Centrale nucléaire de Tihange

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Centrale nucléaire de Tihange
Image dans Infobox.
Tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Tihange vues depuis la Meuse
Administration
Pays
Région
Province
Commune
Coordonnées
Opérateur
Construction
1969
Mise en service
1975-1985
Réacteurs
Fournisseurs
Framatome Tihange 3 a été fourni par Westinghouse
Type
Réacteurs actifs
1 × 962 MWe,
1 × 1 008 MWe,
1 × 1 038 MWe,
Puissance nominale
3 008 MWe
Production d’électricité
Production annuelle
18 TWh (2014)
Production totale
719,6 TWh (2014)[1]

Source froide
Site web

La centrale nucléaire de Tihange est une centrale nucléaire située à Tihange en Belgique sur le cours de la Meuse.

Caractéristiques et situation[modifier | modifier le code]

Elle a été construite dans les années 1970 sur un site de 75 hectares[2] sur les berges de la Meuse, à 30 km au sud-ouest de Liège, 34 km à l'est de Namur, 68 km à l'est de Charleroi et 80 km au sud-est de Bruxelles.

Elle est constituée de trois réacteurs à eau pressurisée de conception américaine Westinghouse, dotés chacun d'un circuit primaire (fermé) pour refroidir le cœur du réacteur, d'un circuit secondaire (fermé) qui alimente en vapeur un groupe turbo-alternateur (deux pour Tihange 1), et d'un circuit tertiaire (ouvert) alimenté par l'eau de la Meuse et équipé d'une tour aéroréfrigérante.

Les groupes turbo-alternateurs sont constitués d’une turbine et d'une génératrice électrique d'environ 1 000 mégawatts (2 × 500 mégawatts, 1N et 1S[3], pour Tihange 1).

Les puissances électriques (nettes) délivrées par les réacteurs, leurs dates de mises en service, et les dates décidées pour leurs fermetures sont :

  • Tihange 1 : 962 MWe, mis en service en 1975, arrêt décidé pour 2015, mais prolongé jusque 2025 par le gouvernement[4]
  • Tihange 2 : 1 008 MWe, mis en service en 1983, arrêt décidé pour 2023
  • Tihange 3 : 1 038 MWe, mis en service en 1985, arrêt décidé pour 2035

La centrale nucléaire emploie actuellement près de 1 130 personnes et de nombreuses entreprises sous-traitantes. Elle est exploitée par Electrabel, filiale du groupe français Engie. Le producteur d’électricité EDF détient une participation de 50 % dans l’unité Tihange 1.

La centrale est entourée de 20 balises de détection IMR du réseau Telerad[5].

La centrale de Coo-Trois-Ponts (pompage-turbinage) permet d'adapter la production constante des réacteurs à la demande fluctuante du réseau en permettant de stocker jusqu'à 5 GWh (1 GW durant 5h). Lorsque la demande sur le réseau électrique est inférieure à la production, l'électricité excédentaire est utilisée dans la centrale de Coo en pompage, c'est-à-dire que l'eau est pompée depuis le bassin inférieur vers le bassin supérieur, voir pompage-turbinage.

Historique[modifier | modifier le code]

La construction de la centrale a débuté en 1969. Le site fut choisi, malgré la proximité de la faille du midi, sur base de nombreuses études portant notamment sur la qualité du sol et du sous-sol, et sur la proximité de la Meuse.

Le combustible nucléaire usé dans les réacteurs de Tihange a été soit entreposé sur le site de la centrale, soit envoyé à l'usine de retraitement de La Hague en France[6].

Incidents nucléaires[modifier | modifier le code]

Les évènements sont classés selon l'échelle INES. Cette échelle compte huit niveaux de gravité notés de 0 (écart) à 7 (accident majeur). Les événements de niveau 0 (écarts) ne sont pas systématiquement rendus publics. Il n'y a pas eu d'événements de niveau supérieur à 2 à Tihange.

Année Anomalie (niveau 1) Incident (niveau 2)
1996 non connu 1[7]
2002 non connu 1[8]
2005 non connu 1[8]
2006 non connu 1[7]
2007[9] 6 0
2008[10] 2 0
2009[11] 5 0
2010[12] 6 0
2011[13] 2 0
2013[14] 5 0
2014 1 0
2015 7 0
2018 6 0

Opposition[modifier | modifier le code]

Le 25 octobre 2006, une trentaine de militants de Greenpeace investissent le site de la centrale nucléaire pour dénoncer le vieillissement des réacteurs nucléaires belges et les problèmes de sécurité qui en découlent[15].

