Emmanuel Frémiet

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Emmanuel Frémiet
Image dans Infobox.
Emmanuel Frémiet photographié par Nadar.
Naissance
Décès
(à 85 ans)
Paris
Sépulture
Nationalité
Activité
Maître
Lieu de travail
Enfant
Marie Fauré (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Sophie Rude (tante)
François Rude (oncle)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction
Œuvres principales

Emmanuel Frémiet[note 1] sculpteur français né à Montrouge le [1] et mort à Paris le .

Ses plus fameuses œuvres sont le Gorille enlevant une femme (1887) aujourd'hui à Nantes, le St-Michel terrassant le dragon (1897) du Mont-St-Michel, la Jeanne d'Arc (1874) de Paris, le Monument à Ferdinand de Lesseps (1899) de Port-Saïd aujourd'hui à Port-Fouad, le Du Guesclin (1902) de Dinan, l'éléphanteau pris au piège (1878) aujourd'hui devant le musée d'Orsay et ses nombreux sujets animaliers. Parallèlement à ses œuvres monumentales commandées par l'État, il était reconnu comme un excellent sculpteur animalier réaliste. Emmanuel Frémiet se consacra particulièrement aux statues équestres. Neveu du sculpteur Rude, il fut le beau-père du musicien Gabriel Fauré.

Biographie[modifier | modifier le code]

Par sa tante, l'artiste peintre Sophie Rude, née Frémiet, il était le neveu et l'élève du sculpteur François Rude, dont Louis Frémiet, père de Sophie, fut le soutien. Fils d'une surveillante à l'hôpital de la Pitié, il était également le neveu du préfet de Paris Nicolas Frochot. Sa fille épousa le compositeur Gabriel Fauré[2].

Sa tante Sophie Rude l'initia au dessin vers 1837. Comme plusieurs artistes d'origine modeste (Carpeaux, Dalou, Rodin...), il suivit à partir de 1848 l'enseignement gratuit de l'école de dessin de la rue de l'Ecole de médecine à Paris, devenue peu après l'Ecole spéciale de dessin et de mathématique appliqués aux arts industriels. Il y obtint en 1849 le deuxième prix de dessin d'animaux. Virtuose, il ne suivi pourtant pas l'enseignement dispensé à l'Ecole des Beaux-Arts et ne se présenta jamais au prix de Rome.

Il débuta en 1840 comme lithographe scientifique (ostéologie) et travailla dans l'atelier des peintres de la morgue, effectuant des moulages d'anatomie comparée à la demande de naturalistes et de médecins.

En 1843, il envoya au Salon une étude de gazelle, prélude à une production prolifique d'animaux d'un réalisme minutieux, dans des attitudes simples mais remarquables . Son Ours blessé et son Chien blessé furent acquis par l'État pour le musée du Luxembourg à Paris en 1850.

A l'accession au pouvoir du prince-président Louis-Napoléon Bonaparte en 1848, Frémiet s'attela à des œuvres révérencieuses, à commencer par les bassets du prince, Ravageot et Ravageole (1848) qu'il exposa au Salon de 1853, ce qui lui ouvrit la porte des commandes officielles. Cette année là, il reçut commande d'une série de statuettes à sujet militaire pour l'empereur Napoléon III, exécutées avec minutie de 1855 à 1859. Il réalisa le Monument à Napoléon Ier en 1868 et celui de Louis d'Orléans en 1869 pour décorer le château impérial de Pierrefonds. L'établissement de la III° république l'amena à concevoir en 1874 son premier Monument de Jeanne d'Arc, érigé place des Pyramides à Paris, qu'il remplaça à la suite de critiques sur les proportions par une autre version en 1900[3]. Pendant cette période, il exécuta aussi Pan et les oursons ou l'Eléphanteau pris au piège (Paris, musée d'Orsay)[4].

Gorille enlevant une négresse (Salon de 1859)[5].
Orang-outang étranglant un sauvage de Bornéo (1895), Paris, galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée du Muséum national d'histoire naturelle.

