Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère

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Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère
Image illustrative de l'article Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Grenoble
Adresse 14 rue Hébert 38000 Grenoble
Coordonnées 45° 11′ 24″ Nord 5° 44′ 07″ Est / 45.190132, 5.735228
Informations générales
Date d’inauguration 1966 (il y a 50 ans)
Conservateur Olivier Cogne
Nombre d’œuvres 5 000[1]
Superficie 1 200 m²
Protection Logo label musée de France.svg
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 28 424 (2012)
Site web Site officiel

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Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère

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Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère

Le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère est un musée départemental créé en 1966 et situé à Grenoble en France. Initié par des résistants, des déportés et des enseignants, conçu dans un esprit pédagogique et de transmission, il est un musée d’histoire et de société. Il est construit autour des réalités grenobloise et iséroise des années de guerre dans une muséographie résolument moderne qui sollicite l’émotion comme la réflexion. Il restitue, dans leur chronologie, les causes et les conséquences du conflit, afin de comprendre comment et à partir de quels choix individuels naquit la Résistance. Il souligne l’ampleur des souffrances et des sacrifices de ceux qui se sont engagés pour permettre le retour de la République et de ses valeurs. Au-delà, le musée interroge le visiteur sur le caractère intemporel de leur combat et les enseignements à retirer de l’histoire pour notre société actuelle[2].

Historique[modifier | modifier le code]

En réalisant en 1963 une exposition sur la Résistance dauphinoise, Robert Avezou, directeur des Archives départementales de l'Isère, provoque le rassemblement de documents, d'objets, de photographies, d'imprimés et de pièces manuscrites dont la collecte avait été initiée par un enseignant, Henri Guillard et un inspecteur d'Académie, Pierre Dubois. L'intérêt historique est immédiatement reconnu et s'impose à tous la nécessité d'ouvrir l'un des tout premiers musées en France consacré à la Résistance intérieure française durant la seconde guerre mondiale, afin d'inscrire ces témoignages dans la durée[3]. Au début de l'année 1964 est créé un comité du Musée de la Résistance dauphinoise[4] sous la présidence de Pierre Dubois. Après son décès accidentel, le docteur Charles Katz en devient président et dépose ses statuts à la préfecture le 12 juin 1964. En octobre de la même année, Robert Avezou en prend la présidence, qu'il assurera pendant 17 ans. Ce comité comprend Pierre Dubois, Charles Katz, Robert Avezou, Henri Guillard, Gustave Estadès, Roger Rahon et Jean Grey (ces trois derniers étant membres du comité directeur de la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes) et trouve le soutien de l'ancien maire Albert Michallon, lui-même ancien résistant.

Installé au 14 rue Jean-Jacques Rousseau à Grenoble en un lieu exigu mais célèbre pour avoir été la maison natale de Stendhal, le musée est dénommé Musée de la résistance dauphinoise. Il est inauguré le 23 avril 1966 sous la municipalité d'Hubert Dubedout dans le cadre de la journée nationale de la Déportation[5]. En 1970, le musée reçoit la visite de Pierre Mendès France venant remettre des documents personnels et prend la même année la dénomination de Musée de la Résistance et de la Déportation.

Dans les années quatre-vingt, les limites du fonctionnement du musée en termes d'accès à l'hyper-centre de la ville, mais aussi d'espace (170 m2) et de fréquentation annuelle qui plafonne malgré de nombreux visiteurs étrangers à 5 000 visites annuelles, incitent l'association des amis du musée à demander le transfert des collections dans un lieu plus approprié.

Le 14 décembre 1988, sous l'impulsion d'Alain Carignon, le musée perd son statut privé trop contraignant financièrement pour celui de départemental plus ambitieux pour l'une des trois villes parmi les cinq communes de France ayant reçu l'ordre de la Libération. En même temps, démarre à travers la ville une recherche active de locaux plus vastes.

