Claude Malhuret

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Claude Malhuret
Illustration.
Claude Malhuret en 2020.
Fonctions
Président du groupe Les Indépendants – République et territoires au Sénat
En fonction depuis le
(4 ans, 10 mois et 16 jours)
Élection
Prédécesseur Groupe créé
Sénateur français
En fonction depuis le
(7 ans, 10 mois et 17 jours)
Élection 28 septembre 2014
Réélection 27 septembre 2020
Circonscription Allier
Groupe politique LR (2014-2017)
LIRT (depuis 2017)
Maire de Vichy

(28 ans, 5 mois et 17 jours)
Prédécesseur Jacques Lacarin
Successeur Frédéric Aguilera
Député

(4 ans et 19 jours)
Élection 21 mars 1993
Circonscription 4e de l'Allier
Législature Xe (Cinquième République)
Prédécesseur Jean-Michel Belorgey
Successeur Gérard Charasse
Député européen

(3 ans, 8 mois et 22 jours)
Élection 15 juin 1989
Législature 3e
Groupe politique LDR
Secrétaire d'État aux Droits de l'homme

(2 ans, 1 mois et 20 jours)
Président François Mitterrand
Gouvernement Chirac II
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Lucette Michaux-Chevry (indirectement)
Biographie
Date de naissance (72 ans)
Lieu de naissance Strasbourg (Bas-Rhin)
Nationalité française
Parti politique UDF-PR (jusqu’en 1997)
DL (1997-2002)
UMP (2002-2015)
LR (2015-2017)
Agir (depuis 2017)
Horizons (depuis 2021)
Diplômé de Université Paris V
Profession Médecin
Avocat

Claude Malhuret, né le à Strasbourg, est un médecin et homme politique français.

Président de Médecins sans frontières de 1978 à 1980 et cofondateur du site Doctissimo, il est maire de Vichy de 1989 à 2017. Il est également député européen de 1989 à 1993, député de 1993 à 1997 et secrétaire d'État chargé des Droits de l'homme de 1986 à 1988.

Sénateur depuis 2014, il préside le groupe Les Indépendants – République et territoires (LIRT) au Sénat depuis .

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Claude Malhuret est le fils de Robert et Simone Malhuret, respectivement dermatologue à Vichy et pharmacienne à Cusset[1]. Il suit sa scolarité au collège de Cusset[1] puis au lycée de Vichy. Il fait ensuite des études de médecine en 1966 à la faculté Cochin-Port-Royal de l'université Paris V[1]. Docteur en médecine, ancien interne des hôpitaux, il est également avocat, après des études de droit à la faculté de droit de l'université Paris I.

Engagement humanitaire[modifier | modifier le code]

Il effectue son service militaire en 1973-1974 au titre de la coopération comme médecin-chef des hôpitaux d’El Aïoun et de Taourirt, au nord-est du Maroc. En 1975, il est médecin épidémiologiste pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Inde, au Bengale-Occidental[2].

En 1976 et 1977, il est coordinateur des équipes médicales de l'association Médecins sans frontières (MSF) dans les camps de réfugiés cambodgiens, laotiens et vietnamiens en Thaïlande. En 1978, il est élu président de l'association malgré l’opposition de Bernard Kouchner, l'un de ses cofondateurs, qui quitte alors MSF, en désaccord sur le programme de développement proposé[3]. Claude Malhuret dirige l’association pendant huit ans[4],[5],[6].

En 1980, il co-organise en Thaïlande la « Marche pour la survie du Cambodge » avec plusieurs personnalités médiatiques et artistiques, et y lit un discours rédigé par Bernard-Henri Lévy[7].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Militant d'extrême-gauche pendant ses études[8], il est soixante-huitard à ses 18 ans, puis adhère au Parti socialiste unifié avant son départ pour le Maroc[7].

Il abandonne ensuite la gauche et soutient Valéry Giscard d'Estaing à l'élection présidentielle française de 1981[7]. En 1984, il fonde et préside « Liberté sans frontières », un groupe de réflexion destiné à remettre en question les thèses tiers-mondistes sur le développement économique et social et à lutter contre les régimes totalitaires. Jean-François Revel, Alain Besançon, Emmanuel Le Roy Ladurie, François Fejtő, Ilios Yannakakis font partie de son conseil d’administration.

En 1986, sur la proposition d’Alain Madelin, Jacques Chirac, alors Premier ministre du premier gouvernement de cohabitation, nomme Claude Malhuret secrétaire d’État chargé des Droits de l’homme, un poste similaire au poste d'Assistant Secretary of State for Democracy, Human Rights, and Labor (en) aux États-Unis. Son nom est associé à la loi no 87-570 du sur l'exercice de l'autorité parentale.

Dans les années 1980, il fait partie de la « bande à Léo », des libéraux proches de François Léotard[2].

Député européen de 1989 à 1993, puis député en 1993, il est battu lors de la défaite de la majorité lors des élections législatives qui suivent la dissolution de 1997.

En 1989, Claude Malhuret est élu maire de Vichy. Il est réélu en 1995, 2001, 2008 et 2014. Cette même année il est élu président de la communauté d'agglomération de Vichy Val d'Allier (puis de Vichy Communauté le [9]). Il a également été élu conseiller régional d’Auvergne de 2004 à 2014.

Le , il est élu sénateur de l'Allier[10].

Il est président de la fédération départementale de l’Allier du parti Les Républicains de 2007 à 2017[11].