À la moitié du XIXe siècle, un thème à la mode inspire Frémiet et d'autres artistes : celui de l'affrontement entre l'Homme et la Bête. Un fait divers rapporté par le journal Le Temps relatait que dans un village gabonais, un gorille égaré et furieux aurait enlevé et molesté une femme, après avoir détruit des cabanes, en 1880. Par ailleurs, les récits d'explorateurs comme Alfred Russel Wallace emplissaient les journaux d'articles et de gravures illustrant l'attaque d'un pisteur malais par un orang-outang. Ce thème inspira à Frémiet plusieurs œuvres majeures.

Le Gorille enlevant une négresse fut d'abord refusé au Salon de 1859, puis présenté derrière un rideau. Nadar écrivit dans le Petit journal pour rire : « Voici mesdames et messieurs, le fameux gorille de M. Frémiet. Il emporte dans les bois une petite dame pour la manger. M. Frémiet n'ayant pu dire à quelle sauce, le jury a choisi ce prétexte pour refuser cette œuvre intéressante. »[6]. 28 ans plus tard, Frémiet en proposa une nouvelle version : Gorille enlevant une femme, qui reçut une médaille d'honneur au Salon de la Société des artistes français de 1887[note 3], dont il fut membre jusqu'en 1908[7], mais ne fut pas agréée par le Museum national d'histoire naturelle de Paris. Cette œuvre, célèbre à son époque[note 4], fit scandale[note 5] : un épouvantable gorille blessé (la flèche a disparu de son épaule) enlève une femme nue qui se débat, suggérant un prochain viol[note 6] — acte dont un vrai gorille, femelle de surcroît, n'aurait pas la moindre idée[note 7]. Cependant, cette scène n'en a pas moins, selon Baudelaire « excité la curiosité priapique » du public[8]. On trouve dans sa postérité l'affiche Destroy this mad brute (1917), puis le film King Kong (1933).

De la même veine est L'Orang-outang étranglant un sauvage de Bornéo (1895), commande de remplacement du Muséum national d'histoire naturelle de Paris, inspirée par les récits d'Alfred Russel Wallace, rapportés avec beaucoup d'exagérations par The Times. Cette fois l'animal est un mâle, comme le signalent ses excroissances faciales, mais néanmoins accompagné d'un petit (ce qui est l'apanage des femelles en réalité) et en étranglant le « sauvage », il accomplit un acte aussi impossible, physiquement et éthologiquement, que le viol d'une femme par un gorille. Mais l'art opère et des générations de visiteurs de la galerie du Muséum où elle est exposée, ont été horrifiés par la force émanant de l'œuvre.

Artiste parmi les plus sollicités par l'Etat pour des commandes officielles, Frémiet réalisa en 1893 le Monument à Velázquez pour le jardin de la Colonnade du palais du Louvre à Paris[note 8],[9], en 1897, la statue sommitale de Saint Michel terrassant le dragon, d'inspiration néo-gothique, pour la flèche de l'abbatiale du Mont Saint-Michel[10]ou en 1899 le Ferdinand de Lesseps du canal de Suez à Port-Saïd.

Elu membre de l'Académie des beaux-arts en 1892, il succède à Antoine-Louis Barye comme professeur de dessin animalier au Muséum national d'histoire naturelle à Paris. Et il reste membre de la Société des artistes français jusqu'en 1908.

Ses statuettes d'édition, reproductions en bronze par la Maison Barbedienne de ses œuvres monumentales, ont connu un beau succès commercial et ont assuré à l'artiste un confortable revenu. Certaines sont toujours reproduites industriellement de nos jours : St-Michel terrassant le dragon.

Henri-Léon Gréber, Monument à Emmanuel Frémiet, jardin des Plantes (Paris), 1924. Emmanuel Frémiet sculptant la version miniature du Dénicheur d’oursons.

