissance à une fille, Blanche, le 1er avril 1328. La naissance de Blanche provoque la fin de la lignée des Capétiens directs[14]. Jeanne de Navarre et son époux peuvent alors revendiquer le trône de France car ils descendent tous deux de rois de France, mais il existe au moins cinq autres concurrents, dont le régent Philippe de Valois[14]. Les représentants des différents prétendants à la couronne se réunissent à Saint-Germain-en-Laye pour conclure un compromis[14]. L'assemblée générale de Navarre va plus loin que celle de France et décide de franchir le pas : en mai, Jeanne reçoit la visite de représentants navarrais qui lui demandent de se rendre en Navarre et d'y prendre le contrôle du gouvernement, car la couronne lui appartient « par droit de succession et d'héritage ».

Philippe de Valois est couronné roi de France à Reims le 29 mai 1328[21]. Il n'a aucune revendication sur la Navarre, la Champagne et la Brie car il ne descend pas de la reine Jeanne Ire de Navarre[22]. Pour renforcer sa mainmise sur le trône de France, Philippe VI de Valois reconnaît en juillet à Jeanne et son époux le droit de régner sur la Navarre, déclarant le fief « tombé en quenouille »[23]. Philippe les persuade cependant de renoncer à la Champagne et la Brie en échange des comtés de Longueville, de Mortain et d'Angoulême, car il veut contrôler la région stratégique autour des foires de Champagne. Des lettres du roi et de la reine de Navarre confirment cet engagement en 1336[24]. Jeanne ne tarde pas à échanger le comté d'Angoulême contre des places dans le Vexin : Pontoise, Beaumont-sur-Oise et Asnières-sur-Oise.

Avènement au trône de Navarre[modifier | modifier le code]

Après la décision prise par l'assemblée générale de Navarre en mai 1328, Jeanne est considérée comme le monarque légitime de Navarre[25]. Son avènement met fin à l'union personnelle entre la Navarre et la France créée par le mariage en 1284 de Jeanne Ire de Navarre et Philippe IV le Bel[9]. Pendant les mois qui suivent, Jeanne et son époux mènent des négociations avec les Cortes, surtout en ce qui concerne le rôle que va jouer Philippe d'Évreux dans le gouvernement du Royaume[26]. Bien que les Navarrais n'aient reconnu qu'à Jeanne son droit d"hériter du Royaume, Philippe revendique le droit de gouverner au nom de son épouse[20]. Pendant l'absence du couple, des pogroms contre les Juifs éclatent dans les villes de Navarre[27].

Jeanne et Philippe d'Évreux envoient deux seigneurs français, Henri de Sully et Philippe de Melun, les représenter en Navarre pendant les négociations[26]. Les Navarrais se montrent d'abord réticents à l'idée d'accepter Philippe comme roi[28]. Les délégués de l'assemblée générale déclarent d'abord que Philippe sera autorisé à prendre part au gouvernement du Royaume au cours d'une réunion à Roncevaux en novembre 1328[29]. Toutefois, ils précisent que les éléments traditionnels du couronnement — dont l'élévation du monarque sur un bouclier et la distribution d'aumônes aux badauds — se feront aux côtés de Jeanne. Pour souligner le droit de Philippe de régner dans le royaume de son épouse, Henri de Sully se réfère à Paul de Tarse, qui avait affirmé que « la tête de la femme est l'homme » dans sa première épître aux Corinthiens[29]. Sully affirme par ailleurs que Jeanne a consenti à renforcer la position de son époux[29].

Jeanne et Philippe se rendent en Navarre au début de l'année 1329[30]. Ils sont couronnés à la cathédrale de Pampelune le 5 mars[29]. Ils sont tous deux élevés sur un bouclier et jettent de l'argent au cours de la cérémonie[30]. Les deux époux signent le serment du couronnement, qui établit leurs prérogatives royales[29]. La charte souligne que Jeanne est « la véritable et naturelle héritière » de Navarre, mais déclare également que « tout le royaume de Navarre obéira à son consort »[31]. Néanmoins, les Navarrais ajoutent une clause selon laquelle Jeanne et Philippe devront renoncer à la couronne aussitôt qu'ils auront 21 ans, ou ils seront contraints de payer une somme de 100 000 livres[32]. Jeanne paye également une indemnisation à son mari pour ses dépenses liées à l'acquisition de la Navarre[29].

