Areva NP

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Areva Nuclear Power
logo de Areva Nuclear Power
Création 1958
Dates clés 2006 : Areva NP
Personnages clés Jean-Claude Leny, Dominique Vignon
Forme juridique Société par actions simplifiée
Siège social La Défense (Courbevoie, France)
Direction Philippe Knoche
Activité Industrie nucléaire
Produits EPR, ATMEA-1, KERENA
Société mère Areva
Filiales CERCA, Cezus, Civad, Creusot Forge, Creusot Mécanique, CTE-NDT, Franco-Belge de Fabrication du Combustible (FBFC), Jeumont Système Pompe Mécanique (JSPM), Intercontrôle, SFAR, SFARSTEEL, SOMANU, ETC, Areva NP GmbH (Allemagne), Areva NP Inc. (USA), AREVA NP Services Spain S.L.U (Espagne), AREVA NP Uddcomb AB (Suède), AREVA NP Controls S.R.O. (Slovaquie), SOFINEL, ...
Effectif 6 739 (+29,25%)
Site web www.areva-np.com
Chiffre d’affaires 2 533 074 000 € (2013)
+ 15.60%
Résultat net -338 449 000 € (2013)
-23.77%[1]

Areva Nuclear Power (ou Areva NP), ex-Framatome (jusqu'au 1er mars 2006), est la filiale du groupe Areva spécialisée dans l'ingénierie des réacteurs des centrales nucléaires.

Framatome a équipé 25 centrales de production d'électricité avec 68 réacteurs nucléaires, dont 59 en France. En 2015, Areva NP construit 4 réacteurs de type EPR dans les centrales de Flamanville (France), Taishan (Chine) et Olkiluoto (Finlande).

Histoire[modifier | modifier le code]

De 1958 à 1999 : Framatome[modifier | modifier le code]

Calendrier de l'énergie nucléaire sur la période 1959 - 1985
Carte de France des centrales nucléaires en 1975

Le 1er décembre 1958, Framatome (Franco-Américaine de Constructions Atomiques) est créée par plusieurs sociétés des groupes Schneider, Merlin Gerin et Westinghouse Electric, avec pour principal objectif d'exploiter la licence Westinghouse dans le domaine des réacteurs à eau pressurisée[2].

L'accord de licence et d'assistance technique est signé en février 1959[2]. À cette époque, en France, EDF construit un premier réacteur nucléaire selon les plans de la filière dite Uranium naturel graphite gaz (UNGG) dans la Centrale nucléaire de Chinon.

De 1962 à 1967, Framatome travaille conjointement avec la Société d'énergie nucléaire franco-belge des Ardennes (SENA), la Société des ateliers de Charleroi et Westinghouse pour la fourniture du premier réacteur à eau pressurisée de la centrale nucléaire de Chooz[3].

En 1970, Framatome commence la construction d'un réacteur à la centrale de Tihange en Belgique, il est mis en service en 1975[4].

Jean-Claude Leny a été directeur général, puis PDG de Framatome de 1970 à 1996[5].

Le , l'entreprise Framatome est choisie comme seul constructeur des centrales nucléaires en France. Pendant 25 ans, elle équipe alors de 58 réacteurs à eau pressurisée les 19 centrales nucléaires de Fessenheim, Bugey, Tricastin, Dampierre, Gravelines, Saint-Laurent, Blayais, Chinon-B, Paluel, Cruas, Flamanville, Saint-Alban, Belleville, Cattenom, Nogent, Penly, Golfech, Chooz-B et enfin Civaux.

De 1975 à 1982 , Framatome participe à la construction des réacteurs belges Doel-3 et de Tihange-2 au sein de FRAMACECO, une association avec les Ateliers de constructions électriques de Charleroi (ACEC) et Cockerill.

En 1976 est créée la Société française d'ingénierie électronucléaire et d'assistance à l'exportation (SOFINEL), une filiale d'EDF et de Framatome fondée pour développer la centrale nucléaire de Koeberg (Afrique du Sud), puis dans les années 1980 la Centrale nucléaire de Uljin (Corée du Sud), ainsi que celles de Daya Bay et de Ling-Ao (Chine).

En 1992, Framatome est détenue à 42% par Alcatel-Alsthom, à 36% par le CEA, les deux autres actionnaires étant EDF et le Crédit Lyonnais[6].