Il est mort à son domicile (il vécut au 43, boulevard de Beauséjour[2]) le dans le 16e arrondissement de Paris, ville où il est enterré au cimetière de Passy (15e division)[11]. Gabriel Fauré repose à ses côtés depuis 1924.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Détail.
  • Gazelle d'Alger, 1843
  • Chien, 1846
  • Dromadaire, 1847
  • Chatte et ses petits, 1848
  • Chien blessé, 1848
  • Deux bassets ou Chiens bassets 1848
  • Renard d'Egypte, 1848
  • Matador, 1849
  • Chameau à deux bosses, 1849
  • Héron, 1849
  • Marabout tenant un caïman entre ses pattes, vers 1850, paire, musée des Beaux-Arts de Dijon[12].
  • Famille de chats, 1849, marbre
  • Chien blessé, 1849, bronze
  • Poule cochinchinoise, 1850
  • Marabouts, 1850
  • Combat d'ourse et d'homme, 1850
  • Six ou huit animaux grandeur naturelle : chiens, chats, poulets, 1850
  • Au voleur ! 1852
  • Cheval de Montfaucon ou Cheval à l'abattoir, 1852, bronze. Initialement commandée pour la décoration de la cour d'honneur de l'École nationale vétérinaire d'Alfort, orne la cour d'honneur de l'École nationale vétérinaire de Toulouse depuis avril 1889[13],[14].
  • Plésiosaurus, 1852, bronze, commande pour le Jardin des Plantes
  • Cheval blessé (à l'abattoir), 1853
  • Chiens bassets (Ravageot et Ravageole), bronze pour le château de Compiègne
  • portait de Napoléon III, 1853
  • chapiteaux de la salle du manège, palais du Louvre, 1854
  • Chevaux de halage, 1855
  • Chatte et ses petits (au coussin), 1855
  • bas-reliefs pour le nouveau Louvre, 1857
  • chapiteaux pour le nouveau Louvre, 1858
  • Mouton, 1858 ?, bronze, musée des Beaux-arts de Dijon
  • Cheval de troupe, Cheval au piquet, Cheval arabe, Cheval au saltimbanque, Cheval de chasse, Cheval au corbeau, 1859
  • Gorille enlevant une négresse, 1859, plâtre détruit en 1861 (première version)
  • Centaure et ourson, 1861, pour le château de Meudon
  • Chat de deux mois, 1861
  • Chef gaulois ou Cavalier gaulois, 1862-63
  • Pan et oursons, 1864 plâtre, 1867 marbre, Paris, Muséum national d'histoire naturelle.
  • Cavalier arabe, 1865
  • Cavalier romain, 1865-67, commande, château de St-Germain-en-Laye
  • Neptune métamorphosé en cheval, 1866-68, commande
La statue équestre de Napoléon à Laffrey.
Statuette équestre de Napoléon en réduction de celle de Laffrey, musée de Grenoble.
  • Napoléon Ier, 1866, statue équestre érigée le à Grenoble, puis transférée à la prairie de la rencontre à Laffrey[15].
  • buste de Napoléon III, 1867
  • Triomphe de Mérovée, 1867
  • Lions, 1868, Louvre
  • Louis d'Orléans, 1868-70, statue équestre en bronze, château de Pierrefonds
  • Deux Lions, pour le Carrousel
  • Griffon fantastique ou Chimère (grenouille à tête de pélican et ailes de chauve-souris), 1869, château de Pierrefonds
  • Aigles, 1869, bas-reliefs pour les Tuileries
  • Chevaux marins, 1869-70
  • Homme de l'âge de pierre, 1871-72
  • Buste colossal de la guerre, 1872
  • Fauconnier, 1873
  • Damoiselle, 1873
  • Le Cerf et l’ours, Le Cheval et la lionne, L'Autruche et le serpent, Le Pélican et le poisson, 1872, groupes de bronze réalisés à la fonderie d'Antoine Durenne, parc de l'ancien château Neudeck, en Silésie (royaume de Prusse), (actuellement Świerklaniec, en Pologne).
  • Jeanne d'Arc, 1874, statue équestre en bronze doré, Paris, place des Pyramides. D'autres exemplaires à Castres, Compiègne, Lille (1912), Mirecourt, Nancy (1889)[16], Saint-Étienne[note 9], Melbourne (Australie), La Nouvelle-Orléans (États-Unis)[note 10],[17], Philadelphie (États-Unis), Portland (États-Unis).
  • Saint-Grégoire de Tours, 1874-75, 1878 en marbre
  • Jeanne d'Arc à genoux, 1875
  • Menestrel, 1875
  • Cocher romain, 1875
  • Fontaine des Quatre-Parties-du-Monde, Paris, jardin de l'Observatoire, place Camille-Jullian. Œuvre de Jean-Baptiste Carpeaux, qui réalisa le groupe des quatre personnages soutenant globe. Frémiet complète l'œuvre après la mort de Carpeaux, en 1875, en réalisant les huit chevaux, les dauphins et les tortues du bassin.
  • Retiaire et gorille, 1876, terre cuite
  • Dame de la cour (buste), 1876
  • Jaguar et gorille, 1876
  • zouave pontifical, 1877
  • Éléphant pris au piège, 1877-1878, fonte grandeur nature réalisée pour l'Exposition universelle de 1878, par la fonderie Durenne, 222 × 360 × 312 cm, Paris, Jardins du Trocadéro, puis musée d'Orsay[18].