C'est le 1er juillet 1994 que le musée ouvre dans ses locaux actuels de la rue Hébert[6] et prend sa dénomination actuelle dans le contexte de la commémoration du cinquantième anniversaire de la libération de Grenoble. Le bâtiment construit en 1863 a abrité successivement l'école de sculpture architecturale de Grenoble et les appartements de son directeur, le sculpteur grenoblois Aimé Charles Irvoy, puis l'Institut de zoologie et de pisciculture de la faculté des sciences de Grenoble, et enfin des services municipaux à partir de 1965. Le bâtiment a nécessité de profondes transformations pour répondre à sa nouvelle vocation. Quatre niveaux ont été créés offrant une superficie totale de 1 200 m² avec les trois premiers niveaux réservés aux expositions sur 900 m² et le dernier niveau réservé à l'administration du musée.

Collections[modifier | modifier le code]

Ce musée qui a obtenu le label « musée de France » retrace les événements marquants de l'histoire locale, replacés dans le contexte historique français et mondial. Sa collection d'objets, photographies, documents audiovisuels et témoignages est mise en valeur par une muséographie qui mise sur la restitution de lieux ou d'ambiances. Émotion et réflexion sont ainsi tour à tour sollicitées.

Premier niveau[modifier | modifier le code]

Objets de la vie quotidienne

Outre des salles d'expositions temporaires propices à l'organisation de deux expositions par an[7], le premier niveau abrite une exposition de longue durée qui propose aux visiteurs une présentation chronologique des événements de la guerre. Le parcours débute par un état des lieux de l'Isère dans les années précédent la guerre lorsque des régimes totalitaires s'installent en Europe. La ville connait alors un développement sans précédent comme en atteste l'exposition internationale de la Houille Blanche qui se tient à Grenoble en 1925. La main d'œuvre afflue du département, de Savoie, du haut Dauphiné, mais aussi de Grèce, d'Arménie ou d'Italie. Rendue nécessaire par la crise du logement, l'extension de la ville devient indispensable. Dès 1921, Paul Mistral, maire de Grenoble, demande à l'architecte parisien Léon Jaussely de concevoir un nouveau plan d'urbanisme.

Panneaux d'explications

Ce nouveau cadre urbain se préparait quand la guerre est venue tout interrompre. C'est sur les années de développement que la ville va perdre avec la guerre, sur les causes qui les ont entraînés, le fascisme, le nazisme et leur cortège de souffrance et de morts que se poursuit le parcours du musée. Les grands évènements ponctuent le parcours - la mobilisation, la défaite, l'Armistice du 22 juin 1940, l'appel du 18 juin, le gouvernement de Vichy, les restrictions et la pénurie qui frappent la vie quotidienne, une vidéo sur la venue du maréchal Pétain à Grenoble le 19 mars 1941, l'écoute de la BBC sur le poste du grand café de Bernin, la répression Vichyssoise avec le camp d'internement de Fort Barraux, la destruction du temple maçonnique de Grenoble, l'antisémitisme, les positions des Églises, l'École d'Uriage. Restituée par des images, des objets et des documents sonores, la globalité d'une époque s'offre au regard du visiteur. Avant de faire connaissance avec ceux qui disent non à la défaite, à l'occupant nazi et à Vichy, un film de 15 minutes présente les évènements qui se succèdent en Europe, en France, en Isère, à Grenoble de 1933 à 1944.

Deuxième niveau[modifier | modifier le code]

Réunion chez Marie Reynoard

Le visiteur se retrouve confronté à l'évocation de six milieux différents dans lesquels va naître l'idée de Résistance. La première, celle d'une ruelle de Grenoble où l'on entend des cris de voix jeunes, « À bas Pétain ! Vive de Gaulle ! » auxquels succèdent des bruits de poursuite et d'arrestation. Affiches et graffitis témoignent des troubles de l'époque dans les mouvements étudiants et lycéens où la distribution de tracts est un moyen d'exprimer sa révolte. Au détour de la ruelle, le visiteur se retrouve dans un appartement grenoblois : des chaises rassemblées autour d'un poêle et des conversations révèlent l'appartement de Marie Reynoard, où naît le mouvement Combat en novembre 1941. L'espace suivant présente le bureau du doyen de la faculté des sciences de Grenoble, René Gosse, qui vient d'être révoqué pour avoir exprimé publiquement son opposition au maréchal Pétain. D'autres individualités vont commencer à agir comme le jeune vicaire de la cathédrale Notre-Dame de Grenoble connu plus tard sous le nom d'abbé Pierre, comme le physicien Jean Bistési[N 1] ou comme une jeune mère de famille Marguerite Gonnet[N 2].