Le 17 septembre 2011, environ 2 000 personnes de Belgique, des Pays-Bas et d'Allemagne manifestent devant la centrale nucléaire de Tihange et exigent la fermeture de la centrale, à l'initiative de l'alliance transfrontalière Stop Tihange[16],[17].

Le 25 juin 2017, une chaîne humaine rassemble 50 000 personnes sur 90 km entre Tihange et Aix-la-Chapelle, en passant par Liège et Maastricht, pour demander la fermeture des réacteurs nucléaires Tihange 2 et Doel 3, dont les cuves présenteraient des milliers de fissures[18].

Arrêt de Tihange 2 (défauts sur la cuve)[modifier | modifier le code]

En septembre 2012, des micro bulles d'hydrogène dans l'acier (parfois incorrectement référencé par la presse et certaines personnalités politiques comme des micro-fissure) sont découvertes sur la cuve du réacteur 2 de la centrale de Tihange[19]. En mars 2014, ce réacteur est mis à l'arrêt. En février 2015, de nouvelles analyses conduites par Electrabel révèlent encore plus de ces micro-bulles que lors des mesures de 2012[20]. La centrale est finalement remise en service fin 2015 après le feu vert de l’AFCN[21], ce qui provoque de nombreuses réactions hostiles compte tenu du vieillissement de l'installation et de sa position frontalière ; ainsi, le conseil de la région urbaine d'Aix-la-Chapelle décide de se pourvoir en justice contre cette réouverture partielle[22]. Au total, 90 communes frontalières de Belgique, d'Allemagne et des Pays-Bas se joignent au mouvement[23].

Prolongation de Tihange 3[modifier | modifier le code]

Doel 3 et 4 devaient être mis à l’arrêt définitif respectivement en 2022 et en 2025. Après l'invasion russe en Ukraine, le gouvernement belge - en prévision d'une réduction de la dépendance fossile belge de la Russie - a décidé la prolongation de l'exploitation des réacteurs 3 de Tihange et 4 de Doel pour dix années[24],[25], soit une prolongation de la capacité nucléaire de 2 GW. Les autres unités de ces deux centrales seront arrêtées en 2025.

Littérature[modifier | modifier le code]

Dans son roman Wolke sechs[26], l'auteur allemand Roland Siegloff développe le scénario d'une catastrophe nucléaire à la centrale de Tihange.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.iaea.org/pris
  2. « chiffres clés », sur Electrabel.com
  3. http://transparency.engie.com/UMMDetail.aspx
  4. « Electrabel menace de fermer Tihange dès 2015. Du bluff, selon M. Wathelet », sur rtbf.be (consulté le )
  5. http://www.telerad.fgov.be/
  6. http://www.nirond.be/francais/7.3_Verwerking_fr.html
  7. a et b http://www.greenpeace.org/belgium/fr/presse/communiques-presse/action-tihange-okt06
  8. a et b http://www.climatesceptics.org/location/europe/belgium/tihange
  9. AFCN, rapport annuel 2007, page 14
  10. AFCN, rapport annuel 2008, page 17
  11. AFCN, rapport annuel 2009, pages 14-16
  12. AFCN, rapport annuel 2010, pages 22-25
  13. AFCN, rapport annuel 2011, pages 54-55
  14. AFCN, « Rapport annuel 2013 » [PDF]
  15. http://www.greenpeace.org/raw/content/belgium/fr/press/reports/veillissement-nucleaire2.pdf
  16. « Stop Tihange », sur Stop Tihange (consulté le ).
  17. « Tihange : 2.000 manifestants pour la fermeture des centrales nucléaires », sur RTL Info (consulté le ).
  18. Lavenir.net, « La chaîne humaine «Stop Tihange» a rassemblé 50 000 personnes sur 90 km », L'Avenir,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  19. « Indications de défauts dans les cuves des réacteurs de Doel 3 et Tihange 2 | AFCN - Agence Fédérale de Controle Nucléaire », sur afcn.fgov.be (consulté le )
  20. « Nucléaire belge : découverte de nouvelles fissures sur les cuves de Thiange 2 et Doel 3 », sur http://www.actu-environnement.com/, (consulté le )
  21. Indications de défauts dans les cuves des réacteurs de Doel 3 et Tihange 2, afcn, consulté le 4 avril 2022
  22. « Aix-la-Chapelle en justice contre la remise en fonction de Tihange 2 », sur sudinfo.be, (consulté le )
  23. L'essentiel, « Une action judiciaire contre le site de Tihange », L'essentiel,‎ (lire en ligne, consulté le )
  24. ANS Nuclear Newswire
  25. « Nucléaire: accord pour la prolongation de deux réacteurs », sur Le Soir, (consulté le )
  26. (de) « AKW-Unfall in Tihange – eine Romanbesprechung », sur BRF Nachrichten (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]