  • Chevalier errant, 1878, statue équestre en plâtre, 323 × 140 × 265 cm, palais des Beaux-Arts de Lille.
  • Shéhérazade, 1878
  • Saint Michel, 1879 statuette en bronze
  • Nègre et jeune éléphant, 1879
  • Muletier espagnol, 1879
  • Duellistes Charles IX, 1879
  • Buste de Charles V, 1879-82, marbre
  • Hommage à Corneille, 1880
  • Astronomie, 1880
  • Etienne le Grand, 1880-82, Roumanie
  • Porte-falot pour l'Hôtel de ville de Paris, 1880 -83
  • Le Grand Condé, 1881
  • Miss Jenny (tombeau pour un petit chien), 1881
  • Cheval primé, 1881
  • Etienne Marcel, 1882-83
  • Nègre charmeur de serpent, 1883
  • Marabout et loutre, pour l'hôtel de Cassin, 1883
  • groupes en plâtre pour la cascade du Trocadéro, 1883
  • Echevin, 1884
  • Ours blanc, 1884, marbre
  • Lion, 1884, marbre
  • médaille de M. Rattier, 1884
  • Ourse étouffant un homme ou Le Dénicheur d'oursons, 1884-85, bronze, jardin des plantes de Paris[19].
  • Serpent, 1885
  • Singe et papillon, 1885
  • Ours massier pour l'hôtel Dieulafoy, 1885
  • Chevaux de course, 1885
  • Pur-sang, 1885
  • Chiens assis, 1886
  • Lévriers, 1886
  • Gorille enlevant une négresse ou Gorille enlevant une femme, 1887, plâtre (deuxième version)
  • Saint Louis, 1888
  • Incroyable, 1888
  • L'aïeul, 1888
  • Chevalier "Credo", 1889
  • Char romain, 1889
  • Basset et chat, 1889
  • Têtes de taureaux, 1889
  • Velasquez, 1890
  • Ane du Caire, 1890
  • Pélican gastronome pour l'hôtel Dervillé, 1890
  • Saint-Georges, 1891 statuette, 1900 grand modèle
  • Alguazil, 1891
  • Olivier de Clisson,1892, haut-relief équestre en plâtre au château de Josselin. Une copie est conservée au château de Suscinio (Bretagne).
  • Chasseur attaqué par les orang-outangs, ou Orang-outang et sauvage de Bornéo, 1893-95, bronze, jardin des plantes de Paris.
  • La Saint-Hubert, 1892
  • Isabeau de Bavière, 1892
  • Jeanne d'Arc à Domrémy, 1893
  • "Au secours !" (oisillon au nid menacé par un chat), 1893
  • Meissonier, 1894 plâtre, 1896 bronze
  • Loup pris au piège, 1894
  • Monument de Raffet, 1896
  • Chat voleur, 1896
  • Chasseur d'oursons (bas-relief), 1897
  • Poule aux oeufs d'or, 1897
  • Colimaçons et bêtes fantastiques, Le Singe et l'escargot, biscuit de la Manufacture du Sèvres, patiné ocre, 1896, 15 × 26 × 15 cm, Gray (Haute-Saône), musée Baron-Martin.
  • Saint Michel terrassant le Dragon, 1897, statue sommitale en bronze doré sur la flèche de l'abbatiale du Mont Saint-Michel[20]. Une réplique de cette statue se trouve au sommet du clocher de l'église Saint-Michel des Batignolles à Paris[21]. L'exemplaire personnel qu'Emmanuel Fremiet conservait dans son atelier fait aujourd'hui partie des collections du musée d'Orsay à Paris.
  • Maternité, 1898
  • Serpent offrant une pomme à un masque, 1898
  • Tombeau de Mme Dru, 1898
  • Ferdinand de Lesseps, 1899, Port-Saïd. La statue en bronze est déplacée à Port-Fouad en 1956[22].
  • Lynx (1898) et candélabres (vers 1900) de l'ancien pont de Suresnes. Pont détruit en 1950-1951[23].
  • Chevaux ailés du pont Alexandre III, 1899-1900, bronze, Paris
  • Singe aux bulles de savon, 1899
  • Louis XIII enfant, 1900 statuette équestre
  • Lévrier de Diane, 1900
  • Centaure, 1900
  • L'amour fustigeant un paon ou L'amour fustigeant le paon de Junon, 1900
  • Char de Minerve, 1900
  • Char de Diane, 1900
  • Buste de Gabriel Fauré, 1901
  • Grenouille implorant la pluie pour l'hôtel Dervillé, 1901
  • Du Guesclin, 1902, statue équestre en bronze érigée à Dinan[24], Bretagne
  • Colonel Howard, 1903
  • François Ier, 1904
  • Ravachol et Chauchard (hôtel Dervillé), 1903
  • Tombeau de M. Dru, 1905
  • Le prince d'Aremberg, 1906
  • François Rude, 1906 plâtre, 1907 bronze
  • Napoléon Ier, (2 statuettes) 1908
  • Deux gloires pour la place du Carrousel, 1908
  • Simón Bolívar à Bogota (Colombie),1910. Une copie fut érigé sur place de l'Amérique-Latine à Paris en 1936. En 1980, pour le cent cinquantième anniversaire de la mort de Bolívar son monument fut transféré dans un lieu plus prestigieux, à côté du pont Alexandre III, au bord de la Seine, sur la promenade du cours la Reine.
  • Un faune charmeur d'oursons, 1910
  • Une nymphe, 1910
  • Coq en maraude, Périgueux, musée d'Art et d'Archéologie du Périgord.

