Comté de Sancerre

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Le comté de Sancerre est composé de l'ancienne seigneurie de Sancerre et de terres environnantes qui s'y sont ajoutées, correspondant à une superficie plus grande que l'actuel canton de Sancerre.

La seigneurie de Sancerre (avant 1152)[modifier | modifier le code]

En 1014, la seigneurie se trouva en la possession d'Eudes II de Champagne, par échange avec son frère Roger, évêque de Beauvais, qui reçut la part d'Eudes dans le comté de Beauvais. Ses descendants, comtes de Blois et Champagne, furent aussi seigneur de Sancerre[1]. À la fin du XIe siècle, la seigneurie de Sancerre est l'un des trois grands fiefs du Berry, un important fleuron de la couronne des comtes de Champagne[2].

Le comté de Sancerre (1152-1791)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des comtes de Sancerre.

Maison de Sancerre (1152-1419)[modifier | modifier le code]

À la mort du comte Thibaut IV, comte de Champagne, la seigneurie de Sancerre est donnée à son troisième fils Étienne Ier; ce dernier restant le vassal de son frère aîné Henri II de Champagne. Étienne crée alors, sur les bases de sa nouvelle seigneurie, le comté de Sancerre. Thibaut IV, comte de Champagne, vendit au prix de 40 000 écus les hommages des comtés de Blois, de Chartres et de Sancerre au roi Saint Louis en 1226 ou 1234[3]. Le Sancerrois fit désormais partie du domaine royal[4].

Étienne Ier de Sancerre fortifie la cité de Sancerre, construit le château fort, bat monnaie, développe la culture de la vigne. Sancerre devient l'une des places fortes du France avec laquelle il faut dorénavant compter.

En 1386-1387, il fallut 2959 journées d'hommes en 175 jours de travail pour faire près de 50 arpents (soit environ 25,5 ha) de vigne. Durant le mois de mars 1388, samedi et dimanche exceptés, il y eut entre 30 et 66 travailleurs présents dans les vignes seigneuriales. Pour tailler et piocher le seul Grand Clos, on paya 370 journées de travail. L'année suivante (1387-1388), il fallut 2867 journées de travail en 141 jours afin d'entretenir l'ensemble des vignes comtales[5].

Maison d'Auvergne (1419-1436) et la Maison de Bueil (1451-1628)[modifier | modifier le code]

En 1419, le comté passa à la Maison d'Auvergne, Béraud III, dauphin d'Auvergne, hérite du comté à la mort de sa mère qui fut la dernière comtesse de la Maison de Sancerre, mais l'héritage est revendiqué par la Maison de Bueil qui, après un procès de 15 ans, l'obtint par arrêt du Parlement de Paris. Jean de Bueil, amiral et maréchal de France, surnommé "le fléau des Anglais", devient Jean IV de Sancerre. À partir de 1534, le religion réformée est prêchée à Sancerre et les Sancerrois se convertissent en masse au protestantisme; les guerres de religion commencent :le siège de Sancerre a lieu en 1573. Le comté est vendu à la Maison de Condé en 1640.

Maison de Condé (1628-1777)[modifier | modifier le code]

Henri II de Bourbon, prince de Condé, premier Pair de France, devient comte de Sancerre. Son fils Louis, dit le Grand Condé, lui succède en 1646. Le nombre des protestants diminue, nombre d'entre eux se convertissant au catholicisme, d'autres préférant l'émigration. Le comté de Sancerre reste aux mains de la famille de Bourbon-Condé jusqu'en 1777.

Maison d'Espagnac (1777-1786)[modifier | modifier le code]

Charles-Antoine-Léonard de Sahuguet, baron d'Espagnac, acquit le comté à la princesse de Conti pour 1,4 million de livres, et représenta la noblesse à l'Assemblée provinciale du Berry le 12 juillet 1778. Le comte d'Espagnac, compromis dans un scandale financier, vend le comté au roi de France Louis XVI.

Le roi Louis XVI à la tête du comté de Sancerre[modifier | modifier le code]

Le comté passa donc dans le domaine royal de 1785 à 1791. En effet, par contrat d'échange passé le 30 mars 1785, le baron d'Espagnac reçut de Louis XVI le marquisat d'Hatton-le-Châtel et d'autres domaines situés dans le Blaisois et en Lorraine ainsi qu'une soulte de 500 000 livres en échange du comté de Sancerre. Or, cet échange fut contesté et donna lieu à un rapport publié le 23 juillet 1791 par François-Firmin Fricot sous le titre Rapport du comité des domaines sur l'échange de Sancerre. L’Assemblée nationale décréta la révocation du contrat, concluant que l’échange, « monstrueux », est un véritable « délit national ».

L'ex-comté de Sancerre depuis 1791[modifier | modifier le code]

Le 14 floréal An III, l'ex-comté est vendu à Antoine Roy, par devant Me Charpentier (notaire à Paris). À la mort du comte Roy, en 1847, la terre de Sancerre passe dans le patrimoine de sa fille et de son gendre, le marquis Auguste de Talhouët. La terre de Sancerre devient par la suite la propriété de leur fille, Françoise, et de son mari, Armand de Crussol, duc d'Uzès.

La République française en fera un district du département du Cher et une sous-préfecture jusqu'en 1926.