Pour la quatrième ambiance, le visiteur longe ensuite la devanture du bar de la Rotonde près de la gare qui laisse échapper des bruits de table que l'on range et des conversations chuchotées. C'est dans ce café que se retrouvent des socialistes, membres de la SFIO, Eugène Chavant, Léon Martin, Aimé Pupin et qui vont adhérer au mouvement Franc-Tireur et créer le premier maquis de France en décembre 1942 dans la ferme d'Ambel dans le massif du Vercors. D'autres décors suivent le parcours avec un bureau massif rempli de munitions montrant l'organisation des officiers tels les commandants Henri Delaye ou Albert de Reyniès qui cachent des armes et se retrouvent au sein de l'Armée secrète. L'oreille est alertée dans le dernier milieu par le bruit cadencé d'une machine ronéo dans un coin de cave illustrant des groupes de communistes participant à la création du Front National en mai 1941 en diffusant des tracts.

Plan relief de l'Isère

Le musée accorde dans la partie suivante une place à la propagande pour le Service du travail obligatoire. Il évoque le grand nombre de réfractaires et annonce le rôle qu'ils joueront en gagnant les maquis en nombre. En attendant, ce sont les militaires italiens, les bersaglieri, qui occupent Grenoble. Le nombre de juifs réfugiés dans la région grenobloise est très élevé à cette époque, ce qui lui vaut d'être appelée "La petite Palestine". Cette particularité est illustrée dans le musée par un espace dédié permettant au visiteur d'appréhender la question juive en Isère, les persécutions de la police de Vichy et la création en avril 1943 à Grenoble du Centre de documentation juive contemporaine[8].

L'espace suivant s'articule autour d'un vaste plan relief de dix mètres carrés représentant l'Isère. Y apparaissent illuminées à la commande du visiteur la plupart des actions de Résistance: maquis, sabotages, affrontements, parachutages. Sur toute la périphérie de la salle, sont présentés les visages des maquisards isérois, ainsi que leur moyens de communication avec Londres (poste émetteur) et le conteneur qui les approvisionne et les armes.

Troisième niveau[modifier | modifier le code]

Portes des cellules de la Gestapo

La fin de l'année 1943 et l'arrivée de l'armée allemande à Grenoble sous le commandement du général Karl Pflaum, marque l'étape suivante de la visite avec l'évocation de la collaboration en France. La répression sur la population atteint alors des sommets à la fin de l'année 1943 lors de la manifestation du 11 novembre 1943 devant le monument des diables bleus aux abords du parc Paul-Mistral, puis avec la Saint-Barthélemy grenobloise. Après avoir pris connaissance de l'organigramme de la Résistance, le visiteur aborde un espace où trois portes de cellule provenant de l'immeuble de la Gestapo du 28 cours Berriat (qui héberge aujourd'hui le centre commercial K'Store) s'alignent. Des inscriptions de noms et de recommandations des personnes arrêtées et torturées recouvrent ces portes. Un espace particulier est dédié à la déportation. Un long morceau de voie ferrée s'impose au regard tandis que résonne dans la salle le bruit des wagons en mouvement. Au bout de la voie s'empilent dans une vitrine les vêtements rayés de déportés. À côté, une longue carte murale présente le système concentrationnaire des camps de l'Alsace jusqu'aux confins de la Pologne. Sur un mur entier, une mosaïque de cases contient chacune un objet preuve de l'horrible épreuve subie par les personnes avec au travers du mur une ouverture laissant apercevoir un visage discret de la marianne de la République.

Destruction du polygone d'artillerie à Grenoble

L'unification des mouvements de Résistance se concrétise par la réunion "Monaco" du 25 janvier 1944 à Méaudre, où se retrouvent dix responsables de la Résistance iséroise. Ils décident d'unifier leurs actions en créant le Comité départemental de libération national. Le musée illustre ce fait en mettant en scène une grande table de métal aux contours sinueux, supportée par dix bustes de bois et surmontée de la maquette immaculée d'une maison. La table a la forme de l'Isère, les effigies qui la soutiennent sont celles des responsables des diverses composantes de la Résistance et la maison est l'hôtel de la Poste de Méaudre dans le Vercors.

