Paternité

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La paternité est la reconnaissance sociale ou biologique du lien de parenté entre un père et un enfant.

Ce lien est célébré dans de nombreux pays par la fête des pères.

Découverte du rôle biologique de l'homme[modifier | modifier le code]

Dans la mythologie grecque[modifier | modifier le code]

Dans la mythologie grecque, c'est Crécops qui découvre le rôle biologique dans la paternité[1],[2].

La parentalité biologique n'est pas figée : les dieux, voire les hommes peuvent aussi bien être autochtones (nés de la terre, Gaïa), qu'être engendrés par un père seul, Zeus en étant l'archétype. Érichthonios, lui, est quelquefois présenté comme un pur autochtone, mais le plus souvent présenté comme ayant deux pères : le père biologique Héphaïstos et le père social Athena, la déesse vierge qui ne saurait être mère selon Jean-Baptiste Bonnard[3].

Père et mère biologiques vus par les présocratiques[modifier | modifier le code]

Plus tard, pour les philosophes présocratiques, le rôle de l'homme ans la paternité ne fait plus aucun doute. C'est au contraire le rôle de la mère qui donne lieu a débats. Les philosophes s'interrogent sur l'origine de la semence masculine, qui pourrait provenir du cerveau, ou de la moëlle épinière. Même s'il existe deux semences, mâle et femelle, que peuvent d'ailleurs produire l'homme, et pour certains la femme, le rôle biologique du père est vu comme prépondérant, en accord avec la vision du rôle de Zeus, père d'origine à la fois donateur de semence, gestateur et accouchant. Il faudra attendre Hypocrate pour qu'un rôle égal soit donné au père et à la mère dans l'apport de la semence[4].

Selon les anthropologues[modifier | modifier le code]

Selon Jacques Dupuis, qui s'appuie sur les travaux d'ethnologues et d'anthropologues tels que Margaret Mead, Mircea Eliade ou James George Frazer, le rôle de l'homme dans la paternité a probablement été découvert il y a 6 000 ou 7 000 ans[5].

Miscellanées sur le rôle du père en Occident à la fin du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Une présence active du père lors des différentes étapes du développement de l'enfant s'avère très importante pour la construction de l'identité sexuée de celui-ci et pour l'acquisition de son autonomie. « L'implication du père est nécessaire non seulement pour favoriser l'acquisition de la masculinité chez le garçon et de la féminité chez la fille, mais aussi pour conforter l'enfant dans ses réactions d'autonomie lorsque survient un conflit avec sa mère. »[6]

Désormais, l’homme doit faire sa place dans le couple auprès des enfants. Il ne peut plus compter sur un pouvoir conféré automatiquement : on ne naît plus père, on le devient. Et cela en lançant des défis à la société, à soi-même, à la mère, à l’enfant[7].

Les enfants ont besoin de leur père, qu’il soit vivant ou mort, présent ou absent[8], « compétent » ou non. « Ils se structurent dans la filiation à leurs deux parents », explique Florence N’Da-Konan, responsable « parentalité » à l'École des parents (EPE) d’Île-de-France.

« Un papa peut être déplorable mais il est important de lui faire sa place : mieux vaut s’adosser à un arbre tordu qu’au vide ! »

— Jacques Arènes, Y a-t-il encore un père à la maison ?, Fleurus, 1997[9]

L'absence de divers congés réellement paritaires autour de l’enfant et d'une campagne d’amélioration de la culture d’entreprise reste un frein à la place effective du père dans sa famille[10].

On peut clairement se demander pourquoi ce sont les mères qui seraient juges des compétences des pères quand personne n'a pensé à poser la même question aux pères à propos des mères. Cette auto-célébration des mères et leur placement sur un piédestal (« donner le droit de juger les pères quand les pères n'ont pas la réciproque sociale ») posent question: si hommes et femmes comme parents ne sont pas égaux, la position des pères est dans la pratique extrêmement fragilisée.

En France, selon un récent rapport de la DRESS (Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques)[11] :

  • 20 % des hommes sont prêts à s’arrêter de travailler pour se consacrer à leurs enfants trois ans ou plus ;
  • 10 % des femmes ne souhaitent pas s’arrêter plus de trois mois après la naissance de leur enfant.

Paternité tardive[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de limite d'âge pour être père, et plusieurs exemples connus en témoignent : Yves Montand a été père à 67 ans, Charlie Chaplin a eu son dernier enfant, Christopher, à 73 ans, Anthony Quinn a eu son treizième enfant à 81 ans, et le prix Nobel de littérature Saul Bellow a eu une fille à 84 ans[12]. Une étude sociologique a été réalisée à ce sujet par le CNRS en 2005[13].

Les médecins situent à 53 ans la limite de tentative de traitement pour les cas d'infertilité masculine[12].

Le père le plus âgé à avoir donné naissance à un enfant serait un indien de 96 ans, Ramjeet Raghav[14],[15].

Paternité en droit[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mark Golden, « Oedipal complexities », dans Sabine Hübner et David M. Ratzanlire, Growing Up Fatherless in Antiquity, Cambridge University Press, (ISBN 9780521490504, lire en ligne), p. 44-48
  2. Pierre Vidal-Naquet, Esclavage et gynécocratie dans la tradition, le mythe, l'utopie, CNRS, , 18 p.
  3. Bonnard 2019, p. 65..
  4. Bonnard 2019, p. 102 et s. ; 128.
  5. Dupuis 1987, p. 11.
  6. La nécessaire compréhension entre les sexes, Paul-Edmond Lalancette, p. 135-136, Québec, 2008.
  7. Être père aujourd’hui, un rôle qui n’est plus donné par la fonction, lien social, numéro 677, septembre 2003
  8. Jean-Paul Mialet, « Un monde sans pères », L'inactuelle,‎ (lire en ligne)
  9. « Laisser de la place au père : une "bonne mère "laisse pleinement le père prendre toute sa place »
  10. Rôle des pères, TNS-SOFRES/parents, novembre 2006
  11. 20 % des hommes prêts à s’arrêter plus de trois ans pour s’occuper des enfants selon un rapport de la DRESS
  12. a et b « La grande famille des pères tardifs », sur Le Point (consulté le 14 mai 2014)
  13. « Paternité tardive, une tendance sociale indéniable » (consulté le 14 mai 2014)
  14. (en) http://www.huffingtonpost.com/2012/10/17/96-year-old-dad-ramjeet-raghav-worlds-oldest-new-father_n_1974673.html
  15. (en) http://www.news.com.au/world/ramjeet-raghav-worlds-oldest-dad-at-96/story-fndir2ev-1226497740435

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Baptiste Bonnard, Le complexe de Zeus : Représentations de la paternité en Grèce ancienne : Histoire ancienne et médiévale, Éditions de la Sorbonne, , 254 p. (ISBN 979-10-351-0200-5, lire en ligne)
  • Diane Drory, Un père pour quoi faire ?, Soliflore, 2008, 204 p.
  • Jacques Dupuis, Au nom du père : Une histoire e la paternité, Éditions du Rocher, , 304 p. (ISBN 978-2-268-00511-9)
  • Georges Mauco, La Paternité, Paris, Éditions Universitaires, 1971.
  • Moussa et Simone Nabati, Le père, à quoi ça sert ? La valeur du triangle père-mère-enfant, Jouvence, 1990.
  • Moussa Nabati, Le fils et son père, éditions Les liens qui libèrent, 2009.
  • Philippe Veysset, Le Défi des pères séparés, Paris, L’Harmattan, 1997, 350 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]