Le parc de l'ancien château Neudeck (Świerklaniec, Pologne)[modifier | modifier le code]

Des œuvres d'Emmanuel Fremiet sont conservées dans le parc de l'ancien château Neudeck, en Silésie, (actuellement Świerklaniec, en Pologne). Le château a été achevé en 1875, brûlé en 1945, détruit en 1961 puis rasé en 1962[25]. Outre le jardin, le bassin, la fontaine des Trois Grâces (Trzy Gracje), et un mât, seules subsistent les statues d'Emmanuel Fremiet dans le parc, ainsi que quelques sculptures de l’atelier du sculpteur allemand Theodor Kalide (en)[26].

Esther Lachmann (dite la Païva), épouse du comte allemand Guido Henckel von Donnersmarck, commanda à Emmanuel Frémiet, par l’intermédiaire d'Hector Lefuel, l'architecte du château Neudeck, quatre groupes de sculptures animalières de grande taille : Le Cerf et l’ours, Le Cheval et la lionne, L'Autruche et le serpent, Le Pélican et le poisson. Les bronzes ont été réalisés en 1872 en France à la fonderie Antoine Durenne. Emmanuel Fremiet ne fit pas le voyage en Silésie pour superviser l’installation. Les éléments de la fontaine ainsi que le mât ont été restaurés et redorés[27],[28].