En 1993, Schneider et Cie cède Jeumont-Schneider Industrie à Framatome[7].

En 1996, alors que la construction des derniers réacteurs nucléaires français s'achève (dans les centrales nucléaires de Chooz et de Civaux), Alcatel-Alsthom possède encore 44% de Framatome, mais l'État français contrôle le groupe via le Commissariat à l'énergie atomique (36%), EDF (11%), et le consortium de réalisation (CDR, chargé de vendre des actifs du Crédit lyonnais) qui détient 4%[8]. Dominique Vignon est nommé président de Framatome de 1996 jusqu'à la naissance d'Areva fin 2001.

De 1999 à 2006 : Framatome ANP[modifier | modifier le code]

En 1999, les activités nucléaires de Framatome et de Siemens fusionnent dans une nouvelle société appelée Framatome ANP (ANP pour Advanced Nuclear Power), étant détenu à 66% par Framatome et à 34% par Siemens.

En juillet 1999, l'État français augmente sa participation à Framatome, via différents « acteurs publics », dont EDF, de 51% à près de 80 % du capital. La Cogema (Compagnie générale des matières atomiques) devient alors l'actionnaire industriel principal de Framatome[9].

En 2001, la filiale du commissariat à l'énergie atomique CEA Industrie fusionne avec Framatome et la Cogema pour former un nouveau groupe dénommé Topco, puis renommé Areva.

En décembre 2003, le producteur finlandais d'électricité Teollisuuden Voima Oyj (TVO) signe un accord avec AREVA NP et Siemens pour la construction du réacteur n°3 de la centrale nucléaire d'Olkiluoto en Finlande.

De 2006 à 2015 : Areva NP[modifier | modifier le code]

À la fin du premier semestre de l'année 2006, Framatome est rebaptisée Areva NP, pour Nuclear Power. La société est alors spécialisée dans les chaudières nucléaires et les services aux réacteurs[10].

En avril 2007, Areva NP signe le contrat du réacteur pressurisé européen (EPR) de Flamanville 3. Quelques jours plus tard, le chantier est bloqué par Greenpeace .

Au début de l'année 2009, Siemens annonce son retrait du capital d'AREVA NP en raison du mouvement pour la sortie du nucléaire en Allemagne[11].

A la mi-mars de l'année 2011, Siemens rétrocède les 34 % du capital d'Areva NP pour la somme de 1,62 milliard[12]. Areva NP est alors détenue à 100% par Areva.

En avril 2015, l'Autorité de sûreté nucléaire révèle que les cuves de trois réacteurs EPR , forgées par Areva NP, présentent de sérieuses faiblesses pouvant entrainer l'interdiction de leur utilisation, ce qui serait catastrophique sur le plan industriel et financier. En effet, les cuves sont déjà installées dans les réacteurs en construction et leur retrait exigerait de détruire en partie les réacteurs. Il faudrait aussi fabriquer de nouvelles cuves. Les cuves concernées sont celles de l'EPR de Flamanville et des deux EPR chinois de Taishan: la seule cuve correctement réalisée, celle de l'EPR finlandais d'Olkiluoto, a été sous-traitée par Areva au japonais Mitsubishi. De nouvelles études sont lancées afin de déterminer la gravité exacte des malfaçons et de pouvoir trancher sur l'utilisation ou non des cuves[13].

Projet de rachat par EDF[modifier | modifier le code]

En mai 2015, EDF fait une proposition pour racheter Areva NP de 280 à 300 millions d'euros alors qu'Areva demande un milliard[14]. D'autres sources annoncent le chiffre de 3 milliards d'euros[15]. Le 22 mai, EDF annonce une offre supérieure à 2 milliards d’euros sur les réacteurs d’Areva[16].

Le 30 juillet 2015, Areva et EDF ont annoncé être parvenus à un pré-accord[17] (offre non-engageante) pour une prise de participation d'EDF dans Areva NP valorisée à 2,7 milliards d'euros (valorisation qui pourra encore faire l'objet d'un ajustement) entre 51 et 75% pour un montant de 2 milliards d'euros. L'accord définitif qui doit être finalisé au cours de l'année 2016 prévoit qu'Areva conservera une participation minoritaire comprise entre 15 et 25%. L'entrée d'autres actionnaires minoritaires, notamment chinois, est également évoquée. Bernard Fontana, ancien dirigeant du cimentier suisse Holcim, a été choisi conjointement par EDF, Areva et le gouvernement pour devenir le président d’Areva NP[18],[19].

