Sébastien de Montessus

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Sébastien de Montessus
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Biographie
Naissance
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Nationalité
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Sébastien Bernard de Montessus de Ballore-Augier de Crémiers, dit Sébastien de Montessus, né le 2 décembre 1974[1], est un homme d'affaires français, actuel président-directeur général de la société minière La Mancha.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Sébastien de Montessus est issu d'une famille noble qui possédait autrefois le comté de Rully, et les châteaux de Montessus et de Ballore situés dans le Charolais. Son père, Robert de Montessus de Ballore, ingénieur chez Framatome, était coopérant au Niger, où Sébastien a passé les premiers mois de sa vie. Après deux ans à Niamey, la famille de Sébastien s'installe au Cap en Afrique du Sud, où Robert, participe à la construction de la centrale nucléaire de Koeberg. Robert meurt dans un accident de voiture près de Windhoek alors que Sébastien a huit ans[2].

Lycéen à l'école Saint-Martin-de-France de 1992 à 1995, il fait mathématiques supérieures au lycée Janson-de-Sailly[2] avant d'intégrer ESCP Europe dont il sort diplômé en 1999. Il a présidé le club de voile de l'école.[3],[2]

Dès 1999, il commence sa carrière comme banquier d'affaires spécialisé en fusion-acquisition chez Morgan Stanley à Londres[4].

Il se marie en 1999 à Marguerite de Ritter de Zahony ; ils ont quatre enfants : Melchior, Alexis, Apolline et Fleur[5].

2000 - 2002 : Ofye[modifier | modifier le code]

En janvier 2000, il crée avec Frédéric de Brem et Valéry Grégo la société Ofye qui signifie « Only For your eyes »[6]. En mars 2001, cette société spécialisée dans les activités liées à l'accès mobile à Internet a annoncé avoir levé 17 millions de francs auprès de plusieurs business angels[7]. En octobre 2001, la société réalise une seconde levée de fonds de 13 millions de francs[8]. En 2002, la société fait l'objet d'un dépôt de bilan à la suite de l'éclatement de la bulle Internet[2].

2002 - 2012 : Areva[modifier | modifier le code]

Embauché par Anne Lauvergeon, Sébastien de Montessus rejoint la direction de la stratégie d'Areva en 2002 puis est chargé de la stratégie et du marketing au sein du comité de direction du pôle Areva Transmission et Distribution du groupe deux ans plus tard[4].

En juillet 2007, à la suite de l'achat de la filiale Uramin, il est nommé directeur des activités minières du groupe Areva (Business Unit Mines)[9],[10]. Selon lui, Uramin réduisait la dépendance d'Areva aux gisements du Niger et du Kazakhstan, deux pays aux risques politiques significatifs[11].

En 2008, lors du 33e congrès annuel de l'Association nucléaire mondiale, il est invité pour une conférence portant sur la question « Comment sécuriser le commerce de l'uranium dans un marché en pleine expansion ? »[12]

Le 20 juillet 2009, il reçoit le prix de l’Alumni of the Year de l’association des diplômés et étudiants de l'ESCP lors d’un évènement organisé à la chambre de commerce et d'industrie de région Paris - Ile-de-France[13].

En 2010, il est promu directeur des activités d'extraction et d'enrichissement de l'uranium (Business Group Mines). Il dirige donc également les activités d'Areva liées à l'exploration de nouveaux gisements et le suivi radiologique des mines d'uranium abandonnées. Il est alors à la tête d'une division de 50 000 salariés[14]. Selon Médiapart, il négocie alors l’achat du voilier de luxe sud-africain "Cape Arrow" à 7,5 millions d'euros[15].

L'affaire UraMin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Uramin.

Sébastien de Montessus serait à l'origine de l'espionnage en 2011 de l'ex-PDG d'Areva, Anne Lauvergeon, et de son mari Olivier Fric, dans le but de vérifier si ce dernier aurait pu bénéficier de manière illégitime du rachat d’UraMin par Areva[16]. Trois ONG, Greenpeace, Transparency International et Worldwatch, ont à leur tour accusé Areva d'espionnage[17].

En juillet 2011, il est nommé au directoire d'Areva[4]. En mars 2012, il démissionne et il est remplacé à la tête de l'activité Business Group Mines par Olivier Wantz, lui aussi membre du directoire du groupe [18]. Il a affirmé dans un message à ses collaborateurs vouloir « continuer de faire vivre ailleurs (sa) passion pour l'industrie et pour la mine »[19].