De part et d'autre du passage central qui conduit au dernier espace du musée, des documents et des montages photographiques donnent tout son sens au mot Libération. À gauche, les images des journées de Libération de l'Isère en août 1944. À droite, un second montage rappelle comment le Général de Gaulle a conduit la lutte depuis Londres et quel sens il a voulu donner à l'ordre de la Libération dans lequel Grenoble a été intronisée parmi les cinq communes de France. Enfin, quelques images rappellent la création du musée en 1965.

Enfin, un dernier espace évoque l'universalité et l’intemporalité des valeurs de la Résistance. Grâce à une installation audiovisuelle originale, conçue dans un esprit pédagogique et didactique, cette dernière partie du musée montre combien les attendus du programme du Conseil national de la Résistance de 1944 restent actuels et entrent en résonance avec ceux de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948.

Réactualisations[modifier | modifier le code]

Depuis 1994, grâce aux acquis des expositions temporaires et de nouvelles recherches, plusieurs parties du musée ont été réactualisées.

En novembre 2001, un espace est créé et consacré à la situation des Juifs à Grenoble et en Isère et la salle des maquis de l'Isère est revue pour clarifier la chronologie et leur histoire. L'épuration est aussi évoquée dans sa chronologie et sous ses différentes formes.

En avril 2008, c'est au tour de la salle de la déportation où les présentations ont été enrichies, notamment d’une carte murale animée qui reprend les grandes étapes de l’histoire du système concentrationnaire nazi.

Enfin en mai 2010, c'est la dernière partie du musée, inchangée depuis l’ouverture du musée, qui est revue. Il était devenu nécessaire de rendre visible le lien qui unissent les Droits de l’Homme à la Résistance et ce, au travers, d’un dispositif interactif qui suscite l’engagement du visiteur, sa prise de position et l’invite à prolonger au-delà du simple cadre du musée sa propre réflexion personnelle et citoyenne[9].

Fréquentation[modifier | modifier le code]

En 2014, le musée a accueilli 28 217 visiteurs[10], dont 19 483 de non scolaires (69 % du public total soit une hausse de 2 % par rapport à 2013) et 8 734 de scolaires (31 % du public total, soit une baisse de 9 % par rapport à 2013).

Le public venu dans un cadre non scolaire connaît une hausse de 3 % en 2014. Il continue donc de représenter la part la plus importante du public total du musée et la plus haute dans l’histoire du Musée. Concernant la proportion des visiteurs individuels sur la fréquentation totale, elle augmente de 4 % par rapport à 2013 et représente, là aussi, le plus haut chiffre jamais atteint, avec 18 926 visiteurs.

Les Jeudis du parlement, programmation culturelle délocalisée au Palais du Parlement du Dauphiné et la programmation estivale Côté Cour attirent un public important chaque année. Côté cour, installée depuis 4 ans, est une programmation suivie qui a réussi à s’installer et à trouver son public. Le 23 août 2014, dans la cadre des festivités liées au 70ème anniversaire de la Libération de Grenoble et de l’Isère, le musée a organisé un bal populaire aux couleurs de la Libération qui a été un beau succès puisqu’il a accueilli plus de 700 personnes.

En 2014, le musée a organisé 24 manifestations qui ont permis d’accueillir 3 429 personnes.

2014 marque une année de commémorations et a notamment contribué à la hausse de la fréquentation du musée. Ce succès est en grande partie dû à l’exposition temporaire Vercors 40/44. En effet, sur les quatre mois de sa présentation, plus de 2 500 visiteurs individuels sont venus la voir, soit 66 % du nombre de visiteurs individuels total de la période. C’est le meilleur ratio observable depuis 2004 pour une exposition temporaire.

Comme depuis l’année 2002, la part des Isérois reste majoritaire, puisqu’elle s’élève à 73 %. Le musée a accueilli 16 % de Français hors département de l’Isère et 11 % de visiteurs étrangers.