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Élèves[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Notice d'autorité de la Bibliothèque nationale de France.
  2. Gorille enlevant une femme (1887). Analyse de l'œuvre par le musée des Beaux-Arts de Nantes : « Son Gorille enlevant une femme fit scandale au Salon de 1859. Refusé par le jury, le groupe est présenté derrière un rideau, accroissant l'intérêt du public. La parution de L'Origine des Espèces de Darwin en 1859, fit passer le sculpteur pour un adepte de l'évolutionnisme. Toutefois, l'œuvre fut détruite quelques années plus tard. En 1887, Frémiet exposa au Salon ce Gorille — groupe plâtre — Troglodytes Gorilla (sav.) du Gabon, qui fut un grand succès : il reçut la médaille d'honneur. En replaçant son œuvre dans un contexte scientifique, Frémiet créa une composition dynamique d'un grand vérisme et d'une forte connotation érotique qui inspira le film King Kong (1933) »
  3. « . Cette sculpture obtient la médaille d'honneur, la plus haute distinction, au Salon de 1887, sous le titre Gorille-groupe plâtre - Troglodytes Gorilla (sav.)- du Gabon », cité dans Visiter l'exposition avec une classe, p. 11.
  4. « En 1859, il fait scandale avec son Gorille emportant une négresse, exposé, grâce à l’appui de Nieuwerkerke, derrière un rideau, ce qui lui assura une célébrité immédiate. », cité in Jean-Charles Hachet, Dictionnaire illustré des sculpteurs animaliers et fondeurs de l’Antiquité à nos jours.
  5. « Soulevé dans une réprobation unanime, le Jury déclara sérieusement qu’une telle œuvre offensait les mœurs, et il l’exclut sans pitié du salon. », cité in Jean-Charles Hachet, op. cit.
  6. C'est l'avis de Charles Baudelaire « pour qui ce viol annoncé est indigne du talent de sculpteur », cité dans Albert Ducros, Jaqueline Ducros, Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, Volume 4, no 4-3-4, 1992, p. 270.
  7. « Ce gorille étouffant dans ses bras herculéens une négresse frêle et délicate donna très vite aux juges trop pressés l'idée d'une scène de luxure épouvantable. L'artiste avait cependant insisté, pour que nul n'en ignore, sur le caractère anthropophage de ces troglodytes du Gabon ; et les apparences étaient sauves, puisque le monstre était femelle », cité in L'Artiste, Revue de l'art contemporain, n°[?], 1893[réf. incomplète].
  8. Déposé à la Casa de Velázquez à Madrid au début des années 1930, détruit pendant la guerre civile espagnole, remplacé par une nouvelle fonte en 1959.
  9. Inaugurée le , la statue était accompagnée de deux petits pages en bronze qui ont été envoyés à la fonte sous le régime de Vichy.
  10. Copie exacte de la statue de la place des Pyramides à Paris, et a été envoyée en 1958, comme cadeau de la France à la ville. Celle-ci n'ayant pas les moyens financiers de l'ériger (35 000 $), la statue a été entreposée pendant huit ans. Dès 1960, Charles de Gaulle commença à chercher des financements privés, cependant, son installation n'a pu se réaliser qu'en 1972. La statue a été dorée en 1985, puis déplacée en 1999, place de la France, située près de la rue Decatur à côté du Marché français, où elle se trouve actuellement, et symbolise l'héritage français de la Nouvelle-Orléans