Dans l'affaire de l'espionnage présumé chez Areva, Sébastien de Montessus est jugé le 1er octobre 2013 devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, en même temps que l'enquêteur suisse Mario Brero[20].

Le 29 mars 2018, il est mis en examen pour « corruption d’agent public étranger », « corruption privée » et « abus de confiance »[21].

Mandats sociaux en 2011[modifier | modifier le code]

Au 11 mai 2011, Sébastien de Montessus exerce de nombreuses fonctions et mandats sociaux au sein d'Areva et de ses nombreuses filiales[22] :

2012 à nos jours : La Mancha[modifier | modifier le code]

PDG de La Mancha, compagnie d'exploitation et d'exploration aurifère canadienne ayant son siège social aux Îles Vierges[24] rachetée en 2012 par le milliardaire égyptien Naguib Sawiris, Sébastien de Montessus souhaite exploiter les gisements aurifères du Limousin, puis abandonne en raison d'une résistance très forte des populations locales[25].

Affaires[modifier | modifier le code]

En septembre 2018, le média l’Obs publie des révélations sur un réseau international de fraude fiscale et de blanchiment ("Dubaï papers"[26]) dans lequel apparaît le nom de Sébastien de Montessus[27].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur verif.com.
  2. a b c et d Les Echos, 2 mars 2012 : « Affaire Areva : l'énigme Sébastien de Montessus ».
  3. Association des Auditeurs et Consultants Africains - 4/06/2009 : Intervention de Sebastien de Montessus sur « Les énergies renouvelables en Afrique ».
  4. a b et c Communiqué d'Areva - 30 juin 2011 : Nomination du directoire d’Areva.
  5. Site de Alan Freer, membre de la Société des généalogistes de Londres : Les descendants de Guillaume le Conquérant.
  6. Le Figaro économie, 07 mai 2001 : "Start-up : Ofye veut doper le téléphone sur Internet"
  7. Transfert.net - 30/03/2001 : Ofye lève 17 millions sur un marché ”terrifiant”.
  8. Qualisteam - 29/10/2001 : OFYE bouble un second tour de table de 13 MF
  9. Brève d'Areva - 9 juillet 2007 : Nomination de Sébastien de Montessus.
  10. Boursier.com - 6 août 2007 : Areva : les têtes changent chez UraMin.
  11. Challenges - 5/10/2011 : Comment UraMin est devenu le cauchemar d'Areva.
  12. Congrès 2008 de la World Nuclear Association.
  13. Communiqué de Presse de ESCP Europe, 20/07/2009
  14. « Anne Lauvergeon, coupable idéale dans l'affaire Areva ? », sur http://www.leparisien.fr/, (consulté le 17 avril 2016).
  15. « Uramin et le mystère du yacht sud-africain », sur http://www.mediapart.fr/, (consulté le 11 février 2016).
  16. Paris Match - 22/12/2011 : Un dirigeant d'Areva à l'origine de l'espionnage d'Anne Lauvergeon.
  17. Journal du Dimanche - 31/12/2011 : Areva a voulu espionner Greenpeace.
  18. France-Info - 9/03/2012 : Affaire Uranim: démission du patron des activités minières d'Areva
  19. Le Parisien, 9 mars 2012 : « Démission d'un haut dirigeant d'Areva au cœur de l'affaire Uramin ».
  20. Voir sur lemonde.fr.
  21. « Rachat d’Uramin : l’ex-directeur des mines d’Areva mis en examen pour « corruption » », sur Le Monde.fr (consulté le 8 avril 2018)
  22. Eramet - 11 mai 2011 : Tableau des mandats des administrateurs
  23. Voir sur lamancha.ca.
  24. Voir sur ragemag.fr.
  25. http://www.lepopulaire.fr/limousin/actualite/departement/creuse/2016/04/01/mine-d-or-la-societe-cominor-a-laisse-expirer-son-autorisation-de-sondages-profonds_11852213.html
  26. « "Dubaï Papers" : révélations sur un réseau international de fraude fiscale et de blanchiment », L'Obs, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  27. « "Dubaï Papers" : les millions du "baron noir" d’Areva et ses opérations financières opaques », L'Obs, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)