Expositions temporaires[modifier | modifier le code]

Afin de compléter l'exposition de longue durée, le musée propose deux expositions par an. Une de novembre à mai et l’autre de juin à octobre. Elles ont pour objectifs :

  • de développer les thématiques que l'exposition de longue durée n'a pas pu aborder
  • d'aborder la question de l'actualité des valeurs de la Résistance et les conflits contemporains
  • relancer périodiquement l'intérêt du public en lui donnant une occasion de venir revoir le musée

Liste des expositions temporaires depuis 1994[modifier | modifier le code]

  • Juillet 1994 - février 1995 : Maquis 1943-1944 d'après les dessins d'Abdon[11]
  • Février - avril 1995 : Dessine moi la paix
  • Avril 1995 - mai 1996 : Mémoires de Déportés
  • Mai - novembre 1996 : Halabja mon amour
  • Novembre 1996 - octobre 1997 : Affiches des années noires
  • Novembre 1997 - novembre 1998 : Être Juif en Isère entre 1939 et 1945
  • Novembre 1998 – novembre 1999 : Fort Barraux. Camps et prisons de la France de Vichy. 1940-1944
  • Décembre 1999 – avril 2001 : Maquis de l'Isère. Dernières nouvelles.
  • Mai – décembre 2001 : Le Petit Dauphinois de 1939 à 1944, quotidien de la presse officielle à Grenoble
  • Février – novembre 2002 : Traces and whispers from emptiness / Traces et chuchotements du néant
  • Novembre 2002 - mars 2003 : Sangatte Le Hangar. Photographies de Jacqueline Salmon
  • Mars - octobre 2003 : Si nous cessions d'y penser… Photographies de Guillaume Ribot
  • Novembre 2003 - juin 2004 : Alpes en guerre / Alpi in guerra. 1939-1945
  • Juillet - novembre 2004 : L'Isère libérée. 20 août - 2 septembre 1944
  • Novembre 2004 - mars 2005 : L'anti-Monument. L'œuvre publique de Jochen Gerz
  • Avril - novembre 2005 : Mauthausen. Les images
  • Décembre 2005 - mars 2006 : Tchétchénie Sur[exposée]. Une vie dans l'ombre. Photographies de Maryvonne Arnaud.
  • Avril - mai 2006 : Los Hijos; Tucumản. Veinte años despuès / Les enfants, Tucuman, vingt ans après. Photographies de Julio Pantoja.
  • Mai 2006 - mars 2007 : Être Franc-Maçon en Isère en 1940
  • Avril – octobre 2007 : Le génocide des Arméniens, un Martinérois raconte
  • Octobre 2007 – avril 2008 : Rompre le silence. Mémoires de chômeurs et précaires en Isère, 1975 – 2007
  • Mai – octobre 2008 : Les Résistants de la Viscose, 1940-1944. l’usine face à la guerre
  • Novembre 2008 – avril 2009 : Témoin S-21. Face au génocide des Cambodgiens
  • Avril 2009 – octobre 2009 : Face au génocide, du Cambodge à l’Isère
  • Novembre 2009 – mai 2010 : Le train s’est arrêté à Grenoble, la guerre d’Espagne et l’Isère, refuge et résistance
  • Mai 2010 – février 2011 : Spoliés ! L’« aryanisation » économique en France 1940-1944
  • Juin – octobre 2010 : La dame du jeu de Paume. Rose Valland sur le front de l’art
  • Novembre 2010 – mars 2011 : Lumière sur fragments obscurs. Paul Hickin, œuvres de résistance
  • Avril – octobre 2011 : Des 4 coins de l’Empire. Soldats et travailleurs coloniaux en Isère, 1914-1945
  • Novembre 2011 – mai 2012 : Libertà ! Antifascistes et résistants italiens en Isère
  • Juin 2012 – octobre 2012 : Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF)
  • Novembre 2012 – mai 2013 : Justes de l’Isère, le sauvetage des Juifs 1940-1944
  • 12 avril 2013 - 26 avril 2013 : Abdon. Parcours d’un résistant dans les Alpes 1943-1945
  • Juin 2013 - octobre 2013 : Exilados. Le refuge chilien en Isère 1973-2013
  • Novembre 2013 - mai 2014 : Automne 43, Résistance et répressions
  • Juin 2014 – octobre 2014 : Vercors 40/44
  • Novembre 2014 – octobre 2015 : Poilus de l’Isère
  • Novembre 2015 – mai 2016 : Un camp pour les Tsiganes. Saliers 1942-1944. Exposition de Mathieu Pernot

