Alain Devaquet

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Alain Devaquet
Illustration.
Fonctions
Député français

(8 ans, 11 mois et 29 jours)
Circonscription 7e de Paris
Législature IXe, Xe (Cinquième République)
Prédécesseur circonscription créée
Successeur Patrick Bloche
Ministre délégué chargé de la Recherche et de l'Enseignement supérieur

(8 mois et 18 jours)
Président François Mitterrand
Gouvernement Jacques Chirac II
Prédécesseur Hubert Curien (Recherche, ministre)
Roger-Gérard Schwartzenberg (Universités, secrétaire d'État)
Successeur Jacques Valade
Maire du 11e arrondissement de Paris

(12 ans, 3 mois et 5 jours)
Prédécesseur aucun
Successeur Georges Sarre
Député français

(3 ans, 1 mois et 19 jours)
Circonscription 9e de Paris
Législature VIe (Cinquième République)
Prédécesseur André Fanton
Successeur Georges Sarre
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Raon-l'Étape (Vosges)
Date de décès (à 75 ans)
Lieu de décès Villejuif
Nature du décès Cancer
Parti politique RPR
Profession Professeur de chimie

Alain Devaquet, né le à Raon-l'Étape et mort le à Villejuif, est un chimiste et homme politique français.

Professeur de chimie, il est élu député RPR en 1978 et maire du 11e arrondissement de Paris en 1983. Il est nommé ministre délégué chargé de la Recherche et de l'Enseignement supérieur en 1986 dans le gouvernement de cohabitation. Il démissionne rapidement du gouvernement en raison de la contestation de son projet de réforme des universités par des étudiants.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière scientifique[modifier | modifier le code]

Après avoir été élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé de chimie et docteur ès sciences, Alain Devaquet est aussi professeur de chimie à l'université et à l'École polytechnique.

Il est l’auteur, entre autres ouvrages, de L’Amibe et l’Étudiant, ainsi que de livres et d'articles de recherche en chimie.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Il entre au RPR en 1977, où il est rapidement chargé de la recherche et de l'énergie. Il succède à Jérôme Monod comme secrétaire général du mouvement en 1978, avant d'être remplacé l'année suivante par Bernard Pons.

Député et élu local[modifier | modifier le code]

Il est député, élu à Paris, de 1978 à 1981 puis de 1988 à 1997, maire du 11e arrondissement de Paris de 1983 à 1995, et conseiller régional d'Ile-de-France de 1986 à 1992.

Ministre délégué[modifier | modifier le code]

Article connexe : Projet de loi Devaquet.

Son passage au gouvernement Jacques Chirac (2) de la première cohabitation a suscité l'attention médiatique. Il est nommé ministre délégué auprès du ministre de l'Éducation nationale, chargé de la Recherche et de l'Enseignement supérieur le 20 mars 1986.

Nommé le ministre délégué auprès du ministre de l'Éducation nationale, chargé de la Recherche et de l'Enseignement supérieur au sein du gouvernement Jacques Chirac (2), il accepte de se pencher sur le projet de réforme des universités. Le projet qu’il présente finalement suit globalement les grandes lignes du programme UDF-RPR, confirmé par le Premier ministre Jacques Chirac dans son discours de politique générale.

Alain Devaquet doit cependant faire face aux libéraux de la majorité, qui souhaitent une réforme plus profonde du système. Il résiste à la plupart de leurs requêtes, au prix de quelques concessions, notamment en matière de sélection : il regrettera dans son livre L’Amibe et l’Étudiant publié en 1988[1] qu'« au cours des discussions à Matignon, le principe de libre entrée fut sauvé au premier alinéa de l’article 31 et assassiné au second ». Il espère encore pouvoir adoucir la loi lors de la publication des décrets d’application.

Le projet est mal accueilli par de nombreux lycéens et étudiants qui craignent le développement de la sélection, l’augmentation des frais d’inscription, la fin des diplômes nationaux, une université à deux vitesses. Fin novembre et début décembre 1986, le ministre doit faire face à un large mouvement de contestation. Des centaines de milliers d'étudiants et de lycéens manifestent contre son projet.

Le , son ministre de tutelle, René Monory, décide de reprendre le dossier en main et propose de supprimer plusieurs des articles contestés. Cette décision affaiblit la position politique d’Alain Devaquet. À la suite de la mort le d'un étudiant, Malik Oussekine, lors d'une intervention musclée de la police, il présente sa démission. Le , Jacques Chirac annonce qu’il retire le projet de loi et qu’il accepte la démission du ministre délégué.

L'après-gouvernement[modifier | modifier le code]

En 1988, il retrouve un siège à l'Assemblée nationale, comme député de Paris, mandat qu'il conserve jusqu'en 1997. L'année suivante, tête de la liste chiraquienne dans son arrondissement, il est réélu maire du XIème arrondissement. Mais, au renouvellement suivant, en 1995, il est battu par Georges Sarre et abandonne le terrain électoral.

En retrait de la vie politique[modifier | modifier le code]

De 1997 à 2002, il est chargé de mission auprès du président de la République, Jacques Chirac, ainsi que son conseiller scientifique.

Il a animé le cercle de réflexion Science et Société[2].

Il meurt d'un cancer à l'hôpital Gustave-Roussy[3], à Villejuif, le 19 janvier 2018, à l'âge de 75 ans.

Vie privée[modifier | modifier le code]

D'une première union avec Marie-Paule Carlier, il a eu deux fils[réf. souhaitée].

Puis il a été un temps le compagnon de la juriste et femme politique Claude-Annick Tissot[3] dont il est séparé et avec laquelle il a eu deux filles[réf. souhaitée][4].

Franc-maçon, il a appartenu à la loge Demain du Grand Orient de France[5].

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • L'Amibe et l'Étudiant : université et recherche, l'état d'urgence, Paris, Odile Jacob, , 329 p. (ISBN 2-7381-0033-3).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Devaquet, Alain. – L’Amibe et l’Étudiant : université et recherche, l’état d’urgence. – Paris : Odile Jacob, 1988
  2. Philippe Lamy (sous la dir. de Claude Dargent), Le Club de l'horloge (1974-2002) : évolution et mutation d'un laboratoire idéologique (thèse de doctorat en sociologie), Paris, université Paris-VIII, , 701 p. (SUDOC 197696295, lire en ligne), p. 52.
  3. a et b "L’ancien ministre de l’enseignement supérieur Alain Devaquet est mort", Le Monde, 21 janvier 2018
  4. « Claude-Annick Tissot », sur www.facebook.com (consulté le 21 janvier 2018)
  5. Christophe Deloire, « Le poids des francs-maçons », sur Le Point.fr (consulté le 21 janvier 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]