En 2016, il soutient Alain Juppé pour la primaire de la droite et du centre. Le , dans le contexte de l'affaire Fillon, il décide de ne plus apporter son soutien au candidat LR, François Fillon, pour l'élection présidentielle[12]. Membre fondateur du nouveau parti Agir, la droite constructive, créé en à la suite de la refonte du paysage politique qui a suivi l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République, il quitte dans la foulée Les Républicains[11].

La loi sur le cumul des mandats ne permettant plus d'être à la fois maire et parlementaire, Claude Malhuret décide, le , d'abandonner son mandat de maire de Vichy (remplacé par son troisième adjoint Frédéric Aguilera) et de rester au Sénat[13]. Il annonce par ailleurs la constitution d'un groupe « Constructifs »[14].

Dans sa déclaration constitutive d’, le Groupe Les Indépendants créé par Claude Malhuret indique : « Le Sénat est concerné au premier chef par l’inévitable recomposition politique. La famille libérale, sociale et européenne doit en prendre l’initiative plutôt que de la subir. L’affirmation de son identité et de ses idées passe par la création d’un groupe autonome, seule façon de peser dans une assemblée parlementaire. S’inscrivant dans la majorité sénatoriale, ce groupe travaillera de façon libre et indépendante, refusant toute opposition systématique comme tout suivisme[15]. »

En , il participe à la création d'Agir, la droite constructive.

En , il demande l'interdiction des chaînes de télévision russes Russia Today et de Sputnik, avançant que « ce ne sont pas des médias, ce sont des organes d’influence, et c’est le président de la République qui l’a dit très clairement[16] ».

En , il est réélu sénateur de l'Allier.

En , il rejoint le parti de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, Horizons[17].

Doctissimo[modifier | modifier le code]

En 1999, entamant une nouvelle carrière professionnelle, il conçoit et lance avec Laurent Alexandre (également médecin) le site web Doctissimo[18], seul portail-santé à survivre à la bulle Internet du début des années 2000. Succès de l'internet français, Doctissimo est vendu au groupe Lagardère en 2008 ; Claude Malhuret avait cédé ses actions au plus bas deux ans plus tôt ("la connerie de [sa] vie", selon lui)[19].

Korian[modifier | modifier le code]

De 2003 à [19], Claude Malhuret est le directeur du développement éthique de Korian, une entreprise de gestion de maisons de retraite médicalisées (EHPAD)[20],[21].

Publication[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Alain Carteret, Histoire de Vichy : Histoire de Cusset, t. I, Vichy, Alain Carteret, (ISBN 2-9516948-0-6), p. 96.
  2. a et b Carl Meeus, « Claude Malhuret, nouvelle star », Le Figaro,‎ , p. 16 (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  3. Jean-Francis Pécresse, Une vie de révoltes, lesechos.fr, 20 décembre 2001
  4. Catherine Gréau, « Claude Malhuret : « MSF, c'est l'histoire d'une réussite » » Accès libre, sur lamontagne.fr, (consulté le ).
  5. (en) Claude Malhuret, « Report from Afghanistan », Foreign Affairs, Council on Foreign Relations, Inc., vol. 62, no 2,‎ (lire en ligne [[PDF], sur msf.fr], consulté le ).
  6. Gilbert Wasserman, De l'instrumentalisation de l'humanitaire à celle de la mémoire, Entretien avec Rony Brauman, Dans Mouvements, 2004/3-4 (no33-34), pages 125 à 131
  7. a b et c « Le train d’enfer du sénateur Claude Malhuret », Le Point, 21 mai 2020.
  8. « M. Claude Malhuret, nouveau venu dans la " bande à Léo " », Le Monde, .
  9. « Claude Malhuret élu président », sur lamontagne.fr, (consulté le ).
  10. « M. Claude Malhuret, sénateur de l'Allier (Auvergne-Rhône-Alpes) - Sénat », sur senat.fr (consulté le ).
  11. a et b Le Figaro avec AFP, « Claude Malhuret quitte Les Républicains » Accès libre, sur Le Figaro, (consulté le ).
  12. « Le compteur des lâcheurs de Fillon » Accès libre, sur liberation.fr, (consulté le ).
  13. Emmanuel Moreau, « Claude Malhuret abandonne son mandat de maire de Vichy et choisit le Sénat », sur francebleu.fr, (consulté le ).
  14. Cyrille Genet, « Vichy : Claude Malhuret veut constituer et présider un groupe des Constructifs au Sénat », sur francetvinfo.fr, (consulté le ).
  15. Présentation du groupe Les Indépendants – République et Territoires, sur independants-senat.fr (consulté le ).
  16. Radu Portocală, « Est/Ouest: La guerre sans fin des antennes », Causeur,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  17. « Politique - Le sénateur de l'Allier Claude Malhuret rejoint le parti Horizons d'Edouard Philippe » Accès payant, sur lamontagne.fr, (consulté le ).
  18. Titiou Lecocq et Diane Lisarelli, Encyclopédie de la webculture, Groupe Robert Laffont, , 250 p. (ISBN 978-2-221-12960-9, lire en ligne), p. 52 (page non consultable).
  19. a et b Alain Auffray, « Claude Malhuret, bienséance publique », sur Libération,
  20. Pierre Bienvault, « Claude Malhuret, soucieux de bientraitance » Accès payant, sur La Croix, (consulté le ).
  21. « Déclaration d'intérêts et d'activités : Malhuret Claude » [PDF], sur Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]