Un musée au service des publics[modifier | modifier le code]

La mission pédagogique[modifier | modifier le code]

Conçu comme un lieu de mémoire, de connaissance et d'échanges autour de la Seconde Guerre mondiale en Isère, il a pour mission majeure d'intéresser les jeunes générations, de susciter leur curiosité et de provoquer leur réflexion. Pour le collège et le lycée, la visite du musée constitue ainsi un complément au cours d’histoire sur la Seconde Guerre mondiale. Elle peut également s’inscrire dans le cadre de la réflexion menée par les professeurs de français et de philosophie sur les rapports entre la mémoire et l’histoire. Le musée est aussi un centre de ressources pour des TPE en première. Pour les classes de primaire, la visite et l’utilisation des outils pédagogiques permettent d’aborder d’une façon différente et plus interactive la période 39-45.

Le musée propose aux enseignants des interlocuteurs privilégiés et des outils dans la préparation et la conduite de leur visite.

Le service éducatif[modifier | modifier le code]

Il est composé de deux enseignants chargés de l’action éducative et d'une attachée de conservation. Il a pour rôle de renseigner et orienter les enseignants qui souhaitent programmer une visite du musée ou une séance de travail dans l'espace pédagogique. Il leur propose également des outils pédagogiques[12] qui leur permettent de préparer leur visite dans les meilleures conditions.

L'espace pédagogique[modifier | modifier le code]

Le musée dispose d’un espace pédagogique conçu comme un lieu d’animation et de sensibilisation aux thématiques de la Seconde Guerre mondiale. Divers ateliers sont proposés tout au long de l’année : des ateliers pédagogiques[13] à destination des scolaires d’une part, et d’autre part, des ateliers de création jeune public en lien avec les expositions temporaires du musée. Se plonger dans le quotidien des années noires, découvrir la question des enfants cachés, décrypter des affiches de propagande : autant d’occasions d’acquérir des connaissances et d’éveiller la curiosité.

Le centre de documentation[modifier | modifier le code]

Le centre de documentation du musée est ouvert à tous sur rendez-vous.

L’inventaire informatisé des collections a permis de développer un centre de ressources composé d’une bibliothèque (ouvrages consultables sur place), d’une vidéothèque et d’une photothèque. Ces ressources permettent également de faire des recherches pour les travaux personnels encadrés (TPE) et le concours national de la Résistance et de la Déportation[14]. Cette technicité permet au musée de Grenoble de figurer parmi les principaux centres de documentation sur la Résistance en France.

Les publications et films édités par le musée[modifier | modifier le code]

Le musée édite régulièrement des publications et des films depuis 1994[15].