Baronnies ayant été vassales du comté de Sancerre[modifier | modifier le code]

Autres seigneuries possédées par le comté de Sancerre[modifier | modifier le code]

Les seigneuries suivantes dépendaient de la justice foncière et du domaine de Sancerre.

Autres seigneuries ayant été vassales du comté de Sancerre[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Paroisses et villages dépendant du comté de Sancerre[modifier | modifier le code]

Officiers du comté de Sancerre[modifier | modifier le code]

  • Josias Bongrand, né avant 1629 et mort avant le 16 juin 1687, Sergent royal à Sancerre.
  • Claude Joseph Bossuat, notaire au Comté de Sancerre, né le 29 juillet 1714 à Bulcy et décédé le 28 février 1772 à Tracy.
  • Abel Dargent, né avant 1602, Greffier au grenier à sel de Sancerre [16].
  • Jean Dargent, né avant 1695, Sieur de la Gurgande, Procureur du Roy, Grenetier au grenier à sel.
  • Pierre Dargent, né le 28 mai 1670 et mort après 1718, Me chirurgien, Huissier et sergent royal.
  • Pierre Edmé Dargent, né le 21 avril 1707 et décédé le 26 novembre 1762 à Sancerre, Huissier & greffier royal à Sancerre.
  • Philippot Robert, conseiller du Roi, au grenier à sel de Sancerre.
  • Grené Josias, avocat à Sancerre.
  • Courtillat Généralité de Bourges, Simon, conseiller du Roi à Sancerre.
  • Perrinet Seigneurs de Vallières, le Pézeau, la Tour-de-Vesvre, Neuvy-Deux-Clochers, Reigny, etc ..., famille du Bourbonnais, dont un membre, avocat vint s'établir à Sancerre[17].
  • Armenault Jean, avocat à Sancerre.
  • De Bar, maître des Eaux et Forêts du Sancerrois[18].
  • Philippe Liénard, maître des Eaux-et-Forêts du comté de Sancerre en 1696[19].
  • Étienne Renouard, seigneur de Bussièrre, est maître des eaux et forêts du comté de Sancerre en 1743[20].
  • Jean-Charles Perrinet d’Orval est receveur du grenier à sel de Sancerre en 1743.
  • Cahu Michel, greffier au grenier à sel de Sancerre, fils de Jacques Cahu. Partie de dime en la par. de Saint-Loup : Issoudin, 1709. (r. 448, p. 203.)[21]

Monnayage[modifier | modifier le code]

L'origine monnayage sancerrois dérive du droit qu'avaient les comtes de Blois et de Champagne. Les premières monnaies du Comté de Sancerre ont été produites sous Étienne Ier de Sancerre qui fut le seul comte de Sancerre à signer ses monnaies[22]. Étienne frappa monnaie sous son propre nom : Stephanus Come. R Iulius Cesar. Le comte adopta pour type une tête couronnée qui était celle de Jules César, que Sancerre reconnaissait comme son fondateur. Derrière la pièce, on voyait une étoile en souvenir de la comète qui apparut à la mort du dictateur. La tête, d'abord de profil, puis de face, revint encore de profil mais couronnée. Étienne de Sancerre introduisit dans son comté l'imitation des types esterlins à la croix cantonnée de besants[23].

Les monnaies frappées entre 1190 et 1327 sont anonymes[24] et portent Sacrum Cesaris, Dominus Cesar.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nouveau manuel de numismatique du Moyen Âge et moderne, par J.-Adrien Blanchet, p.256
  2. Histoire des villes de France, avec une introduction générale pour chaque province, publié par Aristide Guilbert - 1845 - p198
  3. earlyBlazon.com
  4. Histoire des villes de France, avec une introduction générale pour chaque province, publié par Aristide Guilbert - 1845 - p199
  5. Vignerons des villes, vignerons des champs en Berry et Orléanais à la fin du Moyen Âge, François Michaud-Fréjaville, Bulletin du Centre Pierre Léon d'histoire économique et sociale, 3/4/1996
  6. Office de Tourisme "Cœur du Pays Fort"
  7. Office de Tourisme "Cœur du Pays Fort"
  8. Origine du Moyen Âge
  9. Cernoy-en-Berry
  10. En 1387, Louis de Sancerre possède la seigneurie de Charpignon à Sury-ès-Bois ainsi que les terres de Thou qui en dépendent.
  11. http://www.officedetourismepaysfort.com/thou.php.
  12. Patrimoine du Canton de Sancerre - Gardefort
  13. Patrimoine du Canton de Sancerre
  14. Argent : une ville à vivre
  15. Patrimoine du Canton de Sancerre
  16. Pages de données
  17. http://www.heralogic.eu/noms_p_e2.html
  18. http://www.berry-passion.com/chateau_de_buranlure_en_berry.htm.
  19. Héraldique 400000 bl. + 80915 dess., Rietstap, d'Hozier, Logiciels H_SUITE, H_THEQUE
  20. Microsoft Word - V7-repertoire.doc
  21. http://www.archive.org/stream/nomsfodauxouno01bt/nomsfodauxouno01bt_djvu.txt
  22. MONNAIES 8 - Mail Bid Sale - Vente sur Offres
  23. Nouveau manuel de numismatique du Moyen Âge et moderne, par J.-Adrien Blanchet, p.257
  24. http://ventesuroffres.free.fr/images/monnaies/vso/v08/v08_1118.jpg

Voir aussi[modifier | modifier le code]