Shunichi Miyanaga, le PDG de Mitsubishi Heavy Industries (MHI), se déclare, le 24 novembre 2015, prêt à acquérir une très large part du capital d'Areva NP, afin de soutenir le développement du réacteur Atmea1 au sein de la coentreprise Atmea ; plusieurs projets de vente de ce réacteur sont en cours : en Turquie, études de faisabilité pour une centrale de quatre réacteurs, et projets moins avancés au Vietnam et en Jordanie[20].

A fin octobre 2016, le rachat d'AREVA NP par EDF n'est toujours pas finalisé en raison d'un contentieux persistant entre AREVA NP et TVO concernant la construction d'une centrale à Olkiluoto (Finlande) [21]. En effet, EDF refuse d'inclure dans le rachat d'AREVA NP la responsabilité de ce contrat de construction pouvant donner lieu à de nombreux litiges pour plusieurs milliards d'euros. En conséquence, le montage a été revu : AREVA NP va céder l'ensemble de ses actifs, à l'exclusion des contrats litigieux, à une nouvelle société crée pour l'occasion : "New AREVA NP". C'est cette dernière société qui sera vendue à EDF.[22]

Activités[modifier | modifier le code]

Areva NP est spécialisée dans :

  • la conception, la réalisation et l'amélioration des réacteurs nucléaires.
  • les équipements et les gros composants pour des nouveaux réacteurs nucléaires, ou des remplacements pour les anciens réacteurs (générateurs de vapeur, ...).
  • la conception et la fabrication des assemblages de combustible pour les réacteurs nucléaires à eau pressurisée ou les réacteurs à eau bouillante, qu'ils soient construits par Areva NP ou un concurrent.
  • les services aux exploitants de centrales nucléaires, notamment pour la maintenance des réacteurs lors des arrêts de tranche.

Produits[modifier | modifier le code]

Réacteurs en service[modifier | modifier le code]

Réacteurs en construction[modifier | modifier le code]

Areva NP construit actuellement 4 réacteurs pour le marché de la production d'électricité en France, Finlande et en Chine, il s'agit de réacteurs de type EPR, un réacteur à eau pressurisée d'une puissance d'environ 1650 MW :

En avril 2015, l'Autorité de sûreté nucléaire révèle que les cuves de trois réacteurs EPR, forgées par Areva, présentent de sérieuses faiblesses pouvant entrainer l'interdiction de leur utilisation, ce qui serait catastrophique sur le plan industriel et financier. En effet, les cuves sont déjà installées dans les réacteurs en construction et leur retrait exigerait de détruire en partie les réacteurs. Il faudrait aussi fabriquer de nouvelles cuves. Les cuves concernées sont celles de l'EPR de Flamanville et des deux EPR chinois : la seule cuve correctement réalisée, celle de l'EPR finlandais, a été sous-traitée par Areva au japonais Mitsubishi. De nouvelles études sont lancées afin de déterminer la gravité exacte des malfaçons et de pouvoir trancher sur l'utilisation ou non des cuves[13].

Areva NP construit aussi la pile pour labo et les boucles d'essai du réacteur Jules Horowitz au centre de Cadarache.

Réacteurs en développement[modifier | modifier le code]

Areva NP développe deux nouveaux réacteurs de plus petite dimension, aussi destinés au marché de la production d'électricité :

Projets de recherche[modifier | modifier le code]

Areva NP mène ou participe à plusieurs projets de recherche dans le domaine du nucléaire civil :

Subdivisions et implantations[modifier | modifier le code]

Areva NP est présent dans trois États, qui correspondent aux sociétés historiques :

Areva NP est aussi implantée à Romans-sur-Isère, sur le site nucléaire du Tricastin (Pierrelatte) et à Dessel en Belgique via sa filiale FBFC, en Espagne (AREVA NP Services Spain S.L.U), en Suède (AREVA NP Uddcomb AB) et en Slovaquie (AREVA NP Controls S.R.O.).

