Double standard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le double standard est une notion qui permet d'expliquer les différences d'appréciation des conduites en fonction de l'appartenance de leur auteur à une catégorie. Elle est couramment employée dans les études de genre ainsi qu'à propos du racisme, mais constitue un outil d'analyse applicable à une grande variété de situations.

Ce concept est illustré par le proverbe latin Quod licet Iovi, non licet bovi : ce qui est permis à Jupiter ne l'est pas aux vaches, par référence à la mésaventure d'Io. Il est aussi à rapprocher de l'expression deux poids et deux mesures, avec cette nuance qu'on peut faire deux poids et deux mesures entre deux personnes particulières pour des motifs personnels, tandis qu'un double standard signifie que n'importe qui au sein d'une culture donnée jugera différemment n'importe quels représentants des catégories concernées.

Historique[modifier | modifier le code]

L'emploi est attesté en anglais depuis les années 1950[1] et son opposé single standard depuis 1880 environ[2].

On peut cependant noter que, dès 1792, la femme de lettres anglaise Mary Wollstonecraft se réclamait d'un « standard moral unique et éternel » (one eternal standard) applicable aux hommes comme aux femmes, dans son livre fondateur, Défense des droits de la femme[N 1],[3].

La même idée, sinon les mêmes termes, avait également été présentée par Olympe de Gouges dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne dès septembre 1791, où elle soutenait que l'égalité des devoirs entrainait celle des droits, avec en particulier sa phrase fameuse :

« La Femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. »

— Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (art. X)

Plus récemment, le terme a été employé aux États-Unis comme synonyme de discrimination, par le U.S. Equal Employment Opportunity Commission[4]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Citation originale : Let it not be concluded that I wish to invert the order of things; I have already granted, that, from the constitution of their bodies, men seem to be designed by Providence to attain a greater degree of virtue. I speak collectively of the whole sex; but I see not the shadow of a reason to conclude that their virtues should differ in respect to their nature. In fact, how can they, if virtue has only one eternal standard? I must therefore, if I reason consequentially, as strenuously maintain that they have the same simple direction, as that there is a God.

Références[modifier | modifier le code]

  1. par le Dictionary.com Unabridged (v 1.1). Random House, Inc. Dictionary.com
  2. par The American Heritage® Dictionary of the English Language, quatrième édition. Houghton Mifflin Company, 2004. Dictionary.com
  3. Mary Wollstonecraft 1997, p. 135.
  4. Compliance Manuel Section : Race and color discrimination USEEO. «  "The investigation does not reveal a credible and persuasive nondiscriminatory explanation for what otherwise appears to be a racial double standard. Thus, it is likely that Monica’s discipline was racially motivated »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Mary Wollstonecraft, The Vindications: The Rights of Men and The Rights of Woman (Eds. D.L. Macdonald et Kathleen Scherf), Toronto, Broadview Literary Texts,‎ 1997 (ISBN 1-55111-088-1)

Liens externes[modifier | modifier le code]