Systématique évolutionniste

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La systématique évolutionniste, ou simplement évolutionnisme, aussi systématique évolutive[1], est une école de systématique, et plus particulièrement de taxonomie, qui a pour finalité d'établir une classification phylogénétique tenant compte à la fois de la généalogie des espèces et de leur distance phénotypique (notamment leurs différents plans d'organisation).

En biologie, le terme « évolutionnisme » est également utilisé pour désigner l'ensemble des théories de l'évolution (darwinisme, mutationnisme, néodarwinisme, neutralisme...) expliquant la transformation des espèces au cours des âges[2]. Il ne faut pas confondre ces deux usages, même si la distinction ne se révèle pas simple dans la mesure où, dans l'arbre des idées de la pensée « évolutionniste », figurent des savants qui sont à la fois systématiciens et théoriciens de l'évolution[3].

La classification évolutionniste[modifier | modifier le code]

Différences avec le cladisme[modifier | modifier le code]

L'évolutionnisme, contrairement au cladisme, ne voit aucun inconvénient à l'utilisation de taxons paraphylétiques dans l'établissement de la classification[4]. Ainsi la taxonomie évolutionniste fait une distinction claire entre taxon, clade et grade, termes qui renvoient à trois concepts différents mais non exclusifs[5]. Dans la pratique évolutionniste, la distinction entre groupe ancestral et groupe dérivé est également essentielle[6].

La classification phylogénétique élaborée par les systématiciens évolutionnistes est souvent appelée classification « darwinienne »[5],[4].

Controverses de terminologie[modifier | modifier le code]

Cladisme et évolutionnisme s'affrontent sur le sens exact à donner à des termes aussi importants que phylogénie ou monophylie[7],[8]. Hors contexte, ces mots sont donc ambigus.

Représentants[modifier | modifier le code]

L'école de systématique évolutionniste compte de nombreux biologistes célèbres.

Évolutionnistes du XIXe siècle (décédés avant 1900) :

Évolutionnistes du XXe siècle (décédés entre 1900 et 2000) :

Évolutionnistes du XXIe siècle (vivants en l'an 2000) :

Aspects philosophiques[modifier | modifier le code]

Le cladisme a été fortement influencé par le courant structuraliste[10] et par l'épistémologie de Karl Popper, cela en fait donc une école de pensée à la fois nominaliste et métaphysique. De plus, elle sembler osciller entre un matérialisme naïf (process cladism) et un idéalisme affirmé (pattern cladism). Au contraire, l'évolutionnisme est fermement ancré dans le matérialisme et le réalisme scientifique. On peut distinguer assez clairement ses balbutiements métaphysiques au cours du XXe siècle de son développement moderne qui prend une tournure plutôt dialectique[8].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre de Puytorac, « Évolution de l'enseignement de la zoologie à l'université durant les dernières années », Bulletin de la Société zoologique de France, Vol.135, Fasc.1-2, 2010, p.7-16.
  2. « évolutionnisme », Le Petit Larousse illustré 2017, Larousse, Paris, 2016, p.472. ISBN 978-2-03-590135-4
  3. Marie Fisler, Cédric Crémière et Guillaume Lecointre, « Chapitre 2. Qu’est-ce qu’un arbre des idées ? Explicitation des notions d’arbre et de phylogénie et histoire des représentations de l’arbre », dans Pascal Charbonnat, Mahé Ben Hamed, Guillaume Lecointre (sous la direction de), Apparenter la pensée ? Vers une phylogénie des concepts savants, Paris, Éditions Matériologiques, coll. « Sciences & philosophie », (ISBN 9782919694563, DOI 10.3917/edmat.charb.2014.01.0103), p. 103-144.
  4. a et b (en) Mayr, Ernst & Bock, W.J. (2002), "Classifications and other ordering systems", Journal of Zoological Systematics and Evolutionary Research, Vol.40, No.4, December 2002, p.169-194. DOI:10.1046/j.1439-0469.2002.00211.x
  5. a et b (en) Thomas Cavalier-Smith, "A revised six-kingdom system of life", Biological Reviews, Cambridge Philosophical Society, Vol.73, No.3, August 1998, p.210-211. DOI:10.1111/j.1469-185X.1998.tb00030.x
  6. (en) Thomas Cavalier-Smith, 2009. Deep phylogeny, ancestral groups and the four ages of life, Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, Vol.365, No.1537, January 12, 2010, p.111-132. DOI:10.1098/rstb.2009.0161
  7. (en) Ernst Mayr, 1974. Cladistic analysis or cladistic classification ?, Journal of Zoological Systematics and Evolutionary Research, Vol.12, No.1, September 1974, p.94-128. DOI:10.1111/j.1439-0469.1974.tb00160.x
  8. a et b Aubert, D. 2015. A formal analysis of phylogenetic terminology: Towards a reconsideration of the current paradigm in systematics. Phytoneuron 2015-66:1–54. https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01240878v1
  9. (en) « The arrangement, [...] must be strictly genealogical in order to be natural. [...] but that the amount of difference in the several branches or groups, though allied in the same degree in blood to their common progenitor, may differ greatly, being due to the different degrees of modification which they have undergone; and this is expressed by the forms being ranked under different genera, families, sections, or orders » Charles Darwin, 1859. On the origin of species by means of natural selection, or the preservation of favoured races in the struggle for life.
  10. (en) Zander, R.H. 2011. Structuralism in phylogenetic systematics. Biol. Theory 5:383–394. [résumé] DOI:10.1162/BIOT_a_00063