Références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait d'acte de naissance sur le site de la base Léonore.
  2. a et b Jacques Hillairet, « Boulevard de Beauséjour », in Dictionnaire historique des rues de Paris, tome 1 (« A-K »), Les Éditions de Minuit, septième édition, 1963, {{pp.[167-168}}.
  3. « Monument à Jeanne d’Arc – Paris 1er arr. », notice sur le site e-monumen.net.
  4. Musée d'Orsay - Emmanuel Frémiet - Pan et les oursons, (1867), sur le site musee-orsay.fr, consulté le 31 janvier 2015.
  5. (en) Ted Gott, « Stowed Away: Emmanuel Frémiet’s Gorilla carrying off a woman », sur National Gallery of Victoria,
  6. Albert Ducros et Jacqueline Ducros, « Gare au gorille : l’audace de Frémiet », Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, Volume 4, no 4-3-4, 1992, p. 269-272.
  7. « Catalogue du Salon des Artistes Français, 1881, 1887, 1889 », Univers des Arts, hors-série n°1, juillet 1996.
  8. Philippe Dagen, « Le Premier Artiste », in Romantisme, Année 1994, volume 24, no 84.
  9. « Monument à Diego Velasquez – Madrid (détruit et remplacé) », notice sur le site e-monumen.net.
  10. « Statue de Saint-Michel – Le-Mont-Saint-Michel », notice sur le site e-monumen.net.
  11. Tombeau d'Emmanuel Fremiet, sur le site Cimetières de France et d'ailleurs, consulté le 31 janvier 2015.
  12. [PDF]Musée des Beaux-Arts de Dijon - Emmanuel Frémiet - Marabout tenant un caïman entre ses pattes, (paire), vers 1850, sur le site mba.dijon.fr, consulté le 31 janvier 2015.
  13. [PDF] Guy Bodin, « Le condamné de Montfaucon, Salon de Paris 1852 : Message abscons d’Emmanuel Frémiet aux vétérinaires ? », in Revue de médecine vétérinaire, 2003, 154, 2, p. 139-152, sur le site revmedvet.com, consulté le 2 février 2015.
  14. [PDF] École Nationale Vétérinaire de Toulouse - Émilie Hennebois, « Les animaux dans la sculpture d'Emmanuel Fremiet », sur le site oatao.univ-toulouse.fr, consulté le 3 février 2015.
  15. « Monument à Napoléon Ier – Laffrey », notice sur le site e-monumen.net.
  16. Statue de Jeanne d’Arc – Base Mérimée
  17. La Nouvelle Orléans - Place de France - Statue équestre de Jeanne d'Arc, par Emmanuel Fremiet, sur le site e-monumen.net, consulté le .
  18. « Éléphant pris au piège – Musée d’Orsay – Paris », notice sur le site e-monumen.net.
  19. « Le Dénicheur d’oursons – Paris, 5e arr. », notice sur le site e-monumen.net.
  20. Musée d'Orsay - Emmanuel Fremiet - Saint Michel terrassant le Dragon, sur le site musee-orsay.fr, consulté le 31 janvier 2015.
  21. Eglise Saint Michel des Batignolles - Emmanuel Fremiet - Saint Michel terrassant le Dragon, sur le site mairie17.paris.fr, consulté le 31 janvier 2015.
  22. « Monument à Ferdinand de Lesseps – Port-Saïd (statue déplacée) », notice sur e-monumen.net.
  23. « Le pont de Suresnes », notice no IA92000236, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  24. « Monument à Duguesclin – Dinan », notice sur le site e-monumen.net.
  25. Musée d'Orsay - Vue perspective du château Neudeck en Silésie, sur le site musee-orsay.fr, consulté le .
  26. Le crépuscule de la marquise et le Neudeck neue schloss, sur le site peintresdeco.canalblog.com, consulté le .
  27. (pl)Świerklaniec : Rénovation de la fontaine et du mât Fremiet, sur le site designerofdreams.pl, consulté le .
  28. (pl)Świerklaniec : Les animaux de Fremiet, sur le site designerofdreams.pl, consulté le .
  29. Élève du cours Frémiet, elle ne put entrer aux Beaux-Arts de Paris, cette école étant alors encore interdite aux femmes.
  30. Brevet de grand officier de la Légion d'honneur, sur le site de la base Léonore, consulté le .

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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