Direction de l'entreprise[modifier | modifier le code]

  • Philippe Knoche, PDG d'AREVA NP
  • Ulrich Graber, Directeur AREVA NP GmbH (Allemagne) jusqu'en 2011, démissionnaire[23]
  • Michael Rencheck, remplacé en 2014 par Gary Mignona à la direction d'AREVA NP Inc (USA) [24]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.bilansgratuits.fr/entreprise/fiche/42876450000164.htm
  2. a et b Physique, fonctionnement et sûreté des REP: Le réacteur en production Par Hubert Grard, EDP Sciences - 318 pages
  3. Michel Hug, Un siècle d'énergie nucléaire, Paris, Editions Le Manuscrit, coll. « Grandes aventures technologiques françaises », (ISBN 9782304030587, lire en ligne), page 12
  4. Guide international de l'énergie nucléaire, Paris, Editions TECHNIP, , 404 p. (ISBN 9782710805328, lire en ligne), page 197
  5. « Entretien avec Jean-Claude Leny : «L’Etat ? Une bande de petits messieurs qui viennent empoisonner le monde...» », sur http://www.lopinion.fr/,‎ (consulté le 18 août 2015)
  6. « L'intouchable coffre-fort de Framatome », sur http://www.lesechos.fr/,‎ (consulté le 19 mai 2015)
  7. « Schneider cède Jeumont-Schneider Industrie à Framatome », sur http://www.lesechos.fr/,‎ (consulté le 19 mai 2015)
  8. « Framatome, le plombier nucléaire, veut se recycler - L'Etat ne sait toujours pas quoi faire du chaudiériste. », sur http://www.liberation.fr,‎ (consulté le 19 mai 2015)
  9. « Cogema devient l'actionnaire industriel de référence de Framatome », sur http://www.lesechos.fr/,‎ (consulté le 19 mai 2015)
  10. « Areva rebaptise ses filiales Framatome et Cogema », sur http://lexpansion.lexpress.fr/,‎ (consulté le 19 mai 2015)
  11. « Siemens va renoncer au nucléaire en cédant sa part dans Areva NP », sur http://www.leparisien.fr/,‎ (consulté le 19 mai 2015)
  12. « Siemens condamné à verser 648 ME à Areva », sur http://www.boursier.com/,‎ (consulté le 19 mai 2015)
  13. a et b « Areva connaissait de longue date les anomalies de l’EPR de Flamanville », sur http://www.lemonde.fr/,‎ (consulté le 18 août 2015)
  14. « Le rapprochement entre EDF et Areva bute sur le prix », sur http://www.bfmtv.com/,‎ (consulté le 19 mai 2015)
  15. « EDF assure qu'il n'y a pas de problème à l'EPR de Flamanville », sur http://www.europe1.fr/,‎ (consulté le 19 mai 2015)
  16. « Nucléaire  : EDF fait une offre à plus de 2 milliards d’euros sur les réacteurs d’Areva », sur http://www.lesechos.fr/,‎ (consulté le 29 juillet 2015)
  17. « Areva et EDF sont parvenus à un compromis pour sauver l'ex-fleuron du nucléaire », sur http://www.lesnewseco.fr/,‎ (consulté le 1er octobre 2015)
  18. EDF va prendre le contrôle des réacteurs nucléaires d’Areva, Le Monde, le 30 juillet 2015, consulté le 31 juillet 2015
  19. Areva et EDF mettent un terme à 9 mois de galères, L'OBS, le 30 juillet 2015, consulté le 31 juillet 2015
  20. Nucléaire : Mitsubishi « prêt à acquérir une large part d’Areva NP », Les Échos, 24 novembre 2015.
  21. « Conflit sur l'EPR finlandais: les négociations TVO-Areva rompues », 20minutes.fr,‎ (lire en ligne)
  22. « Mise à jour du partenariat stratégique entre EDF et AREVA », EDF France,‎ (lire en ligne)
  23. « Démission subite du patron d'Areva en Allemagne », sur http://www.lemonde.fr/,‎ (consulté le 19 mai 2015)
  24. (en) « Areva’s North America CEO leaves for job with French parent », sur http://www.bizjournals.com/,‎ (consulté le 19 mai 2015)

Lien externe[modifier | modifier le code]