  • Résistance en Isère. Le livre du Musée sous la direction de Jean-Claude Duclos (1994)
  • Mémoires de Déportés sous la direction de Jean-Claude Duclos (1995)
  • Affiches des années noires sous la direction de Jean-Claude Duclos (1996)
  • Être Juif en Isère entre 1939 et 1945 sous la direction de Jean-Claude Duclos (1997)
  • Fort Barraux. Camps et prisons de la France de Vichy. 1940-1944 sous la direction de Jean-Claude Duclos (1998)
  • Maquis de l'Isère. Dernières nouvelles sous la direction de Jean-Claude Duclos (1999)
  • Le guide du musée Gil Emprin, Philippe Barrière (2001)
  • Jacqueline Salmon. Sangatte Le hangar éditions Le Channel, scène nationale de Calais (2002)
  • Alpes en guerre / Alpi in guerra. 1939-1945 sous la direction de Jean-Claude Duclos (2003)
  • L'Isère libérée. 20 août-2 septembre 1944 sous la direction de Jean-Claude Duclos (2004)
  • Grenoble en Résistance 1939 – 1944 sous la direction de Jean-Claude Duclos et Olivier Ihl (2004)
  • Comme un vent de liberté, La libération de l’Isère, 20 août – 2 septembre 1944 film documentaire réalisé par Michel Szempruch (2004)
  • 1939-1945 – L’Isère en Résistance, l’espace et l’histoire sous la direction de Jean-Claude Duclos (2005)
  • Déportés de l’Isère 1942-1943-1944 sous la direction de Jean-Claude Duclos (2005)
  • Les Cahiers de la Maison des Droits de l’Homme no 1 sous la direction de Jean-Claude Duclos (2005)
  • Les Cahiers de la Maison des Droits de l’Homme no 2 sous la direction de Jean-Claude Duclos (2006)
  • Ils ont survécu, Les déportés rescapés, 1945 – 2005 film documentaire (2006)
  • Être Franc-Maçon en Isère en 1940 sous la direction de Jean-Claude Duclos (2006)
  • Une mémoire arménienne, De Merz Nor Kiugh (Bursa, Empire ottoman) à Saint-Martin-d’Hères (Isère, France), Yervant Der Goumcian 1894-1976 (2007)
  • Rompre le silence. Mémoires de chômeurs et précaires en Isère, 1975 – 2007 (2007)
  • Une usine dans la guerre, La Société nationale de la Viscose à Grenoble, 1939-1945 (2008)
  • Face au génocide, du Cambodge à l’Isère coordonné par Olivier Cogne et Jean-Claude Duclos (2008)
  • Résister Militer – Défendre les Droits de l’Homme en Isère de la Libération à aujourd’hui sous la direction de Jean-Claude Duclos et d’Olivier Cogne (2007)
  • Résister, militer - Défendre les Droits de l’Homme en Isère, de la Libération à aujourd’hui film documentaire réalisé par Michel Szempruch (2008)
  • Le train s’est arrêté à Grenoble… La guerre d’Espagne et l’Isère-refuge et résistance sous la direction de Jean-Claude Duclos et Jacques Loiseau (2009)
  • Pierre Fugain - Un résistant dans le siècle film documentaire réalisé par Michel Szempruch (2009)
  • Terre de refuge – Récits de l’exil. film documentaire réalisé par Hernan Belon et Favio Fischer (2009)
  • Spoliés ! - l’ « aryanisation » économique 1940-1944 sous la direction de Tal Bruttmann (2010)
  • Lumière sur fragments obscurs, light on fragments from darkness, Paul Hickin  œuvres de résistance (2010)
  • On voulait changer le monde… Artémise Vizioz 1926-2008 sous la direction de Jean-Claude Duclos (2010)
  • Des 4 coins de l’Empire - Soldats et travailleurs coloniaux en Isère – 1914-1945 sous la direction d’Olivier Cogne et de Jacques Loiseau (2011)
  • Libertà ! Antifascistes et Résistants italiens en Isère sous la direction d’Olivier Cogne et de Jacques Loiseau (2011)
  • Grenoble, de l’Occupation à la liberté Imre Boc (2012)
  • [OQTF] Obligation de quitter le territoire français Vincent Karle et Guillaume Ribot (2012)
  • Cette part d’humanité… film documentaire de Denis Ramos (2012)
  • Les Justes de l’Isère sous la direction d’Olivier Cogne et Jacques Loiseau (2012)
  • Abdon – Parcours d’un résistant dans les Alpes 1943-1945 textes et dessins de Jacques Barré (2013)
  • Exilados, le refuge chilien en Isère 1973-2013 sous la direction d’Olivier Cogne et Jacques Loiseau (2013)
  • Gaston Valois, la République à en mourir Gil Emprin (2013)
  • Vercors 40/44 sous la direction d’Olivier Cogne et Jacques Loiseau (2014)
  • Eugène Chavant, du « poilu » au chef de maquis Gilles Vergnon (2014)
  • Marco Lipszyc, étranger et notre frère pourtant Claude Collin (2015)

Les directeurs[modifier | modifier le code]

  • Jean-Claude Duclos (1994-2010)
  • Olivier Cogne (depuis 2011)

Accès[modifier | modifier le code]

Le musée est desservi par les lignes de bus  13 et  16.