Règne conjoint avec son époux[modifier | modifier le code]

Jeanne II de Navarre, représentée ici dans son livre d'heures.

Jeanne II et Philippe III de Navarre coopèrent étroitement pendant leur règne[27]. En dehors des 85 décrets royaux préservés pendant cette période, 41 documents ont été promulgués en leurs noms[33]. Pourtant, les sources suggèrent que Philippe était plus actif dans certains domaines du gouvernement, en particulier la législation[27]. Il signe 38 décrets seul, sans en référer à son épouse[34]. Seuls six documents ont été promulgués exclusivement au nom de Jeanne[34].

Après leur couronnement, le couple royal ordonne la prise de sanctions à l'encontre des meneurs des émeutes anti-juives ainsi que le versement d'indemnités aux victimes[35]. Les forteresses royales sont réparées pendant leur règne[27]. Le système d'irrigation dans les champs arides autour de Tudela est construit avec le soutien financier du couple[27]. Jeanne et Philippe veulent également maintenir des relations pacifiques avec les États voisins[36]. Un traité de paix est signé à Salamanque le 15 mars 1330 avec la Castille[37]. Ils entament par ailleurs des négociations autour des fiançailles de leur fille aînée Jeanne avec Pierre, héritier du trône d'Aragon, dès 1329[38]. Pierre IV épouse finalement Marie, sœur cadette de Jeanne qu'il préfère. Pour permettre ce mariage, Jeanne se fait religieuse à l'abbaye de Longchamp en 1337 à l'âge de 12 ans et renonce l'année suivante à ses droits sur le royaume de Navarre au profit de sa sœur. Elle reçoit en dédommagement une rente de 1 000 livres, assise sur la seigneurie de Mantes[39].

Jeanne et Philippe quittent la Navarre en septembre 1331. L'historienne Elena Woodacre remarque que le « couple royal devait équilibrer les besoins de leurs territoires français aux côtés de la gouvernance de la Navarre », ce qui les conduit à alterner les séjours entre leurs différents domaines[40]. Jeanne et Philippe pouvaient difficilement être accoutumés aux « goûts et coutumes des Navarrais, et étaient étrangers à leur langue », selon l'historien José María Lacarra, ce qui explique aussi leurs absences régulières[41]. Pendant leurs séjours en France, des gouverneurs français administrent la Navarre : Henri de Sully occupe ce poste jusqu'à sa mort en 1336, puis Saladin d'Anglure le remplace[42].

Un conflit frontalier éclate avec la Castille en 1335, en ce qui concerne la possession du monastère de Fitero (es)[36]. Pierre IV d'Aragon soutient les Navarrais et un nouveau traité de paix est signé avec la Castille le 28 février 1336[36]. Jeanne et Philippe retournent en Navarre en avril 1336. Cette seconde visite dure jusqu'en octobre 1337. Par la suite, Philippe visite à deux reprises la Navarre, mais sans que Jeanne l'accompagne[40].

Règne solitaire[modifier | modifier le code]

Philippe III meurt en septembre 1343[43]. Jeanne remplace rapidement Philippe de Melun, qui a administré quelque temps la Navarre, par Guillaume de Brahe[44]. Elle démet aussitôt Brahe et nomme à sa place Jean de Conflans[44]. Ces changements reflètent selon Elena Woodacre les désaccords avec Philippe concernant l'administration de la Navarre[44]. En 1344, une copie des Fueros de Navarre est réalisée pour la reine en navarro-aragonais, à laquelle est ajoutée une colonne vide pour y apposer la traduction en langue d'oïl[41]. La reine parlait sans doute le français, même pour s'occuper des affaires concernant la Navarre[41]. Jeanne établit en 1345 le couvent de Saint-François à Olite[27].

