Grotte de la Clamouse

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Le Couloir Blanc orné de cristaux d'aragonites.
« Fleurs » d'aragonite poussant directement sur de l'argile.
Le « cimetière » au plafond orné de multiples fistules.

La Grotte de la Clamouse est située à Saint-Jean-de-Fos, au pied de la Séranne (Causse de la Selle). Son accès est à quelques centaines de mètres en amont du Pont du Diable, sur la paroi ouest de la gorge de l'Hérault,

Elle fait partie de l'ensemble de 24 grottes à concrétions du sud de la France inscrite par l'UNESCO en 2000 sur la liste indicative du patrimoine mondial naturel, antichambre de la liste du patrimoine mondial[1],[2].


Géologie[modifier | modifier le code]

La grotte de la Clamouse possède l'un des réseaux souterrains les plus étendus du Sud du Massif central. Des colorations à la fluorescéine, réalisées par Henri Paloc, Louis Martin (SCM) et Daniel Caumont (CLPA), ont permis de mieux comprendre l'étendue du réseau, s'étendant à plus de dix-sept kilomètres de sa résurgence sur le causse du Larzac.

La grotte s'est lentement formée dans le karst dolomitique, grâce à l'action de l'eau, s'infiltrant dans les fractures de la roche, tout en usant chimiquement, par l'effet de corrosion, ces anfractuosités. Ainsi se sont formés plusieurs niveaux de galeries, correspondant à l'abaissement du lit de la rivière Hérault :

  • Un niveau supérieur, fossile, à vastes salles, abondamment décoré par de grands massifs de concrétions, notamment de fines et étincelantes cristallisations blanches de calcite et d'aragonite, qui lui ont assuré sa renommée internationale.
  • Un niveau intermédiaire, encore parfois inondé en période de crue. Il est constitué par un complexe de galeries creusées par corrosion dans la roche dolomitique et présentant des parois découpées en « dentelles de pierre ». Cet ensemble est appelé le « labyrinthe », zone dans laquelle se perdaient les premiers explorateurs.
  • Un niveau inférieur, noyé, dans lequel circule en permanence l'eau de la rivière souterraine active de la Clamouse, dont le niveau varie en fonction des précipitations.

Concrétions[modifier | modifier le code]

Outre les concrétions classiques (stalactites et stalagmites), la grotte de la Clamouse possède une exceptionnellement grande variété de formations cristallines :

  • les fistuleuses, dont les plus grandes atteignent quatre mètres ;
  • des draperies de très grandes tailles ;
  • des concrétions de gours, telles que les perles des cavernes, les cristaux de calcite (dents de cochons), ou encore les coupelles de calcite ;
  • on peut également observer un type de concrétions étonnant, les excentriques, qui se forment à partir d'un dépôt de calcaire qui se fait uniquement par évaporation. Ce dépôt est alors soumis à la manière dont l'eau s'étale avant de s'évaporer et aux lois de la croissance cristalline, ainsi qu'aux éventuels courants d'air favorisant l'évaporation et aux pressions capillaires pouvant diriger l'expulsion d'eau. La concrétion croît alors dans tous les sens de l'espace ;
  • les cristaux d'aragonite sont également un type de concrétionnement particulier. Formant de véritables fleurs de pierre, les aragonites résultent de conditions de concrétionnement particulières, également de la présence de magnésium dans la roche dolomitique de la grotte.

Ces spéléothèmes font l'objet des plus grands soins à Clamouse. Ainsi, Clamouse est engagée dans le tourisme raisonné et le respect de l'environnement, avec pour mission de concilier la présentation à un large public de ce patrimoine naturel fragile et sa préservation, en limitant au maximum les impacts des actions humaines sur l'environnement. C'est dans cette optique qu'un vaste chantier de remplacement du parc d'éclairage de la grotte par des matériaux LED s'est achevé début 2010. Clamouse est de ce fait la première grotte touristique en Europe intégralement équipée de LED. Cette technologie permet une baisse de la consommation d'énergie (consommation divisée par quarante-cinq). De même, ceci va engendrer une moindre émission de chaleur (nocive au concrétionnement) et limitera les conditions d'un processus de photosynthèse et par là-même le développement de micro-végétations.

Expériences scientifiques[modifier | modifier le code]

Michel Siffre a passé plus de deux mois dans la grotte de la Clamouse lors du passage à l'an 2000 pour sa troisième expérience « hors du temps ».

Photographies de la grotte[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. UICN – Union mondiale pour la nature, « Évaluation UICN des propositions d’inscription de sites naturels et mixtes sur la Liste du patrimoine mondial », sur whc.unesco.org,‎ (consulté le 23 février 2017).
  2. « Ensemble de grottes à concrétions du Sud de la France », sur whc.unesco.org (consulté le 23 février 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]