Partenaires[modifier | modifier le code]

Le musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère fait partie des membres fondateurs du Réseau Memorha[16].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean Bistési, ingénieur chimiste à l'Institut d'électrochimie de Grenoble, participe dès 1940 au camouflage de tous les alliages et produits utiles à la lutte armée. Il rentre en contact avec Marie Reynoard et lui succèdera comme chef départemental de Combat. Une rue de Grenoble porte son nom.
  2. Marguerite Gonnet, épouse du président du syndicat d'initiative de Grenoble et mère de neuf enfants se lance dès 1941 dans l'action. Elle crée la section iséroise de "Libération sud" et en diffuse le journal dans le milieu catholique. Dénoncée au printemps 1942, arrêtée puis condamnée avec sursis, elle reprend son action de plus belle, en dépit de la perte de l'enfant qu'elle portait. Une rue de Grenoble dans le quartier Europole porte son nom depuis 2005.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site du musée
  2. Dossier de presse Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère
  3. Isère actualités No 76 de juin 1994, page 14.
  4. Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère, 50 ans ! Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère -, Grenoble, Patrimoine en Isère/Musée de la Résistance et de la Déportation en Isère, , 100 p. (ISBN 978-2-35567-108-1, lire en ligne)
  5. Selon le livre Grenoble, Charles de Gaulle, Isère, page 83.
  6. Selon les Affiches de Grenoble et du Dauphiné No 3642 du 24 juin 1994.
  7. Liste des expositions depuis 1994 sur le site du musée.
  8. Site du CRIF.
  9. « Parcours muséographique - Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère », sur www.resistance-en-isere.fr (consulté le 10 novembre 2015)
  10. Bilan de la fréquentation annuelle 2014 du Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère
  11. « Les expositions depuis 1994 - Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère », sur www.resistance-en-isere.fr (consulté le 10 novembre 2015)
  12. « Les outils pédagogiques - Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère », sur www.resistance-en-isere.fr (consulté le 10 novembre 2015)
  13. « Les activités - Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère », sur www.resistance-en-isere.fr (consulté le 10 novembre 2015)
  14. Base de données du musée.
  15. « Publications - Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère », sur www.resistance-en-isere.fr (consulté le 10 novembre 2015)
  16. « Réseau Memorha: Statuts », sur reseaumemorha.org (consulté le 13 novembre 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Grenoble, Charles de Gaulle, Isère, Édition musée dauphinois, 1990, ISBN 2-905375-05-1
  • Georges Avallet, Et Grenoble explosa : une chronique des années de sang : 1940-1944, Impr. Cluze-Ballouhey, Saint-Marcellin (Isère), 1994, ISBN 2-910597-00-8
  • Pierre Giolitto, Grenoble 40-44, Librairie académique Perrin, 2001, ISBN 2-262-01326-8
  • Pierre Giolitto, Histoire des groupes francs grenoblois, Presses universitaires de Grenoble, 2003
  • Jean-Claude Duclos et Olivier Ihl, Grenoble en résistance, parcours urbains, Éditions Dauphiné libéré, Grenoble, 2004, ISBN 2-911739-62-0
  • 1939-1944 Grenoble en résistance, parcours urbains, sous la direction de Jean-Claude Duclos et Olivier Ihl, Édition Dauphiné libéré, Grenoble, 2004
  • Jean-Claude Duclos et Olivier Ihl, Grenoble en résistance, parcours urbains, Éditions Dauphiné libéré, Grenoble, 2004, ISBN 2-911739-62-0
  • Bernard Montergnole, La Presse quotidienne grenobloise (septembre 1939-août 1944), Presses universitaires de Grenoble, 2004, ISBN 2-7061-1198-4
  • Gil Emprin, Gaston Valois, la République à mourir, Édition Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère, 2013
  • La Libération entre Alpes et Rhône, Olivier Cogne, Éditions le Dauphiné libéré, Grenoble, 2014, ISBN 978-2-8110-0045-5

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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