Jeanne décide de retourner en Navarre, mais n'accomplit pas son souhait, probablement en raison de la possibilité de l'invasion de ses domaines français pendant la guerre de Cent Ans[43]. Jeanne et son époux avaient initialement soutenu Philippe VI contre Édouard III d'Angleterre, qui a revendiqué la couronne de France au nom de sa mère Isabelle, elle-même tante paternelle de Jeanne[45]. En 1346, toutefois, Jeanne est profondément déçue par les échecs militaires de Philippe VI. En novembre, elle accueille chaleureusement le comte de Lancastre Henri de Grosmont, qui commande l'armée d'Édouard III, et le laisse traverser son comté d'Angoulême en échange de la protection de ses terres[45]. Elle promet par ailleurs de ne pas construire de nouvelle fortification ou d'autoriser l'armée de Philippe d'utiliser les siennes[45]. Philippe VI, empêtré dans le siège de Calais, ne peut agir en représailles contre Jeanne[45].

Jeanne meurt de la peste noire le 6 octobre 1349[27]. Dans son testament, elle demande à son fils et successeur Charles II de financer la construction d'une chapelle à Olite[27]. Elle est enterrée à la basilique de Saint-Denis, bien que son cœur soit déposé au couvent des Jacobins de Paris aux côtés de celui de son époux[46],[47].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Le 18 juin 1318, Jeanne épouse Philippe III d'Évreux, prince de sang royal français, fils de Louis d'Évreux — oncle de Louis X — et de Marguerite d'Artois. Mariée au château du Séjour du Roy à Charenton, elle y habite jusqu'à sa mort[48]. Ils eurent huit enfants :

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Woodacre 2013, p. 51.
  2. Woodacre 2013, p. xix, 51.
  3. a, b, c et d Bradbury 2007, p. 277.
  4. Woodacre 2013, p. 52.
  5. Bradbury 2007, p. 276, 278.
  6. a, b et c Woodacre 2013, p. 53.
  7. a et b Bradbury 2007, p. 281.
  8. Woodacre 2013, p. 54.
  9. a et b O'Callaghan 1975, p. 409.
  10. Monter 2012, p. 56.
  11. a, b et c Woodacre 2013, p. 55.
  12. Woodacre 2013, p. 55-56.
  13. Woodacre 2013, p. 56.
  14. a, b, c, d, e et f Woodacre 2013, p. 57.
  15. Woodacre 2013, p. 56, 71.
  16. Woodacre 2011, p. 197.
  17. Woodacre 2013, p. 71.
  18. Knecht 2007, p. 1.
  19. Knecht 2007, p. 1-2.
  20. a et b Monter 2012, p. 58.
  21. Knecht 2007, p. 2.
  22. Woodacre 2013, p. 59.
  23. Recueil des anciennes lois françaises tome IV, page 363.
  24. André Lefèvre, Les finances de la Champagne aux XIIIe et XIVe siècles, Bibliothèque de l'école des Chartes.
  25. Woodacre 2013, p. 61.
  26. a et b Woodacre 2013, p. 62.
  27. a, b, c, d, e, f, g et h Woodacre 2013, p. 66.
  28. Woodacre 2013, p. 62-63.
  29. a, b, c, d, e et f Woodacre 2013, p. 63.
  30. a et b Monter 2012, p. 59.
  31. Woodacre 2013, p. 63-64.
  32. Woodacre 2013, p. 64.
  33. Monter 2012, p. 59-60.
  34. a et b Monter 2012, p. 60.
  35. Woodacre 2013, p. 66-67.
  36. a, b et c Woodacre 2013, p. 69.
  37. Woodacre 2013, p. 69, 198.
  38. Woodacre 2013, p. 68-69.
  39. Marie-Laure Surget, « Mariage et pouvoir : réflexion sur le rôle de l'alliance dans les relations entre les Évreux-Navarre et les Valois au XIVe siècle (1325-1376) », Annales de Normandie, vol. 58, no 1-2, 2008, p. 34.
  40. a et b Woodacre 2013, p. 65.
  41. a, b et c González Olle 1987, p. 706.
  42. Béatrice Leroy - Les débuts de la dynastie d’Évreux en Navarre.
  43. a et b Woodacre 2013, p. 72.
  44. a, b et c Woodacre 2013, p. 73.
  45. a, b, c et d Sumption 1999, p. 556.
  46. Hulrs Viard, Les Grandes Chroniques de France, vol. 9, Paris, Librairie Ancienne Honoré Champion, 1927, p. 241.
  47. (en) Sharon Bennett Connolly, Heroines of the Medieval World, Amberley Publishing, (ISBN 9781445662657, lire en ligne).
  48. Jean Emmanuel Charles Nodier, La Seine et ses bords, p. 89.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]